- Introduction
Après avoir exploré les différentes thématiques situées à la frontière entre le religieux et la science en ayant la certitude que la solution la plus salutaire pour la sortie de la science de la crise qu’elle traverse est l’aménagement d’un espace pour une spiritualité axée sur la transcendance divine à l’intérieur même de l’architecture scientifique, il nous reste maintenant à aborder une théorie qui a joué un grand rôle dans l’extension tout azimuts de l’athéisme dans le monde : c’est la théorie de l’évolution, fruit des travaux de Charles Darwin.
Dans cet article, nous allons carrément révéler les anomalies de cette théorie qui est selon nous parfaitement réfutable. La mise en évidence de ces anomalies ne nécessite pas un étalage complexe de détails techniques mais ils sautent plutôt aux yeux avec une clarté limpide. Ces anomalies n’ont pas été totalement révélées chez la communauté scientifique tellement la théorie de l’évolution fait l’objet d’un culte, d’une vénération et d’une domination qui n’ont rien de scientifiques auprès des penseurs occidentaux au point où des penseurs musulmans tentent aujourd’hui de faire convaincre les Musulmans du bien fondé de cette théorie.
On va d’abord examiner une question importante qui reste un mystère pour la théorie de l’évolution, une question sans réponse car elle renvoie au fondement de la création. Il s’agit de l’origine de la vie. Ensuite, on va faire l’inventaire des anomalies[1] qu’accuse la théorie de l’évolution concernant le règne animal puis on va passer rapidement aux anomalies de cette théorie s’agissant de l’origine de l’homme. Enfin, on va conclure cet examen on affirmant que l’existence de ces anomalies devrait tôt au tard conduire à la réfutation de cette théorie.
- L’origine de la vie et la nature du vivant : des questions sans réponses pour la théorie de l’évolution
Bien que le fondateur de la théorie de l’évolution, Charles Darwin n’ait pas pu expliquer l’origine de la vie après 1859, il n’en demeure pas moins que les biologistes évolutionnistes se sont acharnés à lever ce mystère qui est peut être le plus intriguant de l’histoire de la pensée scientifique.
Nous allons juste donner deux exemples de recherches récentes menées à ce jour. Il convient juste de rappeler que ces tentatives sont de nature athéiste. Elles laissent entendre que la vie soit apparue et qu’elle a disparue plusieurs fois sur Terre. Elles supposent également que la vie est probablement d’origine extraterrestre.
Le but ultime de ces approches est de montrer que l’origine de la vie peut être expliquée de manière naturaliste en recourant aux lois de la physique et de la chimie avec l’aide de la théorie de l’évolution. Elles visent en outre à refouler les approches des penseurs croyants comme W.A.Dembski[2] et M.J.Behe[3] de l’espace scientifique.
Juste quelques mots pour résumer les approches de ces deux penseurs croyants : M.J. Behe a révélé l’existence d’une « irréductible complexité » dans les systèmes biochimiques qui ne peut être expliquée que par le dessein intelligeant. La complexité irréductible reflète l’existence d’un système simple composé de plusieurs éléments qui interagissent entre eux et qui participent à son fonctionnement et dans lequel un changement mineur peut altérer tout le système[4]. Cette complexité nécessite qu’une intelligence suprême puisse connaitre l’ensemble du système.
Une bactérie par exemple fonctionne de cette manière. Chaque partie de cette entité biochimique joue un rôle particulier qui participe à la machinerie de la bactérie et qui lui est vitale. L’ensemble de ces parties interagissent et la font vivre, ce qui reflète une intelligence qui n’appartient pas à l’ordre naturel.
Quant à Dembski, il suggère que la vie n’utilise qu’une petite partie des séquences possibles et n’explore jamais de manière aléatoire l’espace des possibles, ce qui reflète un choix dirigé par une puissance surnaturelle[5].
Pour contrer ces approches et consacrer la dimension athéiste de la théorie de l’évolution avec comme finalité le renforcement de cette théorie auprès de la communauté scientifique et parmi les cercles philosophiques, certains scientifiques ont développé des concepts naturalistes et évolutionnistes.
L’une des plus importantes à notre sens est l’esquisse d’explication donnée par Christian de Duve[6] qui rejette les approches apparentées au dessein intelligeant au nom du naturalisme.
Ce dernier considère le recours par Dembski à une source intelligente comme inutile étant donné que la structure des protéines qui sont composés de plusieurs espèces d’acides aminés suggère l’existence de plusieurs étapes « dont chacune a impliqué un espace des possibles qui a été précédemment réduit pas la sélection à une taille compatible avec une exploration extensive sinon exhaustive[7] ». C’est de cette manière que des mélanges de peptides ont générés de manière aléatoire, selon Duve, des activités catalytiques ressemblant à celles des enzymes[8].
La vision de Duve sous-entend que ces activités permettent à de petits composés organiques ou non-organiques de développer des cellules vivantes même si les enzymes de départ sont venus de l’espace interplanétaire il y a plusieurs milliards d’années. L’ARN (acide ribonucléique) est supposé avoir des capacités enzymatiques qui auraient permis la synthèse des protéines. C’est pour cette raison que certains scientifiques ont lancé l’idée que le monde ARN a précédé le monde ADN[9].
Même si cette explication n’est pas très détaillée et claire, il n’en demeure pas moins que l’idée principal de Duve est que la vie métabolique existante actuellement sur notre planète soit le résultat d’une évolution de la chimie pré-biotique initiale.
Pour cet auteur, même si le problème de l’origine de la vie n’a pas été encore élucidé, il est néanmoins certain pour lui que c’est dans le secret des réactions chimiques que la vie trouve son origine. L’une des preuves de cette filiation chimique de la vie est, rappelle-t-il, la découverte d’acides aminés dans les comètes et les météores, ce qui prouve, selon lui, que la vie soit apparue sans l’aide d’organismes vivants[10].
