Samedi 11 février 2012

Philosophie d’un massacre : André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy, apologistes des crimes de guerre israéliens

Comme Glucksmann, Lévy est, depuis longtemps déjà, passé maître dans l’art de la désinformation et de la manipulation d’une opinion d’autant plus facile à influencer qu’elle est par ailleurs très mal informée : efficace, certes, mais ô combien répugnant, dès lors que l’objectif avoué en est de minimiser, de nier ou de justifier les crimes de guerre commis par Israël durant ces trois semaines de folie meurtrière. Glucksmann et Lévy devraient savoir que l’apologie de crimes de guerre tombe sous le coup de la loi française, qui considère qu’« un écrit qui présente comme susceptibles d’être justifiés des actes constitutifs de crimes de guerre doit être considéré comme apologétique »

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Le journal Le Monde, qui s’était
déjà illustré, lors de la dernière poussée de fièvre des va-t-en-guerre
israéliens, au Liban, durant l’été 2006, en publiant dans ses colonnes le
pathétique et consternant journal de voyage de Bernard-Henri Lévy, parti se
constituer bouclier humain dans les colonies du Nord d’Israël victimes des tirs
de roquettes du Hezbollah, alors que l’armée israélienne mettait le Liban à feu
et à sang class=MsoFootnoteReference> style=';'>[1]
,
s’est à nouveau distingué en publiant, dans son édition du mardi 6 janvier
2009, et alors qu’Israël jetait cette fois son dévolu sur la bande de Gaza,
l’infâme bafouille du sieur Glucksmann qui se dit philosophe.

Dans la lettre de protestation que
j’envoyai au Monde dès le lendemain, je prédisais que son collègue et
ami, Bernard-Henri Lévy, philosophe de terrain sans peur et sans reproche,
était certainement, au moment où lui-même montait au créneau, sur le front, à
Sderot, sinon à Ashkelon ou à Beersheba, protégeant une fois de plus de son
corps des Israéliens terrorisés par les roquettes du Hamas. Et je ne me
trompais pas. Deux jours plus tard, en effet, le soldat Lévy, de retour du
front, prenait à son tour la plume, le 8 janvier, dans les colonnes de
l’hebdomadaire Le Point, pour témoigner du « cauchemar » vécu
par les habitants de Sderot, « terrés dans les caves de leurs
immeubles » et vivant une existence « en sursis, au son des sirènes
et des explosions » : « Je suis allé à Sderot, dit-il, je
sais
 ».

 Revenu sain et
sauf après avoir risqué sa vie pour Israël, mais vraisemblablement épuisé par
son voyage au bout de l’enfer, il se contente de nous livrer ses vérités, qu’il
présente comme des « faits ». Soigneusement sélectionnés, les
« faits » en question contribuent à donner de la réalité du massacre
de Gaza une image délibérément déformée et partielle. Car pourquoi, s’interroge
le lecteur naïf, n’a-t-il pas profité de son séjour à Sderot pour visiter Gaza,
pourtant toute proche, si ce n’est pour
ne style=''>pas tout savoir ni tout dire du drame qui s’y nouait ?… style=''>Eyeless in Sderot style=';'>. Mais dix jours plus tard, Lévy
publiait dans
Le Journal du
Dimanche
ses style=''>« carnets de guerre » tant attendus, dans
lesquels il confessait, comme pour mieux
nous faire mentir,
avoir visité Gaza, de nuit, incorporé dans une
unité d’élite israélienne class=MsoFootnoteReference> style=';'>[2] :
« Soucieux, contrairement à vous, d’essayer au moins d’aller y voir,
dit-il, je suis, ce mardi 13 janvier, entré, à la nuit tombée, dans les
faubourgs de Gaza-City, quartier Abasan Al-Jadida, un kilomètre au nord de Khan
Younès - style=''> "embedded" dans une unité d’élite
Golani.

 Je sais, pour l’avoir évité toute ma
vie, que le point de vue de l’"embedded" n’est jamais le bon
point de vue. Et je ne vais pas prétendre, en quelques heures, avoir capté
l’esprit de cette guerre. Mais, cela étant dit, je donne mon témoignage ».
Probablement terré au fond d’un blindé, avec pour unique champ de vision celui,
fort réduit, que peut offrir une meurtrière, de nuit qui plus est, Lévy nous
dit donc ce qu’il voit : « Le peu, très peu, que je vois (buildings
plongés dans l’obscurité mais debout, vergers à l’abandon, la rue Khalil
al-Wazeer avec ses commerces fermés) indique la ville sonnée, transformée en
souricière, terrorisée
- style=''> mais certainement pas rasée au sens où purent l’être
Grozny ou certains quartiers de Sarajevo. Peut-être serai-je démenti quand la
presse entrera enfin dans Gaza. Mais, pour l’heure, c’est, encore, un
fait ».

Car les profondes réflexions du
caporal-chef Lévy reposent toujours sur des « faits ». Soucieux,
comme nous, de voir et de savoir, il aura donc sûrement découvert depuis, les
terribles images de Gaza ravagée plus que « sonnée » et
pris connaissance de ces chiffres qui en disent long name="_ftnref3" title=""> class=MsoFootnoteReference>[3]
 :
en l’espace de trois semaines, l’armée israélienne a totalement détruit plus de
deux mille quatre cent maisons, vingt-huit lieux et bâtiments publics incluant
des ministères, des municipalités, des conseils régionaux, le Conseil
législatif et des ports de pêche, vingt-et-un chantiers incluant des
cafétérias, des salles de mariage, des hôtels et des aménagements touristiques,
trente mosquées (et quinze autres sérieusement endommagées), les bureaux de dix
organisations caritatives, cent vingt-et-un ateliers industriels et commerces,
cinq usines à béton et une production de jus de fruit, soixante postes de
police et commissariats, cinq immeubles abritant des médias et deux assurant
des soins médicaux, vingt-neuf établissements à vocation éducative.

Par ailleurs, des centaines d’hectares de
terres cultivées ont été défoncées.
Ce qui est fait
n’est plus à faire, dirait Lévy. Quant à la visite de Gaza by night à
laquelle l’ont invité les militaires israéliens, elle ressemble fort à celles
qu’organisaient de leur temps les régimes communistes, dont le parcours était
minutieusement étudié et les sites soigneusement sélectionnés, afin de donner à
leurs hôtes la meilleure image possible, aussi fausse ou tronquée soit-elle.

 Pour le reste, le récit de Bernard-Henri
Lévy, accompagné de deux éloquents clichés de l’écrivain en compagnie de ses
amis israéliens, Barak « la colombe » et Yoav Galant, l’un des
généraux en charge de l’opération ’’Plomb durci’’, est à la hauteur de nos
attentes : un concentré d’hypocrisie dans lequel l’écrivain semble avoir
mis tout ce qu’il avait de cynisme et de mauvaise foi pour défendre Israël
coûte que coûte. Le petit article publié dans Le Point n’était donc
qu’un hors-d’œuvre : Lévy en avait gardé sous la pédale, pour nous servir,
enfin, du grand BHL.

style=';'>Comme Glucksmann, Lévy est, depuis
longtemps déjà, passé maître dans l’art de la désinformation et de la
manipulation d’une opinion d’autant plus facile à influencer qu’elle est par
ailleurs très mal informée : efficace, certes, mais ô combien répugnant,
dès lors que l’objectif avoué en est de minimiser, de nier ou de justifier les
crimes de guerre commis par Israël durant ces trois semaines de folie
meurtrière. Glucksmann et Lévy devraient savoir que
style=''>l’apologie de crimes de guerre tombe sous le coup de
la loi française, qui considère qu’« un écrit qui présente comme
susceptibles d’être justifiés des actes constitutifs de crimes de guerre doit
être considéré comme apologétique » ; et qu’une fois officiellement
reconnus comme tels les crimes israéliens à Gaza et leurs auteurs poursuivis,
eux-mêmes pourraient aussi avoir à répondre de l’apologie qu’ils en ont faite.

style=''>Mais en attendant, il est de notre devoir d’effiler le
tissu de mensonges, de contrevérités et d’insinuations malhonnêtes qui
constitue la trame des misérables arguties de nos deux
« philosophes », afin de rétablir, à l’intention du public français
et, en particulier, des lecteurs du Monde, du Point et du Journal
du Dimanche
qui sont les premières victimes de cette honteuse manipulation,
quelques vérités essentielles sur Gaza.

