En tant que coalition regroupant 32 organisations humanitaires, des droits de l’Homme et de développement, nous sommes extrêmement préoccupés par le maintien du blocus dans la bande de Gaza. Celui-ci, mis en place il y a 19 mois, se poursuit sans relâche, aggravant davantage la détresse humanitaire des habitants de Gaza. En contradiction avec la Résolution 1860 du Conseil de Sécurité, l’assistance humanitaire pour Gaza continue de rencontrer de nombreux obstacles et la circulation des marchandises comme les mouvements des personnes sont sérieusement restreints.
style='font-size:11.0pt;'>M. Bernard Kouchner
Ministre des Affaires étrangères et européennes
style='font-size:11.0pt;'>37, Quai d’Orsay – 73351 Paris
Paris, le 2 février 2009
Â
A : Ministres des affaires étrangères de l’UE
Objet : Levée du blocus de Gaza
Monsieur le Ministre,
En tant que coalition regroupant 32 organisations
humanitaires, des droits de l’Homme et de développement, nous sommes
extrêmement préoccupés par le maintien du blocus dans la bande de Gaza.
Celui-ci, mis en place il y a 19 mois, se poursuit sans relâche, aggravant
davantage la détresse humanitaire des habitants de Gaza. En contradiction avec la Résolution 1860 du Conseil de Sécurité, l’assistance humanitaire pour Gaza continue de
rencontrer de nombreux obstacles et la circulation des marchandises comme les
mouvements des personnes sont sérieusement restreints. En moyenne 135 camions
sont autorisés quotidiennement à Gaza depuis l’annonce du cessez-le-feu, soit
un nombre bien inférieur aux 500 camions nécessaires a minima pour satisfaire
les besoins immédiats, selon le Bureau de la coordination des affaires
humanitaires des Nations unies (OCHA). Nous appelons donc l’Union européenne et
ses Etats membres à faire tout leur possible pour convaincre Israël et les
autres parties de mettre fin au blocus.
Il y a 10 mois, des organisations humanitaires et
des droits de l’Homme ont publié un rapport intitulé «Â
style='font-size:11.0pt;'>Bande de Gaza : une
implosion humanitaire  »,
avertissant que la situation humanitaire à Gaza était la pire jamais connue
depuis le début de l’occupation israélienne en 1967. Le dernier conflit a
encore aggravé cette crise. Les infrastructures civiles à Gaza ont subi de
graves destructions, et en grand nombre. Selon le Bureau central palestinien
des statistiques, plus de 21 000 maisons et immeubles ont été endommagés ou
détruits, ainsi qu’au moins 219 usines importantes parmi lesquelles la
principale usine de béton et le plus grand moulin à farine de Gaza. En outre,
des écoles, des hôpitaux, des cliniques, des infrastructures d’accès à l’eau et
d’évacuation des eaux usées, des lignes électriques et d’autres bâtiments
publics ont été considérablement endommagés. Ces installations doivent être réparées
de toute urgence. Cependant, l’entrée de marchandises et de matériels tel que
le ciment, le fer, les tuyaux, le plâtre et les pièces de rechange, demeure
presque totalement bloquée.
Même l’aide humanitaire de base pour la population
de Gaza – dont la moitié sont des enfants – est toujours restreinte. En raison
du faible nombre de camions autorisé chaque jour, les organisations humanitaires
ne peuvent distribuer l’aide en quantité suffisante et en temps voulu. L’accès
du personnel humanitaire s’améliore depuis le 23 janvier, mais reste bien
en-deçà du niveau requis.
Le blocus de Gaza est une forme de peine collective
à l’encontre des 1,5 millions d’habitants de Gaza, ce qui constitue une grave
violation du droit international humanitaire. Israël, qui s’est « retiré » de la
bande de Gaza en 2005 mais détient le contrôle effectif du territoire, a
l’obligation légale en tant que puissance occupante d’assurer le bien-être de
la population palestinienne. Le respect de ces obligations légales ne devrait
pas être lié à quelque impératif politique qu’il soit.
