La reconnaissance d’un racisme spécifiquement anti-musulman
Par Mouloud Aounit
lundi 5 novembre 2007
Le 9 octobre 2007, le tribunal correctionnel d’Epinal (dans les Vosges) a condamné à quatre mois de prison avec sursis et 1.000 euros d’amende l’ancienne propriétaire d’un « gîte rural »[1]. Celle-ci avait refusé, pour des motifs purement discriminatoires, d’héberger une famille venue du département de l’Essonne, en août 2006, au motif que les deux femmes du groupe portaient un foulard. La propriétaire avait invoqué, à la barre du tribunal, « la liberté de la femme » qui serait bafouée par le port de ce fichu, pour justifier l’exclusion qu’elle avait pratiquée à l’égard de ces personnes. Elle a été néanmoins condamnée pour cette discrimination.
Ce procès a le mérite de marquer une rupture salvatrice et une clarification nécessaire et attendue que les défenseurs d’une conception universaliste du combat contre le racisme sous toutes ses formes attendaient depuis longtemps. La reconnaissance d’un racisme spécifiquement anti-musulman a malheureusement été trop souvent occultée alors qu’il représente un fait réel et qui prolonge et étend un racisme anti-arabe.
De fait le racisme antimusulman a toujours été en toile de fond du racisme anti arabe et anti immigré avec une certaine spécificité française liée à sa propre histoire coloniale ainsi qu’à l’instrumentalisation politique du thème de l’immigration qui a jalonné le débat politique sur ces quarante dernière années.
Dans la France d’après 1945, parmi toutes les formes de racisme qui s’expriment ouvertement, celui dirigé contre « les Arabes » - et plus particulièrement contre les Nord-Africains, et surtout les Algériens – a été le plus violent pendant plusieurs décennies, prenant la place de l’antisémitisme, devenu inavouable après la victoire sur le nazisme. Cela s’explique par l’impact extraordinairement important qu’a eu la guerre d’Algérie sur la formation des idéologies et mentalités politiques françaises.
Du crime d’Etat du 17 octobre 1961, quand plusieurs centaines de manifestants algériens furent massacrés en plein cœur de Paris par les forces de police, jusqu’aux 150 victimes nord-africaines (au moins) des violences racistes dans les années 1980, la liste des crimes commis est longue, sans parler de la « sale guerre » menée par l’armée française en Algérie.
L’historien Benjamin Stora aura consacré un livre entier à la question du « transfert d’une mémoire », sous-titre : « De l’ « Algérie française » au racisme anti-arabe »[2]. L’historien de la guerre d’Algérie y explique le lien qui a été établi, dans une partie de la société française, entre la mémoire collective de l’ancienne « Algérie française » d’un côté, le racisme et/ou le vote pour l’extrême droite, à partir des années 1980 et 1990 de l’autre côté. D’abord, il y a une vision hiérarchisée des rapports entre groupes de population (ethnique ou confessionnels), fondée sur l’idée d’une inégalité naturelle et légitime.
A l’époque de l’Algérie française, cette vision inégalitaire et raciste trouvait son fondement dans les lois et institutions même, avec la répartition légale de la population en groupes ethnico-confessionnels : « européens » auxquels sont assimilés officiellement les juifs algériens depuis le décret Crémieux » et « musulmans ». L’infâme « Code de l’indigénat » faisait par ailleurs des « musulmans » des citoyens de seconde zone, en les privant des droits les plus fondamentaux sur un territoire qui était alors officiellement considéré comme faisant « partie intégrante de la République française ».
L’islam, en tant que tel, jouait au début plutôt un rôle secondaire dans l’expression de ce racisme qui ciblait les populations arabes et berbères en tant que telles. Cependant, dans l’imaginaire collectif, l’islam sera toujours présent au second plan comme marque de distinction, puisque l’appartenance confessionnelle a joué un rôle essentiel dans la répartition des groupes de population en Afrique du Nord sous la domination coloniale. Mais la stigmatisation de l’islam en tant que tel sera introduite, comme « marqueur » idéologique, dans le débat public à partir du début des années 1980.
On verra aussi le Figaro Magazine qui, le 26 octobre 1985, choisit comme titre de couverture : « Serons-nous encore Français dans 30 ans ? », illustré de l’image d’une Marianne en foulard. A l’époque, le magazine est encore en partie marqué par la présence conjointe dans sa réaction d’une partie de la droite et de l’extrême droite qui cohabitent en son sein. Ce discours-là est alors largement repris dans les franges les plus dures de la droite et entretenu par un Front national en pleine montée.
