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Vendredi 5 Septembre 2008
Articles
Réponse à l’article de Khalid Chraïbi « La charia, le riba et la banque »

jeudi 18 octobre 2007 - par Marouane Mohamed

Un travail d’explication et de vulgarisation des positions de l’Islam sur l’économie de marché s’opère depuis quelques années sous deux impulsions : d’abord la prise de conscience de la part du monde musulman des enjeux financiers à l’échelle des familles, des collectivités et des Etats, avec la volonté de les prendre en main tout en restant fidèles à leur éthique et à leur foi, favorisant ainsi l’émergence de savants spécialisés dans les questions de jurisprudence ayant trait à l’économie et à la finance en général, et au riba en particulier.

Ensuite par la récente maturité d’une génération de Musulmans vivant dans des pays où ils sont minoritaires et qui ont cherché à trouver des solutions, y compris financières, pour vivre pleinement leur foi et leur citoyenneté sans que l’une entre en conflit avec l’autre.

Ce travail de re-lecture des sources musulmanes à la lumière de notre contexte et de prise de responsabilité sur les enjeux économiques, dont les implications vont des questions environnementales aux rapports géo-stratégiques de notre monde, incombe à la communauté musulmane dans son ensemble, et doit prendre en compte les contextes spécifiques de chacun de ses sous-groupes, tout en les intégrant dans une dynamique plus large qui tient à l’universalité du message de l’Islam, qui vise à réformer l’Humanité dans son ensemble.

Dans l’article intitulé « La charia, le riba et la banque » paru sur le site Oumma.com le 29 septembre 2007, l’auteur met en scène l’une des séquences devenues classiques dans la critique des tentatives de réformer le système pour le rendre plus fidèle à l’Islam : un Maghreb ayant jusque là accepté le modèle des « banques modernes » menacé par l’influence de « prédicateurs du Moyen Orient » issus d’un « courant religieux conservateur », qui chercheraient à favoriser l’émergence de « banques islamiques » (non moderne donc) respectant la Shari’a.

La suite du document est une tentative d’explication du caractère progressiste du recours aux intérêts bancaires, censé favoriser l’enrichissement et le développement des pays, et la prétendue différenciation entre l’idée d’intérêts bancaires et celle de riba, la dernière étant formellement proscrite par l’Islam.

Sur la forme, permettez-moi de relever ici quelques points qui ont attiré mon attention :

L’article est écrit dans ce qu’on pourrait appeler un « glissement d’expertise » entre les compétences attribuées à l’auteur dans le CV que l’on trouve en bas de page (« économiste à l’université de Paris et de Pittsburgh, consultant à Washington DC, puis responsable à la Banque Mondiale, etc ») et le cœur de l’article, qui se concentre en fait sur la co-existence d’avis juridiques divergents sur la question du riba en Islam.

Jusqu’à preuve du contraire, le Maroc est un pays dont le peuple est d’obédience musulmane et, à ce titre, participe pleinement et légitimement à l’effort intellectuel et spirituel de définition des positions et propositions de l’Islam sur les questions économiques (dont celles ayant trait au riba).

Pourquoi dans ce cas décrire les Marocains comme infiltrés par « un courant religieux conservateur, prenant naissance dans les Etats du Golfe se propageant depuis plusieurs années… » ?

Ce genre de séquence rappelle fortement les constructions fantasmées de la majorité des journalistes à grand spectacle lorsqu’ils parlent d’Islam : le concept d’une idéologie qui se propage et vient, à un moment donné, menacer l’équilibre d’un système dont la modernité qu’on lui allègue est indiscutable.

Je rejoins l’auteur dans les réserves qu’il émet quant à la manière dont la « finance islamique » est majoritairement pratiquée aujourd’hui, notamment sur le sentiment de contournement qui se dégage de certains montages financiers estampillés « halal » et qui, au fond, relèvent de l’acrobatie juridique ou du re-packaging ethnique, bien qu’il existe de bonnes exceptions à encourager. Je suis par contre nettement moins péremptoire que lui dans la responsabilité qu’il semble attribuer aux savants musulmans impliqués sur ces questions de finance.

Je cite : « Cela ferait partie des « hiyals » (ruses juridiques) dans lesquelles les théologiens musulmans sont passés maîtres, au cours des siècles ». Je me garderai bien d’une telle accusation et me permettrai de faire remarquer, sans être moi-même un expert sur le sujet, que dans la construction de montages financiers dits islamiques, les savants musulmans sont bien souvent cantonnés à un rôle de validation d’un montage qu’on leur propose, sans avoir accès à chacun des rouages dudit montage.

Leur responsabilité dans la validation de telles structures financières est donc engagée dans la limite des informations et de la visibilité dont ils ont disposé pour statuer. Ceux qui cherchent à « atteindre leurs buts lucratifs » sur le dos des Musulmans sont plutôt ceux qui instrumentalisent les savants musulmans à leur quête d’un marché de plus.

Ce genre d’écueil est l’une des conséquences de la volonté de compromis dont nous avons voulu faire preuve sur la question de la finance et qui hélas échoue souvent dans la compromission, tant le système financier lui-même porte un certain nombre de valeurs qui font qu’on ne peut tout simplement pas construire de « banque islamique » au sens propre, l’objet « banque » lui-même étant conceptuellement si éloigné de la vision de justice sociale et économique à laquelle l’Islam nous invite.

Le recours dans la dernière partie de l’article à un cas particulier pour tirer des vérités générales relève pour moi, au minimum, de la maladresse : on nous raconte ici l’anecdote d’un Musulman résidant aux Etats-Unis pour qui le recours à la « banque islamique » locale pour l’acquisition de son logement revenait plus cher que la banque conventionnelle, puis on présente cela comme un argument pour en déduire que ce genre de situation n’est « pas recherché par l’Islam ».

Tout en allant dans le sens de l’auteur sur la dénonciation de la politique tarifaire de tels organismes, une telle vue de l’esprit peut être dangereuse, si elle est mal comprise, dans le sens où elle pourrait laisser croire au lecteur que le système économique Musulman participe à ce déséquilibre dans le coût pour le consommateur, ou pire : que l’interdiction du riba trouve ses limites quand il s’agit de considérer les prêts immobiliers.

Sur le fond, je trouve disproportionnée la mise en avant de positions minoritaires de certains savants musulmans sur les questions de riba, utilisées ici comme des arguments d’autorité censés donner un minimum de contenance à une thèse que l’on commence à bien connaître et qui consiste à légitimer le recours aux intérêts bancaires en masse, ce qui est bien loin d’une démarche comme celle du conseil européen de la fatwa, qui a rendu un arbitrage sur un des « cas limites » qui prêtaient à discussion (celui de l’achat de logement avec recours à un prêt bancaire quand aucune autre solution n’est possible).

On apprend ainsi que les oulémas ont assez rapidement compris le fonctionnement du système, et réalisé que l’intérêt constituait une rémunération justifiée du capital financier et de l’épargne ». Jusqu’à preuve du contraire, l’avis qui fait consensus en Islam est que l’idée de riba s’applique à toute croissance de capital réalisée sans effort ni échange commercial.

Sur la même proposition de l’auteur, j’ose espérée que son expérience de « responsable à la Banque Mondiale » lui a permis de constater les conséquences de la pratique des intérêts sur les économies des pays emprunteurs (pour la plupart en développement et détenteurs de richesses naturelles), asservies et soumises au contrôle du FMI et de la Banque Mondiale à cause de leur dette.

