Vendredi 10 février 2012

<i>‘Umran</i>, politique et civilisation selon Ibn Khaldoun

Ibn Khaldoun avait compris, si longtemps avant nous, combien le temps de l’histoire fluctue. Dieu n’avait rien écrit ni programmé, l’histoire n’est que le récit de ses créatures en train de sillonner des paysages mobiles, dangereux et magnifiques, au relief accidenté, d’abord granuleux, puis épuré comme un banc de sable qui avance dans un lit de mer, ou glisse le long de dunes elles-mêmes nomades au sein de l’erg, leur immense pays où chaque fois qu’il y a aura trace d’eau, il y aura trace de vie. Fin provisoire du linéaire.

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L’historien des civilisations.

Ibn Khaldoun naît à Tunis en 1332 et meurt au Caire en 1405. De ce
penseur médiéval, descendant d’une illustre famille sévillane, ayant sillonné
l’orient et l’occident du monde arabe, l’historien britannique Arnold Toynbee,
l’auteur de la monumentale Study of History, dit qu’il a « conçu et
formulé une philosophie de l’Histoire qui est sans doute le plus grand travail
qui ait jamais été créé par aucun esprit dans aucun temps et dans aucun
pays. » Dans la Muqadimma (Prolégomènes), introduction en
trois volumes de son Kitab al-‘Ibar (Histoire des Arabes, des Persans et
des Berbères), Ibn Khaldoun est conscient que sa démarche profondément
novatrice rompt résolument avec l’interprétation religieuse de l’histoire qui
prévalait jusque-là :

« Les discours
dans lesquels nous allons traiter de cette matière formeront une science
nouvelle […] C’est une science sui generis car elle a d’abord un objet
spécial : la civilisation et la société humaine, puis elle traite de
plusieurs questions qui servent à expliquer successivement les faits qui se
rattachent à l’essence même de la société. Tel est le caractère de toutes les
sciences, tant celles qui s’appuient sur l’autorité que celles qui sont fondées
sur la raison. »

Ibn Khaldoun, Al
Muqaddima.

Tout au long
de son œuvre, ce premier théoricien de l’histoire des civilisations souligne la
discipline à laquelle doivent s’astreindre ceux qui exercent le métier
d’historien :

« L’examen et la vérification des faits,
l’investigation attentive des causes qui les ont produits, la connaissance
profonde de la manière dont les événements se sont passés et dont ils ont pris
naissance. »

Ibn Khaldoun a pour champ d’étude uniquement le monde arabo-musulman
(Andalousie, Maghreb et Machreq). C’est dans ce cadre restreint qu’il élabore
sa théorie cyclique des civilisations rurales ou bédouines (‘umran badawi)
et urbaines (‘umran hadari). Pour lui, les civilisations sont portées
par des dynamiques tribales qui fondent dynasties et empires.

« Les empires
ainsi que les hommes ont leur vie propre […]. Ils grandissent, ils arrivent à
l’âge de maturité, puis ils commencent à décliner […]. En général, la durée de
vie [des empires] […] ne dépasse pas trois générations (120 ans
environ). »

Conseiller auprès de deux sultans maghrébins, grand juge (cadi) au
Caire, il observa de l’intérieur l’émergence du pouvoir politique et sa
confrontation à la durée historique.

Maghreb des villes.

Le plus proche éclaireur, expert-décrypteur, de l’urbanisation complexe
fonda, il y a six siècles, la sociologie. L’historien maghrébin du style=''>xive siècle valide ma
réfutation de l’intelligentsia contemporaine, handicapée parce qu’elle n’a pas
le sens du rythme, hallucinée par la force du logos. C’est dans les
écrits d’Ibn Khaldoun que furent consignées les évolutions ultérieures, les
énigmes des villes sémites. Le long des pages de la Muqaddima courent de fulgurantes intuitions, les images les plus précises des
villes arabes contemporaines.

