Tombé en disgrâce pour avoir entonné, la semaine dernière, une chanson de la légendaire Oum Kalthoum sur le plateau d’une émission de télévision, Sheikh Younis, un imam et prédicateur de la mosquée Ali Bin Abi Talib, encourt aujourd’hui les foudres de ses pairs qui lui reprochent un mélange des genres déshonorant pour la prestigieuse institution Al-Azhar.
Frappé d’anathème, ce dignitaire religieux prêche désormais dans le désert quand il se défend de l’outrage dont on l’accuse, le ministère égyptien des Affaires islamiques, particulièrement heurté par sa prestation vocale, restant sourd à ses explications et dénégations.
Le verdict est tombé comme un couperet : interdiction de prêcher pour avoir souillé la tenue traditionnelle arborée par les étudiants et les savants musulmans d’Al-Azhar et, par-là même, porté gravement atteinte à la réputation de la plus haute autorité sunnite.
Si rares sont ceux qui, en haut lieu, trouvent des circonstances atténuantes à l’imam dans la tourmente, n’accordant que peu de crédit à « l’innocence » qu’il clame et au « grand respect » qu’il porte à la tenue religieuse qu’il a « l’honneur de revêtir », des marques de soutien en sa faveur se font jour sur les réseaux sociaux égyptiens, alors même que la polémique qui enfle s’est déplacée du monde réel à l’agora virtuelle, en pleine effervescence.

Un imam égyptien interdit de prêche pour avoir chanté dans une émission de télévision