Mais l’islam est alors aussi décrit symboliquement par le FN comme hostile à la femme, oppresseur, conquérant et barbare. Ceci notamment à travers l’image de la femme voilée jusqu’aux yeux, qui figure sur une affiche du FN en 1989 portant par ailleurs l’inscription : « Inch’Allah – Dans vingt ans, c’est sûr, la France sera une République islamique ».
La perpétuation du conflit israélo-palestinien a aussi conduit les défenseurs de la politique israélienne à privilégier et défendre une explication religieuse d’un conflit qui peut être compris et résolu en appliquant des critères exclusivement « laïques » : condamnation de la colonisation, défense du droit international.
Depuis les attentats de New York et Washington du 11 septembre 2001, on assiste à une nouvelle évolution :Les pays et groupes musulmans prennent la place du « bloc soviétique » comme ennemi du monde occidental. Les adeptes de la théorie du « choc des civilisations », développée par Bernard Lewis, Samuel Huntington et les néos-conservateurs y trouvent un argument pour leurs thèses.
Le discours idéologique qui fait prévaloir le nouvel ennemi est structuré par les logiques des axes du bien et du mal, il est aidé par les forfaits criminels des salafistes djihadistes et viendra donner une certaine légitimité à ce racisme. En France, l’expression du racisme antimusulman a pris une tournure particulière lors du débat sur la loi du 15 mars 2004 relative aux signes religieux à l’école où une nouvelle fracture inédite est venue diviser la famille laïque en deux camps : d’un côté les partisans d’une conception fermée de la laïcité, et d’autres qui estiment que la liberté de conscience doit être comme les droits de l’homme, respectés et défendu pour tous et partout et dans un stricte cadre privé.
Sur cette dernière période, on a vu l’instrumentalisation politique d’un discours visant à désigner l’immigré comme un ennemi intérieur, voire se libérer une parole raciste allant dans le renforcement de la stigmatisation des immigrés, voire des musulmans sans distinction de nationalité ou d’origine nationale .
C’est le cas du candidat à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy, qui au début de l’année 2007 va intégrer dans son discours de tels éléments. Dans sa fameuse intervention sur TF1, le 5 février 2007, il fait appel aux fantasmes les plus sombres en évoquant des immigrés (musulmans, s’entend) « qui égorgent des moutons dans leur baignoire ».
Par la suite, il dira que « celui qui veut opprimer sa femme, n’a pas sa place en France », faisant ainsi d’une valeur universelle fondamentale (le respect et l’égalité en droits de la femme) une prétendue valeur « française ». Au lieu de parler de principes à valeur universelle, Sarkozy fait alors de l’égalité en droits entre les sexes un critère de distinction entre « nous » et « eux », entre « ceux qui peuvent trouver une place chez nous » et ceux qui doivent rester dehors.
Ce discours trouvera son achèvement quand Nicolas Sarkozy se fera le chantre de la « défense d’une identité nationale » française, qui serait le garant (entre autres) de valeurs comme celle de l’égalité entre hommes et femmes. A partir du 8 mars 2007, Sarkozy proclamera même sa volonté d’ériger cette « identité nationale » en cause d’un nouveau ministère. On sait ce qui est advenu par la suite : ce ministère a bel et bien vu le jour, et s’illustre surtout dans la chasse aux immigrés sans papiers et dans la poursuite d’une « politique du chiffre » en matières d’expulsions qui réduit les êtres humains à des quantités chiffrables devant rentrer dans des statistiques préétablies.
Aujourd’hui, on retrouve cette même rhétorique sur les bancs de l’Assemblée nationale, quand un député s’écrie, en septembre 2007 : « Hélas, ceux qui se plaisent à déformer l’objet du texte (note : du projet de loi ‘relatif à la maîtrise de l’immigration’) font le jeu des polygames et autres individus qui considèrent qu’une femme est née pour être voilée, voire lapidée. »
Le même député, dans le même discours, dira aussi ceci : « Au côté de Vercingétorix et de Charles Martel, du maréchal Foch et du général de Gaulle, des millions de Français sont morts au combat pour que nous puissions avoir le droit de vivre libres, dans le respect de nos racines et de notre identité nationale. Ne l’oublions pas ! Un peuple libre doit pouvoir choisir qui il accueille sur son territoire. »[3]
Aussi, L’affaire des Vosges n’est ni plus ni moins que le prolongement et un miroir grossissant de ce processus de dynamique qui conjugue racisme anti-arabe, anti-immigrés, et anti-musulmans. C’est une dérive de la société qui participe à l’acceptation de cette forme de racisme et une victoire de l’extrême-droite et de ses alliés.
