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La Rochelle : des tags islamophobes et nazis souillent les murs d’un stade de football, à la consternation générale

Entourée de croix gammées et agrémentée de considérations abjectes sur le carnage commis dans les mosquées Al Noor et Linwood de Christchurch, l’inscription « Islam dehors », qui a défiguré les murs et la tribune du Stade Armand-Bouffenie, a occasionné un réveil dominical brutal à la communauté musulmane de la Rochelle.
En ce dimanche 24 mars encore hanté par l’insoutenable massacre perpétré en Nouvelle-Zélande – ce havre de paix lointain, aujourd’hui en deuil, qui n’a jamais été aussi proche de nous par la pensée – la découverte, au petit matin, de ces tags anti-musulmans intolérables constitue la preuve affligeante que l’islamophobie est l’un des pires fléaux du racisme contemporain.
Un fléau qui sévit d’un continent à l’autre et s’autorise à souiller toutes les enceintes, même les plus sacrées et inviolables, en usant de toutes les armes pour faire régner la terreur, attiser la haine ou faire couler le sang d’innocents. Toutes les armes, y compris celles, redoutables, des mots et des analogies nauséeuses qu’ils véhiculent et banalisent à dessein.
« La Rochelle n’échappe pas à un contexte global, qui remet sur le devant de la scène des choses que l’ont croyait effacées », a réagi l’adjoint à l’urbanisme Jean-Philippe Plez. Dans un communiqué, le maire de La Rochelle, Jean-François Fountaine, a condamné une « nouvelle attaque xénophobe contre les valeurs républicaines et réaffirme son soutien et sa solidarité envers les victimes de toute discrimination ».
Tandis que les agents d’entretien de la ville sont déjà à pied d’œuvre pour éliminer la moindre trace de ces tags racistes ignominieux, la mairie et l’Association culturelle islamique de la Charente-Maritime ont annoncé leur intention de déposer plainte contre X.

Huit jours après avoir eu le sang qui se glace dans les veines, en apprenant l’effroyable tragédie de Christchurch, Abdelouahed Tatou, le secrétaire général de l’Association islamique, a fait part de sa profonde consternation. «  C’est une menace directe envers notre communauté. Nous avons décidé à chaque fois que la communauté est visée par des insultes, de porter plainte. Il ne se passe un trimestre sans que l’on ne voie des autocollants Islam dehors sur les panneaux indiquant la mosquée. Trois fois, on nous a aussi adressé des colis avec de la viande de porc », s’est-il indigné.
En l’espace de trois semaines, Abdelouahed Tatou a porté plainte à deux reprises au nom de l’association qu’il représente. Se tourner vers la justice de son pays, comme il l’a fait récemment en réaction aux insultes racistes proférées contre les footballeurs du club rochelais de Villeneuve- les- Salines, est la meilleure arme que puisse utiliser ce dernier contre l’islamophobie ravageuse et hautement répréhensible.
 

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