style=';'>Dans son « bloc-notes » du
Point style=';'>, Lévy, non sans s’être
préalablement débarrassé à la va-vite de l’encombrant fardeau que représentent
ces centaines d’enfants morts
- se disant « évidemment bouleversé » mais
s’abstenant néanmoins, sans aucune honte, car « n’étant pas un expert
militaire », de « juger si les bombardements israéliens sur Gaza
auraient pu être mieux ciblés, moins intenses »
style=';font-family:Symbol;'>- style=';'>, commence par dénoncer le
« vent de folie » qui s’empare de certains médias,
style=''>« comme toujours quand il s’agit d’Israël »,
dit-il, un « Israël vilipendé, traîné dans la boue, diabolisé ».

style=''>Le procédé est bien connu, qui consiste à poser Israël
en victime d’une vaste campagne de désinformation orchestrée par la gauche
radicale et la mouvance altermondialiste, accusées de connivence avec ceux que
Podhoretz et Taguieff, islamophobes fanatiques, appellent les
« islamo-révolutionnaires class=MsoFootnoteReference> style=';'>[4] ».
Dans ses « Carnets de guerre », Lévy nous explique, avec l’aide
d’Amos Oz, comment se propagent les rumeurs. Il prend pour exemple « cette
histoire de maison où l’on aurait, dans la zone de Zeitoun, attiré cent
personnes avant de tirer dans le tas », histoire qui paraît à son ami Amos
« si insensée qu’il ne sait, ni par quel bout la prendre, ni comment elle
a pris corps ».

style=''>D’après Lévy, « tout aurait commencé,
semble-t-il, par un vague témoignage recueilli par une ONG », relayée par
quelques journalistes, puis par « le village médiatique planétaire »
 : « "Tsahal aurait... Tsahal pourrait... le docteur X confirme que
Tsahal serait à l’origine de...
". Ah le poison de ces conditionnels
subtils et soi-disant prudents, s’exclame-t-il ! Dans deux jours, on ne parlera
plus de la rumeur de Zeitoun.

style=''> Mais qu’en conclura le monde ? Que c’est parce qu’elle
était absurde ? Ou parce qu’une horreur chasse l’autre et que Tsahal aurait
gravi un degré de plus, entre temps, sur l’échelle de l’abomination et du crime
 ? ». La vérité, c’est que deux jours après, on ne parlait que de ce crime
ignoble, de cette maison bombardée après que les habitants du quartier y aient
été regroupés par Tsahal, et qui fit trente morts, dont la moitié d’enfants.
L’un des rescapés, Salah Talal, blessé à la tête, raconte dans L’Humanité  href="#_ftn5" name="_ftnref5" title=""> class=MsoFootnoteReference>[5]
 : « L’armée israélienne nous a tous regroupés dans cette maison parce
qu’elle s’installait dans celles qui étaient autour. Comme ils nous avaient
laissés sans eau et sans nourriture, on est sortis pour prendre du bois pour
faire du feu et confectionner du pain.

style=''> C’est alors qu’ils ont fait feu. Une première bombe
est tombée. Cinq personnes ont été tuées. C’est là que j’ai été blessé. Puis un
deuxième missile s’est abattu, en tuant vingt-deux autres ». La rumeur,
loin d’être absurde, était donc bien fondée. Et si l’on parla un peu moins par
la suite de « cette histoire de maison », c’est effectivement, comme
le prédisait Lévy, parce que ce crime fut rapidement occulté par d’autres plus
graves encore, comme ces bombardements au phosphore dont les médecins
impuissants décrivent depuis plusieurs jours les effets dramatiques sur la
population.

style=''>Glucksmann divise quant à lui l’opinion en pas moins
de deux catégories : les « inconditionnels », d’une part, qui
ont décidé par avance qui a tort et qui a raison, qui ont une opinion bien
arrêtée et qui n’en changeront pas ; et les « circonspects »,
d’autre part, qui réfléchissent et attendent de voir pour se faire une opinion.
Il ne nous dit pas dans quelle catégorie il se range lui-même. Mais la profonde
réflexion qui suit cette introduction prometteuse ne laisse aucun doute quand à
son appartenance revendiquée à la seconde. Son acharnement pro-israélien
aveugle et… inconditionnel aurait pourtant laissé penser qu’il faisait partie
de la première.

style=''>Mais qu’à cela ne tienne. Les Israéliens, pour leur
part, font naturellement partie des circonspects : quelle belle démocratie
que celle où l’on peut sereinement discuter de la façon de taper sur son
meilleur ennemi et du moment le plus approprié pour le faire ! D’après
Glucksmann, les circonspects se posent ni plus ni moins que trois
questions : « Est-ce le moment ? Jusqu’où ? Jusqu’à
quand ? » ; quand à la question de savoir s’il n’est pas d’autre
solution que l’usage de la force brutale, il semblerait qu’elle ne se pose même
pas… Quelle belle démocratie que celle qui sait adopter une attitude
consensuelle, aussi criminelle soit-elle, dès lors que c’est sa
« survie » dans un environnement hostile qui est en jeu ! Voilà
qui ne laisse guère d’espoir aux Palestiniens.

style=''>Glucksmann, lui, voit pourtant « poindre une
lueur d’espoir » : certains présumés inconditionnels auraient
tendance à devenir un peu circonspects, à l’instar d’un Mahmoud Abbas
« trouvant le courage d’imputer au Hamas […] la responsabilité initiale du
malheur des civils de Gaza ». Il en fallait, en effet, pour s’aligner
ainsi sur une position qui n’est autre que celle d’Israël et de ses suppôts.

style=''>Mahmoud Abbas, que les événements récents ont
contribué à affaiblir et à discréditer un peu plus encore, commence donc à
trouver grâce aux yeux de notre philosophe, qui semble à deux doigts de le
considérer comme un bon Palestinien, entendez un Palestinien docile que les
Israéliens puissent manipuler à leur guise et faire lanterner ad vitam
aeternam
tout en poursuivant patiemment leur grand œuvre, la colonisation
de la Cisjordanie, dont l’objectif ultime est d’empêcher à tout jamais la
création d’un état palestinien viable. Lévy, dans la conclusion de ses
« Carnets de guerre », évoque lui aussi ces bons Palestiniens
assoiffés de paix : « Ils sont là, bien sûr, les interlocuteurs
d’Israël, dit-il dans un élan lyrique.

style=''>Ils sont là, les partenaires de la paix future ».
Il parle de Mustapha Barghouti, Président de la Palestinian Relief Society, et de Mamdouh Aker, « médecin, autorité morale
et vétéran du dialogue israélo-palestinien », qu’il a rencontrés à
Ramallah. « Une paix en dépit de tout, continue-t-il, plein de verve. Une
paix par delà les dévastations et les larmes. Une paix de raison, sans effusion
ni enthousiasme - style=''> mais peut-être, pour cela, plus que jamais à portée
de main. Deux peuples, deux Etats. Une paix sèche ».

style=''> Il faudra qu’il nous explique comment il sera
possible de faire la paix en refusant de discuter avec les représentants élus
du peuple palestinien, et alors que même des « Palestiniens modérés »
comme Barghouti et Aker, ainsi que le dit lui-même Lévy, « ne croient
[pas] au sérieux d’une offre de paix portée par un Premier Ministre [Abbas] sur
le départ ». Faudra-t-il de nouvelles élections, qui confirmeront sans
aucun doute la suprématie du Hamas ? Ou bien continuera-t-on de nier le
droit des Palestiniens à la démocratie ? Les formules creuses de Lévy sont
une insulte aux victimes de Gaza comme à ceux qui ont survécu à l’enfer. La
paix, si elle est encore possible, ne pourra être cette « paix
sèche » dont il se fait le porte-parole.

style=''> Elle ne pourra se faire en reléguant dans la vallée
de l’oubli les milliers de victimes du consciencieux nettoyage ethnique auquel
oeuvrent les dirigeants israéliens depuis soixante-et-un ans et, en
particulier, celles, encore toutes fraîches, de l’expédition punitive menée à
Gaza. Elle ne pourra faire l’économie d’une commission de réconciliation qui
solde tous les crimes commis de part et d’autre, comme cela s’est fait en
Afrique du Sud, par exemple, à la fin de l’apartheid. Quant à sa vision de
« deux peuples, deux états », quel sens lui donner quand on sait
qu’un israélien sur cinq est palestinien ? Lévy serait-il partisan de ce
que les Israéliens appellent poliment le « transfert » des Palestiniens,
entendez l’expulsion de tous ceux qui menacent le caractère juif de leur Etat,
idée ouvertement débattue en Israël et qui semble faire son bonhomme de chemin
dans une société israélienne de plus en plus extrémiste ?