Cette affaire prolonge d’autres affaires teintées de la suspicion et du sceau de l’amalgame entre islam, intégrisme (musulman)-islamisme, comme l’affaire des bagagistes de Roissy qui se sont vu retirer leurs badges en raison de leur pratique religieuse, vraie ou supposée, un paradoxe dans une République laïque[4].
Etait-ce un hasard ou une confirmation de cette logique si la propriétaire du gîte d’Epinal s’est vue soutenir politiquement par le MPF et défendu par Maître Alexandre Varaut, avocat de Philippe de Villiers. La force symbolique de ce procès permet en fait le positionnement et la clarification entre ceux qui choisissent (quelle que soit la position que l’on peut avoir sur le port du foulard) entre le camp des antiracistes et ceux des racistes.
Il a vu également une radicalisation du « camp laïque », dont certains éléments revendiquent maintenant une proximité idéologique avec les thèses de la droite et de l’extrême-droite, notamment sur les droits des immigrés[5], voire même des allusions qu’on espérait disparus[6].
Une conclusion sur une note positive : ce procès a eu le mérite de commencer un processus de sursaut des antiracistes et des tenants de l’universalisme de ce combat, à l’instar du fait que la condamnation est portée non seulement par le MRAP mais aussi la LDH et la LICRA qui s’étaient constituées partie civile à ce procès ?
Comment ne pas faire nôtre l’expression de l’avocat de la LICRA, Gérard Bouvier, cité dans la presse locale avec ces propos clairvoyants : « Le tribunal ne s’est pas laissé abuser par les arguments pseudo-féministes et pseudo-laïcs avancés par Madame[7] (…). Ces arguments sont un faux-nez derrière lequel on trouve un comportement raciste. » . De toutes nos forces nous espérons que la clarification apportée lors de ce procès s’imposera dans d’autres circonstances à l’avenir. Il en va du devenir du combat universel contre le racisme.
[1] La Fédération nationale des gîtes ruraux « Gîtes de France » a fait savoir que celui incriminé ne faisait pas partie de son réseau.
[2] Benjamin Stora : « Le transfert d’une mémoire. De l’<Algérie française> au racisme anti-arabe » Paris, La Découverte, 1999.
[3] Assemblée nationale, Compte rendu analytique officiel, Séance du mardi 18 septembre 2007, 2ème séance de 21 heures 30. Propos tenus par le parlementaire Philippe Meunier, député (UMP) du Rhône. Le protocole note des « exclamations » sur les bancs de l’opposition.
[4] En 1904, le ministre de la guerre, le général André, avait dû démissionner quand on découvrit qu’il faisait ficher les officiers catholiques. On en est loin aujourd’hui.
[5]
http://www.ripostelaique.com/spip.php ?article93
http://www.ripostelaique.com/spip.php ?article121
[7] qui, interrogée par un des avocats des parties civiles, a expliqué qu’elle aurait accepté dans son gîte une religieuse en tenue (et donc voilée !!), mais pas un juif avec une kippa.
Mouloud Aounit
Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article
Evoquer un "racisme antimusulman" , c’est précisément considérer qu’il y a une race musulmane : c’est dangereux et faux à mon avis . En effet avec de tels amalgames, on comprend que la moindre critique de la religion musumane soit assimilée à du racisme. C’est un malentendu : Les chrétiens seraient par essence "racistes" ?
L’article de Mouloud est bon. Ce qui est affligeant c’est que ces opinions n’apparaissent pas vraiment dans la presse de gauche et de l’extrême gauche. Celles-ci sont divisées entre ceux qui ont rallié l’islamophobie, et ceux qui ne veulent pas dénoncer l’islamophobie de peur de diviser leurs troupes. Il y a du travail !
Ce n’est pas faire de la paranoïa victimaire que de dénoncer un racisme spécifiquement anti-musulman qui sévit de plus en plus dans l’Hexagone. Bien entendu, je ne dis pas que la France est un pays raciste : c’est vrai que l’on y vit mieux que dans de nombreuses contrées de ce monde, et même que l’on peut y pratiquer notre religion mieux que dans de nombreux (tous ?) pays musulmans.
Pour autant, au motif que l’on vit dans un pays où l’on a un minimum de confort, doit-on se taire quand des personnes sont attaquées dans leur intégrité physique et morale parce qu’elles ont commis le "tort" d’adhérer à la foi musulmane ? Faut-il, sous prétexte que l’on vit mieux ici qu’ailleurs, s’interdire toute indignation quand des mosquées et des cimetières sont pris pour cibles ? Parce qu’on va nous renvoyer à la figure nos origines étrangères, doit-on se refuser de crtiquer les dérives populistes et xénophobes de certains hommes (ou femmes) politiques animé(e)s de vélléités électoralistes ? Ou encore, parce qu’on va nous rire au nez si on donne un nom à toutes les vexations et les humiliations que subissent certain(e)s musulman(e)s en France, va-t-on abandonner le terme "islamophobie" ?