L’hypothèse que la vie soit apparue plusieurs fois sur Terre avec des périodes d’extinction est probable pour Duve étant donné que les premiers signes de la vie ont émergé 250 millions d’années après que les conditions chimiques et pré-biotiques furent idoines pour l’existence de la vie (la Terre a existé depuis 4,5 milliards d’années et la première cellule, la cyanobactérie est apparue il y a 3,5 milliards d’années alors que la vie serait devenue possible sur Terre, il y 3,8 milliards d’années).
Ces deux paradigmes, l’origine chimique de la vie et la multiplicité de son apparition sur Terre sont des paradigmes athéistes par excellence. Le premier sous-entend qu’il y a une sorte de continuité entre le non-organique et l’organique[11] ainsi que l’absence de gap entre les deux modes naturels, ce qui contourne le rôle d’une force motrice ou d’une entité créatrice qui permet de faire le passage entre les deux modes d’existence qui sont supposés très différents. S’il n’y a pas de transition fondatrice entre le vivant et le non-vivant, on ne peut pas alors parler de force créatrice.
Quant au deuxième paradigme, il suggère que la vie soit le produit du hasard. Si la vie est apparue plusieurs fois sur Terre, alors il n’y a aucune ligne directrice ou sens à l’apparition de la vie. L’existence d’une puissance créatrice exige que la vie soit apparue une seule fois sur Terre.
Le problème avec la filiation chimique est que personne n’a réussi à créer la vie dans un laboratoire depuis Darwin. Certains scientifiques (comme Ernst Mayr dont on va parler) pensent que la raison de cet échec réside dans la difficulté de reproduire les mêmes conditions chimiques qui ont été à l’origine de la vie. L’autre raison à cet échec est l’absence de traces fossiles datant des 300 millions d’années entre 3,8 et 3,5 milliards d’années. Les plus anciens fossiles connus datent de 3,5 milliards d’années et les scientifiques ignorent à quoi ressemblaient leurs ancêtres durant les 300 millions d’années antérieures[12].
Par ailleurs, il n’est pas certain que la question de l’origine de la vie soit élucidée en reproduisant des conditions climatiques et chimiques similaires à celles qui prévalaient il y a 3,8 milliards d’années.
On ne peut pas même pas affirmer avec certitude que la vie soit apparue il y a 3,8 milliards d’années. Il est quasiment probable que ces difficultés ne peuvent être expliquées que par l’existence d’une puissance surnaturelle. D’abord, la création de la vie transcende les conditions chimiques sur le terrain. La vie ne peut pas être le résultat de simples réactions synthétiques chimiques puisqu’il n’y a aucune ressemblance ou lien existentiel entre le métabolique et le chimique.
Il faudrait également tirer les conséquences de l’inexistence de fossiles concernant la période considérée (3,8 milliards d’années) pour admettre que la vie ne soit apparue qu’il y a 3.5 milliards d’années. On ne peut pas faire des hypothèses autres que celles qui sont soutenues par ces preuves.
Nous allons voir maintenant qu’il y a un fossé ontologique entre le monde vivant et le monde non-vivant, c’est-à-dire entre le monde biologique et le monde chimique contrairement à ce qu’avance Duve qui a adopté un paradigme naturaliste.
C’est Jacques Monod, Prix Nobel de médecine qui a identifié la différence entre le vivant et le non-vivant qui se résume, selon lui, à trois éléments finalistes et non-naturalistes : la téléonomie, l’invariance reproductive et la morphogénèse autonome[13]. L’invariance reproductive est « la capacité de reproduire une structure de haut degré d’ordre, et puisque le degré d’ordre d’une structure peut être défini en unités d’information…le « contenu d’invariance » d’une espèce donné est égale à la quantité d’information qui, transmise d’une génération à la suivante, assure la conservation de la norme structurale spécifique[14] ».
S’agissant du projet téléonomique, il est défini comme « consistant dans la transmission d’une génération à l’autre, du contenu d’invariance caractéristique de l’espèce[15] ». Cette caractéristique n’est pas seulement liée à la reproduction bien que celle-ci représente l’élément le plus important du projet téléonomique.
Précisons juste les choses : le projet téléonomique ne peut exister sans l’intervention intelligente d’une entité surnaturelle qui a programmé la transmission des informations téléonomiques entre les générations des espèces et qui permet aux systèmes biologiques de violer la deuxième loi de la thermodynamique qui s’applique forcement aux réactions chimiques qui n’ont rien de téléonomiques.
L’autre approche évolutionniste et naturaliste sur l’origine de la vie a été développée de manière un peu plus détaillée et qui semble avoir intégré superficiellement cette notion de projet téléonomique, c’est-à-dire de reproduction et d’adaptation au milieu environnant par Ernst Mayr.
Celui-ci nous montre avec une certaine clarté une différence de taille entre les bactéries qui peuvent se répliquer et les bactéries qui ne le peuvent pas. Selon lui, il y a 3,5 milliards d’années, il y avait sur Terre, ce qu’il appelle les procaryotes qui sont des bactéries.
Ceux-ci n’ont aucune activité de reproduction sexuelle (ils échangent des gènes par un transfert latéral)[16]. Ce qui est étonnant avec ce type de bactéries c’est qu’il en existe une grande variété (cyanobactérie, gram-negative bactérie et gram-positive bactérie). Toutefois, il a été impossible de construire un arbre hiérarchique entre ces bactéries. Il semble donc qu’il n’y a aucune évolution entre ces entités biologiques, ce qui prouve que les premiers êtres vivants ont été crées séparément, les unes après les autres.
