Vincent Geisser
Politologue, chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (CNRS), enseigne à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence.
Dernier ouvrage paru : Marianne et Allah, Editions La Découverte (15 mars 2007)
Il est également l’auteur de :
- Bourguiba, la trace et l’héritage, éditions Karthala, mai 2004 (Cliquez ici pour vous procurer ce livre)
- La nouvelle islamophobie, Editions la Découverte, 2003 (Cliquez ici pour vous procurer ce livre)
- Ethnicité républicaine (Presse de Sciences-Po, 1997) (Cliquez ici pour vous procurer ce livre),
- Diplômes maghrébins d’ici et d’ailleurs (CNRS Editions, 2000)
- Le Syndrome autoritaire. Sociologie de la Tunisie de Bourguiba à Ben Ali (en collaboration , Presse de Sciences po, 2003) (Cliquez ici pour vous procurer ce livre)
Articles de cet auteur
Le président Sarkozy au chevet du dictateur Ben Ali
Entretien exclusif avec Moncef Marzouki
par Vincent Geisser
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, débute aujourd’hui une visite d’Etat en Tunisie. L’occasion nous est donnée de s’interroger sur l’évolution de la politique française à l’égard de la dictature du général Ben Ali qui règne, avec une main de fer, depuis plus vingt ans sur le pays. Rupture ou continuité avec la France-Afrique de son prédécesseur ? Volonté de conditionner l’aide française au dossier sensible des libertés fondamentales et de la démocratisation du « système tunisien » ? Pour répondre à ces questions, oumma.com a rencontré le professeur Moncef Marzouki, médecin internationalement reconnu, ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), président-fondateur du Congrès pour la République (CPR), résistant de la première heure au régime autoritaire et qui est aujourd’hui l’une des rares figures de l’opposition tunisienne à prôner la « rupture » avec la dictature policière.
Georges Frêche, candidat socialiste de la « diversité ». Négrophobie : réprimée dans les stades, encouragée en politique ?
par El Yamine Soum, Vincent Geisser
Alors que la Fédération française de football vient de demander des sanctions exemplaires à l’encontre d’un supporter raciste qui avait traité Abdeslam Ouaddou, l’international marocain de Valenciennes, de « négro » et de « sale nègre », la Fédération socialiste de l’Hérault vient d’investir en grandes pompes Georges Frêche pour les prochaines élections sénatoriales. La direction nationale du PS préfère rester silencieuse. G. Frêche bien connu pour sa xénophobie, sa négrophobie, son islamophobie, son sexisme, son mépris à l’égard des enfants de Harkis, sans parler de son antisémitisme inversé (le fantasme de la « puissance juive »), serait-il le nouvel espoir socialiste de la « Diversité » ? Tout pousse à le croire. Au-delà du ridicule de la situation, c’est le symptôme d’une crise profonde de valeurs de la gauche française, en général, et du Parti socialiste, en particulier. Les socialistes vont remporter très probablement haut la main les prochaines élections municipales de mars. Mais la candidature Frêche sera à jamais une tâche honteuse sur l’héritage de Jaurès, comme le fut le vote des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain par des députés de la SFIO ou, plus près de nous, le soutien d’une partie des barons socialistes à la politique répressive de Guy Mollet en Algérie.
(>> Lire l'article)Les poupées Barbie de l’Islam light : exhibitionnisme et érotisme victimaires
par Vincent Geisser
Elles sont présentées dans les médias et les forums branchés comme des « musulmanes émancipées », héroïnes de la lutte contre le patriarcalisme, le machisme et la violence quasi-génétique des « mâles musulmans ». Elles font figure de « Jeanne d’Arc des temps modernes », avec une pointe d’exotisme. Mais, contrairement à leurs collègues masculins (Meddeb, Chebel, Bidar..), on n’exige pas de ces « Cosette musulmanes » de tenir un discours raisonné et argumenté face aux dits « intégristes » mais d’être simplement les actrices passives d’une mise en scène émotionnelle et passionnelle, exhibant leur histoire intime devant des millions de téléspectateurs. C’est tout le paradoxe de ce « nouveau féminisme de l’émotion » : il se fonde sur une division profondément sexiste des rôles ; aux hommes, le discours rationnel, aux femmes l’exhibitionnisme télévisuel, jouant sur une forme d’érotisme malsain.
Islam light : un produit qui se vend bien
par Vincent Geisser
On les entend, on les voit et on les lit partout : à la radio, à la télévision, dans les journaux et dans les conférences standing. Leurs livres se vendent à des milliers d’exemplaires dans les rayons des supermarchés. En quelques années, ils sont devenus les « chouchous musulmans » des médias et des intellectuels français. Le secret de cette fulgurante réussite médiatique et commerciale ? Un discours formaté sur la « déchéance » et la « maladie de l’islam », religion noble qui aurait été corrompue par la « populace musulmane » ignorante et obscurantiste.