Assurément NON !!! Notre dénonciation est légitime. Elle n’est pas le fait de victimes qui cherchent à attendrir leur bourreau par de pathétiques larmoiements. Elle n’est pas non plus motivée par un quelconque complexe d’inferiorité. Bien au contraire, cette dénonciation s’inscrit dans une démarche citoyenne qui vise à faire valoir ce qui nous revient de plein droit : le respect et la dignité. Nous ne sommes pas passifs, mais acteurs de notre société et revendiquons ce que la constitution et les lois nous garantissent : punir toutes les formes de racisme.
Et je m’entends quand je parle : par "islamophobie" j’entends bien un racisme spécifiquement dirigé contre une personne en raison de son choix sprituel. Je ne met pas dans "islamophobie" la légitime critique d’une idéologie.
Au delà du cas français le racisme est le défi de ce nouveau milinéaire car c’est l’altérité qui est en jeu. Dans le cas français, les comportements des individus des fois (y compris des responsable politiques) ne sont pas comformes aux textes de loi de ce pays qui se veulent champion en tout genre en matière de droit de l’Homme.
Quand Taremaillac dit qu’il faut "forcer le respect" (il est vrai que si le respect s’impose, la personne en face n’a pas d’autre choix que de s’incliner), je ne peux m’empêcher de souligner la présence de la "force" et je pose la question "que fait-on des gens qui n’ont pas "la force" de s’imposer ?"
L’Homme mérite le respect parce qu’il est Homme. Autrement, "l’Homme est un loup pour l’Homme" et on finit toujours par trouver plus fort que soi. En France dans les grandes lignes et pour carricaturer, on dit que la gauche n’aime pas l’islam et le droite n’aime pas les Arabes. Je renvoie aussi au livre de Vincent Giscer "la nouvelle islamophobie" qui fait le point sur ce sujet.L’auteur arrive à cette conclusion qu’il y a des musulmans islamophobes...Qui l’aurait cru ?
Excellent article de Mouloud Aounit. Dire qu’il y a encore des gens "bien intentionnés" (de bons militants de gauche, par exemple) qui pensent que l’islamophobie n’est pas une forme de racisme - quand ils ne sont pas eux-mêmes un peu islamophobe.
Je voudrais exprimer mon emotion apres avoir lu le temoignage de Valerie.
L’opinion de beaucoup de nos compatriote peut se resumer de cette facon : "La France garantit la possibilite aux musulmans de satisfaire aux 5 piliers de leur religion. De quoi se plaignent-ils ?... Ce sont des ingrats !.
Il est vrais que certains musulmans timores, refusant de jouer leur role de citoyens a part entiere, s’accommode tres bien de la situation. D ’autant plus que les membres de l’elite politique issue de cette communaute, a part quelques exceptions, s’empressent de "retourner leur veste" des qu’ils obtiennent le poste tant convoite.
En effet, l’aspect intemporel de notre religion est respecte par la France. Peut-on avoir la meme opinion en ce qui concerne l’ exercise pratique de la foi musulmane dans la societe francaise ?.
Les musulmans occidentaux ne doivent pas se contenter d’une tolerance toute theorique, mais ils doivent agir pour etre acceptes par leur compatriotes. Il sagit de dialoguer avec les non-musulmans pour la comprehension, si ce n’est l’acceptation d’emblee, de notre dimension musulmane dans le quotidien, surtout dans l’espace public.
Au lieu de se lamenter sur leur sort, les intervenants d’oumma.com devraient utiliser leurs ressources dans l’action citoyenne. Certes, les Pouvoirs Publics ont un role a jouer dans la lutte contre l’islamophobie, mais l’amelioration de la condition des musulmans en France ne peut se faire que par la creation d’un lobby ayant comme cadre de reference l’humanisme afin de rassembler musulmans et non-musulmans.
Cette demarche militante implique une emancipation des francais musulmans qui ne peut se faire que par l’abandon de leur complex d’inferiorite.
Le soutien a des associations efficaces telles que le CCIF et le MRAP est essentiel pour defendre leurs interets. La reussite des musulmans americains n’est pas seulement liee a la mentalite du peuple americain mais aussi a leur volontarisme. L’engagement des "Black Muslims" pour une Amerique plus juste est un exemple a mediter.
