Mercredi 23 mai 2012
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook

Le soufisme et la France (1/2)

L’histoire s’écrit parfois davantage en filigranes qu’en traits pleins. C’est le cas lorsqu’il s’agit des rapports entre des voies spirituelles ou ésotériques issues de religions différentes. Si l’influence de la civilisation islamique sur l’Europe est avérée dans les domaines des sciences et de la philosophie, nous sommes par contre réduits à des « conjectures » en ce qui concerne la discipline du soufisme (tasawwuf).

Partagez :

L’époque médiévale

style=''>L’histoire s’écrit parfois davantage en filigranes
qu’en traits pleins. C‘est le cas lorsqu’il s’agit des rapports entre des voies
spirituelles ou ésotériques issues de religions différentes. Si l’influence de
la civilisation islamique sur l’Europe est avérée dans les domaines des
sciences et de la philosophie, nous sommes par contre réduits à des
« conjectures » en ce qui concerne la discipline du soufisme (tasawwuf)
>[1].

style=''>A l’époque médiévale, les docteurs chrétiens d’Europe
focalisent clairement leur intérêt pour les auteurs musulmans sur la pensée
aristotélicienne. De Ghazâlî (« Algazel », m. 1111), ils traduisent
les textes philosophiques mais non les écrits mystiques, pourtant bien diffusés
en terre d’islam, et ils prennent d’Ibn Sab‘în le logicien et le philosophe,
non le métaphysicien extatique de « l’Unicité absolue ».

style=''>Que le maître andalou Ibn ‘Arabî (m. 1240) n’ait pas
été connu en Europe avant l’époque moderne – son influence sur Dante, à ce
jour, reste plus qu’hypothétique – n’est guère étonnant pour deux raisons au
moins : en pays musulman même, son œuvre a circulé longtemps dans des
milieux restreints, et les latins n’avaient pas les clés pour déchiffrer son langage
le plus souvent hermétique.

style=''>Mais que les manuels de soufisme rédigés aux Xe et XIe
siècles n’aient reçu aucun écho en Europe ne cesse de surprendre. Le Catalan
Ramon Lulle (m. 1315) a certainement eu accès à la littérature mystique de
l’islam et côtoyé des milieux soufis, à Majorque et au Maghreb, mais sans
réellement s’en pénétrer > style=';'>[2]. Quoi
qu’il en soit, il ne relève pas du monde français qui nous retient ici.

style=''>La mystique juive médiévale, en revanche, témoigne
d’une imprégnation profonde – et avouée – par le tasawwuf, au Moyen
Orient, en Espagne musulmane, et jusqu’en Catalogne et en Provence. L’influence
supputée du soufisme sur Sainte Thérèse d’Avila et Saint Jean de la Croix aurait cheminé via les mystiques juifs espagnols. Par ailleurs, les sciences occultes
telles que l’alchimie, l’astrologie ou l’arithmologie doivent beaucoup au monde
de l’islam, mais elles ne sauraient être identifiées à la discipline du tasawwuf.

style=''>Dans les milieux spiritualistes contemporains,
d’obédience musulmane ou chrétienne, on affirme que les voies soufies, et les
groupes ésotériques d’Orient en général, auraient alimenté sur le plan
initiatique des organisations correspondantes d’Europe. Si certains historiens
conviennent que l’art héraldique de la chevalerie européenne a une dette à
l’égard du monde musulman > style=';'>[3], il
faut être plus prudent quant à l’origine islamique de la chevalerie elle-même.

style=''> La futuwwa, qui jouait au Moyen Orient le rôle
à la fois d’une chevalerie spirituelle et d’une initiation aux métiers,
a-t-elle eu une part quelconque dans la formation de la chevalerie
européenne ? Henry Corbin note d’abord que la futuwwa est
œcuménique en soi car son fondateur symbolique en serait Abraham, père des
trois monothéismes. Il souligne maintes fois les analogies et les concomitances
existant entre cette futuwwa et la chevalerie européenne telle que celle
du Temple > style=';'>[4].

