Depuis la mi-avril 2010, la presse française (France 24, Paris Match, Le Point, Le Figaro, Mediapart…), la presse algérienne (El Watan, Le Quotidien d’Oran, L’Expression…) et de nombreux blogs (notamment ici et là) se sont fait l’écho d’une surprenante polémique à propos du film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, présenté dans le cadre de la sélection officielle au Festival de Cannes et qui sera sur les écrans en septembre 2010.
Depuis la mi-avril 2010, la presse française (
href="http://www.france24.com/fr/20100423-hors-loi-film-rachid-bouchareb-massacre-setif-scandale-depute-ump-falsification">France
24,
href="http://festival-de-cannes.parismatch.com/festival-de-cannes/2010/Actu/Hors-la-loi-chronique-d-une-polemique-annoncee-181066/">Paris
Match,
href="http://www.lepoint.fr/culture/2010-04-22/un-depute-ump-en-guerre-contre-le-film-hors-la-loi-selectionne-a/249/0/447171">Le
Point,
href="http://www.lefigaro.fr/festival-de-cannes/2010/04/29/03011-20100429ARTFIG00408-polemique-autour-du-prochain-film-de-rachid-bouchareb-.php">Le
Figaro,
href="http://www.mediapart.fr/journal/france/300410/hors-la-loi-au-pays-de-lhistoire-officielle">Mediapart…),
la presse algérienne (
href="http://www.elwatan.com/Le-film-Hors-la-loi-de-Bouchareb">El Watan,
href="http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5137241">Le Quotidien
d’Oran,
href="http://www.lexpressiondz.com/article/3/2010-04-26/75762.html">L’Expression…)
et de nombreux blogs (notamment
href="http://patricjean.blogspot.com/2010/05/cinema-ump-et-verite-historique.html">ici
et
href="http://www.mediapart.fr/club/blog/m-challali/300410/hors-la-loi-sur-le-8-mai-1945-en-algerie">là)
se sont fait l’écho d’une surprenante polémique à propos du film
href="http://www.premiere.fr/film/Hors-La-Loi4">Hors-la-loi de Rachid
Bouchareb, présenté dans le cadre de la sélection officielle au Festival de
Cannes et qui sera sur les écrans en septembre 2010.
À l’origine de la polémique, la campagne engagée par le
député UMP des Alpes-Maritimes Lionnel Luca contre ce film, qu’il n’a pas vu,
mais dont il a estimé (dans une
href="http://actu.orange.fr/politique/le-depute-ump-luca-tire-a-boulets-rouges-contre-le-film-hors-la-loi_535001.html">déclaration
à l’AFP du 22 avril), à la seule lecture de son scénario, qu’il était inspiré
par un « esprit négatif et négationniste » et que « Bouchareb est un partisan,
[…] un irresponsable qui met le feu aux poudres de manière insupportable ». Non
sans menacer : « Ça ne va pas se passer comme ça. »
Parmi les principaux reproches formulés par le député (et
repris le 29 avril par le député UMP de Béziers,
href="http://www.midilibre.com/articles/2010/04/29/A-LA-UNE-Le-depute-Aboud-contre-le-film-de-Bouchareb-1208727.php5">Élie
Aboud), la façon dont le film rend compte des terribles massacres perpétrés
en Algérie en mai et juin 1945 – au prix de plus de 10 000 morts – par l’armée
française et des milices coloniales à Sétif, Guelma, Kherrata et dans plusieurs
localités du Nord-Constantinois. Opérées en représailles à l’assassinat de 103
colons européens par des paysans algériens révoltés par la violente répression
de la manifestation nationaliste du 8 mai 1945 à Sétif, ces tueries ont longtemps
été effacées de l’histoire officielle de la République française.