Le Maghreb connut deux migrations en provenance d’Arabie, celle des
fondations, puis celle du mélange. En l’espace de deux siècles, sont édifiées
le long des routes commerciales les villes de Kairouan (670), Sijelmassa (757),
Tahart (761), Fès (807), Oran (902), Alger (946) et Marrakech (1077). Au style=''>xie siècle, le Maghreb est
atteint par une seconde vague d’Orient, déferlement de tribus arabes, en plus
grand nombre, de Banû Hilal et Banû Sulaym. Des peuplades bédouines estimées à
deux cent mille hommes migrent et se disséminent jusqu’aux limites
mauritaniennes, transplantant un mode de vie qui imprègne durablement les
plaines d’Afrique du Nord ; haute et large, la montagne se retranche dans
sa pure souche berbère.

La bédouinité (badawa) réactive le nomadisme couvant sous la
sédentarité précaire, citadine et rurale. Les Arabes se mélangent aux gens des
plaines. Six siècles plus tard, cette population berbère arabisée, mélange
d’extraction rurale et de migrations récentes – et qu’il faut distinguer
des tribus berbères de Kabylie, du Rif et de l’Atlas –, constitue la
majorité de la population urbaine, brusquement remise en scène à l’approche du style=''>xxie siècle.

Alors que dès le Xe siècle, la latitude arabe s’affaisse
inéluctablement, Ibn Khaldoun observe, critique, rapporte, relativise,
historicise l’histoire. Connaisseur intime des milieux politiques de l’époque,
le Maghrébin fréquente chefferies locales et royautés de l’Ifriqiya et
du Maghreb al Aqça. L’observation des populations arabes et berbères,
ainsi que des sociétés plus ou moins sédentaires ou nomades, lui inspire une
vision globale, essai panoramique captant la personnalité des profondeurs,
sorte de marche atemporelle des Arabes, porteurs à la fois de sauvagerie et de
noblesse d’âme. Dégageant des principes généraux dans l’établissement des
villes et l’essor de la civilisation, sa théorie universelle éclaire le Maghreb
actuel d’une lumière singulière.

« Les Bédouins
sont antérieurs aux sédentaires […] se contentent de satisfaire leurs besoins,
tandis que les sédentaires recherchent le confort et le luxe. Or, les besoins
(de base) précèdent le confort et le luxe. Ceux-ci sont secondaires et
superflus. Les Bédouins sont donc à l’origine des cités et de la vie
sédentaire. »

Assurément, nous avons pu lire à la lumière de la Muqaddima les cours actuels des économies pétrolières, leur insertion dans le
Nouveau Désordre International, les circonvolutions des Bédouins récemment
urbanisés, leurs désordre et pauvreté chroniques, langue miraculée, trahison du
frère, sacrifice ultime et don de soi, délire consumériste, habitat désintégré,
luxe dépareillé, générosité patente, chamanisme chamarré, amour du Grand Ocre,
clanisme tenace, mémoire pastorale endormie, paysannerie et pays dépaysés,
grandiose culture, maquis et dissidence, poésie-permanence. Arabistan.

style=''>Première sociologie, étymologie profonde.

Tout au long
de l’œuvre, l’historien et philosophe travaille un champ lexical où le verbe
répand en des combinaisons troublantes des questions toujours suspendues à
l’actualité. Bédouins, ces arabes nomades (A‘rab), sédentaires, nomades,
culture, civilisation, urbanisation. La langue arabe, riche et belle, suggère
de façon patente les parentés sémantiques, les dérivés étymologiques, les croisements
polysémiques que les migrations en langues latine et anglo-saxonne ne peuvent
rendre : pépinière de cousins germains – sédentaires, urbains –
et cousins sémites – bédouins, nomades – qui reconduisent le temps de
la Jahiliya – A‘rab, Arabe.