La passivite des membres notre communaute aura des consequences desastreuses par leur refus d’avoir une action pedagogique en ce qui concerne l’Islam aupres de leurs concitoyens non-musulmans. L’absence de concertation de l’Etat avec les musulmans deviendra la norme.
Le silence des citoyens musulmans, souvent lie au refus d’assumer leur identite pleinement, n’a pas permis d’endiguer le rejet de la "visibilite musulmane" en France. L’interdiction totale du voile fait deja l’objet d’une proposition de loi par Jacques Myard. La Cours Europeenne des Droits de l’Homme a approuve l’interdiction du foulard islamique a l’universite en Turquie. A la question : Seriez-vous favorables ou oppose a l’interdiction du voile islamique dans la rue ou dans les espaces publiques ?. 44% de l’ensemble des francais et 55%, des francais de moins de 35 ans y sont favorables (sondage IFOP, le 3 Novembre 2006)
Si la tendance au durcissement s’accentue, dans un avenir proche se seront ces deux femmes voilees de l’ Essone qui seront en infraction !
Salam, je comprends le point de vue de Taremaillac Effectivement, il y a une réelle difficulté à prouver qu’un acte est raciste et "La loi ne peut rien contre rien contre la pensée raciste" Mais personnellement, en tant que arabe et surtout mulsulman,je pense le raciste comme une personne malade intellectuellement. j’ai été très certainement, commme beaucoup d’autres, victime du racisme.Mais je ne focalise pas sur ces actes qui ne relèvent, hélas, que de l’interprétation. encore un point très important à mon sens, la lutte contre le racisme doit se faire ensemble et unie ! pour ma part, je réclame l’aide de Dieu et cela me libère par moments. N’oublions surtout pas que nous sommes de passage ici bas ! Salam
Une réponse partielle de Christian DELARUE Secrétaire national du MRAP
sur BELLACIAO ce 6 nov 07
UN SIMPLE FOULARD ? UN VULGAIRE FICHU ? ou AUTRE CHOSE...
http://www.bellaciao.org/fr/article.php3 ?id_article=54657
Réponse à Bertin :
Non le racisme n’est malheureusement pas un cas isolé en France, il est devenu même une généralité. Il suffit de voir le socre qu’à obtenu par le Front National aux avant dernières éléctions présidentielles, il suffit de voir sur quelles vagues à surfer l’UMP pour arriver au pouvoir.
La France pays des droits de l’homme ne l’est plus depuis fort longtemps et encore moins aujourd’hui avec l’histoire de l’ADN, des expulsions et j’en passe. Mais je comprends que certains veuillent encore entretenir ce mythe..
Salam alaykoum, merci mr Aounit pour cet article qui nous montre bien qu’il ya réellement une islamophobie bien engagée notre notre société. j’ai été moi aussi victime de racisme anti-voile. lors de mon divorce, la juge des affaires familiales d’un tribunal de province m’a violement ordonné d’enlever "ça" comme elle disait, sinon elle ne prononcerait pas mon divorce. elle m’a carrément dit : "si vous ne l’enlevez pas de suite vous sortez de mon bureau, vous avez cas venir avec votre tapis de prière aussi, vous etes dans mon bureau dans un tribunal, c’est un espace laïque ici !" j’etais consternée et encore le mot est faible car en plus de ça elle a fait preuve d’une xénophobie evidente envers mon ex mari qui ne savait pas bien parlé français elle lui je cite "m’enfin c’est pas possible faite un effort je ne comprends rien à votre charabia, mais articulez bon sens j’ai pas que ça à faire !" bref o secours !! de telle personne dans mon propre pays (d’autant plus que je ne suis pas d’origine étrangère)liberté, égalité, fraternité qu’ils disaient, voilà bien trois mots qui se vident de sens au fur et à mesure du temps. à l’époque (il ya 4 ans) je ne voulais pas porter plainte mais maintenant je le regrette quand même. et jesuis contente de voir que le mrap et autre organismes soient presents dans les tribunaux pour défendre justement le principe même de laïcité LA VRAIE !!! alors je dis courage, patience et endurence à toutes et à tous face à cet intégrisme "laïque" qui ronge notre société !
Bravo Mouloud, j’apprécie beaucoup ta lucidité. Nous sommes te tout coeur avec toi.
Krim
Si le racisme était une spécificité française, le problème aurait vite une solution : ce pays serait à éviter à tout prix.