Pour parler du bon monde civilisé et « moderne », près de deux millions de ménages américains ont également pu faire, il y a quelques semaines, et à leur frais, la démonstration de l’injustice d’un tel système quand ils se sont retrouvés sur le trottoir, dépossédés de leur maison pour quelques mensualités non payées de leur vies à crédit…

La question des intérêts est un sujet grave que l’on ne traite pas avec légèreté. Sous l’apparence d’une simple méthodologie pour rémunérer les prêteurs d’argent, elle cache des leviers de contrôle des pays émergents et en développement, tout en asservissant chaque être humain de ce monde au système par sa dette et sa dépendance à la consommation de ce dont il n’a pas les moyens. Elle se présente comme un vecteur de développement et de modernité, mais elle alimente elle-même l’injustice économique qu’elle prétend être venue combattre.

Mots clés

Marouane Mohamed

Ingénieur en mathématiques financières

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article : Réponse à l’article de Khalid Chraïbi « La charia, le riba et la banque »

29 août 2008
kader a dit :

Excusez moi,mais je trouve pas les mots qu’il faut pour exprimer cette aberration venant de la part de celle qui voudrait nous faire croire que la "chari a" est une affaire d’homme(s) et non celle de la religion. Encore veut-elle dire de Dieu. Heureusement qu’elle ne l’a pas dit sinon on lui dira qu’il faut avant de se prononcer sur un sujet aussi vif qu’une lame aiguisée d’un couteau( passez-moi la comparaison) apprendre les percepts de l’Islam et avoir une large connaissance du Saint Coran.

Pour ma part, j’ai fait paraître un commentaire , hier mais je ne le trouve pas ici. Bref,j’ai sans être direct dans mes idées réfuter la thèse de Mr Chraibi qui voudrait nous convaincre d’abandonner cette seule trappe qui reste ouverte pour les musulmans afin de gérer dans la légalité leur fortune à savoir l’alternative de la banque islamique.

oui, cher monsieur ce n’est pas qu’en soufflant sur les braises et en attirant de la haine entre musulmans que vous essayerez de trouver une solution à ce drame moderne qui est la Riba. je dis moderne même si elle est connue par le passé époque à laquelle remonte son interdiction par Dieu puis par le prophète Mohamed QPSSSL .Je me permets de me fire violence et apporter quelques éclaircissements sur le sujet.

En effet l’origine de ce drame est dû à "l’import" de systèmes bancaires made- in occident qui préconisent les intérêts dans les differents types de transactions( commerciales, immobilières, change...).Il se trouve que les tentacules de ce système etait la seule alternative possible aux occidentaux de s’implanter chez nous( sur les terres de l’Islam) après le crash de Wall street , une bouée de sauvetage en somme. Si vou dites que l’instauration de banques islamiques sont l’oeuvre des pays du Golfe qui veulent se "propager" chez nous j’espère que vous n’ommettrez pas un fait important à nos yeux . les gens du Golfe sont nos frères et en Islam Dieu nous demande de sauvegarder cette fraternité qui ferait de nous une ouma puissante. Pour ma part, je préfère ceux-ci à ceux-là . Au moins eux ils ont le mérite d’être musulmans et même leurs zeles - s’il y en a - il leur sera pardonné car ils ne peuvent en aucun cas tourner le dos à la religion, à la foi et à Dieu.

Et d’ailleurs quel est donc l’intérêt de votre article puisque les illustres oulémas de l’Islam tentent et -j’en suis sûr -de trouver une issue favorable à ce désastre qui est la riba.

Si maintenant vous êtes convaincu du contraire je vous serai gré de laisser les oulémas trouver des réponses satisfaisantes pour nous.

16 novembre 2007
aarouch a dit :
asalamo 3alaykom,excusez-moi,je veut construire une maison indivudielle,mais avant tout je veut savoir le crédit d’une banque passe ou non vers allah sobhanaho wa ta3la,et comme en france y a pas de banque islamique,comment je vais faire pour résoudre ce probléme sachons que c’est pour une résidense principal et c’est pas pour un lux ou pour la loué aprés,merci de votre part de me diriger vers le bon chemain jazakomo laho khayran wa salamo 3alaykom,votre frére radouane de toulouse.
29 octobre 2007
titi a dit :
Même si cela a déjà été dit je voudrai rappeler qu’une banque musulmane qui prete de l’argent pour un achat immobilier "partage le risque" et c’est là toute la difference. Dès qu’il y a un problème et impossibilité de payer pour l’emprunteur, on peut voir la différence entre une banque non musulmane et une qui l’est. Pour ce qui est du capitalisme, on a vu emmerger un nouveau modèle dit alter mondialiste pronant qu’un " autre monde est possible", un monde plus juste où on ne peut continuer à s’enrichir sur le dos des pauvres. Je voudrai aller un peu plus loin dans l’analyse de Mr Mazri sur l’économie capitaliste et poser cette question : En tant que musulmans, ne devrions nous pas privilégier l’achat de produits estampillés "commerce équitable" où un revenu minimum est assuré pour le producteur et ainsi privilégier plus d’équité dans ce bas monde ? Ceci n’est qu’une question :)
29 octobre 2007
Rabah a dit :

Paix sur ceux qui ont suivi la Guidée ...

A ceux qui cherchent une fatwa "halal" pour la "riba", pas la peine de chercher la façon d’asservir les masses sociales à encore plus de misère, ou comment rendre le monde encore plus désordonné, vous avez déjà trouvé ! Voulez-vous une fatwa qui vous autorise aussi à manger l’argent des orphelins, à commettre l’adultère ? Ne vous fatiguez pas, c’est déjà inclus dans le pack financier "Riba hallal" ... pour le comprendre il suffit de s’instruire un peu dans la religion, d’avoir été à l’école (avec un minimum de bagage en finances, math et politique) et ne pas être l’esclave de ses passions ... afin de disposer pleinement de sa raison ...

A bon entendeur salut

28 octobre 2007

Mr Khalid Chraibi a ecrit : "4-les sociétés musulmanes peuvent-elles se passer de l’intérêt pour se développer économiquement et socialement ? La réponse, très laconiquement, est négative."

donc le Prophete s’est trompé en interdisant le riba ?!?