Pour Ibn Khaldoun, l’arabité est
porteuse en son sein de deux potentialités : énergie primitive et
destructrice, guerrière incontrôlée, ondulant en file bédouine, mouvante comme
l’ombre des dunes lunaires ; énergie spirituelle et poétique, constitutive
de radieuses entreprises. L’intellectuel dénonce le sous-développement
chronique – ou mental – de ses congénères, alors qu’il lit également
dans leurs traits la promesse de grandeurs virtuellement à mi-chemin entre
passé et avenir… Futur antérieur d’ores et déjà transcrit, pointant dès
l’origine sur l’énigme non aboutie d’un code intérieur. A‘rab, racine
sauvage du mot Arabe (‘Arab), mentionnée dans le texte coranique,
renvoie à un mode de vie nomade de l’anté-islam.

L’Ifriqi ne
se doutait pas qu’il appliquait aux sciences sociales, que lui-même inventait
au jour le jour, des éléments théoriques qui se retrouveraient dans la physique
du chaos, re-découverts à l’ère de l’ordinateur : comment expliquer,
prédire le comportement de systèmes qui passent subitement d’une phase d’ordre
à une autre totalement erratique ? Quelle est la nature du point critique
entre les deux phases ? Comment décrire la transition inverse, le
processus qui part du chaos et aboutit au régime stable, à savoir créer un
motif – civilisation ou empire –, une structure ou une régularité
– la dynastie régnante – à partir du bruit de fond et du non-sens
généralisés ? Notre homme conçut, au bas Moyen Âge et en plein déclin
arabo-musulman, un modèle descriptif de matrice culturelle. La bédouinité, par la
dynamique de ses potentialités, oscillait de l’essor au déclin civilisationnel.

L’homme qui rencontra le Mongol Tamerlan avant la mise à sac de Damas
calcula la fréquence des oscillations – l’espérance de vie des villes jahiliya –
à trois, maximum quatre générations. Il avait prédit non pas l’histoire,
mais l’espace de ses phases, borné, dans lequel à tout le moins on
pouvait suivre un bout de sa trajectoire erratique et infinie captée par
la dynamique des ‘umran. Ce rationaliste repéra sans boussole ni
microscope, la bordure du chaos, à partir de laquelle tout est création,
en deçà de laquelle tout n’est qu’anomie. L’énigme signalée par Ibn Khaldoun
est l’esquisse de cette frontière fragile et prospère, neuve et immémoriale,
catalogue de possibilités, espace-temps tendu en paysage triangulaire compris
entre bédouinisme, arabité et Jahiliya. Dans la phase de transition que
représente le passage entre deux ‘umran, cette zone à la fois
d’émergence et de débâcle – là, l’histoire peut basculer –,
quelques peuples fondèrent deux, trois empires ou firent fondre quelques cités
parvenues et iniques.

Ibn Khaldoun
avait compris, si longtemps avant nous, combien le temps de l’histoire fluctue.
Dieu n’avait rien écrit ni programmé, l’histoire n’est que le récit de ses
créatures en train de sillonner des paysages mobiles, dangereux et magnifiques,
au relief accidenté, d’abord granuleux, puis épuré comme un banc de sable qui
avance dans un lit de mer, ou glisse le long de dunes elles-mêmes nomades au
sein de l’erg, leur immense pays où chaque fois qu’il y a aura trace d’eau, il
y aura trace de vie. Fin provisoire du linéaire.

Dialectique des ‘umran.

Ibn Khaldoun
procède à une histoire des mutations. Il débusque le nomade, l’instable
mouvance, qui précède, dort en tout citadin supposé accompli. Lui dresse une
généalogie, sociologie rétrospective, un horizon-limite. Il suit le changement
social inhérent à tout passage du mode de vie nomade vers celui de la
sédentarité et de la citadinité, qu’il conceptualise en une dialectique des ‘umran
badawi
et ‘umran hadari ; voilà le primat de l’histoire. Le ‘umran
hadari
, ce mode de vie urbain, est une procession vers la civilisation,
décomposée en de nombreuses étapes, la cité constituant alors un lieu
d’excellence, puis d’échéance et de déchéance culturelles. C’est dans ce centre
que luxe et raffinement atteignent leur maximum, sous l’action conjuguée de ses
maîtres administrateurs et de ses habitants.