Il y a 1 milliard d’années, survient l’évènement majeur de l’histoire de la Terre, l’apparition des eucaryotes qui sont des bactéries composées de chromosomes, de membranes et peut être de mitochondries et d’organelles.
Le modèle suggéré par Mayr sur la formation des premiers eucaryotes par fusion entre deux procaryotes (eubactérie et archaebactérie), un processus qui aurait donné naissance à une chimère d’eucaryote[17], ne semble pas convaincant. Comment des bactéries procaryotes puissent fusionner pour donner naissance à des chimères de nature tellement différentes comme les eucaryotes composés principalement de noyaux cellulaires ou sont abrités les chromosomes, les unités de la reproduction sexuelle ? Les chercheurs ne connaissent pas le processus exact de la formation du noyau cellulaire[18].
D’ailleurs, si on retient comme fondement essentiel de la vie, le naturalisme qui suppose une stabilité et une continuité du fonctionnement métabolique, on ne peut qu’admettre que les procaryotes n’ont pas besoin d’une telle évolution puisqu’ils échangent des gènes entre eux par transfert latéral, se multiplient par fission de manière asexuée, existent avec une grande variété et résistent à des conditions extérieures difficiles et extrêmes. Ils sont aujourd’hui aussi nombreux qu’avant la création des eucaryotes. Le nombre de la biomasse des procaryotes est similaire aujourd’hui à celle des eucaryotes (ils existent sous formes de parasites et de détritus organiques).
Pourquoi alors une telle transition si le modèle des procaryotes et si réussi sur le plan métabolique ? Par ailleurs, il est difficile d’admettre une telle fusion de bactéries alors qu’ils sont très distincts (ils existent en grande variété plutôt que conformément à une hiérarchie précise). Les eubactéries et les archaebactéries sont très différentes et il est impossible de déterminer la phylogénie des procaryotes impliqués dans cette fusion.
Il faudrait ajouter un élément important. Dès lors que les eubactéries et les archaebactéries sont très disponibles aujourd’hui, pourquoi les scientifiques n’ont pas développé des expériences en laboratoire pour reproduire cette fusion qui aurait donné naissance aux eucaryotes ?
Il est clair que les eucaryotes sont une nouvelle création de la puissance divine selon un dessein programmé pour faire apparaitre des organismes végétaux et animaux de plus en plus diversifiés. La diversification naturelle est vraiment la ligne directrice de la vie et elle n’est pas le résultat de la sélection naturelle qui est le produit du hasard.
Dans le modèle de fusion présenté par Mayr, il n’est fait aucunement allusion à une pression de l’environnement qui aurait fait jouer la sélection naturelle de la théorie de l’évolution. Bien au contraire, les procaryotes furent les êtres unicellulaires les plus adaptés à l’environnement à travers des créations distinctes de plusieurs bactéries sur Terre, il y a 3,5 milliards d’années.
Pourquoi donc cette transition pour ne pas dire évolution entre ces deux entités microscopiques si j’ose dire ? La seule explication donné par Mayr est l’augmentation de la quantité d’oxygène dans l’atmosphère il y a 2,7 milliards d’années[19].
Mais cette explication est très pauvre puisqu’il est impossible de faire le lien entre l’augmentation de l’oxygène et la formation des chromosomes et du noyau cellulaire, évènements spectaculaires et complexes.
L’autre question sans réponse pour la théorie de l’évolution est ce problème redondant de la diversité et de l’hétérogénéité des eucaryotes, des caractéristiques qui se rencontrent également avec les procaryotes dont l’existence précède celles des premiers et qui défie les spécialistes de l’évolution.
Il a été identifié plus de 59 espèces (phyla) de protistes (qui sont une version développée des eucaryotes) dont 20 ne sont pas très connus par les spécialistes. Parmi les espèces connus, il y a les amibes, les micro-sporidies, les moisissures visqueuses, les dinoflagellés, les ciliées, l’algue rouge, l’algue verte, les sporozoaires, etc.[20]. Mayr reconnait la difficulté d’appréhender les liens et les relations entre ces phyla qui a provoqué la multiplication des classifications (jusqu’à 80 phyla répertoriés)[21].
Cette extension des phyla prouve deux choses : d’abord, c’est la grande diversité de la création à un stade ultime et initial de la vie sur Terre, une diversité qui n’est pas expliquée nécessairement par la sélection naturelle et par les autres modèles ad hoc et heuristiques comme celui de la fusion chimérique des procaryotes. Ensuite, il y a probablement une absence de liens entre ces entités microbiologiques et mêmes macro-biologiques[22] qui ont été probablement crées séparément.
Il n’y a pas eu une évolution mais plutôt une expansion de la diversité quasi horizontale. On a déjà vu que les procaryotes sont très divers (ils sont dominants dans la biomasse terrestre jusqu’à aujourd’hui) et parfaitement adaptés à l’environnement. On peut y ajouter les eucaryotes qui sont aussi divers et adaptés aux conditions extérieures.
On dirait même qu’il n’y a pas eu une sélection parce que la sélection reflète une évolution, une direction, une préférence. Or, les phyla que nous avons identifiés (procaryotes, eucaryotes et protistes) sont situés dans la même échelle en termes d’adaptation à l’environnement.
Cette égalité dans le développement des espèces s’étend même au passage aux protistes multicellulaires. Il y a des espèces unicellulaires parfaitement adaptées comme les protozoaires qui appartiennent au règne animal et les algues vertes qui font partie du règne végétal.
C’est comme il y a plusieurs mondes : en plus des mondes animal et végétal, il y a les mondes des êtres unicellulaires et multicellulaires. Les spécialistes n’ont pas une explication satisfaisante à l’apparition de la multicellularité.