style=''>Plus rarement, il évoque une influence directe de
l’ésotérisme islamique – soufi ou ismaélien – sur les Templiers name="_ftnref5" title=""> >[5],
mais il ne fournit aucun élément historique objectif. La légende du Graal, il
est vrai, telle qu’elle apparaît dans le Parzival de Wolfram von
Eschenbach, écrit à l’époque de la quatrième croisade, véhicule des données
provenant de plusieurs traditions ésotériques orientales name="_ftnref6" title=""> >[6].
La version ‘française’ de la légende par Chrétien de Troyes, un peu antérieure
à celle de Wolfram, en est, elle, cependant, totalement dépourvue.

style=''>René Guénon lui aussi affirme que les Templiers
auraient été en contact effectif avec les milieux initiatiques du Proche Orient
et que, après leur élimination par le roi Philippe le Bel (1314), les initiés
chrétiens se seraient réorganisés en accord avec les initiés musulmans  href="#_ftn7" name="_ftnref7" title=""> >[7].
Il n’apporte, lui non plus, aucun justificatif concret. Certes, les Templiers
se sont montrés plus tolérants que les autres Francs. Ainsi, un chroniqueur
musulman témoigne que des Templiers sont intervenus à plusieurs reprises, à
Jérusalem, pour chasser un Franc qui voulait l’empêcher de prier href="#_ftn8" name="_ftnref8" title=""> >[8].

style=''> On peut même admettre que l’Ordre, de militaire, soit
devenu de plus en plus mystique, mais cela ne signifie pas qu’il ait été
perméable à l’islam ou à son ésotérisme. Les sources arabes s’en seraient fait
l’écho et, au demeurant, elles montrent que les soufis considéraient tous les
Francs comme des envahisseurs et des ennemis, et qu’ils les combattaient. Les
chiites ismaéliens pratiquaient entre eux la discipline de l’arcane, et on les
voit mal initier des guerriers francs. Des échanges en matière de spiritualité
ont sans doute eu lieu, mais les visées politiques devaient prédominer.

style=''>Guénon va plus loin concernant les Rose Croix – dont
les modernes Rosicruciens se prétendent les héritiers – puisqu’il y aurait eu,
selon lui, une sorte d’osmose initiatique entre ceux-ci et les soufis href="#_ftn9" name="_ftnref9" title=""> >[9].
Les premiers se seraient retirés en « Orient » au XVIIe siècle,
lorsque toute possibilité de véritable initiation aurait disparu en Occident href="#_ftn10" name="_ftnref10" title=""> >[10].
Ailleurs, il affirme que les Rose Croix, qu’il se voit fondé à appeler
« ‘‘soufis’’ européens », établissaient un contact permanent avec les
soufis > style=';'>[11].

style=''>Ces données relèvent plus de la métahistoire que de la
discipline historique critique, mais c’est, pour notre domaine, une dimension
que l’on ne peut écarter. L’intérêt de ces assertions provient aussi du fait
qu’elles proviennent de René Guénon. Des affinités entre Saint François
d’Assise et le soufisme, concernant notamment la doctrine de la « pauvreté
spirituelle », ont été notées, d’autant plus que François s’est rendu en
Egypte où il a pu échanger avec le sultan et des oulémas, mais il est italien…
Des Franciscains français contemporains ont cependant écrit sur ce sujet.

style=''>Une des seules traces tangibles de la présence du
soufisme en France à l’époque médiévale provient d’un proche du roi Saint
Louis, son chroniqueur et ami Joinville (m. 1317). Celui-ci cite le Dominicain
Yves Le Breton, arabisant, qui avait rencontré à Acre au XIIIe siècle une femme
tenant le même langage sur l’amour divin que Râbi‘a ‘Adawiyya (m. 801), la
sainte musulmane la plus renommée en terre d’islam.