26 octobre 2007
Mohamed a dit :
j’ai ecris un article qui vaut ce qu’il vaut et je m’etonne de ne pas le voir annoncé...etrange etrange...il n’y avait aucune insultes...qu’une idée toute simple...Mais bon...C’est une discussion de sourd...dommage
23 octobre 2007
Fadhel a dit :
Rép. à notre frère:Libra073:1)Pour votre maison,il faut dissocier 2 actes.Le premier,c’est le prêt avec intérêts.A ce sujet,j’ai envoyé une intervention à Oumma.com et qui n’a pas été publiée ,démontrant preuve à l’appui que la définition du fiqh traditionnel est dépassée ,car,les échanges monétaires ne se font plus avec de l’or et de l’argent-métal ;mais avec les monnaies fiduciaire et scripturale.S’il y a litige,il porte sur ce point.Par contre,la maison vous est revenue plus cher que son prix comptant:elle est donc à vous:j’espère ne pas me tromper.Si elle est à vous,le second acte que vous faites est un acte de vente.Vous pouvez donc revendre votre maison le prix que vous voulez.Sachez que le Prophète(sAaws) a dit qu’il viendrait un temps où personne n’échapperait au riba. 2)Pour l’argent du chómage,vous dites qu’il est payé avec l’argent des ,etc..Beaucoup de musulmans sont payés directement ou indirectement par l’Etat.A un savant dont j’ai oublié le nom,on a demandé si les musulmans peuvent recevoir de l’argent de la part d’un souverain déviant de l’islam,il a répondu :"oui,car il ne leur donne que de la partie halal". Allahou aalam.
23 octobre 2007
Fadhel a dit :
Rép. à notre frère:Libra073:1)Pour votre maison,il faut dissocier 2 actes.Le premier,c’est le prêt avec intérêts.A ce sujet,j’ai envoyé une intervention à Oumma.com et qui n’a pas été publiée ,démontrant preuve à l’appui que la définition du fiqh traditionnel est dépassée ,car,les échanges monétaires ne se font plus avec de l’or et de l’argent-métal ;mais avec les monnaies fiduciaire et scripturale.S’il y a litige,il porte sur ce point.Par contre,la maison vous est revenue plus cher que son prix comptant:elle est donc à vous:j’espère ne pas me tromper.Si elle est à vous,le second acte que vous faites est un acte de vente.Vous pouvez donc revendre votre maison le prix que vous voulez.Sachez que le Prophète(sAaws) a dit qu’il viendrait un temps où personne n’échapperait au riba. 2)Pour l’argent du chómage,vous dites qu’il est payé avec l’argent des prostituées,etc..Beaucoup de musulmans sont payés directement ou indirectement par l’Etat.A un savant dont j’ai oublié le nom,on a demandé si les musulmans peuvent recevoir de l’argent de la part d’un souverain déviant de l’islam,il a répondu :"oui,car il ne leur donne que de la partie halal". Allahou aalam.
21 octobre 2007
Fadhel a dit :
Assalam alaikum, Certains frères et soeurs ont demandé si avec la facturation libre des transactions financières,comme telles que j’ai décrites dans ma dernière intervention,on ne tombe pas dans le riba déguisé.Je n’exclus pas le risque(chobha).La seule solution que je vois pour échapper à ce risque,,c’est d’avoir deux banques:une uniquement pour le prêt et l’autre pour toutes les autres transactions.BIEN A VOUS TOUS ET VOUS TOUTES !
20 octobre 2007
Fadhel a dit :
Pour fonctionner,une banque doit faire face à des charges multiples:salariés,locaux,matériel,etc. Donc,si mon interprétation de la fatwa de l’imam Malik est bonne,cela voudra dire que les banques peuvent facturer licitement ces frais aux emprunteurs .Sinon,il ne faut pas se faire d’illusion:aucune banque musulmane ne peut voir le jour.Mais,une banque contemporaine ne peut tenir sans réaliser des bénéfices minimaux parfois énormes.A ce moment,une banque musulmane est libre de facturer les transactions bancaires considérées alors comme vente ,dans les limites déontologiques souhaitées par M. Chraibi.Les banques françaises n’engrangent-elles pas en ce moment des milliards d’euros par an,rien qu’avec la tenue de compte et les opérations courantes de leurs clients ?
20 octobre 2007
Fadhel a dit :
ESSAI DE SYNTHESE : 1)Historique:Le riba fait partie des dernières révélations faites au Prophète(sAaws).Déjà,le calife Omar(rAa) s’est plaint que le Prophète(sAaws)soit mort sans donner toutes les explications à propos du riba. 2)Charia:a)Prêt à taux zéro:autorisé.Mais,d’après les divers hadiths,le Prophète(sAaws)l’a considéré comme une calamité.Il est tout remis à un martyr sauf s’il ne s’est pas acquitté d’une dette.b)Prêt à taux non nul:i)Sans nécessité:péché capital,sans jeu de mot,surtout pour le prêteur(cf la sourate al-Baqara:celui-ci ,à la résurrection,se lève comme contorsionné par le démon).Le Prophète(sAaws) a maudit les 2 parties,le rédacteur du contrat et les 2 témoins.Mais,curieusement,il n’y a aucune sanction pénale(hadd). ii)En cas de nécessité:on tombe sous un critère général bien développé par M. Chraibi.Un hadith dit qu’Allah aime qu’on use de ses permissions comme on use de ses commandements. La contrainte concerne tout,sauf l’adultère et le meurtre.Mais,il y a un risque de surévaluation de la contrainte.On est de toute façon soumis au jugement de Dieu(machîa).A mon avis,un taux d’intérêt conforme à l’inflation serait permis pour ne pas léser le prêteur.Je copie sur l’imam Malik qui disait espérer ne pas y avoir d’inconvénient à inclure les frais de frappe de la monnaie. 3)Epistémologie:Je rappelle à mes confrères scientifiques MM. Chraibi et Marouane que les sciences économiques ne sont pas une science exacte:un phénomène économique n’est pas reproductible à volonté dans des conditions dites de laboratoire,comme en physique..C’est là qu’intervient l’exposé brillant comme d’habitude de M. Mazri.Que Dieu nous bénisse tous !
19 octobre 2007
Fatemah a dit :

SSalamou alaykoum

Monsieur Marwane vous dites

 :« Leur responsabilité dans la validation de telles structures financières est donc engagée dans la limite des informations et de la visibilité dont ils ont disposé pour statuer. Ceux qui cherchent à « atteindre leurs buts lucratifs » sur le dos des Musulmans sont plutôt ceux qui instrumentalisent les savants musulmans à leur quête d’un marché de plus. »

Ne pensez vous pas que vous êtes entrain de justifier le pire ? Est ce que le fait d’ignorer les details d’un produit permet aux savants de le valider comme Hallal ou Haram ?

Je trouve dangereux ces savants qui se prononcent sur des questions qu’ils maitrisent mal ou sur des produits dont ils ne connaissent rien ...

Les savants qui se specialisent dans telle ou telle question ne doivent se prononcer que s’ils maitrisent le sujet et qu’ils aient tous les éléments du produit lié à leur specialité en l’occurence ici : le riba et les produits offerts par les banques .

Non monsieur Marwane bien que je salue votre initiave à repondre à Monsieur Chraibi je trouve vos arguments trés faibles et justifiant le pire... Un savant qui se prononce sur la Génétique alors qu’il ne fait pas la difference entre le rhume et la grippe Voilà de quoi mener cette communauté droit dans l’Abime. Que le débat continue... Wassalam

19 octobre 2007
Khalid Chraïbi a dit :

Je voudrais remercier tous les lecteurs qui se sont intéressés à mon article et à celui de M. Marouane Mohamed. Le débat a certainement été très fructueux et riche d’enseignements.

Je ne vais pas écrire une « réponse » à la « réponse » de M. Marouane. Chacun de nous s’est exprimé à loisir et les lecteurs ont donc tous les éléments pour se faire leur idée personnelle sur ces questions.

Je voudrais cependant répondre aux 4 questions posées par « mohand » qui couvrent un champ de réflexion très important :

1- L’interdiction du riba figure dans le Coran, et dans des hadiths du Prophète. Elle a un caractère impératif, et n’est pas liée aux circonstances économiques de l’époque à laquelle vivait le Prophète. Elle s’applique donc toujours aujourd’hui.

2- L’intérêt pratiqué aujourd’hui par les banques est il comparable au riba ? Mon article a pour objectif de répondre à cette question.

En résumé, les avis divergent sur ce point. Certains assimilent l’intérêt bancaire au riba, défini de manière très large, et pensent donc qu’il est interdit en Islam. D’autres estiment que l’intérêt bancaire ne doit pas être confondu avec l’usure, qu’il y a une différence de nature entre les deux concepts. Ils pensent que l’intérêt bancaire joue un rôle économique utile et, à ce titre, ne relève pas de l’interdiction du riba.

Les avis des lecteurs sont également partagés sur cette question. Mon objectif, en préparant ce texte, n’était pas de prendre personnellement position sur la question, dans un sens ou dans l’autre. C’était en premier lieu de montrer au lecteur qu’il existait différentes écoles de pensée, et pas une « une pensée unique » sur cette question, contrairement à ce que certains affirment. Chacune des deux écoles de pensée peut se targuer de bonnes références, sur le plan intellectuel et historique, pour justifier ses conclusions. Cela témoigne simplement de la diversité des conclusions qu’on peut tirer, à partir des mêmes faits au point de départ. Les oulémas se flattent de ce que cette diversité de points de vue, tous justifiés, tous défendables, même s’ils sont incompatibles entre eux, témoigne de la richesse du fiqh islamique.