L’explication qui repose sur l’augmentation de la taille des cellules n’est pas très satisfaisante parce qu’un tel accroissement aurait pu tout aussi bien provoquer la création de phyla de taille macroscopique unicellulaire. Il y a en fait une diversité de la création par la multiplication des espèces et non par une évolution marquée par une sélection naturelle. Je préfère la notion de perfectionnement interne par impulsion provoquée d’origine non naturelle plutôt qu’une évolution externe qui demeure inexorablement inexpliquée par l’évolution et la sélection naturelle.
Le choix de la multicellularité est un mystère mais il est probable que l’impulsion d’origine surnaturelle soit motivée par le dessin de créer des animaux et des plantes qui sont des êtres multicellulaires par excellence.
Toutefois, les êtres unicellulaires n’ont pas besoin d’évoluer puisqu’ils existent toujours en grand nombre sur Terre. Inutile donc de suivre les arbres phylogénétiques avancés par les évolutionnistes qui montrent comment les protistes ont évolué pour donner naissance aux Biltateria qui se propulsent grâce à leurs muscles puis aux protostomiens jusqu’aux éponges.
Notre hypothèse est que les dates d’apparition des créatures multicellulaires et des espèces unicellulaires ne sont pas en vérité très différentes. Une équipe de chercheurs français a présenté une étude selon laquelle des fossiles des tout premiers multicellulaires trouvés au Gabon sont datés de 2,1 milliards d’années[23] alors que les eucaryotes unicellulaires sont apparus il y a 1,5 milliard d’années. Une coexistence s’est imposée entre les deux types d’espèces créées presque en même temps.
Il suffit juste de rappeler aujourd’hui qu’il y a aussi bien des algues (algue brune) et des champignons unicellulaires[24] que des algues et des champignons multicellulaires. Il y a aussi des animaux unicellulaires (protozoaires) et des animaux multicellulaires (métazoaires).
Une microévolution est possible pour permettre le développement d’une même espèce. Par exemple, les protistes ont évolués à partir des eucaryotes en des espèces plus développés. Toutefois, une macroévolution entre les espèces unicellulaires et les espèces multicellulaires est difficile à admettre. Quand aux espèces plus évoluées comme les vertébrés et les poissons, ils sont apparus bien plus tard. Un petit poisson fossile datant de 500 millions d’années (ère précambrienne) et un tout premier vertébré, Pikaia ont été découverts respectivement en Chine (en 2002) et au Canada.
Par conséquent l’origine de la vie ne peut pas être expliquée par la théorie de l’évolution.
- Les anomalies de la théorie de l’évolution
Concernant la diversification du règne animal que la théorie de l’évolution tente d’expliquer par la sélection naturelle, elle est telle que cette théorie recèle des anomalies inévitables.
3.1. La première anomalie est liée à la date d’apparition des phyla d’animaux multicellulaires dotés de squelettes. Une grande diversité voir la quasi-totalité des espèces de ces animaux ont été découverts comme des fossiles dans les stratifications de l’ère du Cambrien qui a débuté il y a 543 millions d’années. Les 35 de tous les phyla d’animaux connus sont apparus durant une période estimée à 10 millions d’années seulement durant l’ère du Cambrien.
Dans ces phyla, il n’y a pas seulement des brachiopodes, des mollusques et des arthropodes, mais également toutes les espèces de plantes, de champignons et d’animaux. Comment expliquer une telle explosion dans l’apparition des espèces ?
C’est un véritable acte fondateur du règne animal qui trouve son origine dans une impulsion externe et soudaine d’origine transcendantale.
L’absence de types ancestraux durant le Précambrien confirme le caractère spectaculaire et soudain de cette explosion du Cambrien. Des explications ont été données par les spécialistes de la théorie de l’évolution mais elles sont hasardeuses. Par exemple, Mayr prétend que les ancêtres des animaux multicellulaires avaient une taille microscopique.[25] Mais cette hypothèse n’est pas sérieuse puisque la théorie de l’évolution qu’il défend ne peut pas expliquer cet accroissement de la taille durant le Cambrien.
3.2. La deuxième anomalie de la théorie de l’évolution est la non-concordance entre les prédictions de cette théorie est le témoignage des fossiles. Cette théorie prévoit un changement graduel des espèces depuis les ancêtres jusqu’aux descendants. Or, les fossiles ne confirment pas cette prédiction. Les espèces nouvelles apparaissent soudainement dans les stratifications fossiles et leurs ancêtres immédiats n’apparaissent pas dans les stratifications géologiques antérieures.
Il y a donc des discontinuités et des sauts qui sont inexplicables. Darwin a donné une explication hasardeuse à cette situation : les fossiles ne sont pas complètements préservés. Selon lui, les changements tectoniques les altèrent et les rendent incomplets. Toutefois, cette explication n’est pas vraiment scientifique. D’abord, si le test d’une théorie est intrinsèquement insuffisant, alors il perd sa qualité de test. Ensuite, il n’est pas normal que les changements tectoniques altèrent surtout les fossiles qui montrent la continuité entre les espèces en termes d’évolution et jamais les discontinuités entre les espèces.
La probabilité de trouver des espèces intermédiaires devrait être aussi importante que la probabilité de trouver des espèces qui ont évolué pour devenir distinctes de leurs ancêtres. Par conséquent, pourquoi ne pas affirmer que les espèces n’aient pas évolué puisque le test des fossiles le confirme au lieu de prétendre que les fossiles sont incomplets.
La découverte de l’Archéoptéryx qui est un oiseau fossile datant de l’ère du Jurassique (145 millions d’années) a ravivé les espoirs des évolutionnistes. Mais la présence des caractéristiques morphologiques suivantes : plumages, dents, queue, ailes et grands yeux qui laissent entendre que c’est une espèce intermédiaire entre les reptiles et les oiseaux ne sont pas déterminantes pour les raisons suivantes :
On peut d’abord supposer que cet oiseau fossile ne soit pas une espèce intermédiaire entre les reptiles et les oiseaux mais tout simplement un oiseau primitif. Les animaux primitifs sont toujours morphologiquement assez différents des descendants.