style=''>Cette sainte irakienne n’est pas identifiée par
Joinville, mais sa figure mythifiée va nourrir le débat théologique sur l’amour
de Dieu qui agite la France… au XVIIe siècle, et elle suscite l’admiration des
partisans du Pur Amour : il faut aimer Dieu ni par désir de Son paradis ni
par crainte de Son enfer > style=';'>[12]. Pour
autant, cette légende transmuée de Râbi‘a ne prouve en rien une réception
positive du soufisme en France.

style=''>D’évidence, la présence franque au Proche-Orient a
permis des contacts entre chrétiens et musulmans, au gré, notamment, des
alliances entre les princes des deux camps. Dans le cadre général de
l’affrontement entre croisés et musulmans, cependant, le commerce des esprits
ne pouvait s’effectuer que de manière discrète et orale, ce qui explique la
trace infime qu’il a laissée.

style=''>La guerre elle-même a été une occasion de connaissance
mutuelle, et parfois de ‘‘transfert’’ religieux : un des Francs qui
attaquaient Damiette en 1249 (avec St Louis : septième croisade) serait
entré en islam après avoir tué un saint musulman qui lui aurait miraculeusement
répondu après sa mort > style=';'>[13]. Pour
autant, à lire les sources arabes, de tels cas sont très exceptionnels.

L’époque moderne

style=''>Hormis quelques relations de voyageurs français ayant
décrit, entre les XVIe et XVIIIe siècles, avec force partialité, les milieux
des « derviches » en Orient (de Nicolay, Chardin…), ou encore la
traduction française des Mille et Une Nuits par Galland, à la fin du XVIIIe
siècle, où figurent les exploits des Kalandars, il faut attendre le XIXe siècle
pour que le public français ait accès à une connaissance plus objective du
soufisme. Le Voyage en Orient de Gérard de Nerval (1843) représente à
cet égard une rupture décisive, par le témoignage empathique qu’il livre, voire
la profonde fascination qu’exercent sur l’auteur les derviches du Caire et
d’Istanbul.

style=''>Le terme occidental « soufisme » apparaît,
sous la forme latine de Ssufismus, dans un ouvrage publié à Berlin en
1821. La première moitié du XIXe siècle voit se développer l’orientalisme
académique, dans lequel la France occupe une place prépondérante. Le soufisme
suscite dès lors un nombre croissant d’études et de traductions, centrées
d’abord sur le monde persan.

D’évidence,
cette érudition un peu sèche n’est pas animée par une quête intérieure, comme
c’était le cas chez les auteurs médiévaux title=""> style=';'>[14]
, et de
plus elle charrie implicitement l’idéologie de la suprématie européenne ;
elle fournit pourtant une matière objective qui va nourrir les générations
postérieures. Parallèlement, des officiers français des
« affaires indigènes », motivés, certes, par le contrôle des
populations locales, vont rédiger des rapports et des ouvrages très documentés
sur les confréries maghrébines.

style=''>Au XXe siècle, l’orientalisme français joue un rôle de
plus en plus déterminant dans la connaissance ‘‘gustative’’ du soufisme, du
fait sans doute que ses plus éminents spécialistes sont eux-mêmes engagés dans
une quête spirituelle. Dans leur démarche respective de chrétiens, Louis Massignon
et Henry Corbin se sont alimentés à la mystique musulmane et, à leur tour, ont
alimenté un public se situant à la limite entre académisme et recherche
intérieure.

style=''> Si leur enjeu personnel affleure souvent dans leur
travail et s’il infléchit parfois leur objectivité, leur riche personnalité a
contribué à diffuser la culture soufie en France. Les ‘‘soufis’’ contemporains
reconnaissent également une dette à l’égard de religieux chrétiens qui ont
présenté des pans majeurs du patrimoine soufi : Louis Gardet, Laugier de
Beaurecueil, Paul Nwyia… Certains chercheurs ont conjoint domaine d’étude et
orientation spirituelle en pratiquant l’islam soufi, tel Eva de
Vitray-Meyerovitch (m. 1998) et Michel Chodkiewicz.