Il a fallu attendre le 27 février 2005 pour que la France
reconnaisse, par un discours à Sétif de son ambassadeur en Algérie, Hubert
Colin de Verdière, qu’il s’agissait d’une «
href="http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/france/discours_setif.htm">tragédie
inexcusable ». Reconnaissance répétée en avril 2008 par son successeur
Bernard Bajolet, qui a évoqué à Guelma ces
href="http://www.algeria-watch.org/fr/article/hist/8mai45/denegation_terminee.htm">«
épouvantables massacres » et la « très lourde responsabilité des autorités
françaises de l’époque dans ce déchaînement de folie meurtrière », soulignant
que ces événements « ont fait insulte aux principes fondateurs de la République
française et marqué son histoire d’une tache indélébile » : « Aussi durs que
soient les faits, la France n’entend pas, n’entend plus, les occulter. Le temps
de la dénégation est terminé. »
Malgré ces déclarations officielles sans ambigüité, il se
trouve donc encore aujourd’hui des responsables politiques français,
nostalgiques de l’Algérie française, pour tenter de prolonger le « temps de la
dénégation ». C’est pourquoi, pour comprendre les enjeux de la polémique
déclenchée par le film de Rachid Bouchareb, il faut, 65 ans après les faits, en
revenir à leur histoire, que l’on pourra découvrir à travers cinq livres
importants que nous avons publiés ces dernières années :
* Yves Benot,
href="http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Massacres_coloniaux-9782707146335.html">Massacres
coloniaux. 1944-1950 : la IVe République et la mise au pas des colonies
françaises, La Découverte, 1994 (édition de poche : 2001).
* Boucif Mekhaled,
href="http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Chroniques_d_un_massacre-9782841462001.html">Chroniques
d’un massacre. 8 mai 1945 : Sétif, Guelma, Kherrata, Syros, 1995.
* Annie Rey-Goldzeiguer,
href="http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Aux_origines_de_la_guerre_d_Algerie__1940_1945-9782707148896.html">Aux
origines de la guerre d’Algérie, 1940-1945. De Mers-El-Kébir aux massacres du
Nord-Constantinois, La Découverte, 2001 (édition de poche : 2006).
* Marcel Reggui,
href="http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Les_massacres_de_Guelma-9782707154743.html">Les
Massacres de Guelma. Algérie, mai 1945 : une enquête inédite sur la furie des
milices coloniales, La Découverte, 2006 (édition de poche : 2008).
* Jean-Pierre Peyroulou,
href="http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Guelma__1945-9782707154644.html">Guelma,
1945. Une subversion française dans l’Algérie coloniale, La Découverte,
2009.
Sans oublier le témoignage majeur de l’historien et militant
Mohammed Harbi, qui relate dans le premier tome de ses mémoires l’épopée de la
Fédération de France du FLN pendant la guerre de libération algérienne, au cœur
du film Hors-la-loi : Mohammed Harbi,
href="http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Une_vie_debout-9782707130778.html">Une
vie debout. Mémoires politiques, tome 1 : 1945-1962, La Découverte, 2001.
Ainsi que les ouvrages de référence de l’historien Benjamin
Stora :
*
href="http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Histoire_de_la_guerre_d_Algerie__1954_1962_-9782707142931.html">Histoire
de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte, coll. « Repères », 1991.
*
href="http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_gangrene_et_l_oubli-9782707146267.html">La
Gangrène et l’oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie, La Découverte, 1991
(édition de poche : 1998).
A paraître le 12 mai,
href="http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Ruptures_postcoloniales-9782707156891.html">Ruptures
Postcoloniales
Les nouveaux visages de la société française
Sous la direction de Nicolas Bancel, Florence Bernault,
Pascal Blanchard, Ahmed Boubeker, Achille Mbembe et Françoise Vergès
A lire l’entretien paru dans le
href="http://www.lejdd.fr/Culture/Cinema/Actualite/Hors-la-loi-avant-Cannes-190301/">JDD
de Pascal Blanchard, à propos du film Hors-la-loi
Commentaires
l’Histoire est comme la mer,quoi qu’on y jette elle le rejette et se purifie ; le négationisme priviligié par un certain lobby finira par être rejeté sur les baies de la Vérité
Il est étonnant que le maitre ouvrage de Jean Louis Planche sur les massacres de Sétif ne soit pas indiqué :
Sétif 1945 : Histoire d’un massacre annoncé, Ed. Perrin, 2006
Ayant participé à la coopération en Algérie de 1968 à 1973, j’ai eu connaissance des massacres de Sétif et je ne comprends pas que certains puissent vouloir les nier mais c’est un peu comme comme ceux qui nient la Shoah.
