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Arabie saoudite, Pakistan et Turquie réunis avec l’Iran à Téhéran : un signal fort à Washington et à Israël

Une rencontre consacrée à la sécurité régionale est annoncée ce lundi 26 octobre à Téhéran. Selon Ali Bagheri Kani, secrétaire adjoint du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, elle doit réunir le chef de l’armée pakistanaise Asim Munir, le ministre saoudien de la Défense Khalid ben Salmane et le chef du renseignement turc Ibrahim Kalin, aux côtés du représentant iranien Mohsen Rezaei.

Téhéran présente cette initiative comme une étape vers une sécurité assurée par les pays de la région eux-mêmes, face aux menaces américaines et israéliennes. Bagheri Kani estime que l’expérience défensive iranienne peut nourrir une coopération accrue entre États voisins. Du côté saoudien, l’accent est mis sur la désescalade et la recherche de solutions diplomatiques. Ces discussions s’inscrivent dans le contexte de l’accord de défense conjointe de La Mecque, signé en août 2026 par l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie. Ce pacte prévoit qu’une attaque armée contre l’un des trois pays soit considérée comme une attaque contre tous. Il vise à renforcer leur dissuasion collective et leur coopération militaire. L’Iran n’en est pas signataire.

Dans une analyse publiée sur X, Danny Citrinowicz, ancien chef de la branche Iran du renseignement militaire israélien et aujourd’hui chercheur à l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS), évoque « un développement d’une importance capitale », dont les implications dépassent largement ces rencontres.

Selon lui, Téhéran a perçu favorablement, sur le principe, l’accord de La Mecque : celui-ci traduit la prise de conscience des puissances régionales qu’elles doivent diversifier leurs appuis sécuritaires et ne plus dépendre exclusivement des États-Unis. Le dialogue engagé avec l’Iran prolongerait cette volonté de construire une organisation de la sécurité régionale plus autonome, tout en reconnaissant le poids incontournable de Téhéran. L’ancien responsable du renseignement souligne que les pays du Golfe auraient beaucoup à perdre dans une nouvelle guerre : infrastructures énergétiques, ports et commerce maritime seraient particulièrement exposés. Renforcer leur coopération tout en maintenant le dialogue avec l’Iran répondrait ainsi à une même priorité : prévenir une nouvelle confrontation.

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L’analyste y voit également un message adressé à Israël. Alors que certains responsables israéliens continuent d’envisager une nouvelle campagne militaire comme une réponse au défi iranien, les pays voisins cherchent à éviter une escalade et à empêcher que leur région redevienne un champ de bataille entre Téhéran et Washington. Même les États préoccupés par l’influence iranienne ne soutiennent donc pas nécessairement une nouvelle offensive.

Pour le chercheur, cette dynamique pourrait peser sur l’organisation future de la sécurité au Moyen-Orient, notamment dans la perspective d’éventuelles évolutions du déploiement militaire américain. Elle montre surtout que les partenaires régionaux de Washington entendent défendre leurs propres intérêts, sans s’aligner systématiquement sur les priorités américaines ou israéliennes. Ces échanges n’effacent pas les profondes divergences et ne garantissent pas une avancée diplomatique. Ils illustrent toutefois une conviction centrale dans son analyse : la force militaire ne fera pas disparaître l’Iran du paysage régional, et une sécurité durable devra prendre en compte ses intérêts comme son influence.

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