style=''>Mais venons-en aux faits évoqués par Lévy dans
l’hebdomadaire Le Point. Aucun autre pays qu’Israël, dit-il d’abord,
« ne tolérerait de voir des milliers d’obus tomber, pendant des années,
sur ses villes » : il ne s’étonne donc pas tant de la « brutalité »
d’Israël que de sa longue retenue. On
observera en passant l’habile usage des guillemets, pour minimiser ou mettre en
doute la prétendue
brutalité

israélienne et, pour louer sa sagesse, le soulignement du mot
« retenue » par des italiques. Pour le reste, Lévy qui, comme il s’en
est confessé, n’est pas expert militaire, commet une grossière erreur (mais
n’est-elle pas voulue ?) en parlant d’obus là où il n’y a que des
roquettes.

style=';'> La différence est de taille, car
les dégâts causés à Gaza par les
obus
israéliens

sont incomparablement plus grands que ceux causés à Sderot par les
style=''>roquettes du Hamas style=';'>. Enfin, s’il faut admettre que le
quotidien des citoyens israéliens frontaliers de Gaza n’est pas, ces dernières
années, des plus folichons, que dire des décennies d’occupation et
d’humiliation subies par les Palestiniens ? Lévy, assurément, n’a rien à
en dire. Il préfèrera sûrement nous rappeler que Gaza, depuis trois ans, n’est
plus un « territoire occupé ».

style=';'>Pourtant, comme le dit Norman
Finkelstein
class=MsoFootnoteReference> class=MsoFootnoteReference>[6] style=';'>, «  style=''>bien qu’Israël ait retiré ses colons et soldats de
Gaza en 2005, il continue de contrôler étroitement la côte de Gaza, son espace
aérien et ses frontières. Par conséquent, Israël reste une puissance occupante
avec des obligations légales de protection de la population civile de Gaza.
Mais le siège de dix-huit mois de la Bande de Gaza précédant la crise actuelle
violait ces obligations de manière flagrante.

style=''> Il a provoqué un arrêt quasi total de l’activité
économique, laissé les enfants affamés et mal nourris et empêché les étudiants
Palestiniens de pouvoir aller étudier à l’étranger ». Lévy pousse pourtant
la mauvaise foi jusqu’à nier la réalité du « fameux blocus intégral imposé
à un peuple affamé » et de la crise humanitaire qui sévit à Gaza.

style=''>Vue de Sderot, la situation de Gaza est, pour reprendre
les termes employés par Livni à la sortie d’un entretien avec Sarkozy,
« telle qu’elle devrait être class=MsoFootnoteReference> style=';'>[7] ».
A Sderot, où il était, donc, Lévy a pu constater que les hôpitaux israéliens
n’ont cessé de « recevoir et de soigner, tous les jours, des blessés
palestiniens ». Mais pourquoi donc ne nous dit-il rien de l’immense
gratitude que n’ont certainement pas manqué d’exprimer ces quelques heureux
élus à leurs bienfaiteurs ? Tous les moyens ne sont-ils pas bons pour
essayer de se donner bonne conscience ?

style=''>Par chance, Israël a aussi son Levy de service, et
d’une autre trempe que Bernard-Henri, assurément. Gideon Levy, journaliste au
quotidien israélien Haaretz, n’a de cesse de dénoncer les crimes commis
par le gouvernement et l’armée de son pays. « Nous larguons des bombes sur
des immeubles résidentiels, dit-il, et nous allons ensuite soigner les blessés
à Ichilov ; nous lançons des obus sur une population réfugiée dans des
écoles des Nations Unies, et nous allons ensuite rééduquer à Beit Lewinstein les
personnes que nous avons rendues handicapées. Nous tirons sur des gens et
ensuite nous pleurons sur leur sort, nous tuons et ensuite nous nous lamentons,
nous déchiquetons comme des « machines automatiques à tuer » des
femmes et des enfants, et nous devons préserver notre dignité ensuite href="#_ftn8" name="_ftnref8" title=""> class=MsoFootnoteReference>[8] ».

style=''>Quant à l’idée que le Hamas serait, pour avoir rompu
la trêve, le premier responsable du malheur des Palestiniens de Gaza, idée que
Glucksmann se réjouit de voir Abbas accepter, elle doit aussi être corrigée.
Comme en témoignent les archives du site web du Ministère des Affaires
Étrangères israélien, Israël avait, le premier, rompu la trêve, dès le 4
Novembre, en menant dans la Bande de Gaza un raid qui fit un mort palestinien.
Le Hamas ayant lancé des roquettes en représailles, Israël tua alors cinq
Palestiniens de plus.

style=''>Les jours suivants, le Hamas continua de lancer des
roquettes qui ne firent aucune victime. Comme le dit Finkelstein, « Israël
ne peut pas affirmer être dans une situation d’autodéfense contre cette
escalade, car elle a été provoquée par sa propre violation de la trêve href="#_ftn9" name="_ftnref9" title=""> class=MsoFootnoteReference>[9] ».
Ajoutons qu’Israël, durant les six mois qu’a duré cette trêve, n’a pas respecté
l’engagement pris de lever le blocus et d’ouvrir les points de passage vers
l’extérieur. Que le Hamas, exaspéré par cette situation et inquiet de la
dégradation des conditions de vie des habitants de la Bande de Gaza, n’ait pas souhaité reconduire la trêve paraît alors on ne peut mieux
compréhensible.

style=''>Les autres « faits » évoqués par Lévy
concernent spécifiquement les événements de ces dernières semaines :
« Le fait, dit-il en premier lieu, que les obus israéliens fassent tant de
victimes ne signifie pas, comme le braillaient les manifestants de ce week-end,
qu’Israël se livre à un « massacre » délibéré, mais que les dirigeants de Gaza
ont choisi l’attitude inverse [de celle des Israéliens qui protègent leur
population] et exposent leurs populations : vieille tactique du « 
bouclier humain » qui fait que le Hamas, comme le Hezbollah il y a deux ans, installe
ses centres de commandement, ses stocks d’armes, ses bunkers, dans les
sous-sols d’immeubles, d’hôpitaux, d’écoles, de mosquées style=';font-family:Symbol'>- efficace mais répugnant ».

style=''>Une fois de plus, c’est le Hamas qui porterait la
responsabilité du massacre, lui qui, comme le dit aussi Glucksmann,
« utilise la population de Gaza en bouclier humain ». Et le grand
rabbin de France, Gilles Bernheim, de surenchérir : « Hamas,
affirme-t-il sans vergogne, fait monter sur le toit d’une mosquée des familles,
donc des civils, comme bouclier humain, ou se réfugie dans des écoles pour
tirer sur l’armée israélienne class=MsoFootnoteReference> style=';'>[10] ».
De telles infâmantes allégations permettent finalement de légitimer le
bombardement d’écoles, de mosquées, d’hôpitaux, d’ambulances et de convois
humanitaires. Aucun philosophe digne de ce nom ne saurait pourtant contester
que de tels actes constituent, au regard de la législation internationale, des
crimes de guerre. Honte à ceux qui, comme Lévy, Glucksmann et Bernheim, en font
l’apologie en tentant vainement de les justifier. Car rien ne peut justifier
des massacres comme celui perpétré dans une école de l’ONU (43 morts au moins,
dont de nombreux enfants) ou dans cette maison bombardée après que les
habitants du quartier y aient été regroupés par Tsahal (30 morts, dont la
moitié d’enfants).

style=''>Quand bien même y aurait-il des combattants du Hamas
dans une école, une mosquée ou un hôpital, la volonté de les éliminer
justifierait-elle de massacrer des dizaines de civils, hommes, femmes et
enfants, en espérant qu’il y aurait peut-être un guerrier dans le tas ?
Pour le grand rabbin de France, qui affirmait sans rire, peu de temps avant le
début de l’opération « plomb durci », que « la seule préoccupation de
Tsahal est de préserver avec amour et courage l’idée d’humanité et de liberté
pour tous les hommes class=MsoFootnoteReference> style=';'>[11] »,
c’est triste à dire, la réponse est vraisemblablement oui. Eric Hazan
n’exagérait pas en parlant, l’autre jour, de « la deuxième mort du
judaïsme class=MsoFootnoteReference> style=';'>[12] ».