Il se peut également que l’Archéoptéryx soit un petit dinosaure de l’ère du Jurassique puisque les caractères susmentionnés se retrouvent également dans ces animaux impressionnants. Il est possible aussi que cette créature soit une espèce à part, ni oiseau, ni reptile et qui est éteinte tout simplement. Par ailleurs, il n’existe pas de fossiles d’oiseaux datant de périodes plus vielles que 150 millions d’années pour étayer la thèse de l’Archéoptéryx par des révélations sur son ancêtre.
Pour défendre leur thèse sur les espèces intermédiaires mais surtout leur mythe de macroévolution, les spécialistes de l’évolution donnent d’autres exemples :
– Le passage des reptiles synapsid aux mammifères est attestée selon eux par l’existence de fossiles très divers qui montrent les mêmes caractères chez les espèces de reptiles et de mammifères (dentition, morphologie du crane et queue[26]). Cependant, une telle hypothèse est insuffisante puisqu’elle ne tient aucunement compte des modes de reproduction très différents entre les reptiles et les mammifères (les reptiles pondent des œufs dans lesquels les petits se développent à l’extérieur de la mère alors que les petits des mammifères se développent à l’intérieur de leur mère) sans compter le revêtement de la peau. De telles comparaisons entre des espèces très différentes ne sont que des conjectures ou de simples inférences.
– L’évolution de la famille des chevaux, depuis la période de l’Eocène de l’Hyracotherium (Eohippus) jusqu’au cheval moderne (Equus)[27] atteste, selon ces spécialistes d’une évolution. Toutefois, on peut apporter deux réserves à cette hypothèse : d’abord, quand bien même nous reconnaissons que c’est une évolution, il s’agit plus d’une microévolution que d’une macroévolution puisque l’Equus n’est pas une espèce différente de son ancêtre, l’Eohippus. On peut même suggérer que ces deux animaux sont en fait deux espèces différentes créées à des périodes différentes.
– L’évolution de l’artiodactyle ongulé de l’Eocène en baleines est attestée par les spécialistes de l’évolution à travers l’existence de plusieurs espèces intermédiaires.
Cependant, toutes ces espèces intermédiaires (Mysticètes, Dorundon) sont plus des baleines que de ongulés. Par ailleurs, il s’agit ici d’une simple conjecture puisque les ongulés ne partagent pas les mêmes caractéristiques morphologiques avec les baleines.
3.3. La quatrième anomalie concerne la phylogénie des oiseaux. Il a été suggéré que les ancêtres de ces derniers sont les dinosaures théropodes de la fin du Cétacé (80 à 110 millions d’années). Pour prouver cette théorie, il a été évoqué les similarités du squelette aviaire entre les deux espèces[28]. D’autres spécialistes rejettent cette théorie en arguant que les dinosaures théropodes sont assez récents (80-110 millions d’années) alors que l’Archéoptéryx est plus vieux (145 millions d’années)[29]. Il existe également de grandes différences dans les doits et les dents entre les oiseaux et les dinosaures. Toutefois, la critique la plus importante est liée à l’origine du vol chez les oiseaux.
Les spécialistes ont jugé qu’il est impossible pour les animaux terrestres d’acquérir la capacité de vol. Or, cette critique invalide toute théorie qui tend à remonter l’origine des oiseaux au-delà de l’Archéoptéryx y compris la théorie concurrente qui postule que les oiseaux descendent d’espèces de reptiliens archosauriens il y a 200 millions d’années (fin de l’ère du Triasique).
3.4. La troisième anomalie a trait au caractère controversé de l’ancêtre commun : l’observation de Darwin sur les oiseaux des Iles Galápagos qui sont des îles volcaniques et qui n’ont jamais été reliés à l’Amérique du Sud est à l’origine du concept d’évolution.
Le savant anglais a observé que les pinsons vivants dans les trois Iles sont différents alors que les pinsons de l’Amérique du Sud sont une seule espèce. En sachant que toute la faune et la flore de ces Iles y sont parvenues par voie de mer (1000 km sépare l’Amérique du Sud de ces Iles), il conclut que l’ancêtre des pinsons trouvés dans les trois Iles est l’oiseau vivant en Amérique du Sud[30]. C’est à partir de cette inférence qu’il a établi sa loi sur l’ancêtre commun à toutes les espèces ainsi que son hypothèse inférentielle et douteuse stipulant que toute la vie sur Terre ait commencé par une forme unique de vie[31].
Ces inférences sont douteuses. D’abord, ce que Darwin a découvert, ce n’est qu’une microévolution d’une même espèce alors qu’il part de cette découverte pour établir une loi de macroévolution, ce qui est une induction erronée. La grande diversité des espèces ne peut pas être expliquée de cette manière. Le pinson de l’Amérique du Sud est l’ancêtre des pinsons des Iles Galápagos mais il n’est pas l’ancêtre d’autres espèces. De la même manière, il ne peut y avoir un ancêtre commun à tous les êtres vivants, du moins à tous les animaux vertébrés (poissons, oiseaux, mammifères). Leurs différences ne s’expliquent aucunement par la sélection naturelle.
L’idée de l’ancêtre commun a tellement été consacrée par les évolutionnistes qu’on affirme que tous les animaux carnivores descendent d’un type ancestral unique (canidés, félins, belettes, civettes), voire même tous les types de mammifères, d’insectes, d’oiseaux, d’amphibiens et de poissons.