Comme j’ai deja eu l’occasion de le dire : une des causes de l’islamophobie ambiante s’explique par le refoule colonial. A travers l’arsenal juridique, c’est moins le musulman que le Maghrebin que l’on cherche a stigmatiser et a "remettre a sa place". La guerre d’Algerie n’a jamais vraiment pris fin...
A Abou Tahar al Tlemceni "Une des causes de l’islamophobie ambiante s’explique par le refoulé colonial". Moi je n’entends jamais les Français d’origine parler des colonies. Pour nous c’est du passé car ni vous ni nous n’avons vécu cela. On pourrait d’ailleurs vous parler de la pratique séculaire de l’esclavage dans le monde arabo-musulman, mais vous n’êtes pas encore prêts.
L’inquiétude des Français de souche vient plutôt d’un sentiment d’insécurité bien réelle, lequel est projeté sur l’islam, considéré comme inspirant, à tors, des comportements violents.
Il y a aussi l’impossibilité de communiquer normalement. Quand nous voyons autant de femmes voilées dans les rues, nous savons très bien que c’est pour éviter tout contact. Leur attitude est une sorte de provocation : nous n’allons quand même pas leur sauter dessus. Serait-elles francophobes ?
C’est nul comme argument le truc du "J’ai pas connu, ca ne me concerne pas" ! Vous n’avez pas connu l’Holocauste, diriez-vous que c’est un sujet obsolete et sans rapport ? Bien sur que non, parce qu’en verite votre indignation est a geometrie variable.
C’est ahurissant ces raccourcis nauseaux ! Que vient faire la pratique de l’esclavage en Afrique, entre Africains ? Les noirs y ont participe comme tout le monde, a la difference pres que la conversion a l’islam etait gage d’emancipation. Serait-ce la encore un argument minable pour masquer le business epouvantable de l’esclavage aux mains des Europeens, qui a complement refaconne et l’Afrique et les Ameriques ?
En quoi ca vous embete les femmes voilees dans la rue ? Ca vous donne le sentiment de ne plus etre "chez vous" ? Imaginez donc le temps de colonies, quand l’indigene etait un etranger en son propre pays... Ou peut-etre que ces femmes cachees vous excitent, comme une dose d’orientalisme dans votre racisme ? "La provocation" c’est votre ignorance patente de l’islam, et votre esprit tordu a venir vous ridiculiser ici en permanence.
Reno a dit : "Il y a aussi l’impossibilité de communiquer normalement. Quand nous voyons autant de femmes voilées dans les rues, nous savons très bien que c’est pour éviter tout contact.Leur attitude est une sorte de provocation : nous n’allons quand même pas leur sauter dessus. "
Ah bon et les femmes qui s’habillent comme si elles se croyaient sur l’île de la tentation, ce n’est pas provocateur ?? La différence c’est que elles vous aimeriez bien leur sauter dessus !!
Et puis arrêtez de lier l’islamophobie à un chimérique sentiment d’insécurité, le dédain de l’Occident chrétien envers l’Islam est plus ancien que la vague d’immigration (et tous les problèmes sociaux qu’un tel flux entraîne inévitablement). L’islamophobie en Europe est millénaire, et elle n’a pas attendu la montée de l’extrémisme pour s’exprimer.
"Quand ton adversaire ne s’oppose pas à ton action, demande-toi quelle erreur as-tu commis".
