in , , ,

« Green Islam » : l’islam au cœur des mobilisations écologiques

Dans une contribution parue sur The Conversation, média généraliste qui associe chercheurs et journalistes pour proposer des analyses fondées sur l’expertise académique, Eva F. Nisa, professeure associée en anthropologie culturelle à l’Australian National University, et Faried F. Saenong, maître de conférences en études islamiques à l’UIII en Indonésie, soulignent le rôle croissant de l’islam dans la lutte contre la crise environnementale.

Les auteurs rappellent que, dans la tradition musulmane, l’homme est désigné comme khalîfah, gardien de la Terre, et que prendre soin de la nature constitue un acte de foi. Ils écrivent que ce « Green Islam », théorisé dès les années 1960, s’incarne aujourd’hui dans des initiatives concrètes, notamment en Indonésie, où les écoles coraniques promeuvent l’éducation écologique et où la grande mosquée Istiqlal de Jakarta a été la première au monde à obtenir une certification environnementale. Ils affirment que d’autres pays musulmans s’engagent également : le Maroc avec son programme de « mosquées vertes », l’Égypte via une fatwa contre les pratiques nuisibles à l’environnement, ou encore le financement de projets durables par des « green sukuk ».

Les chercheurs soulignent qu’en Indonésie, le gouvernement encourage même les prêcheurs à intégrer des messages écologiques dans leurs sermons, notamment lors de la prière du vendredi. L’objectif, écrivent-ils, est de faire de la conscience environnementale une dimension intégrée de la vie religieuse. Ils notent également que la coopération internationale pourrait gagner en efficacité si elle reconnaissait cette dimension spirituelle. Selon eux, l’Australie, voisine de l’Indonésie, aurait tout intérêt à s’appuyer sur cette dynamique pour renforcer ses propres politiques de transition écologique.

Publicité
Publicité
Publicité

Enfin, les auteurs affirment que l’urgence climatique exige de mobiliser toutes les ressources disponibles, qu’elles soient scientifiques, politiques ou religieuses. « Toutes les sources de sagesse sont essentielles », écrivent-ils, en appelant à une action collective inspirée des traditions spirituelles comme des savoirs modernes. Ils ajoutent que l’islam n’est pas un cas isolé : d’autres traditions religieuses participent aussi à ce mouvement global, posant les bases d’un dialogue interconfessionnel autour de la sauvegarde de la planète.

Cette contribution met en évidence la manière dont l’islam inscrit l’écologie au cœur de sa vision spirituelle. En plaçant la protection de la nature au rang des obligations religieuses et en valorisant l’équilibre entre l’homme et son environnement, il propose une lecture éthique et pratique des enjeux climatiques qui rejoint les préoccupations contemporaines.

Publicité
Publicité
Publicité

Laisser un commentaire

GIPHY App Key not set. Please check settings

    Des pédiatres irlandais demandent à cesser d’acheter les médicaments du groupe israélien Teva

    Texas : une candidate MAGA brûle un Coran et promet de “mettre fin à l’islam