Le concept d’ancêtre commun a été renforcé par des inférences qui ne se basent pas sur le témoignage des traces fossiles. Parmi ces inférences, il y a les types morphologiques communs entre les espèces. Le problème avec ce type d’inférence est le caractère aléatoire et hasardeux des hypothèses de départ. Le fait que la sauterelle et la menthe religieuse, d’une part, et le signe et le chien, d’autre part, partagent des caractères morphologiques communs ne permettent pas de trouver un ancêtre commun à ces espèces. Alors que dire pour l’ensemble des vertébrés et des invertébrés ?
L’inférence la plus connue utilisée par les évolutionnistes pour prouver la thèse de l’ancêtre commun est la comparaison entre le développement embryonnaire et l’évolution des espèces en allant jusqu’à affirmer que l’embryon humain ressemble dans certaines de ces étapes à l’embryon des mammifères, voire à l’embryon des reptiles, des amphibiens et des poissons[32].
Selon une théorie développée par Karl Ernst von Baer[33], les embryons d’espèces différentes ne peuvent pas être distingués surtout durant les premières étapes embryonnaires à moins d’identifier leur origine. Par exemple, certains caractères et organes apparaissent à des stades donnés de la formation embryonnaire puis disparaissent durant les stades ultérieurs.
Mais en fait, cette théorie repose elle-aussi sur une inférence douteuse. Il est difficile de comparer des étapes embryonnaires liées à la formation d’un individu d’une espèce à l’évolution des espèces sur Terre. Dans le développement embryonnaire, on assiste à la formation d’organes à partir d’un ovule avec le développement d’une multiplication cellulaire alors que l’évolution supposée des espèces est provoquée en principe par la pression de l’environnement selon la théorie de la sélection naturelle. Par conséquent, ce type d’inférences ne repose pas sur une ontologie unique qui reflète une genèse univoque de deux processus différents.
Les évolutionnistes recourent également à l’observation selon laquelle certains organismes possèdent des structures rudimentaires qui ne sont pas fonctionnelles comme l’appendice chez l’homme, les dents chez les baleines et les yeux dans les organismes d’animaux des cavernes[34].
Selon la théorie de l’évolution, ces structures rudimentaires sont les traces des structures qui étaient fonctionnelles chez les ancêtres de ces animaux mais qui ne le sont plus depuis que la sélection naturelle ai fait son effet en raison de la spécificité environnementale de la niche écologique dans laquelle vivent ces animaux, ce qui prouve selon eux leur évolution. Toutefois, rien ne prouve que ces structures soient issues de structures plus anciennes. Il est même possible que ces structures possèdent une nature esthétique.
L’ennui avec la théorie de l’évolution est sa propension à utiliser l’utilitarisme (la survie du plus apte). Elle cherche à étudier la fonction des organes d’un organisme par rapport aux exigences de l’environnement en occultant en même temps l’aspect esthétique de ces créatures (couleurs des ailes des papillons et du plumage des oiseaux, formes complexes des coquillages, etc.).
La richesse morphologique et picturale des animaux est telle que la pression de l’environnement ne peut pas expliquer entièrement et exhaustivement leur morphologie, la couleur de leurs plumages ou de leurs peaux ainsi que d’autres caractéristiques. Cette théorie a quelque chose de réducteur qui ne reflète par la richesse et la diversité biologique.
3.5. La cinquième anomalie : la cinquième anomalie de la théorie de l’évolution est liée à au réalisme de l’évolution et de la sélection naturelle.
D’abord, le témoignage des fossiles ne montre jamais la continuité prédite par la théorie de Darwin de l’évolution. Une telle continuité est nécessaire pour passer de la microévolution à la macroévolution. Or, il s’avère que les fossiles observés montrent plutôt une discontinuité. Les espèces apparaissent soudainement.
Afin de faire face à cette difficulté majeure, les évolutionnistes s’appuient sur la possibilité de la sélection artificielle sur les animaux domestiques. Or, le problème avec la sélection artificielle est que les animaux sur lesquels des caractéristiques déterminées dans le comportement ont été renforcées (chevaux de courses ou les poules qui ne volent pas) ont été déjà domestiqués par l’homme depuis des milliers d’années.
C’est la domesticité de ces animaux qui est inexplicable pour les évolutionnistes. Ces derniers ne peuvent pas répondre à la question suivante : pourquoi il n’y a que peu de phyla d’animaux et de plantes qui ont été domestiqués et jamais d’autres ? La domesticité est une donné externe à la théorie de l’évolution.
Par conséquent, le passage de la microévolution à la macroévolution est impossible puisque le gradualisme de l’évolution ne peut être prouvé. On ne peut expérimenter une telle assertion et surtout pas sur des espèces déjà domestiqués pour des raisons externes à la théorie de l’évolution. Si on ne peut pas expliquer la domesticité, alors la sélection artificielle n’est pas une preuve pour la sélection naturelle.
Ajoutons à cette situation, le fait que les spécialistes de la théorie de l’évolution ont crée une incertitude sur l’objet de la sélection naturelle. Ce n’est ni l’organisme, ni le système génétique mais plutôt la population d’organismes, voire le phénotype général constitué des organismes, de leur comportement et de leurs habitats[35]. Ils parlent même du système constitué du génotype et de l’environnement.
A ce propos, on peut déceler deux problèmes : le premier est lié à la contradiction qui existe entre ces descriptions de plus en plus générales (phénotype, génotype+environnement) et le caractère irréductible et précis de la biologie des organismes. Les organes ont une fonction et c’est elle qui change selon la pression de l’environnement.
Les organismes qui ont les organes les plus fonctionnels et les plus adaptés par rapport à cet environnement survivent grâce la reproduction.
Il y a donc un fossé béant entre la généralité des objets identifiés pour la sélection naturelle et le réductionnisme de la biologie des organismes basée sur la spécificité des organes.