« Et le vaincu
toujours imite le vainqueur… On voit toujours la perfection (réunie) dans la
personne d’un vainqueur. Celui-ci passe pour parfait, soit sous l’influence du
respect qu’on lui porte, soit parce que ses inférieurs pensent, à tort, que
leur défaite est due à la perfection du vainqueur. Cette erreur de jugement
devient un article de foi. Le vaincu adopte alors tous les usages du vainqueur
et s’assimile à lui : c’est de l’imitation (iqtidâ) pure et
simple. »

L’aliénation culturelle, formulée quelque cinq siècles avant la conquête
de l’Algérie par Bugeaud, est inhérente au pouvoir et au processus
d’urbanisation engendré par le ‘umran hadari. Médine, la première cité
islamique de l’histoire, symbolise non seulement la culture, mais aussi la rupture.
Retour à l’ancêtre : le ‘umran badawi, mode de vie bédouin,
largue dans ses sillages des rais lumineux, éclats de vérité. Comment ne pas
voir dans cette force primaire, une pureté, la noblesse de l’intention qui
s’ouvrit au monothéisme ? Le vitalisme des hommes du désert ne se dissèque
pas ; cette énergie psychique s’évapore dès que l’on essaie de la saisir
par l’intellect. Nous ne percevons ses traces qu’indirectement, par le verbe,
le texte, le poème.

Assiégées, les villes jahiliya, si rongées de l’intérieur, ne sont
même plus bonnes à la razzia. Elles se doivent d’être éclairées, pétries pour
une renaissance, participantes au tournoi des cycles de fondations.
Contrairement à ce que croient ses créatures, Dieu ne décide pas de tout ;
à partir d’un matériau quelconque (une argile crissante), Il (Huwa)
impulse le mouvement vital, esquisse son champ de possibilités, puis laisse
courir le temps. Ressourcement, rétroaction du sable, solide et fluide. Le
désert offre le printemps des pluies. Oui, le bédouin programme les villes
sémites à peu près autant que la fine couche de végétal recouvre l’erg à la
tombée de quelque pluie. Fécondation éphémère et provisoire, conçue par hasard.

« Aussi,
l’urbanisation (tamaddun) est-elle l’objectif vers lequel tend le
Bédouin. »

C’est toujours à partir de pays profonds – plaines côtières ou zones
arides – que le changement affecte l’espace urbain. Accomplissement d’une
population non urbanisée, dont une forte cohésion, la fameuse ‘asabiya,
cimente le corps social. La ‘asabiya, l’autre concept khaldounien, est
ce liant unique du pouvoir et de la civilisation. La ‘asabiya est la fibre
sociale, comme le suggère une fois encore l’étymologie qui met en réseau la
famille des nerfs avec celle de l’esprit de corps tribal, clanique, et tout ce
qui lie et ligue les uns avec les autres.

Les citadins
tenants de la hadara (civilisation), bien que d’origine bédouine ou
rurale, n’ont pas de cohésion significative, ils ne vibrent donc guère d’une
fibre particulière et sont en outre dépossédés des vertus guerrières de la
tribu conquérante ; c’est ce qui les marginalise du point de vue
économique et politique. L’historien voit en eux des bourgeois sans
bourgeoisie. Les Bédouins, quant à eux, bien que n’ayant pas les qualités
d’hommes cultivés ou civilisés, sont porteurs de la matrice où débutent tout
pouvoir et toute culture, tout renouvellement du cycle historique du ‘umran
hadari
.