style=''>La première présence effective en France d’un soufi ou
d’un groupe soufi remonte à nul autre que l’émir Abd El-Kader, qui a été retenu
dans notre pays durant cinq années (1847-1852). Tous les Français qui l’ont
alors approché ont été séduits par son charisme, et des documents inédits nous
montrent des sœurs chrétiennes désirant le suivre jusque dans son exil
spirituel en Orient.

style=''>Le paradoxe du colonialisme français, à la fin du XIXe
siècle, est qu’il permet à quelques nationaux issus de la métropole d’échapper
à la civilisation d’ores et déjà désenchantée de l’Occident, et de se
ressourcer dans le « désert », ou en « Orient », comme on
voudra. Ces premiers soufis français – ou de culture française – sont souvent
des artistes-peintres (Etienne Dinet, Yvan Agueli) ou des écrivains (Isabelle
Eberhardt). Ils souscrivent au ‘‘mythe’’ de l’Orient spirituel et l’incarnent
dans leur vie et leur œuvre. Ils se rattachent à des confréries régulières, et
ceux qui vivent en Algérie sont rejetés par des colons français.

style=''>L’importance d’Agueli réside dans le fait qu’il a
planté le premier arbre initiatique en France et qu’il a affilié Guénon à la Shâdhiliyya, en 1912, à Paris même. Le parcours – bref, puisqu’elle est morte à vingt-sept
ans – d’Isabelle Eberhardt (m. 1904) est plus fantasque. Ses origines sont
troubles, puisque certains attribuent sa paternité à Arthur Rimbaud. Devenue
française en épousant un soufi algérien, elle pratique dûment le soufisme dans
la confrérie Rahmâniyya > style=';'>[15].

style=''>Même lorsqu’elle ne possède pas cette texture
légendaire, la vie de ces pionniers devient par la suite un roman. Ainsi
d’Aurélie Picard (m. 1933), héroïne de Djebel Amour (Frison Roche),
Lorraine qui épouse en 1872 un cheikh tijâni du Sud algérien et développe la
grande zâwiya après la mort de celui-ci. Autre figure féminine atypique
de cette période, la comtesse Valentine de Saint Point (m. 1953), arrière
petite-nièce de Lamartine qui, après avoir mené une vie excentrique en
Occident, entre en islam et s’établit au Caire, où elle est proche de Guénon.

style=''>René Guénon est le principal artisan de la pénétration
du soufisme en France au XXe siècle. Sa pratique islamique et son appartenance
soufie ont pourtant été marquées du sceau de la discrétion, mais son œuvre
ainsi que la correspondance qu’il a entretenue avec beaucoup de ‘‘chercheurs de
vérité’’, a déterminé l’entrée dans la Voie de nombreux Français ; ceux-ci
seront souvent affiliés à la même voie-mère que Guénon, la Shâdhiliyya, qui a généralement incarné un soufisme sobre et lettré. Son œuvre formule à
l’intention du public européen la doctrine de la « Tradition
primordiale », d’où émanent toutes les religions historiques, et la
dégénérescence de la modernité occidentale.

style=''> Le « cheikh ‘Abd al-Wâhid Yahia », tel
qu’il est connu en milieu musulman, établi au Caire en 1930 et décédé en 1951,
continue d’exercer une influence singulière en Occident et dans quelques
cercles en terre d’islam. De Guénon est issu le courant ‘‘traditionnaliste’’ du
soufisme occidental, dont la figure majeure est Frithjof Schuon (m. 1998).
Artiste et poète, celui-ci rédige une œuvre doctrinale puissante ; depuis la Suisse où il réside jusqu’en 1981, date de son installation aux USA, il touche surtout des
intellectuels occidentaux. Son représentant initial à Paris, le Roumain Michel
Vâlsan (m. 1974), lui reproche en 1950 de s’affranchir de plus en plus de la
norme islamique et de verser dans le syncrétisme.