Le deuxième problème est que la théorie de la sélection naturelle ne nous dit pas pour quelle raison il y a un nombre non négligeable d’espèces qui n’ont pas évolué depuis des millions d’années.
Si Darwin parle de la «lutte pour la survie » et la « compétition des espèces », il sous-entend une pression sans limites de l’environnement sur les animaux. Les espèces sont, selon lui, continuellement sélectionnées pour une adaptation meilleure à l’environnement.
Or, il y a des espèces qui n’ont pas évolué depuis des millions d’années. Parmi ces espèces, il y a des êtres simples comme la lingule qui existe depuis 450 millions d’années et l’huître qui est resté la même depuis 150 millions d’années. Mais il y a aussi des espèces développées comme la grenouille nasikabatrachus sahydrenis qui existe depuis 130 millions d’années, le requin-lutin (125 millions d’années), la salamandre géante de Chine (170 millions d’années), les triops canciformis (300 millions d’années), le coelacanthe (300 millions d’années) et le crocodile (300 millions d’années).
La non-évolution de ces espèces est une question sans réponse pour les évolutionnistes à un point tel que la seule explication à cette stabilité des espèces est d’ordre finaliste, téléologique et pour ma part, transcendantale.
Jacques Monod a donné une réponse pour la première partie de cette explication qui échappe totalement à la grille d’analyse et au cadre de pensée des évolutionnistes post-darwiniens. Monod affirme « L’extraordinaire stabilité de certaines espèces, les milliards d’années que couvre l’évolution, l’invariance du plan chimique fondamental de la cellule ne peuvent évidement s’expliquer que par l’extrême cohérence du système téléonomique, qui dans l’évolution a donc joué le rôle à la fois de guide et de frein et n’a retenu amplifié, intégré qu’une infime fraction des chances que lui offrait, en nombre astronomique, la roulette de la nature[36]. »
Monod reconnait sans le dire explicitement l’existence d’une direction, d’une intention et d’un projet pour les êtres vivants. Ces caractéristiques se rencontrent pour consacrer le principe d’une intelligence. Mais je préfère le concept avancé plus haut qui est la diversification par impulsion externe spontanée.
Il se peut même que cette réalité sur la stabilité des certaines espèces n’est que la tête de l’iceberg et que toutes les espèces des vertébrés et des invertébrés connaissent une stabilité millénaire.
On ne peut admettre dans cette vaste stabilité biologique à travers le temps qu’une part limitée pour la microévolution qui concerne certaines caractéristiques morphologiques des espèces imposées par des conditions particulières de l’environnement et qui n’existaient pas pour les espèces avant cette microévolution.
3.6. Dernière anomalie : l’origine de l’homme : bien que la question de l’origine de l’homme mérite d’amples explications qui dépassent le cadre de cet article tant ses implications sont nombreuses et importantes, on va juste signaler rapidement quelques anomalies significatives[37].
Peu importe les thèses sur l’origine de l’homme et ses ancêtres parmi les animaux de la savane africaine, il n’en demeure pas moins qu’il y a une anomalie que les évolutionnistes n’arrivent pas encore à résoudre.
Les scientifiques reconnaissent que les australopithèques sont plus des singes que des êtres humains et qu’ils ne savent pas vraiment à quelle date l’homo sapiens s’est distingué. Selon les évolutionnistes, l’homme d’aujourd’hui a évolué à partir d’espèces de singes ou d’un type humain antérieur bien que des Sapiens ont dominé l’Afrique orientale, il y a 150 000 ans[38]. Ces Sapiens ressemblaient énormément à nous. L’Homo sapiens était un être qui se distinguait d’espèces comme le Neandertal bien que les spécialistes ne reconnaissent pas que se sont deux espèces différentes. Il a néanmoins fait disparaitre le Neandertal et a colonisé une bonne partie de la planète.
Mais où réside l’écueil ? Alors que leur cerveau avait déjà atteint sa taille actuel, les Sapiens n’avaient réalisé rien de particulier et ne sont même pas parvenus à surpasser les espèces qui vivaient non loin d’eux et ce, durant presque un millénaire entre 150 000 et 70 000 ans.
Mais à partir de 70 000, le Sapiens a commencé à envahir le Moyen Orient, l’Europe et l’Asie de l’Est en refoulant l’homme du Neandertal. Ils ont même atteint l’Australie vers 45 000 ans. Yuval Harari appelle cette transformation, une révolution cognitive[39].
Entre 70 000 et 30 000, des inventions stupéfiantes ont été réalisées : objets d’art, bijoux, armes de guerre (arcs et flèches), moyens de transport comme les bateaux, etc. et ce, sans parler du langage et de la pensée.
Il n’y a aucune explication à cette transformation. Avec le même cerveau, l’Homo Sapiens a réussi à créer la civilisation et à coloniser la Terre. On ne peut pas expliquer ce changement majeur dans l’histoire de la vie et de l’humanité par l’évolution ou par quelques mutations génétiques. Avec la même taille et les mêmes caractéristiques du cerveau, il y a un décalage d’un millier d’années avant que ce cerveau commence à provoquer une révolution cognitive. C’est comme si une puissance transcendantale ait décidé du moment propice et déterminé pour commencer à écrire l’Histoire de l’humanité[40].
On ne peut pas expliquer également la disparition des espèces comme le Neandertal (vers 30 000 ans), l’Homo Soloensis (qui a disparu vers 50 000 ans) et l’Homo Denisova (vers 40.000)[41] par la théorie de l’évolution.
On peut suggérer ici une explication par l’émergence d’une intervention externe d’origine transcendantale qui a provoqué de telles transformations qui ont changé le visage de l’humanité et qui ont permis à l’homme d’écrire les pages de l’histoire. Voilà la plus grande anomalie de la théorie de l’évolution concernant l’origine de l’homme.