J’ai noté l’avis dans ce sens de nombreux muftis d’Egypte depuis la fin du 19è siècle, et de Cheikhs d’Al-Azhar. Je ne cite pas ces autorités théologiques pour me placer sous leur protection, mais simplement pour montrer que des experts de haut niveau en théologie se sont prononcés dans ce sens. Parfois, le Cheikh d’Al-Azhar et le mufti d’Egypte divergent radicalement sur la même question théologique, comme je l’ai souligné dans un précédent article.

Il faut se rappeler, à cet égard, qu’une fatwa de quelque autorité religieuse que ce soit ne constitue qu’un avis autorisé d’expert (à condition que celui qui émet une fatwa remplisse les conditions requises en droit musulman). Elle n’engage que l’expert juridique qui l’émet.

Mais, une fatwa du mufti d’Egypte (ou de Syrie, ou de Tunisie ou du Maroc, etc.) remplit ces conditions, et mérite certainement qu’on s’intéresse à son raisonnement et à ses conclusions. Les experts peuvent, évidemment, contester les termes et la méthodologie d’une fatwa, quitte à proposer un autre raisonnement applicable, s’ils en ont un à offrir.

3-Un système économique sans taux d’intérêt est il viable ? Pour le moment, je n’en connais pas. Il n’existe nulle part sur Terre de système économique qui n’utilise pas un taux d’intérêt.

Dès qu’il s’agit de choisir entre différents types d’investissement, la rentabilité du projet devient un élément fondamental. Cette rentabilité dépend, entre autres, du taux d’intérêt auquel les fonds de financement du projet peuvent être empruntés.

Comme les fonds ne sont pas illimités dans un pays, ils ont un coût d’utilisation. Le taux d’intérêt est un paramètre important de mesure du coût de ces fonds. Ainsi, si on veut construire une aciérie, ou une sucrerie, ou une cimenterie, ou une usine de production de véhicules, il faut mobiliser des sommes énormes.

Il faut aussi des sommes considérables pour financer le fonds de roulement d’une entreprise, les stocks de marchandises d’un magasin, etc.

Le système bancaire répond à ces besoins, en mobilisant les dépôts des particuliers. Mais les gens qui déposent leur argent en banque, pour l’économiser, ou pour le dépenser au fur et à mesure des besoins, n’ont aucune envie de participer au financement d’une aciérie, dont ils ignorent tout, ou d’un magasin de marchandises, qui peuventt engloutir tout leur argent sans jamais leur rapporter quoi que ce soit.

C’est donc la banque qui prend le risque de placer cet argent, c’est elle qui reçoit les dividendes (après des années d’attente, si tout se passe bien), et qui subit les pertes éventuelles. Il faut savoir qu’un nouveau projet ne devient rentable que plusieurs années après son entrée en activité, soit 8 à 10 ans après les premiers travaux de réalisation d’un hôtel ou d’un hypermarché.

La banque rémunère les dépôts des particuliers, selon des formules déterminées, parce qu’elle utilise leur argent dans ces placements et qu’elle estime normal de les encourager à placer leurs fonds chez elle.

Même si la banque reçoit les dépôts des particuliers sans leur payer de contrepartie, elle a besoin d’appliquer un taux d’intérêt dans ses opérations de prêt, afin de dégager une marge destinée à couvrir ses frais de fonctionnement, d’étude de dossier, de suivi des clients, et à rémunérer ses actionnaires.

Les banques islamiques dégagent toutes une marge (très importante) sur leurs activités, parce qu’il faut bien qu’elles couvrent, elles aussi, leurs frais de gestion et qu’elles rémunèrent leurs actionnaires.

Elles appliquent donc un taux d’intérêt, même si le mot est tabou et qu’elles recourent à toutes sortes d’expressions alternatives pour décrire leurs activités.

Le résultat pour l’emprunteur de fonds est le même, il rembourse à la banque islamique une somme très largement supérieure au montant qu’il emprunte auprès d’elle pour financer ses activités. Mais, cela fait illusion, quand le mot « intérêt » n’est pas prononcé.

4-les sociétés musulmanes peuvent-elles se passer de l’intérêt pour se développer économiquement et socialement ? La réponse, très laconiquement, est négative.

Si on veut mobiliser l’argent des particuliers sur une grande échelle, il faut le rémunérer. D’ailleurs, on voit mal comment un système économique pourrait fonctionner en l’absence de taux d’intérêt.

Il n’y a qu’à voir comment les grands centres financiers des Etats du Golfe fonctionnent aujourd’hui (Arabie Saoudite, Kuwait, Emirats arabes unis, Bahrain, etc.). Les fonds colossaux des réserves en devises de ces pays (s’élevant à des centaines de milliards de dollars) sont gérés par les grandes banques américaines selon les techniques financières les plus sophistiquées, en utilisant évidemment des taux d’intérêt appropriés.

L’Union Soviétique a essayé de se passer de l’utilisation de taux d’intérêt dans la planification de l’économie soviétique. Elle s’est bien rendue compte que cela n’était pas faisable, et a introduit dans ses activités des taux d’intérêt « virtuels ». Tout cela n’a mené à rien de bon, puisque l’économie et la société soviétique sont allées de mal en pis, pendant un demi-siècle, avant l’effondrement du système dans son ensemble dans les années 1990, suite à son intervention en Afghanistan, qui fut la goutte d’eau qui fait déborder le vase."

Avec mes meilleures pensées et salutations.

Khalid Chraïbi

18 octobre 2007
Mazri Omar a dit :

L’article de Marouane mérite d’être mieux compris. J’y apporte quelques "détails"

L’intêret, la vente sur pied, les transactions à terme, les surprofits, les surcouts, la saisine sur le faillitaire et toute pratique économique et commerciale qui va à l’encontre de la justice sociale et de la liberté de la contractualisation sont du Riba. Toute pratique qui vise à consommer au dessus de ses moyens et à aliéner sa liberté est du Riba. Le Coran et la Sunna ne sont pas pas un traité d’économie politique ni un code de commerce mais le cadre éthique et déontologique pour des transactions justes, équitables, transparentes qui donnent l’avantage mutuelle, le partage de gains propotionnellement au partage de risques. L’analyse du Riba ne peut être menée sans le lienb que le Coran établit avec la diabolisation des comportments, la transparence et l’équité de la transaction sous forme de contrat libre sans vice, le primat du respect de la dignité humaine sur le gain (le riba est mis en opposition avec l’aumône zakat). Le système d’analyse sur le riba du point de vue mathématique ne peut se faire sans l’analyse économique, morale et sociale qui le sous tend. Les lecteurs oublient un aspect fondamental : on ne peut parler de riba sans analyse du contexte local et international de la transaction. Sur le rapport entre le profit et le riba l’analyse marxiste sur la plus value est l’une des meilleures analyses faites à ce jour.

Mendel dans son traité d’économie politique démonte les mécanisme pernicieux du crédit à la consommation et ses effets sur l’embourgeoisement du prolétariat et l’aléniation des populations par le capital qui leur fait perdre leur autonomie de décision économique puis politique.