style=''>Dans l’entretien qu’il accordait au Figaro le 22
janvier, Bernheim disait bien éprouver « de la compassion pour les
populations civiles palestiniennes », mais c’était pour mieux stigmatiser,
dans la même phrase, dans le même souffle, sans point ni virgule, sans même une
larme de crocodile, les « guerriers du Hamas », regrettant qu’ils
« soient entrés dans une folie meurtrière qui les dépasse et les
broie ». La compassion d’un Bernheim a ses limites. Celle d’un Lévy aussi.
Quant à Glucksmann, son silence en dit plus long que les formules de
circonstance de ses congénères.

style=''>Selon le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), Tsahal a aussi empêché les secours d’arriver auprès des victimes
palestiniennes. Des enfants sont restés enfermés cinq jours durant dans leur
maison, située dans le quartier de Zeitoun, avec le corps de leur mère tuée.
L’armée israélienne empêchait les secours d’accéder au quartier où avaient eu
lieu des combats et où gisaient de nombreux morts et agonisants. L’armée
israélienne n’a pas porté secours aux blessés palestiniens et, en violation des
principes de la Convention de Genève, n’a pas permis à la Croix-Rouge de porter secours aux victimes.

style=''>Mieux, l’UNRWA a dû suspendre ses opérations
humanitaires pendant plusieurs jours après qu’un de ses convois ait été
bombardé par l’aviation israélienne, tuant le conducteur d’une ambulance.
Enfin, l’armée israélienne a utilisé des armes dont l’usage est strictement
interdit dans des zones urbaines, comme des obus au phosphore blanc ou à
l’uranium appauvri, sans parler de la dernière petite merveille américaine, la
bombe « intelligente » DIME (pour Dense Inert Metal Explosive),
constituée de petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène,
cobalt, nickel ou fer, et dont le pouvoir d’explosion est énorme :
« A deux mètres, explique l’un des deux médecins norvégiens qui était à
l’hôpital al-Chifa de Gaza pendant les événements, et dont les propos sont
rapportés par Le Monde class=MsoFootnoteReference> style=';'>[13],
le corps est coupé en deux ; à huit mètres, les jambes sont coupées,
brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles.

style=''>Nous n’avons pas vu les corps disséqués, mais nous
avons vu beaucoup d’amputés. Il y a eu des cas semblables au Liban sud en 2006
et nous en avons vu à Gaza la même année, durant l’opération israélienne
« Pluie d’été ». Des expériences sur des rats ont montré que ces
particules qui restent dans le corps sont cancérigènes ».

style=''> Depuis l’instauration du cessez-le-feu et le retrait
de l’armée israélienne, les témoignages et les preuves s’accumulent, tous plus
accablants les uns que les autres, et il faut porter au crédit du journal Le
Monde
de s’en être largement fait l’écho. Dans le monde arabe, des
centaines de millions de téléspectateurs ont vu, sur des chaînes d’information
comme Aljazeera ou Alarabiya, ces corps d’enfants mutilés,
déchiquetés, carbonisés. L’image d’Israël, une fois de plus, en a pris un
sérieux coup, peut-être fatal et sans retour. Que Lévy, Glucksmann et Bernheim
le veuillent ou non, c’est bien Israël qui a sur les mains le sang des enfants
palestiniens, et non le Hamas. Quant aux survivants, aveugles, brûlés,
estropiés à vie, paraplégiques ou simplement orphelins, derniers rescapés de
familles décimées, ils n’oublieront jamais et il est difficile d’imaginer
qu’ils pourront un jour cohabiter en paix avec leurs bourreaux…

style=''>Les Israéliens eux-mêmes semblent maintenant prendre
conscience que ce qu’ils ont fait n’est pas bien…vu. Pas de remords, non. Ni
regrets, ni excuses. Tous se congratulent et se félicitent de cette
« belle petite guerre » dont le seul résultat « positif »
est d’avoir « rétabli la capacité de dissuasion » de Tsahal, entendez
la capacité à massacrer quelques centaines ou milliers de Palestiniens à tout
moment, pour les dissuader de résister à l’occupation. D’après Tzipi Livni, qui
a qualifié les pertes civiles palestiniennes de «  style=''>produit des circonstances »,
« Israël est en paix avec lui-même title=""> style=';'>[14] »…

style=''>La conscience tranquille, donc. Seul bémol : la
crainte que, poursuivis pour crimes de guerre, les officiers de Tsahal ne
puissent plus se déplacer librement à l’extérieur d’Israël. A en croire le
journal Yedioth-Ahronoth, l’armée israélienne aurait ainsi mis en garde
ses hauts gradés désireux de se rendre en Europe contre le risque d’être visés
par des mandats d’arrêt internationaux.

style=''> Elle a aussi interdit à quiconque de divulguer
l’identité des officiers qui ont participé au carnage. Les criminels ont sans
doute raison de se faire du mouron. S’il n’en sont pas à leur premier méfait,
l’ampleur de l’indignation suscitée par leurs derniers crimes est telle qu’on
peut raisonnablement penser que les enquêtes en cours et les procédures
engagées ont quelque chance d’aboutir à des résultats concrets. Souhaitons que
ne soient pas seulement poursuivis quelques officiers d’état-major, mais aussi,
et surtout, les vrais responsables, Olmert, Barak et Livni.

style=''>Il en faut bien plus, semble-t-il, pour émouvoir un
Glucksmann ou un Lévy. Malgré l’accumulation des crimes de guerre israéliens,
eux et leurs potes bien-pensants de la pipolerie parisienne,
pseudo-intellectuels circonspects et philosophes de surface dont la conscience
et le discernement foutent le camp dès lors qu’il s’agit de la
« survie » d’Israël, restent, en France, les plus fidèles et
efficaces relais de la propagande guerrière israélienne et de sa politique
criminelle, qui a fait, en l’espace de trois semaines plus de mille trois cents
morts palestiniens, dont au moins un tiers d’enfants, et des milliers de
blessés…

style=''>Il en faut infiniment plus pour démonter un
Bernard-Henri Lévy, qui va jusqu’à oser dire que
« 
les Israéliens ciblent des objectifs militaires et font, sans les
viser, de terribles dégâts civils (ce qui, dans la langue de la guerre, porte
un nom - style=''> « dommage collatéral » - qui, même
s’il est hideux, renvoie à une vraie dissymétrie stratégique et morale) ».
Car les Palestiniens du Hamas, eux, « tirent sur des villes, autrement dit
sur des civils », dit-il encore, et commettent donc des « crimes de
guerre ». On aura apprécié la simplicité et la limpidité du raisonnement.

style=''>Il est pourtant difficile de croire que le Parlement
palestinien, les ministères, l’université, les hôpitaux, les mosquées, les
écoles et les entrepôts de l’UNRWA, qui constituent à l’évidence des cibles
civiles, aient été systématiquement détruits par accident, ni que derrière les
centaines d’enfants tués et les milliers d’autres mutilés se planquaient des
combattants du Hamas. Gideon Levy disait, au quinzième jour du massacre :
« Cette guerre est également un jeu d’enfant de par ses victimes.

style=''> Un tiers environ de ceux qui ont été tués dans la bande
de Gaza sont des enfants, trois cent onze selon le ministère palestinien de la
santé, deux cent soixante-dix selon l’organisation des Droits de l’Homme-B’Tselem- sur un total de mille morts au mercredi 15 janvier 2009. Environ un
tiers des quatre mille cinq cents blessés sont aussi des enfants, selon les
chiffres de l’ONU, qui dit que le nombre d’enfants tués a triplé depuis le
début de l’opération terrestre. Ceci quelque soit le standard, moral ou
humanitaire, est une trop grande disproportion dans les pertes de
guerre ». « L’histoire a connu d’innombrables guerres qui ont enlevé
des vies innombrables, continue-t-il, mais le nombre d’enfants tués dans la
guerre de Gaza - style=''> un tiers des morts - n’a été vu
nulle part de mémoire d’homme class=MsoFootnoteReference> style=';'>[15]
 ».

style=''>La question des proportions nous amène naturellement à
la brillante dissertation de maître Glucksmann, « lumineuse »
réflexion sur l’usage de l’adjectif « disproportionné », jugé abusif
dès lors qu’il s’applique à Israël, avec, à l’appui, l’argument suivant, pour
le moins désarmant : le conflit en cours est, « comme tout conflit
sérieux, disproportionné dès l’origine » et, donc, par nature. Si je
comprends bien, l’ajout de l’adjectif « disproportionné » ne serait
donc ni plus ni moins qu’un pléonasme dont on devrait se passer… En passant,
Glucksmann ignore, ou feint d’ignorer, l’un des principes de base des
Conventions de Genève, dit principe de « proportionnalité ».