« Les Arabes
sont des pillards et des destructeurs […]. Les Arabes sont une nation sauvage
[…]. Ils trouvent leur pain quotidien à l’ombre de leurs lances […], ne
portent aucun intérêt aux lois. »

Il y a des sens encore largement incompris dans la Muqaddima. Comment cohabitent en un même organisme social ordre et désordre, création
et violence, énergie et délitement ? Comment l’esprit chaman, hors-la-loi
dans sa coutume, entre-t-il au service de la Loi absolue ? Le cœur du Bédouin est-il une tabula rasa, y a-t-il une gravure, un tatouage, un code
implicite ? Où prend sa source la chaîne de causalité à l’origine du
mouvement collectif tribal ?

Le penseur, complice et observateur des chefs, était foncièrement
pessimiste concernant le destin à venir du Maghreb. Il accable Arabes et
Bédouins de tous les maux, mais il sait et dit aussi leur génie, qui, en un
raccourci souvent non prédictif, hisse des peuples entiers à l’excellence
civilisationnelle. Près de sept siècles plus tard, nous voici dans la même
posture de l’observateur impliqué et pessimiste. Sans doute la bédouinité et
l’arabité n’ont-elles pas encore donné à voir tout ce qu’il y avait à voir. La Tempête du désert n’avait pas encore soufflé ses bombes à fragmentation, le
vent n’avait pas encore disséminé l’uranium allégé des projectiles américains
et les gaz toxiques des puits de pétrole en feu. Relire la Muqaddima à la lumière du siècle violent, authentifié par ces cachets du Foreign
Office
. Trahison du frère. Leçon biblique. Affaires en cours.

Nous sommes des observateurs, si proches du premier sociologue, qui
dénonçons l’infamie et l’avilissement que nous subissons, tout en pressentant
qu’un jour, ce génie suprême, amoureux des pensées antiques, profanes et
sauvages, dira sa vérité ultime au monde.

« Aucun peuple n’accepte aussi vite
que les Arabes la vérité religieuse et la Bonne Voie, parce que leurs natures sont restées pures d’habitudes déformantes et à l’abri de la médiocrité. »

Les Bédouins
sont créateurs en puissance et en nombre : plus que les citadins, ils ont
aptitude à accéder au changement démultiplicateur et producteur de la culture.
Celle-ci, une fois arrivée au maximum de son développement, décline, parce que
n’étant plus soutenue par la force intégrante qui la portait jusque-là. Voici
les citadins, toujours en reflux. Explication de la croissance et de la crise
appliquée à la population nord-africaine du xive
siècle.

Elle traverse
l’espace et le temps sans rides ni usure : la théorie khaldounienne sur
l’urbanisation est d’une beauté étrange. Jeune en permanence, elle donne à voir
l’élégance de sa démonstration, courte, rapide, dense, qui laisse ses pans
entiers d’opérations, d’argumentaires à l’ombre des grands concepts fondateurs.
La lenteur et la lourdeur démonstratives sont reléguées dans un champ aveugle
d’où n’échappent que l’intuition géniale et le pessimisme de l’observation
impliquée et participante.

La simplicité
du modèle khaldounien de l’urbanisation s’impose par le recours au langage
formel trempé dans des racines solides et fertiles, totalement intelligibles,
mais tout aussi ambivalentes (‘a-ra-ba, ba-da-wa, ha-da-ra). style=''>énigme : ce vertige lexical d’une
langue arabe claire. étrange :
ce raisonnement parfait son cours logique et trivial – éloge de
l’urbanité, procès de la bédouinité – par l’hymne aux paradoxes ;
l’historien ne laisse aucunement le beau rôle aux citadins, seuls les
va-nu-pieds ensauvagés inventent une civilisation. La progéniture urbaine ne
sait que consommer.

La Jahiliya, ce chaos qui broie du sable et concasse le marbre en vase, est la mère des
devenirs. Première identité arabe, elle est le catalogue des possibilités.

Extrait de Le désarroi
identitaire. Jeunesse, islamité et arabité contemporaines
, Cerf, 2004. Les
citations sont extraites de Discours sur l’Histoire universelle
(Al-Muqaddima),
Ibn Khaldûn, traduit par Vincent Monteil (Paris, Sindbad,
1978).

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