A l’instigation de Guénon,
Vâlsan, éditeur des Editions traditionnelles à Paris, fonde sa propre
voie, centrée sur l’enseignement d’Ibn ‘Arabî. Plusieurs de ses disciples
français, universitaires ou autodidactes, proposent au public des études et des
traductions de textes majeurs du patrimoine soufi.



[1]
Pour reprendre le titre d’un article de M.
Chodkiewicz, « La réception du soufisme par l’Occident : conjectures
et certitudes », The Introduction of Arabic Philosophy into Europe
(éd. par C. Butterworth et B.A. Kessel), Leiden, 1994, p. 136-149.

[2]
Ibid., p. 141-142.

[3]
Voir par exemple P. du Puys de Clinchamps, La Chevalerie, Paris, 1961,
p. 12.

[4]
L’homme et son ange – Initiation et chevalerie spirituelle, Paris, 1983,
p. 219, 221, 223-224 ; p. 228-229, il donne comme exemple la fondation, au
XIVe siècle, de l’Ile Verte, à Strasbourg.

[5]
« Prologue » aux Traités des compagnons-chevaliers,
Paris-Téhéran, 1973, p. 10.

[6]
P. Ponsoye, L’Islam et le Graal, Milan, 1976.

[7]
R. Guénon, Aperçus sur l’initiation, Paris, 1983, p. 243.

[8]
Chroniques arabes des Croisades, textes recueillis et présentés par F.
Gabrieli, Paris, 1977, p. 106-107.

[9]
Aperçus sur l’initiation, p. 246-247.

[10]
Ibid., p. 243.

[11]
Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le taoïsme, Paris, 1973, p. 86-87.

[12]
M. Chodkiewicz, « La sainteté féminine dans l’hagiographie
islamique », Saints Orientaux (sous la dir. de D. Aigle), 1995, p.
99-100.

[13]
La Risâla de Safî al-dîn Ibn Abî Mansûr, introduction, édition
et traduction par D. Gril, IFAO, Le Caire, 1986, p. 201-202.

[14]
M. Chodkiewicz, « La réception du soufisme
par l’Occident », op. cit., p. 148. 

[15]
Hormis divers ouvrages non académiques, notamment d’Edmonde Charles-Roux, on se
reportera à M. Sedgwick, Against the Modern World, Oxford, 2004, p.
63-65.

Publicité Oumma Media

Commentaires

X
0 points

et c’est reparti avec le soufisme, et la sainte la plus renommée que 99,99 % des musulmans ne connaissent pas (avec tout le respect pour cette dame rA)... et ibn Arabi... j’espère que la partie 2 (plus contemporaine) mentionnera (aussi) toutes les zaouias qui ont oeuvré au service de l’Administration Coloniale lorsque seront évoquées certainement les zaouias authentiques ayant résisté au colonisateur (je pense à l’Emir notamment)... car tout celà relève certainement du rapport entre soufisme et France.
L’impression générale étant que nombre de chouyoukhs soufis ont toujours su graviter autour du pouvoir en place, quelle qu’en soit sa légitimité... je m’étonne aussi qu’aucune critique sérieuse du soufisme ne soit publiée sur ce site, quand de nombreux articles viennent régulièrement encenser cette mouvance ... et les références très majoritairement mystiques de ces auteurs vient souligner leur faible érudition sur les grands savants de l’Islam, ceux dont les avis perdurent jusqu’à aujourd’hui...il faut dire que pour ces derniers, le soufisme n’a représenté qu’un intérêt modeste comparé à toutes les dimensions doctrinales, humaines, sociales, politiques, économiques etc de l’Islam...
alors que la seule dimension mystique est hypertrophiée dans le cerveau de certains intervenants réguliers sur ce site...en ce sens la mention à une histoire en "filigrane" du soufisme me parait assez opportune...