Malheureusement, le racisme est quasiment universel, attaché à la nature humaine depuis des millénaires. Le racisme ou la xénophobie viennent du même rejet de l’autre dès lors où il est perçu comme différent. Il s’exerce contre une communauté, une ethnie, une religion quand elle est suffisamment présente. Et quand ce n’est pas son apparence, c’est "son origine, et quand on n’a pas "d’étranger" sous la main, il s’exerce sur ceux qui ont "quelque chose " qui n’est pas de "chez nous". Il y a quelques décennies, ceux du village d’à côté étaient souvent et à priori mal vus, parce qu’ils étaient simplement d’un autre village. Ceux qui n’étaient pas de la même classe sociale étaient tout aussi mal vus, et totalement discriminés.
Telle est la nature humaine.
Faut-il se battre ? Bien évidement. Mais nous n’y arriverons pas seulement à coup de lois et de sanctions, même si elles sont nécessaires.
Tout porte à se méfier de l’effet boomerang de la médiatisation. Nous pensons avoir gagné une bataille parce qu’une discrimination flagrante a été jugée et sanctionnée ? Pas si sûr ! Je voudrais bien être une petite souris pour savoir comment ont réagi les gens devant leur télé. N’oublions jamais que l’immense majorité niera être raciste, xénophobe ou simplement discriminante. Et pourtant les mêmes, dans l’anonymat de l’isoloir, ont majoritairement sanctionné les candidats issus de l’immigration lors des dernières élections.
Pire, la discrimination latente, alertée par le risque de sanction, pourrait devenir plus astucieuse, plus feutrée, plus pernicieuse et même gagner en efficacité.
Au-delà de la rigueur de la loi il faut jouer aussi sur la compréhension du phénomène de rejet et changer la mentalité. C’est facile à dire, mais ce qui est sûr, c’est que la tactique de tentative permanente de culpabilisation (esclavage, colonisation) soit une bonne méthode, surtout vis à vis de gens qui n’ont connu ni l’un ni l’autre. Le résultat est exactement contraire à celui recherché. Quand on veut changer la mentalité et les réflexes, il faut jouer sur ce qui rapproche, par sur ce qui oppose. N’oublions pas que le "racisme ordinaire" en France n’est pas le fait de quelques individus racistes invétérés, mais le fait de dizaines de millions de personnes. Ce ne sont pas des tortionnaires, des délinquants ou des criminels, ce sont des hommes et des femmes, comme tous les hommes et toutes les femmes, et qui réagissent en fonction de leur situation, de leur culture, de leur origine, de leur éducation sociale, civique ou religieuse. Ceux qui les vilipendent réagiraient probablement de la même façon s’ils étaient à leur place.
Aucune loi, aucun tribunal ne nous donnera la clé pour que les attitudes des uns et des autres changent. A nous de la trouver.
Nos mères et nos grands mères portaient le foulard lorsqu’elles sortaient. Notamment pour aller à l’église (catholique) elles devaient se couvrir la tête. Nous les garçons, il nous fallait nous découvrir. Ceci dit, je ne pense pas qu’il soit intelligent de porter des tchadors et autres vêtements qui couvrent intégralement la femme. Ce pourrait être considéré par certains comme une provocation. Lorsque nous allons dans un pays du Maghreb, il nous est recommandé de ne pas aller dans la rue avec des tenues trop lègères et je trouve cela normal. En période de Ramadan, nous évitons de manger ou boire en public. C’est le respect que l’on doit à la population qui nous accueille. Je suis rentré très enthousiaste par un voyage au Maroc. Les routes s’améliorent très vite et l’on constate une vitalité qui parfois nous fait défaut en France. Bien Cordialement AndréPaul
Ce qui me désole dans ce racisme, c’est qu’il utilise le droit, la démocratie, la liberté d’expressions, et surtout la femme musulmane comme prétexte pour se justifier.
Au temps des colonies la femme indigène était toujours utilisée par le colonisateur contre « l’homme indigène », et ce travail continu encore par les divers gouvernements, et certaines associations. La France n’aime pas voir cette xénophobie , alors elle culpabilise la victime du d’avoir l’audace de la dénoncer. C’est surtout une question d’Éducation ; quand on apprend a des enfants pendent des générations et des générations qu’il y a une spécificité française, dans la vie quotidienne a l’école tout comme chez les parents, comment ne pas avoir peur de l’aiutre, de celui qui est différent. N’oublions pas également la guerre d’Algérie. Malheureusement le monde change l’occident et particulièrement la FranCe perd de son prestige dans le monde.
Bien à vous mes chers amis.
