Menu
in , ,

Le Dr al-Shinqiti, une éminente personnalité musulmane, appelle à ne plus soutenir Tariq Ramadan

Après dix mois passés derrière les barreaux, d’abord à Fleury-Mérogis, puis dans l’unité de soins de Fresnes, et seulement deux semaines après avoir recouvré une liberté sous contrôle judiciaire, moyennant la caution faramineuse de 300 000 euros, Tariq Ramadan subit deux gros coups durs, de ceux dont il sera particulièrement difficile de se relever.

Au moment même où l’islamologue helvète, actuellement mis en examen pour deux viols en France et visé par une enquête pénale pour viol chez lui, en Suisse, est rattrapé par une sordide affaire « d’attouchements et de propositions à caractère sexuel avec au moins trois de ses élèves mineures en 1986, 87 et 88 », alors qu’il enseignait le français et la philosophie à Genève, une éminente personnalité musulmane qui fut proche de lui, au point de le soutenir sans réserve lors de son incarcération en février dernier, appelle solennellement les musulmans à se désolidariser de sa personne.

Depuis le Qatar où il est installé et officie, notamment sur la chaîne Al-Jazeera en sa qualité d’analyste de renom, le très respecté Dr Muhammad al-Mukhtar al-Shinqiti, qui enseigna longtemps l’éducation islamique et la littérature arabe en Mauritanie, son pays natal, juge désormais la cause de Tariq Ramadan indéfendable, tant sur le plan de l’éthique que de la morale islamique.

Car comment défendre l’indéfendable, estime aujourd’hui celui qui usa de son influence pour nommer l’islamologue genevois à la tête du CILE (le centre de recherche sur l’éthique islamique à Doha), et qui exhorte avec gravité ses coreligionnaires à « ne plus crier au complot », à la lueur d’éléments qui entachent irrémédiablement l’image de ce dernier.

Publicité

Pour être une pure coïncidence, elle n’en est pas moins accablante pour Tariq Ramadan : c’est précisément à l’heure où un rapport commandé par les autorités suisses, et rendu public mercredi,  atteste des relations déplacées et inadéquates qu’entretenait le prédicateur avec certaines de ses élèves dans différents établissements scolaires de Genève, entre 1984 et 2004 ( ces femmes, à l’époque adolescentes, avaient témoigné dans la presse en novembre 2017), que Muhammad al-Mukhtar al-Shinqiti n’a pas de mots assez forts pour blâmer ses agissements.

Sans doute terriblement désillusionné, c’est sur son blog personnel, publié sur le site arabophone d’Al-Jazeera, que ce dernier presse aujourd’hui les musulmans de ne plus se voiler la face sur la « vie parallèle, éloignée de la morale islamique et de ses valeurs » menée par Tariq Ramadan pendant des années, à l’insu de tous, le qualifiant « d’accro au sexe », d’être « méprisant » qui aura « usé de la tromperie » sans vergogne. Il ne trouve par ailleurs aucune circonstance atténuante à l’islamologue suisse, dont il réprouve formellement les  « choix conscients ».

Lâché par l’un de ses soutiens de la première heure et de poids, force est de constater que la cause de Tariq Ramadan ne trouve guère plus d’avocats pour la défendre dans la sphère musulmane hexagonale, que ce soit parmi les responsables institutionnels, les dignitaires religieux et autres figures du milieu associatif.

Laissez un commentaire

Quitter la version mobile