style=''> Mais comme Israël est visiblement au-dessus des dites
Conventions…Glucksmann atteint le comble du cynisme lorsqu’il pose la question
suivante : « Quelle serait la juste proportion qu’il lui faudrait
respecter pour qu’Israël mérite la faveur des opinions ? » On y sent
toute la frustration de ceux que l’opinion internationale empêche d’appliquer
des solutions plus radicales ; et on ose à peine imaginer ce que seraient
celles-ci sans ces maudits « inconditionnels » !

style=''>D’après l’auteur, Israël ne peut donc qu’assumer la
disproportion naturelle des forces et des moyens en présence. Mais c’est pour
le bien des Palestiniens, puisque Tsahal « profite de sa supériorité
technique pour cibler ses objectifs » et, donc, pour épargner les
populations civiles : le bombardement des écoles, des mosquées et des
hôpitaux illustre on ne peut mieux le discernement, l’humanité, les
« scrupules moraux » (pour reprendre les termes choisis par l’auteur)
de l’armée israélienne ! D’après le philosophe, il faudrait finalement
« échapper aux tentations de l’inconditionnalité » et, donc,
probablement, reconnaître qu’Israël ne peut pas faire autrement que de
massacrer aveuglément tout ce qui bouge, sans aucun scrupule et en toute
immoralité.

style=''>Bernard-Henri Lévy s’évertue lui aussi à démontrer la
prétendue moralité de l’armée israélienne, comme l’illustre on ne peut mieux le
cinquième des six « faits » qu’il évoque dans son article du Point :
« Puisqu’il faut mettre les points sur les i, dit-il, on rappellera encore
un fait dont la presse française s’est étrangement peu fait l’écho et dont je
ne connais pourtant aucun précédent, dans aucune autre guerre, de la part
d’aucune autre armée : les unités de Tsahal ont, pendant l’offensive aérienne,
systématiquement téléphoné (la presse anglo-saxonne parle de 100 000 appels)
aux Gazaouis vivant aux abords d’une cible militaire pour les inviter à évacuer
les lieux ».

style=''>A la ministre des affaires coloniales Tzipi Livni qui,
elle aussi, rappelait l’extrême prévenance de Tsahal, un journaliste d’Aljazeera
demanda où étaient censés se réfugier les habitants prévenus par téléphone que
leur maison ou leur quartier allait être bombardé, alors que tous les points de
passage vers l’extérieur de la Bande de Gaza étaient fermés par Israël comme
par l’Egypte et que les seuls lieux supposés sûrs où les civils auraient pu se
réfugier, écoles, mosquées ou hôpitaux, étaient eux aussi visés par les bombes.

style=''>Nous savons le sort qui fut réservé à ceux qui avaient
opté pour une telle solution. Livni, bien entendu, préféra éluder cette
embarrassante question. Nous aurions aussi tant voulu lui demander ce qui était
prévu au cas où la ligne téléphonique des civils à évacuer était occupée, ou
tout simplement coupée. Le bombardement était-il retardé jusqu’à ce qu’ils
aient pu être contactés ? Un courrier recommandé avec accusé de réception
leur était-il expédié ? Le brave petit soldat Lévy pourra sûrement
éclairer notre lanterne, lui qui paraît si bien informé.

Dans ses « Carnets de guerre », il
trouve aussi dans l’évocation d’Asaf, pilote d’hélicoptère Cobra bourré de
scrupules pour qui « rien ne justifie la mort d’un gosse », une autre
occasion de souligner l’humanité de l’armée israélienne. Voici l’émouvant récit
qu’il nous en fait : « Vidéos de bord d’Asaf. Enregistrement de sa
conversation, le 3 janvier, avec un interlocuteur au sol qu’il informe de sa
décision de tout arrêter car le "terroriste" qu’il a en ligne
de mire est rejoint par un enfant. Et incroyables films
style=';font-family:Symbol'>- j’en visionne quatre style=';font-family:Symbol'>- de ces missiles déjà lancés que le
pilote, voyant qu’un civil apparaît dans son écran ou que la jeep ciblée entre
dans le garage d’un immeuble dont on n’a pas, comme c’est l’usage, alerté les
occupants, détourne en pleine course et fait exploser dans un champ. Que tous
n’aient pas les mêmes scrupules, je m’en doute bien (car comment expliquer,
sinon, les trop nombreux et inacceptables bains de sang ?).

Mais qu’il y ait des Asaf dans Tsahal, que les
procédures commandent d’agir plutôt à la façon d’Asaf, bref, qu’Asaf ne soit
pas l’exception mais la règle, il est important de le dire (et tant pis pour le
cliché qui veut réduire Tsahal à un ramassis de brutes s’acharnant sur les
femmes et les vieillards...) ». Au vu du carnage provoqué par les
bombardements aériens, il est difficile de croire qu’Asaf soit la règle. Dès le
premier jour, rappelle Gideon Levy title=""> style=';'>[16]
,
« ils ont bombardé une cérémonie de remise des diplômes pour de jeunes
officiers de police qui avaient trouvé ce rare privilège d’avoir un emploi à
Gaza, les massacrant par dizaines. Ils ont bombardé une mosquée, tuant cinq
soeurs de la famille Balousha, dont la plus jeune avait quatre ans.

 Ils ont bombardé un poste de police touchant un
médecin se trouvant à proximité et qui est actuellement dans un état végétatif
à l’hôpital Shifa, qui est plein de blessés et de morts. Ils ont bombardé une
université que nous appelons en Israël, le Rafael palestinien... et détruit les
dortoirs universitaires. Ils ont largué des centaines de bombes du ciel bleu
sans connaître la moindre riposte ou résistance. En quatre jours, ils ont tué
trois cent soixante-quinze personnes. Ils n’ont pas et ne pouvaient pas faire
la distinction entre un responsable du Hamas et ses enfants, entre un policier
gérant le trafic automobile et un lanceur de Qassam, entre une cache d’armes et
une clinique de santé, entre le premier et le deuxième étage d’un immeuble
d’habitation à forte densité de population avec des dizaines d’enfants à
l’intérieur. Selon les informations reçues, environ la moitié des personnes
tuées étaient des civils innocents. »

La conclusion de Glucksmann tient en une phrase
 : « Il n’est pas disproportionné, dit-il, de vouloir survivre ». Mais
de qui parle-t-il ? Des Gazaouis, privés de tout pendant de longs mois,
puis tirés comme des lapins sans aucun moyen de se défendre ni de fuir,
victimes de crimes de guerre odieux ? Non, bien entendu, c’est d’Israël
qu’il s’agit, Israël victime éternelle, luttant pour survivre dans un
environnement hostile, de plus en plus hostile à vrai dire, au fur et à mesure
que s’égraine la sanglante litanie des crimes commis, dont le dernier en date,
perpétré à Gaza, repousse un peu plus loin encore les limites de l’horreur en
même temps qu’elle éloigne, peut-être à tout jamais, l’espoir, pour Israël, de
vivre un jour en paix. La conclusion de Lévy, dans son bloc-notes du Point,
n’est pas moins intéressante que celle de Glucksmann. Le pire ennemi des
Palestiniens, dit-il, est le Hamas, dont les « dirigeants extrémistes
n’ont jamais voulu de la paix, jamais voulu d’un Etat et n’ont jamais conçu
d’autre état pour leur peuple que celui d’instrument et d’otage ».

 A notre connaissance, le seul ennemi que se
reconnaissent les Palestiniens du monde entier, depuis soixante ans, est l’état
d’Israël, dont la politique coloniale raciste leur interdit, jusqu’à ce jour,
de vivre une vie décente et normale dans leur propre état débarrassé de
l’occupation sioniste. Quant au Hamas, il est à l’heure actuelle, qu’on le
veuille ou non, le seul représentant crédible de la résistance palestinienne à
cette occupation et il est doté, comme tous les mouvements de résistance dans
le monde, de l’Algérie française à l’Irlande du Nord britannique, en passant
par les Kurdes de Turquie, d’une branche politique et d’une branche militaire.