On peut résumer les faiblesses de la théorie de l’évolution concernant l’origine de l’homme comme suit :
- Différences morphologiques, génétiques et cognitives (taille du cerveau et sa fonctionnalité) entre l’Homo Sapiens et les autres espèces animales qui sont supposées être ses ancêtres ou ses contemporains: Australopithèques, Homo Habilis, Homo Erectus.
- Causes inconnues de la disparition des espèces contemporaines de l’Homo Sapiens (Neandertal, Denisova et Soloensis).
- Causes de l’explosion cognitive et de la colonisation de la Terre sans modification dans la taille du cerveau de l’Homo Sapiens qui est resté stable pendant un millénaire.
- Conclusion
Thomas Kuhn qui a relancé le débat sur le changement scientifique, a rappelé que la science connait trois étapes significatives :
- La science normale : c’est un système de connaissances qui reste stable en raison d’un consensus entre les scientifiques tant qu’il n’y a pas quelque chose qui perturbe ce système. Par ailleurs, ce système repose sur la notion de paradigme qui est un modèle unificateur. Il représente également l’ensemble des méthodes scientifiques qui sont reconnues par ces scientifiques.
- Crise : ce système de connaissances devient menacé dès lors qu’une anomalie surgit. Kuhn n’est pas très explicite concernant la nature de cette anomalie. Mais il est clair qu’une anomalie ne peut être que la non-concordance entre la théorie scientifique ou ce système de connaissances et l’expérience. Nous avons déjà parlé dans nos précédents articles du rôle inductif de l’expérience qui à chaque fois que la science approche d’une révolution provoque un bouleversement spectaculaire qui remet en cause la stabilité et la pérennité du système de connaissances scientifiques qui forme la science normale.
- Nouvelle science normale : après la crise, les scientifiques élaborent un nouveau système de connaissances qui formera la nouvelle science normale.
De cette manière, on ne comprend pas pourquoi le nombre élevé d’anomalies existantes dans le corpus de la théorie de l’évolution depuis les travaux de Darwin n’a pas amené les spécialistes de cette théorie à y renoncer ?
Cette théorie pourrait à moyen ou long terme céder la place à une nouvelle théorie qu’on pourrait appeler la variabilité et la diversification spontanées et provoquées des organismes biologiques qui est compatible avec les observations archéologiques et fossiles ainsi qu’avec les caractéristiques historiques et biologiques des espèces vivantes sur notre planète.
[1] Ces anomalies ont été en grande partie identifiées grâce à nos propres recherches.
[2] Dembski, W.A. The Design Inference: Eliminating Chance through Small Probabilities. Cambridge University Press, 1998.
[3] Behe M.J. Darwin’s Black Box. The Biochemical Challenge to Evolution. New York : The Free Press., 1996.
[4] Ibid.
[5]Op.cit. Dembski.
[6] Science et Quête de Sens. Ouvrage sous a dir. Jean Staune, 2019, Groupe Elidia, p.74.
[7] Ibid. p. 84.
[8] Ibid.
[9] Ernest Mayr. What Evolution is, Basic Books, 2001, p. 43
[10] Ibid., p. 76.
[11] Cette approche a été inaugurée par les travaux d’Alexandre Oparin en 1924 et par Stanley Miller en 1953 qui a suggéré que des acides aminés sont apparus en raison des conditions physico-chimiques particulières sur Terre.
[12] Op.cit. Mayr, 2001, p.43.
[13] Monod Jacques. Le Hasard et la Nécessité. Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne. Ed. Cérès Production Tunis 1993.
[14] Ibid.., p. 24.
[15] Ibid, p.25.
[16] Op.cit. Mayr, p.44.
[17] Ibid. p.45.
[18] Ibid. p.48.
[19] Ibid.
[20] Margulis L. and Schwartz K.V. 1998. Fives Kingdoms. An Illustrated Guide to the Phyla of Life on Earth. Third Edition. W.h. Freeman, Newy York.
[21] Op.cit. Mayr, p.49.
[22] Le Varech (Macrocystis) peur atteindre une centaine de mètres (op.cit.Myr, p.50).
[23] El Albani et al., Nature, 1er juillet 2010.
[24] Op.cit. Mayr p.50.
[25] Ibid. p.60.
[26] Ridley Mark, 1996, Evolution. 2ème Ed. Cambridge, Mass. Blackwell Science.
[27] Strickberger, Monroe, W. Evolution, 1990; John and Bartlett Publishers, Sudbury, MA.
[28] Les Dinosaures théropodes sont bipèdes.
[29] Op.cit. Mayr, p. 65.
[30] Op.cit. Mayr, p.19.
[31] Ibid.
[32] Ibid., p. 27.
[33] Baer, K. E. von. 1828. Entwicklungsgeschichte der Thiere. Königsberg: Bornträger.
[34] Op.cit. Mayr, p.30-31.
[35] Op.cit. Mayr, pp.126-129.
[36] Op.cit. Monod, p.139.
[37] La validité des conclusions obtenues par rapports aux développements précédents de cet article sont applicables bien entendue à la question de l’évolution de l’homme et sa prétendue descendance du singe.
[38] Yuval Noah Harari Sapiens. Une brève histoire de l’humanité. Albin Michel, 2012, p.25.
[39] Ibid., p.33.
[40] L’identification de cette anomalie de la théorie de l’évolution de l’homme a été le résultat d’une discussion avec un ami qui est un chercheur indépendant, M. Fouad Ferhat. Ce dernier a mis l’accent, d’une part, sur le fait que les évolutionnistes n’ont aucune réponse à cette anomalie et, d’autre part, sur l’absence d’aucune explication satisfaisante par la biologie ou la génétique évolutionnistes.
[41] Ibid. p.30.