Isoler Gaza n’aidera pas à apporter la paix et la
sécurité que recherchent tant les Israéliens que les Palestiniens. Au
contraire, cela pourrait alimenter encore davantage le conflit. Si le blocus
est levé, les mouvements commerciaux aideront à raviver l’économie
palestinienne et les habitants seront en mesure de reprendre leur travail,
retrouvant ainsi un minimum de dignité.
Nous pensons qu’il est inacceptable et dans
l’intérêt de personne que le blocus de Gaza se poursuive. Nous appelons l’Union
européenne et ses Etats membres à travailler avec Israël au titre de puissance occupante
ainsi qu’avec les autres parties responsables afin d’aboutir à la fin du
blocus. Nous appelons à ce que tous les points de passage vers Gaza soient
ouverts et opérationnels, totalement et de façon permanente, afin de permettre
le libre accès des marchandises et du personnel humanitaires ainsi que des
produits commerciaux, et les mouvements de personnes. Les modalités pour que
cela soit mis en œuvre en tenant compte des préoccupations sécuritaires sont
déjà connues.
Vous trouverez ci-joint un document traitant plus en
détail des questions concernant les points de passage et l’accès à Gaza. Nous
restons à votre disposition pour discuter plus en profondeur à ce sujet.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression
de notre haute considération.
Copies à  :  Annexe : Assurer l’accès / lever le blocus de Gaza. Ci-dessous figurent les mesures spécifiques devant l’ouverture des points de passage vers Gaza pour Points de passage : ·
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Louis Michel, Commissaire européen en charge du
développement et de l’aide humanitaire.
Benita Ferrero-Waldner, Commissaire européenne en
charge des relations extérieures et de la politique européenne de voisinage.
Javier Solana, haut représentant pour la politique
étrangère et de sécurité commune de l’UE.
être prises immédiatement pour assurer
l’aide humanitaire, les biens commerciaux et les personnes, dans le cadre d’une
levée générale du blocus. L’ouverture de tous les points de passage devrait
être permanente et indépendante de restrictions inutiles ou arbitraires. Des
points de passage sûrs entre la bande de Gaza et la Cisjordanie devraient être garantis à tous moments.
·
style=''>Â
Le
passage de Kerem
Shalom ne
peut pas traiter un niveau suffisant d’assistance humanitaire et de flux
commerciaux. Il n’a pas été en mesure d’accueillir plus de 82 camions par jour
en moyenne depuis l’. De plus, Kerem Shalom implique un coût supplémentaire de
1000 dollars par camion et se situe à l’extrémité sud de Gaza, accroissant les
coûts de navigation pour acheminer l’aide jusqu’au principal centre de
population de Gaza au nord ;
·
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Les
restrictions de mouvements de personnes à travers le passage d’
style='font-size:11.0pt;'>Erez
style='font-size:11.0pt;'>
style='font-size:11.0pt;'>doivent être levées. Des
équipements de sécurité, dont des appareils à rayons-X couvrant tout le corps,
sont en place. Il y a quelques années, des dizaines de milliers de Gazaouis se
rendaient quotidiennement dans le Sud d’Israël pour y travailler dans des
usines et chantiers de construction locaux, mais les importantes restrictions
de mouvement ont rendu cela impossible.
·
style=''>Â
Le
passage de Rafah
style='font-size:11.0pt;'>
style='font-size:11.0pt;'>entre Gaza et l’Egypte
devrait être ouvert au matériel humanitaire ainsi qu’aux marchandises et aux
personnes. Cela nécessite une facilitation et une coopération de toutes les
parties, dont les Palestiniens, les Israéliens et les Egyptiens.
·
style=''>Â
La levée
du blocus ne devrait pas concerner que les points de passage mais devrait
inclure également le blocage
maritime et aérien.
Â
Questions liées à l’accès style='font-size:11.0pt;'> :