Il est difficile d’expliquer dans un billet comment la conjugaison de l’organisation fordienne, le crédit à la consommation et le marketing promotionnel (inspiré du panem circus romain) a dépossédé le travailleur, le petit commerçant, le petit entrepreneur de sa liberté d’action. Je ne pense pas que le passage à l’école américaine ou à la banque puisse donner à un homme intelligent les moyens de contredire le système mondial que l’islam rejette comme une injustice car il concentre les moyens de propagande, de financement, de production et de politique au main d’une oligarchie financière. Mille ans de civilisation musulmane rayonnante avec ses hauts et ses bas est le témoignage que l’alternative non seulement à la banque mais au capitalisme existe. Ce n’est pas la banque ou l’institution financière que l’islam dénonce mais sa pratique et sa subordination aux nantis et aux puissants qui faussent la libre concurrence et le partage équitable. Méditez ce verset qui brime les combattants qui ont pourtant donné leur vie, leur temps et leur bien à la cause d’Allah :

Le butin provenant [des biens] des habitants des cités, qu’Allah a accordé sans combat à Son Messager, appartient à Allah, au Messager, aux proches parents, aux orphelins, aux pauvres et au voyageur en détresse, afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d’entre vous... al hachr.

L’islam est étranger en terre d’islam. Marouane ne peut pas inventer un monde qui ne dépend ni de sa volonté ni de ses voeux. Tout projet est un acte de virtualisation. Le virtuel n’est pas l’opposé du réel mais l’opposé de l’actuel. Le système islamique dans son intégralité est toujours faisable, crédible, viable, opportun, cohérent. Il sera d’actualité quand l’homme musulman conjuguera son islamité sur son sol et son temps de vivre sans complexe et sans crainte des censeurs.

18 octobre 2007
Lounis a dit :
Cet article expose une finalité sans préciser comment l’atteindre. Un article incantatoire qui fixe un idéal islamique qui n’est pour l’instant qu’un voeux pieux. Cet idéal a-t-il jamais existé ? Le monde musulman n’offre aucune alternative et n’est qu’un vaste marché ou s’écoule des marchandises produites ailleurs. Les banques islamiques sont des produits qui font illusion, et ne sont pas parvenu à financer un appareil production au service d’une économie compétitive. Ces banques sont des agents de consommation sans plus.
18 octobre 2007
FB a dit :

Salam, bonsoir,

Je pense qu’il est judicieux d’élargir cette notion de riba et de la replacer dans le cadre de l’économie libérale comme le fait à juste titre l’auteur ... car cela permet de voir les consequences néfastes de la riba sur l’économie d’un pays. Il faut se placer sur un aspect général de l’économie.

Le premier texte celui de Khalid Chraibi m’a semblé très partial et tendancieux dans le sens ou il assurait la promotion du modele libérale pour le monde arabe ou les pays en voie de développement. Est ce que ce penchant vers ce model est du à son expérience dans le cadre de la banque mondiale ? En tout cas c’est fort inquiétant car il ne proposait aucune solution alternative à ce modele.

Le modele libéral (ultra) basé sur le riba cherche l’expansion et à s’imposer dans les pays en voie de développement et il à recours a deux outils d’une efficacité redourable le FMI et La banque mondiale.

J’ai lu dans un post une esquisse de defense de ces institutions. or il faut être très critique car des pays comme la bolivie ou le vénézuela ont rejeté le FMI source d’endettement et donc d’asservissement. Pourquoi la raison est simple le FMI ne fait pas qu’accorder des crédits il impose aussi des programmes de gestion économique austeres et des privatisations. Cela se fait au détriment de la population qui voient des services comme le transport ou l’éducation ou l’eau se transformer en valeur marchande ... On ne peut qu’être critique vis à vis du FMI qui maintient les pays en développement en situation de surendettement premier cause de paupérisation et de famine dans ces pays (dans les pays d’afrique noire). C’est la raison pour laquelle des voix s’elevent pour demander l’annulation de la dette de ces pays ...

Il faut donc dépasser la technicité finacière pour juger des consequences néfastes du RIBA base fondammentale de l’ultra libéralisme. A l’heure ou le maghreb attire les capitaux des pays du moyen orient (vu la situation d’instabilité et les fonds qui ne sont plus dirigés vers les états unis)il faut être vigilant ...

18 octobre 2007

as salam alaykoum

Enfin un article avec un raisonnement comme l’esprit en Islam nous le demande.

Baraka Allahou fik pour cet artcile.

wa salam alaykoum

18 octobre 2007
mohand a dit :

Salam / Azul Les questions à se poser et auxquelles les savants (théologiens et économistes) doivent répondre :

1-La riba est interdite par le prophète (paix et salut sur lui), cette interdiction est elle universelle ou liée seulement à l’époque à laquelle vivait le prophète (paix et salut sur lui), cette interdiction a-t-elle été faite par Dieu (qu’il soit glorifié) ou émane t’elle seulement du prophète (paix et salut sur lui) en relation aux circonstances économiques de l’époque ?

2-L’intérêt pratiqué aujourd’hui par les banques est il comparable à la riba ?

3-Un système économique sans taux d’intérêt est il viable ?

4-les sociétés musulmanes peuvent elles se passer de l’intérêt pour se développer économiquement et socialement ?

18 octobre 2007
Arabia a dit :

Je pense comme Khalid Chraïbi qu’« un courant religieux conservateur, prenant naissance dans les Etats du Golfe se propageant depuis plusieurs années… » ?

Ces courants conservateurs sont souvent sous contrôle séouadien et propagent un islam bédouin hyper réactionnaire qui souhaitent tout islamisé y compris la finance. Cet islam bédouin à la saoudienne est conservateur à l’intérieur, mais très rélâché à l’extérieur. On sait comment les monarques du Golf se comportent au niveau des moeurs une fois qu’ils ont le pied en europe et aux Etats-Unis.

18 octobre 2007
Waglioni a dit :

Merci à Marouane Mohamed pour son article très éclairant et fort bien écrit ("ce qui se conçoit bien s’énonce clairement"). Il émet de très justes critiques à l’égard de celui de Chraïbi, qui avait tendance, en effet, à effacer la faute originelle de certaines pratiques financières. Merci aussi à Omar Mazri pour son étonnant (percutant) commentaire. Voici donc les pendules remises à l’heure, et par de talentueux horlogers !

Pour ma part, très modeste, je me tiens sans nuance à l’écart de pratiques que je considère ou bien néfastes, comme il a été si bien dénoncé, ou bien dissimulant d’autres pratiques. Et je vise là non seulement la "finance islamique", mais aussi le "commerce hallal", que je mets en quelque sorte dans le même sac. La tête d’un prêté bonifié me semble tout aussi lugubre que celle du poulet égorgé sous la prière : elles reflètent une même hypocrisie.

18 octobre 2007
Malika a dit :
Pour répondre à "Pierre précieuse" et avec tout le respect que j’ai pour les "savants", la réponse ne peut venir d’eux. L’islam n’ a pas besoin d’intermédiaire. La solution se trouve en chacun de nous. C’est à nous de prendre conscience de la sitation qui est la nôtre en la comprenant et sans attendre des solutions toutes faites de la part de oulamas qui sont souvent dépassés.
18 octobre 2007
pierre precieuse a dit :
pendant que les musulmans regardent et se posent la question de riba ou pas certains achetent le maroc l algerie la tunisie nos ancetres ont donné leur sang e mainternant il reste plus rien l immobilier flambe qui peut se permettre d acheter sans faire un pret la oumma islamya reste derriere svp nos savant doivent réagir et nous donner des solutions merci
18 octobre 2007
Mouslimetoun a dit :

Salam,

Tout d’abord Mouslimetoun est une soeur(je tiens à le préciser !)ensuite je vous assure cher frere que je suis très ouverte aux débats avec toutes les personnes de bonne volonté qui veulent que cette oumma avance et soit digne du message qu’elle a réçu mais permettez moi de rester un peu hésitante sur l’utilité d’un échange si on ne se met pas d’accord sur certains points notamment notre but ultime en tant qu’Humains mais surtout en tant que Musulmans.Enfin(j’aurai du le dire dès le début)j’espère sincerement que vous n’avez pas usé de ce raisonnement:je suis contre le recours à l’interet donc je ne suis pas ouverte au débat(moi et ceux qui sont de mon avis)donc ....donc....par ce que dans ce cas là eh bien il n’ya a rien à échanger entre nous.