La réaction de ce député des Alpes-Maritimes ne doit pas servir de leurre à un autre questionnement : pourquoi ce film sort-il alors que l’on sait que cette atmosphère d’islamophobie et de racisme anti-maghrébin sera entretenue jusqu’à 2012 ?.
A Réno :"On pourrait d’ailleurs vous parler de la pratique séculaire de l’esclavage dans le monde arabo-musulman, mais vous n’êtes pas encore prêts."
Oh mais le monde n’a rien à envier aux arabes dans ce domaine, les séquelles sont encore présentent aux Etats Unis avec les afro américains et que dire des Antilles Françaises ????
@ réno qui écrit :
" On pourrait d’ailleurs vous parler de la pratique séculaire de l’esclavage dans le monde arabo-musulman, mais vous n’êtes pas encore prêts. ... sauf que les arabes n’ont pas fait appel aux tirailleurs Sénégalais pour servir de chair à canon, pour liberer leurs pays durant la seconde guerre mondiale ! Ni aux indigènes d’ailleurs, pour les massacrer comme à Sétif ou à Guelma quand ces mêmes indigènes qui venaient de liberer la France, voulaient vivre libres !
Pourquoi l’Algérie est-elle en droit d’exiger des excuses de l’Etat français ?
L’histoire de l’Algérie sous l’occupation française a été écrite sans les Algériens, et souvent contre eux.
lire la suite sur :
file :///C :/Users/MN/Desktop/Pourquoi-l-Algerie-est-elle-en.htm
Toutes les civilisations jusqu’à un passé récent, ont pratiqué l’esclavage. Les esclaves alors étaient considérés comme des prisonniers, des prises de guerre, des victimes de razzia... Selon les contextes, les époques, etc..., ils étaient plus ou moins bien traités (moins que plus, bien entendu !).
Mais à aucun moment, ceux qui pratiquaient l’esclavage n’entraient dans des considérations ultra racistes. Les esclaves étaient des individus à part entières, de "l’autre bord", qui n’ont pas eu de chance, qui se sont faits prendre, et qui finissaient donc comme des travailleurs forcés. De plus, en général, l’esclavage était une pratique artisanale, le fait de bandits, de pirates, ou donc, les éléments faits prisonniers après une bataille quelconque. Les esclaves chrétiens pris par les fameux "barbaresques" pouvaient être rachetés par leurs coreligionnaires. Les femmes dans le pire des cas finissaient dans un "harem" gavées de patisseries et de hammam bien chauds (je ne dis pas que c’est bien, hein !)... Les jeunes chrétiens kidnappés à droite à gauche par les corsaires Turcs, étaient dirigés vers le corps militaire prestigieux des Janissaires. Souvent à Rome ou à Bagdad, des esclaves de "valeur" devenaient des confidents, des conseillers du Prince. Les Africains qui se retrouvaient en Arabie Saoudite principalement, souvent se retrouvaient libres après avoir embrassé l’Islam. Et ils ont fini par de mélanger à la population... Il suffit de voir à quel point les Saoudiens ont souvent des traits tenants de l’Afrique Noire.
Bon, il n’est pas question de dire ici que c’était l’Eden ! Mais y avait pire...
Bref...
Jusqu’à ce que l’Europe s’y mette à son tour. Et là, ça a été une toute autre paire de manches : pour la première fois, l’esclavage devenait industriel. Systématique. Totalement déshumanisant. Sans AUCUNE chance, fut-elle minime, de s’en tirer. L’esclave en gros n’était pas un être humain, il n’avait pas d’âme. Non. Juste une bête corvéable à merci, jusqu’à la mort. Parfois pire qu’une bête.
Combien d’esclaves victimes des razzias arabes sur une immense étendue de temps (plus de 1000 ans), et combien d’Africains transportés comme des "choses" vers les Amériques, en à peine 3 ou 4 siècles ?
