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Australie : des lycéennes refoulées du Centre des Congrès de Perth en raison de leur hijab

Elles étaient venues assister à un grand Forum des “Formations et Carrières”, avides d’en savoir plus sur les filières porteuses à l’heure de faire un choix d’avenir crucial, quatre lycéennes australiennes de confession musulmane n’auront guère eu le loisir de satisfaire leur curiosité et de se forger une opinion, car elles ont été poussées vers la sortie sans ménagement, quelques jours après l’attentat sanglant de Manchester.
Ressorties précipitamment du Centre des Congrès de Perth devant une assistance que leur présence indisposait, selon les dires du professeur qui les accompagnait, les jeunes filles mortifiées ont été traitées en véritables pestiférées en raison de leur islamité visible.
Victimes collatérales du nouvel attentat qui a lourdement endeuillé le Royaume-Uni et épouvanté le reste du monde, ces bonnes élèves dont la seule préoccupation, comme leurs autres camarades de classe, était de se donner toutes les chances de réussir dans un îlot du multiculturalisme, ont subi un terrible affront public, sous leur voile qui a été au mieux considéré comme « déplacé » et au pire comme une « menace ».
Très attristée par l’humiliation infligée à sa fille, l’une des mères de ces adolescentes a tenu, sous couvert d’anonymat, à témoigner de son inquiétude devant les amalgames que les actes terroristes font naître ou exacerbent. « Je ne suis pas en colère, je suis simplement triste, extrêmement triste », s’est-elle désolée, avant de pousser un cri du coeur: « Oui, j’éprouve une immense tristesse que ma fille ait été rejetée de cette manière et n’ait pas profité de ce colloque auquel elle se faisait une joie de participer. Comment les gens peuvent-ils penser que ma fille et ses amies ont quelque chose à voir avec les terroristes de Manchester ? ».
Profondément affligée également, Mariam Veiszadeh, présidente d’une association luttant contre l’islamophobie, est montée au créneau pour dénoncer les méfaits de l’ignorance banalisée qui sèment le trouble et la confusion dans les esprits déjà passablement embrumés. « A maintes reprises, nous nous heurtons aux préjugés ravageurs qui confondent la foi partagée par plus de 1,6 milliard de musulmans dans le monde avec celle dont se réclament les meurtriers de Daech », s’est-elle insurgée, tout en alertant sur le fait que les femmes voilées sont les victimes toutes désignées d’une islamophobie sur la courbe dangereusement ascendante. Une islamophobie qui s’abat sur des mères de famille avec une violence qui n’a d’égal que son incroyable lâcheté, souvent sous les yeux terrifiés de leurs enfants.
« Il y a eu très peu de recherches menées sur l’impact de l’islamophobie sur les jeunes, sur leur quête d’identité et sur l’estime de soi », déplore Mariam Veiszadeh, en annonçant d’ores et déjà qu’un rapport très étayé sur le fléau de l’islamophobie en Australie, le premier du genre jamais produit, sera rendu public dans les prochains mois.
De son côté, la mère de l’une des lycéennes, encore sous le choc de son refoulement, tente de dépasser sa propre consternation en voulant croire qu’à toutes choses malheur est bon : « Je vois finalement ce déplorable incident comme une occasion de sensibiliser l’opinion sur les amalgames et les préjugés dont sont victimes les jeunes musulmans australiens et sur leurs répercussions désastreuses à un âge fragile, où les personnalités se construisent », a-t-elle souligné.

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