Considérée comme une « commodité » et non comme une « monnaie » par la Banque centrale européenne, Bitcoin, la fameuse crypto-monnaie la plus aboutie et la plus largement répandue à l’échelle mondiale, n’aura aucun avenir en Egypte, se heurtant à des oppositions de toutes parts, et récemment à la fatwa émise par le Grand Mufti Shawki Allam qui l’a marquée du poinçon de l’illicite.
Dans un monde cupide qui semble avoir succombé à l’appât du gain virtuel, notamment au cours de l’année écoulée, la folle propagation des bitcoins est stoppée net au pays des pharaons. Entachée d’illégalité aux yeux de l’Autorité égyptienne de surveillance financière (EFSA), son commerce contrevenant aux règles islamiques est aujourd’hui fermement condamné par le haut dignitaire religieux du Caire.
« Une telle monnaie virtuelle n’est pas admissible, car elle peut nuire à la sécurité économique et sociale du pays », a désapprouvé le Grand Mufti. Celui-ci s’est entouré des conseils avisés d’un aréopage d’experts en économie avant de décréter le bitcoin « inacceptable », car échappant à tout contrôle et « empiétant sur l’autorité de l’Etat en matière de préservation des devises ».
Monnaie intangible par excellence, jugée aussi nuisible que la source de perdition que représente le « jeu » en islam, les bitcoins, s’ils ont déferlé sur la planète sans encombres, n’inonderont pas l’Egypte, c’est certain.
A l’unisson de la Banque centrale qui l’a formellement proscrite, au même titre que toutes les autres cryptodevises, la crypto-monnaie qui a conquis un monde accro à la virtualité des échanges, d’autant plus si elle promet un enrichissement facile, ne prospérera pas sur le territoire égyptien.
Loin d’être fictifs ou encore immatériels, ses effets pervers « le blanchiment d’argent et les commerces de contrebande », entre autres, sont suffisamment réels pour lui faire barrage, comme l’a proclamé le Grand Mufti Shawki Allam.

