Wikileaks s’apprête à divulguer un document confidentiel de la CIA

Mardi soir, le site controversé Wikileaks, spécialisé dans la publication de rapports officiels comprometta

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mercredi 25 août 2010

Mardi soir, le site controversé Wikileaks, spécialisé dans la publication de rapports officiels compromettants, a annoncé sur Twitter la mise en ligne, ce mercredi, d’un nouveau document émanant de la CIA. Récemment, le groupe, composé de journalistes, d’informaticiens et d’activistes des droits de l’homme, avait provoqué la colère du Pentagone en publiant plus de 76000 notes confidentielles relatives à la guerre en Afghanistan.

Opérationnel depuis la fin de l’année 2006, le site Wikileaks a connu une renommée mondiale au lendemain de sa publication, au mois d’avril, d’une vidéo faisant état d’une « bavure » militaire américaine en Iraq. Quelques semaines avant ce coup d’éclat médiatique, nous avions déjà contacté Julian Assange, porte-parole du site, au sujet de la divulgation d’un autre document, mis en ligne le 26 mars et beaucoup moins débattu : un mémorandum de la CIA exposant les meilleures techniques de propagande pour convaincre les Européens de soutenir davantage l’intervention militaire de l’OTAN en Afghanistan. Le représentant de Wikileaks avait bien voulu alors répondre aux questions d’Oumma sur ce mémo tout en demeurant plus évasif sur les prochaines divulgations en préparation.

L’annonce de la mise en ligne, aujourd’hui, d’un document de la CIA peut sembler surprenante, dans la mesure où Wikileaks avait précédemment annoncé être en train de finaliser la publication de 15000 nouvelles notes militaires concernant, à nouveau, la guerre en Afghanistan. Ce rebondissement pourrait sans doute s’expliquer par la mésaventure que vient de traverser Julian Assange, appréhendé quelques heures par la justice suédoise pour une sombre affaire de viol avant de se voir soudainement acquitté. Le représentant de Wikileaks n’a pas manqué de dénoncer une machination visant à le déstabiliser à la veille de publications encore plus compromettantes, notamment pour les autorités américaines.

Qu’en sera-t-il alors de la valeur et de la portée du prochain document de la CIA mis en ligne ? A défaut d’avoir révélé des secrets d’Etat, Wikileaks a d’ores et déjà transformé le journalisme d’investigation qui n’est plus désormais la chasse gardée des « professionnels de la profession ». Se définissant lui-même comme « militant et journaliste » à la fois, Julian Assange avait maintes fois reproché aux médias classiques de la presse écrite et audiovisuelle de « ne pas faire leur boulot » quand il s’agit de dénoncer de « véritables conspirations, relatives à la guerre ou à des fraudes financières massives ». Sa pratique, visiblement efficace, d’un journalisme alternatif et numérique -non pas « citoyen » mais « participatif », vise toujours à parvenir au but qu’il s’est fixé à la création de Wikileaks  : faire du site un « service de renseignement du peuple ».

Plus captivant qu’un thriller d’espionnage, le feuilleton en cours comporte tous les ingrédients du genre : secrets militaires, scoops, désinformation, pièges, intimidations et course à la montre. L’avenir dira si le citoyen informé des abus de pouvoir et autres malveillances politiques ne se contentera pas d’être uniquement un spectateur.

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