PS:Que je sois pour ou contre le recours à l’interet moi et la planète toute entière ça ne changera pas le fait que c’est HARAM

salam

18 octobre 2007
Habib a dit :

Salam,

Je me permets une remarque par rapport à la reaction de Younes qui donne plus de legitimité à Khaled Chraibi sur Marouane Mohamed pour traiter du sujet de la Riba, sous pretexte que M Chraibi "a occupé des responsabilités fiancières au sein des plus grandes institutions financières internationales".

la remarque "pourrait" etre juste si le debat etait sur le champs technique (en supposant donc que le cv reflete la valeur technique des personnes)

Il me semble qu’avant cela, le debat est sur le champs theologique.

Ce que nous avons ici c’est un Mathematicien qui repond à un autre Mathematicien. Soit. ce qui me gene c’est qu’ils agrementent leur discours avec des references theologiques avec peu de methodologie.

18 octobre 2007
Tahar a dit :
La loi musulmane dite charia se heurte actuellement aux réalités sociales : l’interdiction du prêt à intérêt. L’origine de cette prohibition se trouve dans la - juste - condamnation de l’usure (riba en arabe) par le Coran. En interprétant de façon très large cette prohibition, les oulémas ont créé un très grave problème. Faute de pouvoir emprunter, un paysan par exemple qui est dans le besoin est obligé de brader sa récolte. Au lieu de payer 10 % ou 12 % d’intérêt, il peut perdre la moitié du produit de son travail. Le remède est pire que le mal que l’interdit est censé combattre.
18 octobre 2007
Tarik a dit :

Paix sur vous tous, bon la c’est plus possible, je suis tout de même interpellé, soyons pragmatique, et faites moi des fetwas, voici mon cas et je pense qui est celui de nombreuses personnes. d’avance ne me faites pas de moral fikhienne, car je suis sure de pouvoir discerner le bien du mal. Je loue en ce moment un logement pour 800 euros/mois et des poussières. Je viens d’acheter un appart pour loger ma famille en obtenant un pret d’une banque sans oublier que j y est mis toutes mes économiee (à peine 15% du total). Montant du remboursment capital +interet 800 euros/mois. Je pose la question : aurai-je du rester toute ma vie ici bas sur terre locataire comme mon père, qui lui n’avais même pas les moyens d’enprunter ? aurai-je du laisser passer une occasion de capitaliser au lieu de perdre du fric en location ?

Autre chose, je suis très mal à l’aise de voir les commentaires qui nous interpellent sur les subrprimes qui n’ont franchement rien à voir avec le fonctionnment normal d’une banque. Par ailleurs, si les prets FMI et autres sont "mauvais" pour les pays c’est à mon avis surtout à cause des gaspilleurs qui dirigent ces états, y compris des états musulmans. J’accepte l’idée que je ne suis pas "islamiquement correcte" mais c’est bizzare , je ne ressent aucune géne,ni remords. Le diable aurait il bien travaillé ?

18 octobre 2007
Chamcham a dit :
Le frère Mouslimetoun confond débat et critique. Il a du mal à accepter certaines vérités. Il faudrait qu’il s’ouvre au débat et comprenne que personne ne détient la vérité. Il y a des problèmes plus importants que le riba, comme celui de sortir de la misère économque et sociale des millions de musulmans. Et ce n’est pas avec un coup de baguette magique, en demandant l’interdiction du riba par exemple qu’on n’ y parviendra. A moins que Monslimentoun et les partisans de l’interdiction du riba ont une recette miracle.
18 octobre 2007
Mouslimetoun a dit :
Je reste perplexe quant à plusieurs interventions,j’ai l’impression que certains ont besoin de "critiquer"(le terme ne convient pas mais bon...)juste pour "critiquer" alors qu’ils sont loins du fond(pour ne pas dire il ne s’agit pas de ça bong sang !!),ça parle de la pauvreté,ça appelle à la modestie( !!!!!),ça parle de "modernité" etc etc
18 octobre 2007
Chamcham a dit :

L’auteur de cet article dit dans son texte : "Pour parler du bon monde civilisé et « moderne » En faisant allusion aux Etats-Unis. Je ne suis pas pro-américain et je suis de ceux qui nombreux parmi nous dénonçons la politique criminelle des Etats-Unis au Proche-Orient.

Cependant, peut-on dire du monde musulman qu’il est moderne et civilisé quand une grande majorité des musulmans sont démunis sur le plan social, et que certains pays musulmans vivent dans une grande pauvreté. Peut-on dire du monde musulman qu’il est moderne et civilisé alors qu’en Egypte des pauvres vivent dans des cimetières. Peut-on dire du monde musulman qu’il est moderne et civilisé, alors la prostitution infantile est pratiquée au Maroc. Peut-on dire du monde musulman qu’il est moderne et civilisé que le statut des travailleurs immigres dans les pays du Golf est celui de quasi esclaves. Peut-on dire du monde musulman qu’il est moderne et civilisé quand des milliers de musulmans de ces pays rêvent de quitter ces pays musulmans pour partir vers l’Europe et les Etats-Unis où les musulmans ont un niveau vie nettement supérieur que dans leurs pays d’origine.

La liste est longue, je préfère m’arrêter là ! Un peu de modestie ferait le plus grand bien à notre auteur.

18 octobre 2007
Halima a dit :
Il convient d’abord de rappeler que la charia est une oeuvre des hommes et n’a donc rien de sacré. Dans bien des cas même, elle a été construite contre les principes coraniques. Ainsi l’apostasie, sanctionnée par la peine de mort, a-t-elle été inventée de toutes pièces par les oulémas, les docteurs de la loi. Le Coran ne prévoit pas cette infraction, ni ne la suggère de près ou de loin. Il dit même tout le contraire : « Point de contrainte en matière de religion » (sourate II, 256). Un verset (sourate XVII, 29) est encore plus explicite : « Dis : la vérité est là qui émane de votre Seigneur. Y croira qui voudra et la reniera qui voudra. »
18 octobre 2007
Younes a dit :
Maraoune Mohamed a écrit une analyse qui a seulement le mérite d’exister. Il s’en prend à l’auteur Khalid Chraïbi qui me parait plus compétent pour s’exprimer sur un tel sujet. Car je crois savoir que Khalid Chraïbi a occupé des responsabilités fiancières au sein des plus grandes institutions financières internationales dont il connaît certainement toutes les arcanes. Or l’analyse de Marouane Mohamef n’offre aucune alternative, il dresse un constat sans aller dans le détail.
18 octobre 2007
Amandine a dit :

Salem alaykoum !

J’interviens pour rappeler aux musulmans que nous ne sommes que de passage sur cette Terre ; Et que notre seul objectif ici-bas est de tout faire pour gagner le Paradis. Préférer la dounia aux commandements d’Allah est synonyme d’association.

Pratiquer l’association équivaut à renier Allah.

Dans le Saint Coran, il est écrit :

"Croyants ! Ne pratiquez pas l’usure, doublant ainsi vos profits." (La famille d’Omran, v.130) ;

"Allah a permis les opérations commerciales et a interdit l’usure" (La vache, v.275).