Merci à Oumma.com pour la pertinence et la qualité de ses articles. C’est moins vrai pour certains internautes. A Taremaillac : Vous prenez la défense de BHL lorsqu’il est, justement, qualifié de menteur, et vous vous indigniez contre les internautes de Oumma.com en clamant que ce n’est qu’un « défaut » chez le « philosophe » et que personne (sous-entendu aucun arabe) ne lui arrive à la cheville ! Quand il y a soupçon d’antisémitisme c’est la fin du monde... Mais quand le racisme est avéré contre des musulmans, et que des citoyens français musulmans s’en indignent, c’est du « rabaissement de soi » ? Oui vous êtes « le seul a penser que crier au racisme rabaisse la personne qui s’en dit la victime ». Crier au racisme ne rabaisse que les menteurs qui crient au racisme par habitude. Ce qui n’est pas le cas ici. (Mais dans ce registre, il faut chercher chez les spécialistes des procès anti-racistes.) Votre avis n’est plus « simpliste » comme vous disiez sur BHL mais « humble ». Non monsieur, vous n’êtes pas humble, vous dites que pour les musulmans il est « difficile de s’élever ». De tels propos ne sont pas humbles mais racistes ! « ...les choses s’amélioreront » quand les grands et les petits BHL (tel que vous) cesseront de fusiller l’autre et l’espérance dont il est porteur. Mais je n’ai aucun espoir quand à vous débarrasser de la poutre que vous avez dans l’œil. Salutations
J’ai quitté le mouvement des indigènes où j’ai milité. Le mouvement des indigènes est un mouvement ultra minoritaire qu est dirigé par des individus qui ont fait de ce minuscule mouvement une propriété personnelle. Le MRAP a fait la preuve de son sérieux et de son utilité grâce à des personnes comme Mouloud Aounit que je tiens ici à remercier pour son courage. Le tout petit mouvement des indigènes n’apprécie pas particulièrement Mouloud Aounit. On se demande pourquoi ? Tout cela n’ a aucun intérêt. Mouloud Aounit et le MRAP n’ont que faire de ces critiques injustes.
Extrait d’un article de Dominique Vidal du Monde Diplomatique qui se passe de tout commentaire :
« L’Arabe est, très exactement, le voleur qui attend au coin de la rue le passant attardé, le matraque et lui vole sa montre », écrit L’Aurore en 1954. « Boul’Mich ? tu parles ! Bougnoule Mich’oui », fait dire Léo Malet à un de ses personnages en 1957. « Ces bics ! Y se croyaient tout permis », lance Auguste Le Breton en 1953. Un racisme ordinaire, qui deviendra extraordinaire durant la guerre d’Algérie, avec une apogée sanglante le 17 octobre 1961.
Quatre décennies plus tard, la France vit à l’heure de la querelle du voile. Celle-ci ne saurait cependant devenir l’arbre qui cache la forêt : une poussée d’islamophobie. Héritières de la mentalité coloniale, les croisades d’un Michel Houellebecq ou d’une Oriana Fallacci ne mériteraient que le mépris si elles n’alimentaient une spirale de violences contre des mosquées, des boucheries hallal et, plus grave encore, des personnes. Sans oublier les humiliations quotidiennes..."
On va encore avoir droit au discours victimaire que des internautes raffolent. Ils vont saisir cette affaire et se mettre à crier au racisme de la société française. Le racisme en France est un phénomène isolée que la France a toujours combattu avec la plus grande force. La France pays des droits de L’homme a toujours fait de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme une priorité des priorités.
Rejeter une « fille voilée » est en effet une discrimination. Il existe également une discrimination à l’envers. Certains courants musulmans extrémistes pratiquent également une discrimination à l’égard des filles qui ne sont pas voilées. J’ai assisté moi-même à plusieurs reprises à ces discriminations. Ça ne va pas faire plaisir à certains, et pourtant ceci est une réalité vécue par de nombreuses filles non voilées.
Pour être crédible dans la dénonciation de l’islamophobie, il faut dénoncer tous les racisme sans exception. Je ne suis pas entrain de dire que Mouloud Aounit ne le fait pas, mais il ne faut pas tomber dans le « deux poids deux mesures » comme certaines associations ont pu le faire.
Bonjour,
Il n’y pas deux races, il y en a qu’une, la race humaine. Si sur terre, il y a plusieurs nations, ethnies, couleurs, langues, c’est uniquement pour le plaisir d’apprendre à les connaître (cf Coran : sourate 49 verset 13). Et quel plaisir ! je suis française d’origine marocaine, ayant visitée L’Angleterre, l’Espagne, le Maroc, j’éprouves encore plus de plaisir et d’envie à connaitre d’autres cultures. En toute sincérité, je ne comprends pas tout ce CIRQUE !! c’est tellement beau d’échanger, de parler différentes langues, j’adore !! Pourquoi se détester parce qu’on vient de tel morceau de la Terre, qui ne nous appartient pas en propre, c’est tellement stupide. Malgré les remarques désobligeantes que j’ai pu remarquer venant de tel ou tel personne à mon égard ou vis à vis d’une tierce personne, je ne me lasserais jamais de rechercher l’autre : l’étranger, parler, échanger nos habitudes, pour pouvoir prendre le meilleur d’où qu’il vienne. C’est une grâce toutes ces couleurs.