Non, on ne peut en aucune manière établir un parallèle entre l’esclavage en général, et celui pratiqué par l’Europe. Ca serait comme comparer les divers et nombreux massacres qui se sont déroulés tout le long de l’Histoire, chez tous les peuples, avec la Shoah, un massacre massif, êrpétré par les Européens, systématique, industriel, et basé sur le strict principe racial.
Les Arabes, les Romains, les Chinois, les Grecs... "esclavagisaient" tous ce qui leur passait sous la main. Pas de racisme, là dedans. Il suffisait de ne pas être un "semblable culturel" (et encore, il doit en avoir eu, des bavures selon leurs propres valeurs !). Les Européens "esclavagisaient" exclusivement des Noirs, non pas seulement parcequ’ils étaient militairement faibles, mais parcequ’ils n’étaient pas Humains. (ah oui, j’ai oublié les Indiens : eux, ont été juste génocidés quasi totalement).
Je suis personnellement pour que les pays Arabes parlent de l’esclavage qu’ils ont pratiqués durant leur histoire. En parler, et le condamner sans tergiversation. Ca serait un bel acte de fraternité, d’humanité, envers tous les Hommes, et envers les Africains particulièrement.
Mais pas question de comparer !
L’esclavage européen, c’est une toute autre dimension. C’est la formidable puissance européenne, qui s’exprime dans le mal absolu.
Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas écrit. Toute forme d’esclavage reste bel et bien, au final, une ignominie totale.
Pour Sami : " Après la mort du prophète Mahomet et la soumission de la péninsule arabe, les musulmans conquièrent les rives méridionales et orientales de la Méditerranée. Multipliant les prises de guerre, ils prolongent dans ces régions l’esclavage à la mode antique. Ils inaugurent aussi une longue et douloureuse traite négrière qui va saigner l’Afrique noire jusqu’à la fin du XIXe siècle.
L’esclavage en terre d’islam est hélas une réalité qui dure comme le montre l’anthropologue Malek Chebel.
Le Coran, texte sacré de l’islam, entérine l’existence de l’esclavage (voir la sourate XVI, Les abeilles) tout comme d’ailleurs les textes bibliques. Notons que le premier muezzin désigné par le Prophète pour l’appel à la prière est un esclave noir du nom de Bilal originaire d’Éthiopie.
La loi islamique ou charia, qui s’appuie sur le Coran et les dits du prophète (hadiths), considère qu’en pays d’islam, seuls sont esclaves les enfants d’esclaves et les prisonniers de guerre. Elle autorise d’autre part la réduction en esclavage de quiconque provient d’un pays non musulman (si un esclave vient à se convertir, il n’est pas affranchi pour autant).
Très tôt, du fait de la rapidité même de leurs conquêtes, les Arabes se heurtent à une pénurie d’esclaves. Ils ne peuvent asservir les populations des pays soumis à leur loi et se voient donc dans l’obligation d’importer en nombre croissant des esclaves des pays tiers, qu’ils soient ou non en voie d’islamisation.
Comme les chrétiens du haut Moyen Âge, ils s’abstiennent de réduire en esclavage leurs coreligionnaires mais cette règle souffre de nombreuses transgressions et l’on ne rechigne pas à asservir des musulmans, notamment noirs, au prétexte que leur conversion est récente (*).
L’esclavage devient rapidement l’un des piliers de l’économie de l’empire abasside de Bagdad du fait de très nombreuses prises de guerre et de l’avènement d’une très riche bourgeoisie urbaine. Pour s’en convaincre, il n’est que de lire Les Mille et Une Nuits, un recueil de contes arabes qui se déroulent sous le règne du calife Haroun al-Rachid, contemporain de Charlemagne.