Il se trouve, qui plus est, que la branche
politique du Hamas fut démocratiquement élue par les Palestiniens de Gaza et de
Cisjordanie, voici deux ans déjà, pour gouverner aux destinées de leur embryon
d’état, au terme d’un scrutin dont les nombreux observateurs internationaux
présents sur place avaient souligné le bon déroulement et la transparence.
Faisant fi des idéaux démocratiques dont ils se réclament, Israël, les
Etats-Unis et l’Europe, refusant de se plier au verdict des urnes et d’accepter
le choix du peuple palestinien, décidèrent de diaboliser et d’ostraciser le
Hamas, et n’hésitèrent pas, pour arriver à leurs fins, à soumettre toute la
population de Gaza à un terrible blocus dont les conséquences humanitaires et
économiques furent désastreuses. Allez demander à un Palestinien, après ça, ce
qu’il pense de notre modèle démocratique et il vous rira au nez, qu’il soit ou
non membre ou partisan du Hamas

. Car il n’est pas besoin, pour être dégoûté de
cette « démocratie à deux vitesses », d’être un
« islamo-fasciste », pour reprendre le qualificatif employé par
l’odieux Taguieff, que je défie de trouver ne serait-ce qu’un seul Palestinien
qui soit un « ennemi de la liberté title=""> style=';'>[17]
 ».
Il n’aura par contre aucun mal à trouver des Palestiniens qui, pour n’avoir
connu que l’occupation israélienne, ne savent tout simplement pas ce qu’est la
liberté : la population de moins de soixante ans, née après la Nakba, représente, au bas mot, 90 % de la population de Gaza et de Cisjordanie. Quant à la
formule de Lévy, nous ne pouvons nous empêcher de la lui retourner, et plutôt
deux fois qu’une : Israël n’est pas seulement le (pire) ennemi des
Palestiniens.

Il est aussi le pire ennemi des juifs du monde
entier, sa politique criminelle et suicidaire constituant, pour
l’antisémitisme, le terreau le plus fertile qu’on puisse imaginer. Quant aux
pires ennemis d’Israël, ce ne sont pas les Palestiniens, ni mêmes les Arabes ou
les « islamo-fascistes », mais bel et bien tous ces intellectuels et
hommes politiques, juifs pour la plupart, qui, de par le monde, continuent de
soutenir et d’encourager, contre vents et marées, la politique coloniale
d’Israël, et dont les Lévy, Glucksmann, Finkielkraut, Klarsfeld et autres
Lanzmann sont, en France, les plus illustres représentants.

Ce n’est pas rendre service à Israël, en effet,
que de le conforter dans cette fuite en avant qui le mène droit à la
catastrophe ; et ce n’est pas non plus rendre service aux Juifs de France
que de favoriser l’amalgame entre juifs, israéliens et sionistes. On comprend
en effet qu’en entendant le grand rabbin Gilles Bernheim ou les dirigeants du
CRIF class=MsoFootnoteReference> style=';'>[18]
,
qui prétendent parler au nom des Juifs de France, déclarer leur soutien
inconditionnel à Israël et cautionner les crimes commis par Tsahal, un jeune
français pro-palestinien pourra facilement se convaincre que l’ennemi n’est pas
seulement Israël mais, au bout du compte, « les Juifs ». Ceux-là même
qui disent redouter une « importation du conflit » ne font finalement
que la favoriser par leurs prises de position et de parole qui, outre qu’elles
sont le plus souvent exemptes de toute compassion pour les victimes de Gaza,
sont totalement irresponsables, comme le sont les choix
« politiques » d’Israël, aveuglé par le culte de la force et
l’illusion de puissance que lui donne le soutien politique et militaire des
Etats-Unis.

 L’aveuglement de ces criminels en puissance n’a
d’égal que celui de la classe politique israélienne, tous partis confondus, à
l’exception notable, toutefois, des partis arabes qui ont récemment été
interdits de participer aux élections législatives toutes proches. Quelle belle
démocratie, on ne le répètera jamais assez. La seule, en tout cas, où l’on
puisse, sans difficulté et sous des prétextes fallacieux, exclure d’un scrutin
national les représentants naturels d’un cinquième de la population.

Lévy est allé, lui, à la rencontre de ces
Palestiniens d’Israël, à Baka El-Garbil, près de Oum al-Fahm, « l’une de
ces villes d’Arabes israéliens qui ont choisi, en 1948, de rester chez
eux »… J’ai souligné le verbe, car il est évident que Lévy, qui a plus
d’un tour dans son sac, l’a choisi à dessein pour laisser entendre que les
huit-cent mille autres qui se sont réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et dans les
pays voisins l’ont fait de leur plein gré. Il a sûrement lu les travaux des
« nouveaux historiens » israéliens, qui ont permis d’établir la
vérité sur le nettoyage ethnique de 1948 et de démonter certains des mythes
fondateurs d’Israël, mais il préfère les ignorer. Toujours est-il qu’il a
assisté à une manifestation de soutien aux Palestiniens de Gaza et observé, en
tête du cortège, « des jeunes en cagoule qui hurlent, au coeur d’Israël
donc, des appels à l’Intifada, au Djihad, au martyre ». Il leur
demande : « Cet Israël que vous vomissez n’est-il pas votre
Israël ? N’est-ce pas l’Etat dont vous êtes les citoyens, au même titre et avec
les mêmes droits que ses autres citoyens ? »

 On lui répond « qu’Israël est un Etat
raciste » qui traite ses citoyens arabes comme des
« sous-hommes ». Loin de s’indigner de cette « démocratie à deux
vitesses », Lévy préfère rester positif et y voir une preuve de bonne de
santé d’Israël : « Belle solidité, dit-il, d’une démocratie qui
s’accommode, en temps de guerre, d’un citoyen sur cinq au bord de la sécession
politique ». En l’absence des partis arabes récemment interdits, on ne
voit pas ce qui pourrait inciter les Palestiniens d’Israël à se sentir
concernés par les élections à venir. Doivent-ils voter pour Livni, pour Barak
ou pour Netanyahou ? Les deux premiers viennent de massacrer leurs frères
de Gaza et le troisième, qui avait déjà contribué à enterrer définitivement les
accords d’Oslo alors qu’il était premier ministre, entre 1996 et 1999, leur
promet un avenir pire encore…

Michel Warchawski, à qui l’on demandait
récemment ce qu’il pensait des réflexions de nos deux philosophes sur Gaza, eut
la réponse suivante, que je ne peux m’empêcher de reproduire intégralement href="#_ftn19" name="_ftnref19" title=""> class=MsoFootnoteReference>[19]
 :
« Des personnages comme Glucksman et BHL, dit-il, ne m’ont jamais inspiré.
Elles reflètent un phénomène très français : les producteurs médiatisés.
Je dis producteurs, et non "intellectuels", car s’ils produisent
abondamment de mots, ils n’ont pas créé une seule idée nouvelle ou originale,
tout au plus copié avec dix ans de retard les idéologues néo-conservateurs
américains.

 De plus un intellectuel digne de ce nom style=';font-family:Symbol'>- et il fut un temps ou il y en avait de
grands en France
- style=';'> est toujours un
dissident et un combattant, pas un idéologue de l’ordre en place. Médiatisés,
car ce n’est pas dans le monde intellectuel ou universitaire qu’ils brillent
mais dans les paillettes des talk-shows. Qui a entendu parler de BHL dans une
université américaine ou asiatique ? Ces chiens de garde de l’ordre n’ont
jamais créé une seule idée intéressante et originale. Face au carnage actuel,
il ne font qu’aboyer avec les loups et chanter les partitions des fanfares militaires,
avec même moins de talents que les Oz et Yehoshua qui, chez nous, sont leurs
modèles ».

Tandis que les Gazaouis comptent leurs morts,
Glucksmann et Lévy, confortablement retranchés dans leur loft parisien, sinon
dans leur riyad de Marrakech, observent, à travers la petite lucarne
empoussiérée qui leur tient lieu de fenêtre sur le monde, la voûte céleste,
piquée d’étoiles de David, méditant peut-être, tant qu’il en est encore temps
(et c’est bien là tout le mal qu’on leur souhaite), sur le tragique destin de
Goliath… Disproportionné, certes, mais pas désespéré. Car il est des causes
justes contre lesquelles toutes les armées du monde ne pourront jamais rien, et
celle des Palestiniens en fait partie.



name="_ftn1" title=""> class=MsoFootnoteReference>[1]
Le Monde du 27 juillet 2006, « La guerre vue d’Israël ».