Quand est ce que l’être humain arrêtera d’être stupide et orgueilleux ?
Une analyse remarquable de Mouloud Aounit qui apporte la preuve qu’il existe bien un racisme anti-musulman qui est nié par certains on ne sait pour quelles raisons. Avec ce jugement, personne ne peut dire qu’il ne savait pas.
Réponse à Djawida
Cherche surtout pas à comprendre quelque chose dans les interventions de Taremaillac : il vient sur ce forum seulement pour dire des âneries ! Sous prétexte d’apporter de la contradiction dans le débat, il fait de la provoc’ à 4 sous ! Au début, je lui répondais, mais maintenant, je pense que l’ignorer est la meilleure attitude. Je t’assure : laisse-le débattre avec lui-même et ne le calcule pas trop !
Que de la poudre aux yeux ! Il n’y a aucun espoir à plier l’échine. Des siècles d’esclavages le confirment.
Ce qui s’est passé dans Les Vosges relève du racisme. Mais je crains que les tenants de l’islamophobie risquent de refuser toute critique de la religion pour l’assimiler au racisme. Il y a en France une tradition de critique des religions, qu’il faut sauvegarder.
Je n’ai rien compris à l’intervention de Taremaillac qui est confuse et contradictoire.
Alain Gresh du Monde Diplomatique estime au sujet de l’usage du terme islamophobie que « il est vrai que certains musulmans peuvent brandir l’islamophobie pour bannir toute critique de l’Islam, cela ne doit pas nous décourager : la judéophobie ou l’antisémitisme est aussi utilisé par certains pour interdire toute critique de la politique israélienne. Faut-il bannir l’usage de ces mots pour autant ? »
Gérard Bouvier de la licra cité dans la presse locale avec ces propos clairvoyants : « Le tribunal ne s’est pas laissé abuser par les arguments pseudo-féministes et pseudo-laïcs avancés par Madame[7] (…). Ces arguments sont un faux-nez derrière lequel on trouve un comportement raciste. » .
Très intéressante cette réaction de la Licra qui pointe avec intelligence l’argument derrière lequel en effet se cachent certains individus qui prétendent agir au nom de la laïcité et du féminisme.
Ce jugement redonne confiance à la justice de notre pays. Il donne égalemnt un immense espoir car il prouve que l’islamophobie est sanctionnée. Toutes les personnes vitimes de ce type de discrimination doivent porter plainte. Une injustice ne peut rester impunie. En lisant cet article, je me sens ce matin regonflée et pleine d’espoir.
Toutes les alliances sont utiles quand il s’agit de lutter contre toutes les formes de racisme. La lutte contre le racisme, l’islamophobie et l’antisémitisme dépasse les frontières idéologiques. Cette lutte implique alliance et efficacité contre tous ces fléaux.
Bravo Mouloud, je te soutiens dans ton combat. Tu es courageux et sincère.
C’est quoi les assoc antiracistes ? LE MRAP allié du PCF, SOS et le PS, et Gaubert a mis la LICRA au service de l’UMP de Sarkozy...Pas de quoi être véritablement optimiste. Reste que je suis heureux qu’Aounit ait le courage de vanter son alliance avec la LICRA.
Un nouvel article sur le racisme.
Suis-je le seul a penser que crier au racisme rabaisse la personne qui s’en dit la victime ?
Bien sur, Rosa Parks a bien eu raison de s’assoir ou bon lui semble. Je ne compare pas la situation en France a la situation aux US durant la lutte pour les droits civiques.
Ce n’est pas avec des articles tels que celui-ci, a mon humble avis, que les choses s’amelioreront.
Demander a ne pas etre victime du racisme, surtout celui de la pensee, impossible a empecher ou a punir car echappant a la loi, c’est un peu comme exiger le respect : ca ne marche pas. On gagne le respect. On l’impose dans les faits et par les actes. Il en va de meme pour le respet de sa "race".
On lutte contre le racisme en etant au dela du rabaissement de soi. C’est toujours facile de crier au racisme. C’est plus difficile de s’elever, apparemment.
Ce que j’ecris ne dedouane pas les actes de racisme et de discrimination tel que celui justement puni par la loi.
Salut.
Taremaillac.