Les harems du calife et des notables de Bagdad se remplissent de Circassiennes. Il s’agit de femmes originaires du Caucase et réputées pour leur beauté ; ces belles esclaves ont continué jusqu’au XXe siècle d’alimenter les harems orientaux en concurrence avec les beautés noires originaires d’Éthiopie. Pour les tâches domestiques et les travaux des ateliers et des champs, les sujets du calife recourent à d’innombrables esclaves en provenance des pays slaves, de l’Europe méditerranéenne et surtout d’Afrique noire. Ces esclaves sont maltraités et souvent mutilés et castrés .
D’autres esclaves et eunuques sont employés comme soldats et chefs de guerre par les différentes dynasties musulmanes, du Maroc aux Indes. Ces esclaves-là accèdent parfois à des fonctions élevées et parfois au pouvoir suprême. Ainsi en est-il des fameux Mamelouks d’Égypte, que Bonaparte devra combattre en 1798.
Dans les premiers temps de l’islam, les notables de Bagdad s’approvisionnent en esclaves blancs auprès des tribus guerrières du Caucase mais aussi auprès des marchands vénitiens qui leur vendent des prisonniers en provenance des pays slaves, encore païens.
À la fin du Moyen Âge, comme le vivier slave s’épuise du fait de la christianisation de l’Europe orientale, les musulmans se tournent vers les pirates qui écument la Méditerranée. Ces derniers effectuent des razzias sur les villages côtiers des rivages européens . Le souvenir des combats livrés par les habitants à ces pirates perdure dans... la tête de prisonnier maure qui sert d’emblème à la Corse.
On évalue à plus d’un million le nombre d’habitants enlevés en Europe occidentale entre le XVIe et le XVIIIe siècle, au temps de François 1er, Louis XIV et Louis XV . Ces esclaves, surtout des hommes, sont exploités de la pire des façons dans les orangeraies, les carrières de pierres, les galères, les chantiers,... d’Afrique du nord (*). Des organisations chrétiennes déploient beaucoup d’énergie dans le rachat de ces malheureux, tel Miguel de Cervantès.
En Europe orientale et dans les Balkans, pendant la même période, les Ottomans prélèvent environ trois millions d’esclaves. Mais l’expansion européenne, à partir de la fin du XVIIIe siècle, met fin à ces razzias.
Si la traite des esclaves blancs a rapidement buté sur la résistance des Européens, il n’en a pas été de même du trafic d’esclaves noirs en provenance du continent africain.
La traite arabe commence en 652, vingt ans après la mort de Mahomet, lorsque le général arabe Abdallah ben Sayd impose aux chrétiens de Nubie (les habitants de la vallée supérieure du Nil) la livraison de 360 esclaves par an. Elle ne va cesser dès lors de du VIIe au XXe siècle, soit à peu près autant que la traite européenne à travers l’océan Atlantique, du XVIe ss’amplifier. Les spécialistes évaluent de douze à dix-huit millions d’individus le nombre d’Africains victimes de la traite arabe au cours du dernier millénaire, du VIIe siècle au XIXe siècle.
Le trafic suit d’abord les routes transsahariennes. Des caravanes vendent, à Tombouctou par exemple, des chevaux, du sel et des produits manufacturés. Elles en repartent l’année suivante avec de l’or, de l’ivoire, de l’ébène et... des esclaves pour gagner le Maroc, l’Algérie, l’Égypte et, au-delà, le Moyen-Orient. Au XIXe siècle se développe aussi la traite maritime entre le port de Zanzibar (aujourd’hui en Tanzanie) et les côtes de la mer Rouge et du Golfe persique.
Le sort de ces esclaves, razziés par les chefs noirs à la solde des marchands arabes, est dramatique . Après l’éprouvant voyage à travers le désert, les hommes et les garçons sont systématiquement castrés avant leur mise sur le marché, au prix d’une mortalité effrayante , ce qui fait dire à l’anthropologue et économiste Tidiane N’Diyae : « Le douloureux chapitre de la déportation des Africains en terre d’Islam est comparable à un génocide . Cette déportation ne s’est pas seulement limitée à la privation de liberté et au travail forcé. Elle fut aussi - et dans une large mesure- une véritable entreprise programmée de ce que l’on pourrait qualifier d’ "extinction ethnique par castration " » (*).