je fais ainsi un appel à nos frères de la rédaction d’Oumma.com : je respecte toutes les obédiences et je me considère comme votre humble frère, je vous demande simplement de distribuer de manière plus équitable les articles traitant de l’Histoire de la pensée islamique, car à force de lire ce qui est publié ici et là, on a l’impression qu’al Ghazaali et ibn Arabi (rA) correspondent aux deux principaux protagonistes de l’époque médiévale par exemple...

N.B. : je laisse les internautes découvrir qui étaient et quelles étaient les pratiques des Kalandars mentionnés ici... cf la Muqaddimah d’ibn Khaldoun... ça retournera l’esprit de plus d’un musulman, sans mauvais jeu de mots...

X
0 points

Salam,

Il y a des chercheurs qui ont fait des recherches toutes aussi interessantes que les votres, mais le decoupage est different du votre.

"L’histoire s’écrit parfois davantage en filigranes qu’en traits pleins". Au sujet du soufisme, vous avez tout a fait raison Professeur.

En voici les resultats meconnus en France :

"Wahdat alwojoud", "alittihad" et "al holoul", des termes exclusivement soufis de nos jours ont leurs sources dans la philosophie indienne, le platonisme et le boudhisme (termes qui existaient initialement dans ces courants)

Le soufisme, comme renoncemet au bas monde et delaissement des appetits, existait en Islam, en ce sens on peut dire que le soufisme fait partie des pratiques de l’Islam, mais jusqu’a ce que ce qu’Abou Zayd Albaztami evoque le concept de "fana’ billah", terme originaire du boudhisme et appele chez eux "nirvana".

D’autres chercheurs disent que le soufisme trouve ses origines dans le Christianisme en ce que dans cette religion, les chretiens s’habillaient en coton (cf. Arrohban).
Et on leur doit aussi la philosophie de "l’amour de Dieu".

Le Docteur Zaki Moubarak disait dans son livre, deuxieme volume, Attasawwuf alislami, "les musulmans voyaient dans le Christ une force spirituelle" et evoque plusieurs analogies entre les chretiens et leurs livres d’invocations spirituelles et les musulmans avec leurs invocations "istighatat", "awrad" et "ahzab".

J’en conclus : quand le soufisme consiste a se rapprocher de Dieu par l’obesissance a travers le coran et la sunna, car aimer Dieu c’est lui obeir, et au delassement des appetits du bas monde, alors je suis soufis. Et quand aux concepts tres douteux comme alholoul, wahdat alwojoud et ittihad, etc...alors je ne suis pas soufi.

Salam Professeur

Abou Ayoub Mouhibollah

X
0 points

Autre chose :

Le Jihad Al-Akabar est tres souhaitable en Islam, et le soufisme a cet effet lutte contre l’ame qui ordonne le mal en la draissant, en la maitrisant. Et cette facon de voir les choses est constitutive de l’Islam (mais sans etre qualifie de "soufisme" ni dans le Coran ni dans la sunna).

En revanche, quand on s’isole de la societe, et on sabstient d’ordonner le bien et blamer le blamable conformement au Coran, et on vit dans la misere, l’avillissmenet en quemandant aux gens pour survivre, alors la je ne suis pas d’accord.

Allah nous veut l’action, la perseverance d’un point de vue spirituel certes, mais aussi d’un point de vue social.

Quand au commentaire d’Anonyme evoquant Ibn Khladoun, celui ci parle de "science soufi" page 391 chez dar ibn al haytham (en arabe), section 17 en situant le "soufisme" au 2eme siecle hegirien (comme concept) et precise que les ecrits de cette philosophie ne sont venus qu’apres les ecrits du hadith, fiqh, ucul al fiqh, etc...(cf Almuhasibi, alqchiri, assahrourdi, alghazali et ainsi de suite...
Ibn Khaldoun caracterise cette philosophie par ses concepts comme le devoilement, etc...