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[2]
Le Journal du Dimanche du 18 janvier 2009.

name="_ftn3" title=""> class=MsoFootnoteReference>[3]
D’après un premier rapport du PCHR (Palestinian Center for Human Rights)
pour la période du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009.

title=""> class=MsoFootnoteReference>[4] style=''> Voir par
exemple « Le sens de la bataille
de Gaza.
Antisionisme radical et nouvelle judéophobie », style=''>entretien d’Aleksandra Rybinska avec Pierre-André
Taguieff
, dans le quotidien polonais Rzeczpospolita style=''> (La République) du 17-18 janvier
2009.

name="_ftn5" title=""> class=MsoFootnoteReference>[5]
Pierre Barbancey, « Gaza. Sous le béton, les corps des enfants morts »,
article paru dans l’édition du 19 janvier 2009.

name="_ftn6" title=""> class=MsoFootnoteReference>[6]
Intervention de N. Finkelstein dans l’émission d’Amy Goodman, Democracy
Now !
du 8 janvier 2009, retranscrite et traduite en français par
Florence Labat pour le site Info-Palestine, sous le titre « Quelques
faits à propos du Hamas et de l’attaque israélienne sur Gaza » (mis en
ligne le 15 janvier).

name="_ftn7" title=""> class=MsoFootnoteReference>[7]Libération
du 1er janvier 2009 : « La ministre [des Affaires
étrangères israélienne] a par ailleurs assuré qu’Israël "distingue
(lors des opérations) la guerre contre le terrorisme, contre le Hamas, de la
population civile. Ce faisant, nous maintenons la situation humanitaire à Gaza
exactement comme elle doit être
"  ».

name="_ftn8" title=""> class=MsoFootnoteReference>[8]
G. Levy, « Le temps des justes », publié dans
le quotidien Haaretz daté du 9 janvier 2009 (« The Time of the
Righteous
 »).

name="_ftn10" title=""> class=MsoFootnoteReference>[10]
Déclaration faite le dimanche 11 janvier 2009 sur Europe1 style=''>dans l’émission « C’est arrivé demain »,
de Dominique Souchier.

name="_ftn11" title=""> class=MsoFootnoteReference>[11]
Propos tenus le 4 décembre 2008, à Paris, en marge
d’un « rassemblement silencieux en solidarité avec les victimes
israéliennes du Hamas », à l’appel du CRIF.

name="_ftn12" title=""> class=MsoFootnoteReference>[12]
E. Hazan, « La deuxième mort du judaïsme », publié en ligne le 15
janvier 2009 sur divers sites internet (voir par exemple europalestine.com
ou ujfp.org).

name="_ftn13" title=""> class=MsoFootnoteReference>[13]
Sophie Shihab, « Deux médecins norvégiens présents à Gaza affirment avoir
vu des victimes d’un nouveau type d’armes, les DIME », Le Monde du
13 janvier 2009.

name="_ftn14" title=""> class=MsoFootnoteReference>[14]
Propos tenus sur Radio-Israël, le 19 janvier 2009.

class=MsoFootnoteReference>[15] style='font-size:10.0pt;;'> « L’armée
israélienne n’a aucune pitié pour les enfants des écoles maternelles de
Gaza », article publié dans l’édition du 15 janvier 2009 du quotidien
israélien Haaretz (trad. D. Hachilif).

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[16]
G. Levy, « Les forces aériennes israéliennes sèment la mort », Haaretz
du 4 janvier 2009.

name="_ftn17" title=""> class=MsoFootnoteReference>[17]«  style=''>Le sens de la bataille de Gaza. Antisionisme
radical et nouvelle judéophobie », entretien
d’Aleksandra Rybinska avec Pierre-André Taguieff
, dans le
quotidien polonais Rzeczpospolita (La République) du 17-18 janvier 2009.

href="#_ftnref18" name="_ftn18" title=""> style='font-size:10.0pt'> style='font-size:10.0pt;'>[18] style='font-size:10.0pt'> Citons pour exemple Haim Musicant, directeur général
du CRIF, qui, interrogé par France-Culture et d’autres médias, répétait :
« Le CRIF se tient aux cotés du gouvernement israélien et de son armée,
dont le premier devoir est d’assurer la sécurité de ses citoyens. Nous sommes
solidaires du peuple d’Israël en butte aux agressions du Hamas. »

class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;'>[19]
« Ne laissons pas les brèches de la coexistence se refermer »,
entretien avec Michel Warchaswski, sur le site alternatives-international.net,
le 15 janvier 2009.

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Commentaires

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C’est bien de publier ce bel article sur oumma.com . Mais j’aimerai bien savoir si monsieur Bruno PAOLI que je sans commentaire ; tout est dit là dedans . Heureusement qu’il y a encore quelques hommes comme Mr B PAOLI pour sauver ce qui reste ; et si il en reste encore de l’honneur de la france sans majuscule . Moha

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Cet article est tout simplement une petite merveille.

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Grandiose, grandiose, grandiose ce papier Grandiose, grandiose, grandiose ce papierGrandiose, grandiose, grandiose ce papier

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ce monsieur Paoli est l’avenir, tout simplement...

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Je pense, au dela de cet article juste, qu’il faudrait se donner plus de peine a analyser les problèmes de Gaza que de decrire des esprits en faillite.

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Salamalikoum,

Mr Paoli, vous faites ici une analyse juste et brillante de la situation des Gazaouis et je vous salue pour votre contribution à dénoncer la barbarie sioniste, ce que la majorité de la presse française refuse de faire.
Nous savons pertinemment que dès qu’il s’agit d’Israël, l’ensemble de la classe politique française et la presse à la botte se prosternent et font allégeance à cet état aux abominables exactions.
Il faut continuer à rester mobilisés,non seulement pour manifester encore et toujours notre soutien aux Gazaouis meurtris au plus profond de leur chair et de leur âme, mais aussi pour que les commanditaires de ces crimes de guerre passent par la case du TPI et payent pour ces pertes humaines, laissant derrière elle des familles déchirées, décimées voire mutilées.
Que justice à nos frères et soeurs palestiniens soit faite.

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un article long mais très bien écris et à conseiller à tout le monde.

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Cet article est exceptionnel par son argumentation.

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salam alaykoum ,
Non seulement cet article resume tres bien ce massacre et ce carnage d’une population civile sans defense par une horde sioniste barbare mais surtout
il met en relief la perte de vitesse des pseudos intellectuels français qui
sont le reflet de leurs politiciens dans leur soutien aveugle au sionisme ce que dit tres bien Michel Warchawski.

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Quel article même si les interessés ne le liront jamais car s’ils le lisaient et avaient un tant soit peu d’honneur, ils se suicideraient de honte.

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Qu’est ce que c’est triste.

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Bravo M. Paoli.
Respect et consideration pas seulement pour la pertinnce presque scientifique de votre papier, mais aussi pour votre courage. Je ne serai pas etonne de savoir, par exemple, que vous descendiez du grand Paoli.

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Il n’était pas là

juste parti dan son riad à Tanger pour ecrire ça

on le connait ce philou

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Ces "intellectuels" n’en sont pas. Ils sont encore moins des "philosophes". Personne n’est dupe. Le trait est trop gros.

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Bravo
Bravo à l’auteur pour tous les éléments qui viennent contribuer à l’information et à la connaissance du citoyen lambda, qui,campé dans le désert médiatic français risquait de se trouvé berné par la propagande sioniste.
Bravo à OUMMA.COM qui ouvre son site à tous ceux qui sans cela sont condamnés au silence, ou pour le moins réduits à la confidencialité.
C’est pour cela que je reste attaché à votre site.

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Le fait que des BHL et autres apotres du néo conversatisme US s’expriment, c’est normal. Par contre, c’est scandaleux qu’ils soient présentés comme des héros, qu’on publie partout leurs écrits comme vérité absolu.
En faire la critique, c’est se faire classifier dans la rubrique antisémite à tous les coups

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Merci Mr. Paoli pour cette excellent article ou le plus important a été dit a propos de ces faux intellos qui se prennent pour des stars. On comprend aussi mieux la situation dans laquelle vivent les Palestiniens. Continuons à les soutenir et Que Dieu les aident. Aussi, en partie grâce à vous, et aussi en lisant les articles d’Oumma.com, on sombre moins dans la désinformation, la sous information et la surinformation orientée que nous fournissent la plupart des médias.