Les contes des Mille et Une Nuits, écrits au temps du calife Haroun al-Rachid (et de Charlemagne), témoignent des mauvais traitements infligés aux esclaves noirs et du MEPRIS A LEUR EGARD (bien qu’ils fussent musulmans comme leurs maîtres). Ce mépris a perduré au fil des siècles. Ainsi peut-on lire sous la plume de l’historien arabe Ibn Khaldoun (1332-1406) : « Les seuls peuples à accepter l’esclavage sont les nègres, en raison d’un degré inférieur d’humanité, leur place étant plus proche du stade animal » (*). Ces propos, notons-le, précèdent de deux siècles la traite atlantique des Occidentaux.
Les contingents très importants de main-d’oeuvre servile ont contribué à la stagnation économique et sociale du monde musulman. Ils ont causé aussi de nombreux troubles. C’est ainsi qu’à la fin du IXe siècle, la terrible révolte des Zendj (ou Zenj, d’un mot arabe qui désigne les esclaves noirs), dans les marais du sud de l’Irak, a entraîné l’empire de Bagdad sur la voie de la ruine et de la décadence.
« Comparé à la traite des Noirs organisée par les Européens, le trafic d’esclaves du monde musulman a démarré plus tôt, a duré plus longtemps et, ce qui est plus important, a touché un plus grand nombre d’esclaves », écrit en résumé l’économiste Paul Bairoch (*). Cet auteur, ainsi que Tidiane N’Diaye, rappelle qu’il ne reste plus guère de trace des esclaves noirs en terre d’islam en raison de la généralisation de la castration, des mauvais traitements et d’une très forte mortalité, alors que leurs descendants sont au nombre d’environ 70 millions sur le continent américain.
Notons le parallèle avec les États arabes du Golfe Persique qui recourent massivement à des travailleurs étrangers tout en empêchant ceux-ci de faire souche sur place...
Alban Dignat.
http://www.herodote.net/histoire/syn...ID_dossier=123
Ce texte de "Dignat" circule sur tous les sites islamophobes qui s’excitent entre eux sous le mode courageux de l’anonymat...
Plus precisement on y retrouve les poncifs, comme "la penurie d’esclaves des arabes" alors que la conquete meme se fit par conversion, et que par exemple l’Espagne fut conquise par des Berberes convertis non des esclaves !
Il y a le truc classique qui consiste a faire appel a un "musulman" pour attaquer l’islam. Dans ce cas, c’est ce pauvre Malek Chebel, un autre pilier dans la vaste comedie de la haine de soi du musulman en Occident au XXIeme siecle. Pret a tout pour cirer les bottes du bon blanc... et decrocher son contrat d’edition ou son emission radio.
Dans cet article bidon, on retrouve aussi une espece d’historiographie melangee a de la litterature : "Les 1001 nuits" pour faire un commentaire sociologique de Baghdad au Xeme siecle... on croit rever face un tel argument scientifique !
Les aneries, du style "l’esclavage arabe a commence bien plus tot qu’en Europe" : eh bien non, l’esclavage arabe n’est que le prolongement de ce qui existait depuis bien longtemps avant ; en Afrique parmi les differents royaumes africains (de ce que que sont le Soudan au Senegal aujourd’hui). Quant a l’Europe il y avait deja eu l’esclavage sous l’empire romain. Desole les arabes n’ont rien invente en ce domaine ! Ce sont les Europeens qui ont fait de l’esclavage un des moteurs de leurs economies ; au mepris des droits elementaires et sans redemption possible.
Bien sur, l’auteur rajoute une louche d’exegese coranique, sans la moindre connaissance de base, sociale ou theologique : le Coran aborde l’esclavage a plusieurs reprises pour justement insister sur le fait que c’est une epreuve de piete pour le maitre, comme l’argent pour les riches, ou la sante chez les jeunes.