18 octobre 2007
Enonomicus a dit :
Marouane Mohamed nous parle de banques islamiques alors que le monde musulman est quasiment inexistant sur le plan économique. N’était la rente pétrolière, le monde musulman serait certainement confronté à une famine. Comment expliquez-vous que des milliads de dollars de l’argent du « pétrole musulman » ne sont pas placés dans les banques islamiques mais dans les banques américaines. Les banques islamiques reflètent l’état de faillite économique des pays musulmans. Pour s’inventer un rôle économique majeur, on s’invente des banques islamiques qui ne profitent qu’ à une élite financière qui a saisi le profit qu’elle pouvait en tirer en usant de la caution d’autorités religieuses complaisantes.
18 octobre 2007
Omar Mazri a dit :

Quand j’étais aux affaires publiques j’ai eu à monter un projet de création de coopératives pour l’emploi jeunes dans un pays musulman. Ce projet je l’ai construit sur un principe islamique : pas de Riba. Il me fallait mettre une ingénierie d’autogestion sous la forme usager propriétaire et un montage financier qui s’articule sur la mutualisation sans recours aux banques traditionnelles. J’ai eu les encouragements de l’agence canadienne pour le développement qui voulait m’accompagner dans ce projet qui j’ai voulu ambitieux 30000 emplois et 2 Milliards USD de CA. Ne trouvant pas de soutien en interne je me suis retourné vers la banque islamique Al Baraqa. Elle ne finançait que les projets immobiliers et la consommation en se voulant une alternative aux intérêts. Il me fallait me résigner à revenir au système bancaire faillitaire et rentier qui m’a fermé la porte car je ne fais pas partie de l’élite corrompue et corruptrice. De cette expérience pratique et de sa confrontation à l’analyse méthodologique et conceptuelle des banques islamiques j’ai retenu une conclusion. Il y avait une idée noble qui remonte à Hassan al Banna de promouvoir la vocation de l’islam d’être une alternative. L’islam n’a jamais interdit une chose sans rendre licite mille et une autres. Malheureusement la conjugaison des facteurs politiques, idéologiques et pratiques ont discrédité non pas l’idée mais sa mise en oeuvre. Le musulman ne doit pas produire son argent et encore moins le produire selon son code moral et sa règle de justice social. Par ailleurs des pratiques malsaines et la précipitation ont permis de dévoyer d’autres expériences. L’amérique contrôlant tout le système financier mondial a mis la CIA en état de mobilisation permanente pour mener la subversion contre des initiatives stratégiques sur le plan économique ou autre.

Sur le principe la banque islamique se trouve prise entre deux contradictions : la première est d’opérer dans un système mondial de riba. Le tahayul ou la contamination se sont révélées une pratique dramatique qui ne peut être imputée ni aux savants ni aux penseurs ni aux musulmans. La seconde est d’être vidée de son âme islamique pour être caporalisée par les financiers détenteurs des pétrodollars. Les monarques et les princes préfèrent le Riba (la spéculation en bourse) et les placements "gagnants dans l’immobilier ou les placements dans les banques occidentales que dans des opérations de moudharaba ou de moucharaka ( participation au capital et financement productif) des projets de développement. Le Soudan a la capacité de nourrir tout l’espace arabo musulman s’il pouvait trouver les capitaux.

L’islam dans tous es compartiments et ses registres est une alternative au système matérialiste et non un alignement sur ce système. Jouer sur les mots et la sémantique ne change rien à l’énoncé du problème. Quand on étudie le riba on ne peut le dissocier de la nature du commerce car Dieu a mis le riba inéquitable en opposition avec le commerce équitable. On ne peut le dissocier des pratiques ribawites qui touchent la monnaie, les montages financiers, les pratiques des marchés qui font que tel produit est du riba ou non. Mohamed a abordé le Riba dans son aspect moral, économique, social et commercial : la production, l’échange et la consommation des marchandises mais aussi de l’argent et de l’or. Donc il faut aller plus loin que l’interêt pour comprendre la signification et l’interdiction du Riba. Mohamed éclairé par la Révélation ne peut interdire une pratique ni l’assimiler à un inceste commis 100 fois avec sa propre mère à l’intérieur de la Kaaba un jour de pélérinage si cette pratique n’est pas une injustice économique contre l’humanité. Mohamed a maudit toute activité liée au Riba ( production, témoignage, consommation, contractualisation, etc) car c’est un crime moral et un désordre économique qui sape les valeurs qui créent la cohésion sociale, la solidarité de classes et la miséricorde dans les relations humaines. Le Riba dans sa face cachée est subtile est une entropie dont le summum est le capitalisme arrogant. Mohamed a mis en garde la communauté musulmane : toute pratique du Riba est une dérive qui appelle Satan et son incarnation dans l’impérialisme. Toute pratique économique et commerciale fondée sur l’injustice, la spéculation est du Riba. Toute globalisation de l’économie et toute financiarisation de l’économie qui prive le producteur de ses moyens de production et des fruits de son travail est du riba. Dans sa forme capitaliste le riba est la transformation de la monnaie qui au lieu d’être un moyen d’échange et de régulation du marché par la concurrence devient elle même une marchandise sans contrepartie productive. Le dollar monnaie de référence mondiale ne représente qu’un système financier spéculatif dans lequel la valeur des biens et services est fixée artificiellement par le jeu des rapports de pouvoirs et non par le rapport des producteurs et le rapport des producteurs aux consommateurs. La sophistication des mathématiques financières, le consumérisme excessif, les montages complexes financiers rendent le Riba sournois mais plus dangereux pour l’humanité car c’est un instrument de domination économique et politique. Le ribva c’est le service de la dette d’un pays qui atteint le triple du montant de la dette ou plus au point de faire perdre à un pays sa souverainté et à un paysan les moyens de production puis de subsistance.

Dans ce procès économique ribawi qui fait que 20% de la planète consomme et gaspille ce qui est produit par les 8O% qui restent et que toutes les minutes il y a des enfants qui meurt de sous nutrition, la banque, la banque mondiale, le FMI et les institutions financières sont des instruments pour manager le riba et le rendre plus performant et moins transparent. Ceux qui les servent et les défendent ressemblent à des diablotins gesticulant oubliant que Dieu a déclaré la guerre à ceux qui fabriquent de l’injustice et de l’oppression. Le Riba est le moteur de l’injustice sociale, de l’échange inégal, du dol, du fardage, du monopole, du capital anonyme.

le scandale des prêts immobiliers aux USA (surprim) a failli mettre en baqueroute tous les épargnants dans le monde et un monsieur plein d’admiration pour l’injustice et le ridicule vient nous vanter les bienfaits du capitalisme en cassant du sucre sur le dos des musulmans spoliés de leurs terres et de leurs richesses. Mohamed a bien raison de nous léguer cette invocation : "Dieu je me refugie auprès de Toi contre une science vaine, un coeur sans humilité, un ego insatiable et un oeil sans larme". Paix et bénédiction sur ce Prophète illétgré qui a démonté le mécanisme du Riba et ses conséquences dans cette invocation : " Dieu je me refugie auprès de Toi contre l’affliction et le chagrin, contre l’indigence et la paresse, contre la lâcheté et l’avarice, contre le poids de la dette et l’oppression des hommes"le RE. Méditez cette invocation