Et a la page 394 : Ibn Khaldoun montre les similitudes avec les "philosophes prearistotelliciens comme platon et socrate".

Ensuite il dit texto "et cet ittihad est le holoul pretendu par les chreiens concernant le Christ paix soit sur lui".

Pour plus de precision, voir la mouqaddima (prolegomenes) d’ibn khaldoun ( a la fin de son livre ou il traite de l’histoire de nombreuses sciences)

Salam

Abou Ayoub Mouhibollah

X
0 points

Je suis étonné du ton que prenne certains intervenants, comme de la confusion des esprits concernant la question abordée ici. Comment ne pas mentionner en effet les multiples "retraites" en caverne effectuée par le Prophète ? Comment, aussi, ne pas lire dans le Coran Lui-même les multiples appels au Rapprochement ? Et toutes autres caractéristiques constitutives de ce que l’on peut s’accorder à nommer "soufisme", faute d’une autre dénomination.

Sur la critique du soufisme en tant que corps social constitué, alors je rejoins tout-à-fait le souhait de l’anonyme qui réclame une étude historique de ce phénomène, et surtout, pour nous français, sur son rôle comme "courroie de transmission" des pouvoirs coloniaux (avec un prolongement contemporain ? voir la question de "l’islam de France"), de son rapport avec les diverses maçonneries, etc.

Mais sans doute ces questions seront-elles abordées dans la seconde partie de l’article d’Éric Geoffroy.

X
0 points

"Ô médecin du cœur, Toi qui est tout mon désir,

Unis-moi à Toi d’un lien qui guérisse mon âme.

Râbi‘a ‘Adawiyya

"‘Adawiyya" celle qui soigne, je suppose ?

Bien à vous M.Geoffroy !

X
0 points

Quand j’étais petit, je détestais les mathématiques et les kiwis.
Les mathématiques, parce qu’on me les présentait d’une façon abstraite et dogmatique, en omettant de m’apprendre que tout ce qui m’entourait obéissait aux règles de celles-ci.

Quant aux kiwis, leur aspect me rebutait, cette peau légèrement velue, cette chair couleur de fruits pas mûrs avec cette multitude de petits grains noirs en cercles étonnement réguliers.

Je décrétais donc que les mathématiques ne servaient à rien et que, puisque les kiwis étaient exotiques, il était préférable que j’en reste éloigné.

La "Providence" mit sur ma route une personne d’une grande patience qui me fit découvrir l’indescriptible saveur des kiwis ainsi qu’un excellent professeur qui me fit découvrir les mathématiques par la porte de la Géométrie.

Plusieurs petites conclusions me viennent à l’esprit pour clôturer cette tranche de vie sans grand intérêt, puisse-t-elle toujours être :

Al hamdulillah rabbi l ’alamin

X
0 points

Après une initiation soufie à Tunis en 2007, j’ai pu me rendre compte à quel point la religion catholique de mon enfance était proche dans ses rites, dans son univers, de l’Islam. La façon de s’adresser à Dieu, l’expérience communautaire, la prière sincère : autant d’expériences humaines et divines qui rapprochaient les cœurs, les esprits et les âmes. Les soufis m’ont fait comprendre l’Islam de l’intérieur, ils en sont le cœur battant. Je les en remercie.

X
0 points

avant de reproduire pour la enième fois l’erreur de date(1912) sur le rattachement de Guénon par Cheykh Aguéli ’abdul-Hedi,que M.Geoffroy relise mes articles parus dans la revue "Vers la Tradition" n°72 et 73 de 1998 où j’ai démontré" que Guénon a été rattaché en 1911.Cette répétition de gens qui se recopient les uns les autres devient lassante. Jean Foucaud,spécialiste d’Aguéli