Quand L’Express recopie Oumma en cachette

Pris la main dans le sac. Aujourd’hui, le site de l’hebdomadaire L’Express a consacré un article au s

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mercredi 25 août 2010

Quand L’Express recopie Oumma en cachette

Pris la main dans le sac. Aujourd’hui, le site de l’hebdomadaire L’Express a consacré un article au sujet de la dernière plaisanterie raciste de Jean-Marie Le Pen. Problème : le journaliste oublie fâcheusement d’indiquer au lecteur la source originelle de l’information, publiée trois jours plus tôt sur Oumma. Décryptage de l’entourloupe.

Christophe Barbier a du souci à se faire. Au sein de la rédaction qu’il dirige, certains journalistes osent s’aventurer sur des sites réputés pour leur dangerosité intellectuelle. Pire, ils vont y recueillir matière à rédiger leurs articles. Recueillir, ou plutôt puiser, sans vergogne.

Une règle basique du journalisme consiste à citer la source de ses informations. C’est une gratitude élémentaire envers celui qui a consciemment repéré un fait susceptible d’intéresser les citoyens et pris le soin de leur étayer cet élément de la manière la plus efficace.

Visiblement, le journaliste de L’Express, Thierry Dupont, préfère afficher un certain dédain envers le média, en l’occurrence Oumma, à l’origine d’une découverte particulière.

Quels sont les faits ? Dimanche dernier, nous avons mis en ligne un article accompagné spécialement d’une vidéo complémentaire et montée par nos soins. L’ensemble vise à présenter au lecteur du site les éléments principaux au sujet de la dernière expression à caractère raciste de Jean-Marie Le Pen.

Ce mercredi, L’Express met en ligne un article, signé Thierry Dupont, faisant état de la même information. Quelques aspects supplémentaires et anodins sont également présents pour mieux enrober le papier : commentaires sur le contexte par le réalisateur, réactions de l’entourage du leader frontiste, identité de la journaliste présente face à lui. Seul un élément constitue une véritable information, nouvelle et utile : la journaliste en question aurait déjà fait publier l’anecdote raciste dans le magazine Vsd. Hormis cet apport, tout le reste de l’article reprend essentiellement les informations originelles dévoilées par Oumma.

Plus grave, l’article de L’Express comporte des erreurs, ou des contre-vérités : « Depuis le début août, un même extrait de ce film a été publié par plusieurs utilisateurs sur les plateformes YouTube et Dailymotion » écrit Thierry Dupont. C’est faux. Les deux vidéos référencées ont été mises en ligne le même jour, dimanche 22 août, et pour une raison évidente : la première sur Youtube est la séquence expressément montée pour illustrer l’article d’Oumma tandis que la seconde est tout simplement une copie téléchargée et republiée sur Dailymotion, quelques heures plus tard, par un autre utilisateur. Avant cette date, la séquence d’une minute n’existait pas sur Internet puisque nous l’avons nous-même monté.

Seul un extrait différent, d’environ dix secondes, était présent sur la Toile depuis deux semaines : c’est celui-ci, ne comportant aucune indication du contexte général, qui a été repéré par l’équipe d’Oumma. Nous avons alors tenté patiemment de nous figurer dans quel « puzzle » audiovisuel il s’insérait pour comprendre « d’où parle » alors Jean-Marie Le Pen.

L’Express, les contre-vérités qui arrangent

Cette entorse déontologique consistant à ne pas citer la source d’une information préalablement recherchée peut sans doute s’expliquer par une raison particulière : le rapport compliqué qu’entretien L’Express avec l’islam en général et Oumma en particulier.

A l’instar du Point, l’hebdomadaire est réputé pour ses Unes racoleuses et ses dossiers alarmistes sur le fameux « péril vert ». Le numéro publié le 12 juin 2008, avec en couverture le titre subtil « L’islam, les vérités qui dérangent », est un modèle du genre. Même Rue 89, peu suspect de sympathies islamogauchistes, s’est fendu d’une tribune dénonçant « l’islamophobie » de cet exemplaire.

Faut-il s’en étonner quand le directeur de la rédaction, Christophe Barbier, lance un appel saugrenu à la « résistance de la République » pour surmonter ces « petites défaites » que seraient, pêle-mêle, le Quick Halal, les minarets, « un foulard par ci, une burqa par là » ?

http://www.youtube.com/watch ?v=LAAbJo8yg4c

Et, bien évidemment, dans cet amalgame pratiqué entre islam et intégrisme, sous le prétexte fallacieux d’une laïcité scrupuleuse, il n’est guère surprenant de constater que L’Express soit quelque peu incommodée à citer Oumma comme la source de son information sur la dernière bévue de Le Pen. Autant personne n’ira soupçonner les équipes de ces publications « communautaires » que sont la Croix, la Vie, the Christian Social Monitor ou the Catholic Worker de constituer le cheval de Troie journalistique de l’Opus Dei, autant Oumma continue d’avoir, aux yeux de L’Express et de ses semblables médiatiques, cette « mauvaise réputation » chère à George Brassens. A en croire le journaliste David Bensoussan, qui nous a fait l’honneur de s’intéresser à notre cas dès 2004, Oumma aurait l’indélicatesse de s’intéresser de trop près à la question palestinienne et de relayer des appels aussi insensés que celui de l’ex-députée européenne Verte, Alima Boumediene-Thiery, condamnant le « régime d’apartheid israélien ».

Mieux encore, selon d’autres membres de L’Express, Oumma, « l’un des sites les plus visités par les Musulmans », serait en réalité le vecteur d’un « rapprochement des Musulmans de France avec l’extrême gauche ». Une bande à Bâder, en quelque sorte.

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