18 octobre 2007
Kourichi a dit :
Avec les contrats islamiques, qu’il s’agisse de la musharaka (partenariat) ou de l’ijara (location), les banques ne prélèvent pas d’intérêts, mais participent au profit et au risque de leur client, au même titre qu’un partenaire associé dans son capital. Avec l’ijara, le particulier qui emprunte pour acheter son logement verse un loyer et non un intérêt. Il ne deviendra formellement propriétaire que lorsque son prêt sera intégralement remboursé. Quant aux sukuks, les emprunts obligataires « islamiques » des États, ils comportent, comme toute obligation classique, un coupon, une échéance et un rendement, auxquels s’ajoute un contrat de leasing. Les investisseurs (prêteurs) ne perçoivent pas d’intérêts prédéfinis, mais le rendement du sous-jacent - en clair, des revenus tirés de la propriété, comme des loyers commerciaux ou des droits de péage. Les investisseurs qui ont souscrit, en janvier 2005, au Pakistan International Sukuk l’emprunt de 600 millions de dollars destiné à financer la construction de l’autoroute Lahore-Islamabad, ne toucheront pas d’intérêts, mais les revenus futurs des péages automobiles.
18 octobre 2007
USTED a dit :
Selon le Coran, l’argent n’est qu’un instrument d’échange, dépourvu de valeur en soi. L’islam jette l’opprobre sur tout type de profit passif, réalisé sans travail ni prise de risque - version islamique de la dénonciation de « l’argent qui dort » -, mais ne condamne pas le gain en tant que tel. Bien au contraire, il prône le partage du profit et du risque, privilégiant l’actionnaire, qui apporte le capital, au détriment du banquier, qui ne fait que prêter. Paradoxal retour à l’esprit même du capitalisme, comparable au « capital-risque » ou au « Project Finance »
18 octobre 2007
Saliha a dit :
L’auteur de cet article mentionne des « oulamas », sans nous dire qui sont ces fameux oulamas ? Quelles sont leurs compétences en matière de figh (jurisprudence musulmane) ? Mais aussi quelles sont leurs compétences sur le plan économique et financières. ? Ces Oulamas de quel pays musulmans viennent-ils. Car doit-on rappeler à notre auteur que la grande majorité de ce qu’on appelle les Oulamas sont tous liés aux régimes arabes despotiques quand ces régimes ne sont pas corrompus. Ces Oulamas n’ont donc aucune indépendance. Quand l’auteur nous aura donné toutes ces précisions, nous pourrons alors commencer à débattre.
18 octobre 2007
Mouslimetoun a dit :

Salamou aleykoum,

Merci Monsieur Marouane Mohamed pour votre réponse,en lisant l’article "la charia et le riba" j’étais un petit peu "triste".

Réponse à Bousri :

vous demandez pourquoi l’interdiction du riba ???? .....(ce n’est pas très dur je vous assure)

et puis meme s’il n’ya pas une raison qui peut paraitre logique ou évidente pour le commun des mortels,en tant que Musulmans,on doit dire "sami3na wa ata3na" à un moment donné en toute humilité et se rappeler tout le temps que l’abondance du "haram" et de "almounkar" ne le rend pas "halal" et "ma3rouf".

salam

18 octobre 2007
Adel a dit :

Merci Marouane Mohammed pour cette argumentation claire, pertinent mais aussi rassurante. Tous les musulmans ne sont pas près à sacrifier leur éthique et leur religion sur l’autel du confort. Pour La propriété d’un logement, on est prêt à introniser l’idée que véhicule intrinsèquement l’intérêt ( tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ) : le capital suffit à créer de la richesse ( en dehors de l’effort, de la prise de risque, de l’innovation, etc ).

Marouane a bien montré en quoi cette notion d’intérêt produisait jusqu’à aujourd’hui une profonde injustice sociale qui ne lèse pas notre voisin de palier mais bien plutot les plus déshérités de notre planète.

Les deux premières réactions de Youssef et de Bousri démontrent l’impatience de certains à voir détourner le sens du message qui a été envoyé au Prophète de l’islam. L’appétance pour la possession de biens de ce monde et la fainéantise justifient à ce qu’on néglige la mise en garde extrême que Dieu indique dans son livre à l’égard de l’intérêt.

La finance islamique c’est en train de devenir une classe d ’actifs évalués 400 à 500 milliards . Si tout n’est pas parfait ( parfois loin de là ) , il y a suffisamment de matière pour arréter de dire qu’aucune alternative ne voit le jour. C’est un chemin long et difficile , laborieux , parsemé d’obstacles mais un chemin bien réel.

18 octobre 2007
Bousri a dit :
Votre article est une réponse générale dans laquelle aucun argument crédible ne vient démontrer le pourquoi de l’interdiction du riba et que peut encore bien signifier cette interdiction de nos jours dans le monde dans lequel nous sommes.
18 octobre 2007
Youssef a dit :

Salam,

Si on met de côté votre réglement de compte avec Khalid Chraibi, que proposez-vous concretement ?

C’est ca qui nous interesse, pas votre petite gueguerre qui n’apporte rien au débat.

18 octobre 2007
Loqman. a dit :

Allah -exalté soit-Il- a interdit la pratique de l’intérêt car Il se réserve l’exclusivité de cette pratique, à savoir, créer de la richesse ’ex-nihilo’ (C’est bien, dans le fond, ce en quoi consiste l’usure : créer quelquechose à partir de rien)

Le Qur’an formule cette Idée splendide de ’prêt sincère’ démultiplié à l’infini lors de sa rétribution.. Le serviteur prête son âme à Dieu qui en retour lui la détourne, lui la libére grâcieusement de ’la course aux richesses’ de ce bas-monde.

En d’autres termes le choix s’imposerait entre un riba ’vertical’, celui émanant d’Allah, qui pour être libérateur n’en est pas moins (relativement) difficile à obtenir, et, donc, à défaut - et que Dieu nous en préserve - un riba ’horizontal’ qui pour être assez facile d’accès n’en est pas moins asservissant.

Aussi et dirions-nous plus sérieusement, le riba est, entre autres occurences, magistralement disqualifié dans une page sublime du Qur’an, au début de Surat Ar-Rahman (55) mais à la différence du verset de Surat Al-Baqara, c’est la lecture du commentaire (tafsir) qui vient clarifier le sens du Texte.

La plupart des éxégètes de l’âge classique (médiéval) se rejoignent sur le fait que ces versets (5-6-7) se rapportent surtout et avant tout à la notion de ’balance/équilibre du marché économique’

(5/55)wa s-samâ-a-rafa’ahâ wa wada’a-l-mizane (Il a élevé les cieux et institué la balance) (6/55)’a-lla taT’ghaw fî-l-mîzâne ([avec pour consigne] de na pas fausser la balance)

On peut traduire le terme ’mîzân’ par ’balance’ mais également par ’équilibre’. Allah nous indique que l’homme (car si tel n’était pas le cas il ne nous donnerait pas cette consigne) est en mesure - il a en lui la capacité - de rompre l’équilibre seul garantie du bien souverain pour l’humanité, de son inscrption salvatrice dans l’harmonie céleste.

(7/55) wa’aqîmoû-l-wazna bi-l-qisti wa lâ toukhsiroû-l-mîzâne. (Etablissez la pesée avec équité et ne faussez pas la balance/l’équilibre)

Sans être spécialiste en économie on peut quand même sentir au vu du désordre dans lequel est plongé le monde actuel qu’un certain équilibre est tout à fait rompu. ’Them belly full, but we hungry / A hungry mob is an angry mob’ La faim enrage le quidam nous chantait Bob Marley. Les Nations Unies nous indique qu’à peu près un milliard dêtres humains souffrent de la faim et 25.000 en meurent chaque jour. (Une satistique qu’il serait bon de méditer en état de jeûne de manière à essayer d’éveiller durablement nos consciences à cette édifiante réalité)

Le verset suivant (8:55) nous rappelle : wa-l-ard wada’aha li’al anâme (La terre, Il l’a établie à l’intention des hommes..)

Si la philosophie du ’surhomme’ nous presse de ’rester fidèle à la terre’, il n’en demeure pas moins que c’est avant tout en nous conformant à la sagesse émanant de l’ordre céleste que nous saisirons - in sha Allah - l’espoir de lui rester fidèle.

Wa’Llahu’l-Musta’an.

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