Face au chômage endémique et à l’impéritie de nos gouvernements successifs pour le juguler, le Pôle emploi, censé être en pole position pour remettre les 6 millions de chômeurs sur les rails du travail, ne fait pas de miracles non plus, et c’est rien de le dire !
Mais de là à proposer à une jeune femme ingénieure en neurosciences, forte d’une expérience significative de trois ans en tant qu’électrophysiologiste, un emploi de femme de ménage, cela dépasse littéralement l’entendement…
Cherchez l’erreur, serait-on tenté de dire, et pourtant, c’est bien cette reconversion aussi inepte que dévalorisante qu’un conseiller du Pôle emploi, faute de solutions, a sorti de son chapeau pour la présenter, sans sourciller, à une jeune femme voilée de 27 ans.
Pour son deuxième entretien à Pôle emploi et sa première rencontre avec ce conseiller, cette ingénieure, inscrite au chômage depuis le mois d’août 2016, qui était disposée à reprendre des études dans le domaine médical, voire à envisager un plan B à la hauteur de ses compétences, a été servie !
Contactée par le site buzzfeed après avoir fait part de son effarement sur Twitter, la jeune femme, qui n’a pas souhaité révélé son identité, assure que son voile n’est pas étranger à cette proposition d’emploi ahurissante, en dédouanant néanmoins ce conseiller bien mal avisé du Pôle emploi de tout racisme ordinaire.
« Le plus triste, c’est que je pense que ce conseiller pensait bien faire », se désole-t-elle, en insistant sur l’impuissance de son interlocuteur à répondre à ses aspirations professionnelles et à sa condition non négociable : son souhait légitime de travailler voilée.
« Il m’a répondu que par rapport à mon profil et aux offres d’emplois actuels, je pourrais songer à faire femme de ménage ou auxiliaire de vie. Que c’était ce que la plupart des femmes qui portent le voile et qui passent par Pôle emploi faisaient. Ou à la limite essayer de chercher en tant que téléopératrice », a-t-elle relaté.
Et de poursuivre : « Je ne pense pas que ce conseiller était raciste, même si je ne peux juger de ses intentions, mais il avait l’air bienveillant. Je pense que la “barrière” qu’il m’a mise, elle était déjà dans sa tête. Pour lui ce n’est pas choquant, c’est juste évident ».
Renvoyé à sa proposition d’emploi pour le moins inadaptée au profil de la jeune femme qui espérait mieux du Pôle emploi, sans toutefois se bercer d’illusions, ce conseiller, en panne d’idées, lui a alors suggéré de se tourner vers « les associations musulmanes », au risque de préconiser un repli communautaire dans une société française qui agite le chiffon rouge devant le communautarisme… Comble du paradoxe !
Alors que le Pôle emploi se dit stupéfait par le traitement de son cas et a cherché à la contacter, la jeune femme, qui affirme que son voile n’est pas la cause de son licenciement et n’a jamais été un handicap rédhibitoire auparavant, s’est épanchée sur le profond malaise qu’elle a ressenti après coup et le sentiment d’humiliation qui l’a envahie.
« Mon voile c’est un signe religieux mais c’est aussi une partie de moi-même et je pense que j’ai le droit de me vêtir de la façon que je veux, tout simplement », clame-t-elle aujourd’hui avec une détermination renforcée.
Une jeune ingénieure voilée se voit proposer une offre de femme de ménage par le Pôle emploi

