Deux grandes ONG israéliennes de défense des droits humains, B’Tselem et Physicians for Human Rights Israel (PHRI), ont accusé lundi Israël de commettre un génocide contre les Palestiniens à Gaza, lors d’une conférence de presse à Jérusalem. C’est la première fois que des organisations israéliennes emploient ce terme avec une telle clarté.
Dans un rapport accablant de 79 pages, B’Tselem affirme être parvenue à cette « conclusion sans équivoque » après avoir analysé la politique israélienne dans la bande de Gaza, ses conséquences catastrophiques, ainsi que les déclarations de hauts responsables politiques et militaires israéliens. « Rien ne vous prépare à réaliser que vous faites partie d’une société qui commet un génocide. C’est un moment profondément douloureux », a déclaré Yuli Novak, directrice exécutive de B’Tselem.
Le rapport décrit une stratégie reposant sur les massacres de civils, la création délibérée de conditions de vie intenables, la destruction massive des infrastructures, la désintégration du tissu social, les arrestations de masse, la torture, et les déplacements forcés à grande échelle, que l’ONG qualifie de tentative de nettoyage ethnique. Il affirme que la réalité sur le terrain ne peut être justifiée par un objectif de démantèlement du Hamas.
De son côté, PHRI a publié une analyse médico-légale détaillant une destruction systématique du système de santé à Gaza, rendant quasiment impossible la survie des blessés et des malades. Elle parle d’une politique délibérée et méthodique, visant à nuire à la population palestinienne « en tant que groupe », ce qui correspond à la définition juridique du génocide selon la Convention de l’ONU.
Les deux ONG pointent également la responsabilité de la communauté internationale, accusée d’avoir permis le génocide en soutenant Israël militairement ou en affirmant son « droit à l’autodéfense », même après que la Cour internationale de justice a estimé en janvier qu’il existait un « risque plausible » de génocide.
Le rapport repose sur 20 mois de documentation, incluant des milliers de cas de meurtres, blessures, destructions, tortures et violations graves des droits humains, sur l’ensemble du territoire, y compris en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et en Israël.
Dans ce contexte, les accusations portées par B’Tselem et PHRI – deux structures profondément ancrées dans la société israélienne – sont d’autant plus percutantes qu’elles ne peuvent être écartées comme de simples critiques extérieures ou antisémites. Elles s’ajoutent aux nombreuses condamnations internationales, notamment celles de l’ONU, dont des experts ont affirmé que la conduite israélienne à Gaza présente les caractéristiques d’un génocide, et celles d’Amnesty International, qui a estimé disposer de preuves suffisantes pour conclure à un génocide en cours. Des ONG comme Human Rights Watch avaient également déjà dénoncé l’utilisation de la famine comme arme de guerre, renforçant le constat d’un crime d’une extrême gravité.
Des ONG israéliennes dénoncent un génocide commis par Israël contre les Palestiniens lors d’un point presse à Jérusalem.
Le rapport rédigé par Asad Betzelem présente des faits, des données et des témoignages sur la façon dont Israël agit de manière délibérée, coordonnée et… pic.twitter.com/aEoAdH0JQR
— Oumma.com (@oumma) July 28, 2025