(>> Lire l'article)« Statistiques ethniques », statistiques éthiques ?*
par Vincent Geisser
Depuis quelques années s’est engagé en France un débat polémique sur l’usage des statistiques dites « ethniques ». Certains y voient une nécessité pour répondre aux évolutions récentes de la société française, d’autres une atteinte aux valeurs républicaines ou, pire, la menace d’un retour aux « fichiers ethniques » d’une sinistre époque. Pourtant, comme le montre ici le politologue Vincent GEISSER, le débat est souvent biaisé par des considérations politiques et idéologiques, très largement encouragées par le « sarkozysme ambiant ». Le problème n’est pas tant d’être pour ou contre les « statistiques ethniques » que de favoriser une « éthique de la statistique » concernant tous les domaines de la vie sociale.
Pourquoi le FN a-t-il intérêt à débattre avec Tariq Ramadan ?
Le Beau et La Bête
par Vincent Geisser
Aujourd’hui, Marine Le Pen, vice-présidente du Front national et Tariq Ramadan, penseur et universitaire, débattront sur les questions d’immigration dans le cadre du Kitson, sorte de club élitiste de la presse anglo-saxonne, fondé en 2005 et basé à Paris. Une rencontre contre-nature ? Le Front national cherche t-il à séduire ainsi un nouvel électorat musulman ? Ce face-à-face ne risque-t-il pas de conforter la théorie fantasmatique des « deux fascismes », le « fascisme vert », d’un côté (les FM), le « fascisme brun », de l’autre (le FN) ? Oumma.com a choisi d’interviewer le politologue Vincent Geisser sur la « politique musulmane » du Front national car, en dépit de son islamophobie affichée et virulente, le parti d’extrême droite nourrit bien des rêves électoraux à l’égard des « musulmans ».
(>> Lire l'article)Législatives 2007, la vague « blanche » déferle sur l’Assemblée
par Vincent Geisser
Zéro ! Oui, vous ne rêvez pas, c’est le nombre de députés dits de la « diversité » qui siègeront à l’Assemblée nationale pour la législature 2007-2012. Même le professeur de médecine, Salem Kacet, qui était à deux doigts de remporter la 8ème circonscription du Nord pour l’UMP et Faouzi Lamdaoui, qui avait une chance de gagner la 5ème circonscription du Val d’Oise (Argenteil) pour le Part socialiste, ont été battus, sans parler de tous les autres candidats qui avaient déjà accumulé un fort handicap de suffrages dès le premier tour. Le constat est clair : la France ne veut pas de « sa » diversité !
Ségolène Royal, nouvelle Madone des mosquées ?
par Vincent Geisser
Il est clair qu’aujourd’hui le Parti socialiste est en panique : dans de nombreuses circonscriptions populaires, il doit faire face à des candidats de la gauche républicaine qui n’ont qu’un seul défaut à ses yeux : ils sont héritiers de l’immigration maghrébine et africaines ou « issus des DOM TOM » et, pire, ils osent se présenter sans son onction paternaliste.
(>> Lire l'article)Ostensible hommage du CFCM, de l’UOIF et de la Mosquée de Paris à Nicolas Sarkozy
par Vincent Geisser
Le 14 avril 2007, à la traditionnelle Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF), Fouad Alaoui, secrétaire général de l’UOIF déclarait devant un auditoire de plus de 10 000 personnes : « J’espère que M. Nicolas Sarkozy prend conscience du mal qu’il a causé à des millions de Français musulmans ; M. Sarkozy, vous nous avez fait mal ! ». Le 6 mai, quelques heures à peine après le triomphe ostensible du leader tout puissant de l’UMP, l’UOIF était aussi l’une des toutes premières organisations de France (laïques et religieuses confondues) à s’empresser de lui adresser un message de félicitations dans un style plus qu’élogieux, digne des monarchies et des régimes autoritaires de là-bas
(>> Lire l'article)Le Pen Academy, promotion 2007 : mots et maux de la campagne présidentielle*
par Vincent Geisser
Décorés aux couleurs Bleu-Blanc-Rouge — sachant que cette dernière a parfois tendance à virer au brun — Nicolas Sarkozy squatte toujours le premier rang, décrochant régulièrement des bons points en matière d’idéologie sécuritaire et de xénophobie latente, disciplines dans lesquelles il excelle particulièrement. Au risque d’être pris en flagrant délit de copiage, sa copie présidentielle révèle une maîtrise parfaite de l’art de lepéniser le discours républicain ; "faire du Le Pen sans Le Pen (...)
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