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Les médias en FRANCE sont aux ordres. C’est indéniable. Ils ont l’échine courbée devant les entités sionniste et atlantiste. Ils sont colonisés spirituellement, la colonisation spirituelle est pire que la colonisation géographique. Des journalistes libres, verticaux, qui ne sont pas aux ordres comme Bruno Paoli, il n’y en a pas beaucoup.

Les deux acolytes innommables dont il parle, sont connus pour leur penchant à la mystification. Le problème de ces innommables c’est qu’ils ne savent pas qu’ils ont autant de chances de convaincre que les strip-tiseuses dans une assemblée d’oenuques.

France, les innommables vont continuer encore longtemps à te pourir la vie !

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Nous vivons un crime contre l’Humanisme. Un crime total. Et nous devons, enfin, tous, au nom des massacres récents à Gaza, mais aussi aussi de tous ces cris, ces appels à l’aide, agir. Enfin ! Agir contre cette impunité monstrueuse qui équivaut à un permis de tuer, blesser, humilier, jour après jour des civils, des êtres dont chaque mot, chaque cri était un appel à l’aide, à la Paix. Nous ne pourrons plus jamais prétendre que nous ne savions pas. Halte au silence complice, qui tue non seulement les humains, mais l’humanité en chacun de nous. J’espère que cet article saura éveiller les consciences... Celle que la vision d’un peuple enfermé comme dans un ghetto et sur lequel on déverse des bombes devrait faire pleurer de chagrin. Simplement de chagrin... Comment en est-on arrivé là ? Et où est l’esprit qui disait : plus jamais ça ?

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Où sont passées les belles âmes du Quartier Latin et les grands défenseurs des droits de l’homme, de la démocratie et autre bla-bla-bla républicano-universaliste ?

Où se cachent Glucksman, Henri-Lévy, Finkielkraut et consorts ?

Déjà une semaine que l’entité sioniste bombarde à tout va la bande de Gaza, cela à l’aide d’un armement d’origine étasunienne hyper-sophistiqué, faisant déjà plus de 500 morts et 2.400 blessés. Des bâtiments administratifs, des ministères, l’Université islamique de Gaza, des écoles mêmes sont détruites, éventrés, libérant des dizaines de cadavres de policiers, de simples citoyens, de femmes et d’enfants.

Bombardements à l’aveugle contrairement à ce que racontent les racistes Olmert, Livni et Pérès et que relaye complaisamment la grande presse occidentale. Bombardements qui violent les lois de la guerre et qui normalement devraient conduire un jour ceux qui les ont perpétrés devant la Cour pénale internationale de la Haye. Mais ne rêvons pas ! Grâce à l’appui sans faille des Etats-Unis et de l’Europe, grâce à l’indéfectible appui idéologique des intellectuels occidentaux du genre Henri-Lévy ou Finkielkraut, l’entité sioniste continuera, en toute impunité, à massacrer et à bombarder les Palestiniens.

Glucksman, Henri-Lévy, Finkielkraut et consorts, vous avez désormais perdu tout honneur pour peu que vous en ayez eu un ! Vous si prompts à vous indigner, à pétitionner, à rédiger des articles vengeurs chaque fois que selon vous, les droits humains sont bafoués, vous vous taisez et votre silence vous désigne irréfutablement comme complices de la barbarie, de l’holocauste en cours à Gaza.

Vous portez désormais sur la conscience, comme une tâche indélébile, le sang versé par le peuple palestinien et un jour, il vous sera demandé des comptes. A vous et à vos larbins, médiocres répétasseurs de vos bibles droits-de-l’hommistes.

Oui, des comptes…

Cordialement,

Siham la révoltée

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Bravo pour oser dire de simples vérités,Monsieur Bruno Paoli.On ne doit pas désespèrer du genre humain quand on lit de telles analyses,loin de toute philosophie...

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A Bruno le dissident que je salue !

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Il est temps de reprendre l’histoire à ce moment même où elle perdit son âme.Elle s’est arrêté .
c’est le boulo du chercheur,de nous tous, de Rochdy Alili qui n’a d’égal que son implication historique,son métier de nous permettre sans aucun doute de lui rendre la vie.

Rochdy Alili dont les textes manquent.

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La conclusion est limpide : les défenseurs d’Israel sont en vérité ses pires ennemis, ils lui disent que tout va bien quand en fait, Israel se dirige droit vers le mur.

À vouloir tout gagner, Israel risque de tout perdre.

Et Dieu -Exalté Soit-Il- Est plus Savant.

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salem

100% ok...sur cela :

Il est aussi le pire ennemi des juifs du monde entier, sa politique criminelle et suicidaire constituant, pour l’antisémitisme, le terreau le plus fertile qu’on puisse imaginer. Quant aux pires ennemis de cet état terroriste, ce ne sont pas les Palestiniens, ni mêmes les Arabes ou les « islamo-fascistes », mais bel et bien tous ces intellectuels et hommes politiques, juifs pour la plupart, qui, de par le monde, continuent de soutenir et d’encourager, contre vents et marées, la politique coloniale d’israhel, et dont les Lévy, Glucksmann, Finkielkraut, Klarsfeld et autres Lanzmann sont, en France, les plus illustres représentants.

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Pendant des dizaines de siècles, les juifs ont subi les pires supplices, les pires avanies. Il y un siècle, ils ont décidé que ça suffisait. Tant qu’à mourir, ils préfèrent que ce soit les armes à la main. A part cela, je rêve d’une Paix de mille ans entre ces cousins si semblables.

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j´allais oublié :

Mr Paoli vous faîtes honneur à la France.
Grâce à vous nous savons que notre pays ne s´est pas totalement abruti...

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A André Chrétien

Détrompez-vous, les israéliens armes à la main, c’est plutôt dans le but de tuer et de massacrer des populations isolées, afamées, desarmées et n’ont aucune intention de mourir, la preuve c’est qu’ils attaques qu’avec des avions(en larguant les pires armes) et des tanks et très rarament au corps à corps.

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Regardez ces images messieurs Levy,Glucksmann et tout les autres ,regardez et délectez les sans modération.

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@ André Chrétien (quel pseudo !), les juifs d’aujourd’hui, dans leur grande majorité, sont trop jeunes pour avoir souffert de l’extermination nazie.

Ce fut abominable mais cela ne peut en rien justifier aujourd’hui la politique barbare et de violation de toutes les lois internationales d’Israël.

Israël est aujourd’hui l’un des pays les plus armés au monde, et s’en sert pour des spoliations depuis des dizaines d’années.

Nous portons, nous français, une responsabilité claire dans ces abominations, car notre gouvernement en est complice et nous vendons beaucoup d’armes à Israël.

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Jubilatoire ! La lecture de cet article me fait réellement chaud au coeur car elle m’assure du fait que la propagande israëlienne ne pourra jamais contaminer certains esprits : MERCI à vous Mr. Paoli !!!

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Un texte d’une force incroyable où la vérité jaillit de la première à la dernière ligne. Un texte à faire circuler de toute urgence.

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a andre chretien
pitoyable replique que la votre.
ils ont souffert comme enormement de peuple et cela ne leur donne ucun droit sur les autres peuples.toutes leurs larmes en parlant du passé pour justifier leurs actes en disant qu’ils sont en danger et qu’il en va de leur survie ne sont que mensonge et propagande.qu’ils arretent leurs mensonges et leurs agressions de plus je tiens à le signaler que la resolution de l’onu précise que les pays arabe arabes doivent reconnaitre ISRAEL MAIS LA CONDITION EST LE RETOUR AU FRONTIERE DE 1967.donc nous voyons bien là encore la propagande.la paix dans le monde ne peut exister sans la disparition du sionisme qui n’a rien a voir avec le judaisme précisons le c’est aussi simple que ca.

tres beau texte la vérité brille toujours plus que le reste.

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@ André (qui se définit comme étant) Chrétien.

Personne ici n’a remis en question la souffrance du peuple juif. Oui : le peuple juif a vécu le martyr. Et après ? Cela n’enlève rien à l’horreur que (certains) juifs font subir aux Palestiniens. Quand l’armée israëlienne se livre à un massacre en bonne et due forme sur des civils innocents, vous nous dites qu’ils (les juifs) ont décidé de mourir les armes à la main !!! Comme si tuer des femmes et des enfants (qui ne sont pas forcément des candidats au martyr...) avait quelque chose d’épique, ou même d’héroïque ?!?!

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Il est réconfortant de constater qu’il existe encore en France des intellectuels comme M. Paoli pour qui la vérité a encore un sens. Merci pour ce texte remarquable.