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Discrimination anti-voile Etretat : le père de famille, déterminé à porter plainte, témoigne

Joint ce matin au téléphone, Mohsen Zemni a accepté de livrer son récit des faits sur Oumma.
C’est parce qu’il ne veut plus jamais voir des larmes couler sur les joues de sa femme, avenante et discrète, sous le poids de l’humiliation publique qui a braqué tous les regards vers elle, et entendre son petit garçon de 4 ans lui demander « papa, pourquoi on peut pas manger ici ? », que Mohsen Zemni a décidé de dénoncer la discrimination qui a fait des siens une famille de pestiférés.
Comment aurait-il pu imaginer que le refoulement intolérable dont sa petite famille a été victime, lors d’un lundi de Pâques qui s’annonçait sous les meilleurs auspices, se passerait dans le cadre enchanteur d’Etretat ? Cette ville romantique que son épouse et lui-même apprécient particulièrement et dont ils ne se lassent pas d’admirer les paysages grandioses, au point de la qualifier de « ville fétiche ».
Cette déplorable affaire, tristement révélatrice de l’hostilité anti-voile ambiante, n’a pas seulement fait pleurer sa femme, assombri la fête d’anniversaire de son petit garçon, et laissé un souvenir amer que les jours qui passent ne parviennent pas à effacer. Elle a aussi renforcé la conviction profonde de ce mari et père meurtri.
« En tant que citoyen, j’ai des devoirs et des droits. Je suis très respectueux des lois de la République. Mais lorsque sa devise « Liberté, Egalité et Fraternité » est bafouée, comme elle l’a été avec nous, alors je dois me battre pour faire respecter et appliquer mes droits les plus fondamentaux », a-t-il clamé ce matin au téléphone.
Plus combatif que jamais car sûr d’être dans son bon droit, il s’apprêtait à se rendre au commissariat d’Argenteuil pour s’entretenir avec le commandant de police. Un entretien qu’il attendait avec d’autant plus d’impatience que son premier contact avec l’agent d’accueil du commissariat de sa ville ne fut pas cordial, ni fructueux, et c’est un doux euphémisme…
Alerté, le commissaire divisionnaire l’a appelé en personne pour lui présenter ses excuses et l’inviter à venir s’expliquer auprès de son bras droit.
C’est en effet à Argenteuil, la ville où il réside au cœur du Val-d’Oise, que Mohsen Zemni, sur les conseils de la gendarmerie d’Etretrat, veut porter plainte contre la brasserie-restaurant La Belle Epoque et son serveur qui les a mis plus bas que terre. Celui-ci, après avoir jeté un regard noir à son épouse voilée, leur a interdit purement et simplement de s’attabler en terrasse sur un ton autoritaire, devant les autres clients restés impassibles.
« Rendez-vous compte, ma femme est toujours hantée par son regard dur et méchant ! Dès qu’il nous a vus nous installer en terrasse, il s’est précipité vers nous pour nous sommer de partir. Il nous a dit ‘pour vous, c’est le fond de la salle’, tout en nous montrant d’un geste de la main la sortie, si on ne voulait pas obéir. Il n’y a pas de mots pour exprimer ce qu’on a ressenti. C’est honteux ! », s’est-il indigné, la voix tremblante d’émotion.
Rejetée sans ménagement et avec mépris par un simple employé de l’établissement, sans doute légitimé à agir de la sorte par des consignes internes, la famille Zemni, choquée et mortifiée, qui a aussitôt quitté les lieux, peine à se remettre d’avoir été traitée comme de vulgaires clients indésirables.
Alors que les siens ont été touchés au plus profond de leur dignité, Mohsen Zemni est déterminé à se tourner vers la justice de son pays pour faire reconnaître la discrimination, odieusement décomplexée et aux forts relents islamophobes, qui s’est abattue sur sa famille.
Le pire dans tout cela, c’est que cet ostracisme qui laissera des traces profondes a frappé au moment où il s’y attendait le moins, de surcroît dans un coin de France où il aimait, avec son épouse, s’octroyer des parenthèses reposantes et régénérantes.
 
Propos recueillis par la rédaction Oumma

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