Enfin que dire de l’eternelle tarte a la creme, ou l’on parle de "Mahomet" pour ne pas avoir a dire le Prophete Mohammed ? Est-on en 2010 ou au XVIIIeme siecle ?
le dix septembre, c’est loin.
Le massacre de Sétif date de 65 ans. Il n’a pas grand chose à voir avec l’esclavage ni même avec la colonisation. Il nous parle de la guerre et de ses atrocités. Elle ne pardonne rien car elle est indigne de tout pays civilisé. Les massacres sont aussi honteux que la torture même si c’est la guerre !
Qui dira le contraire ?
Cordialement.
Liliane Bénard
Allons, je n’ai pas nié que je sache, l’esclavagisme pratiqué par les Arabes. Je ne vais pas répéter tout ce que j’ai dis avant. Mais j’insiste juste sur la différence fondamental entre la nature de l’esclavagisme pratiqué par toutes les autres civilisations, et celui pratiqué par l’Occident Européen vers les Amériques. Et tout vos copier-collé n’y feront rien.
Et je vais être sympa avec vous, je ne met pas dans le packaging "horreurs de l’Occident Européen", l’ensemble de la colonisation. Il se pourrait que vous la trouviez "bonne". Alors d’avance évitez-moi, par pitié, un long et pénible copier collé concernant les "horribles prédations" perpétrées par les Arabes, dans les terres qu’ils colonisèrent avec une "violence" inouïe. L’Espagne garde encore un souvenir terrible des 7 siècles d’inquisition Musulmane, n’est ce pas ?...
Mamyli,
chaque massacre possède sa singularité, mais justement : le massacre de Sétif a tout à voir avec la colonisation, dont il fut l’expression d’une rage brutale et haineuse rare. On a souvent accusé les Algériens, et surtout pendant la guerre d’indépendance, d’être un peuple violent ; supposons : mais c’est qu’ils eurent un excellent maître en l’occurrence et en la matière : le colon.
Et effectivement, un massacre reste un massacre, ceci dit, d’où qu’il provienne : il est toujours une vision de la sombre face de l’Humanité.
Ne peut-on ajouter que la guerre ne met fin ni à l’esclavage, ni à la colonisation ?
Seul le coeur de l’homme pacifié en est capable.
Liliane Bénard
A Mamyli "Le massacre de Sétif date de 65 ans. Il n’a pas grand chose à voir avec l’esclavage ni même avec la colonisation." Permettez moi Madame, de vous contredire pleinement...
Le massacre de Sétif date de 65 ans, tout comme le génocide de Juifs en France. Pourquoi occulter ce massacre et ne mettre l’accent que sur l’autre ? A moins que vous ne considériez qu’il est des morts plus considérables que d’autres ?
Contrairement à ce que vous affirmez les massacres de Sétif s’inscrivent pleinement dans le colonialisme.
Je n’ai pas besoin de vous rappeler l’odieux code de l’indigénat promulgué par le gouvernement Français de l’époque à l’encontre des Indigènes...maintenant ces derniers dans un statut de sous hommes.
C’est précisement pour dénoncer ce statut de sous hommes que les manifestations ont eu lieu. Et vous, vous venez nous expliquez que cela n’a rien à voir avec le colonialisme ?
Je peux tout à fait comprendre que l’on puisse avoir honte d’un épisode de son histoire, mais de là à passer à la falsification des faits, il y a quand même une marge non ?
"Les massacres sont aussi honteux que la torture même si c’est la guerre ! "
Oui vous avez raison mais les massacres de Sétif perpétrés par un pays garant des Droits de l’homme sur une partie de sa population, civils de surcroit et non armés...ne demandant seulement qu’une chose être considéré comme des citoyens à part entière, ne se sont pas produits dans un pays en guerre, mais dans un Département français, démocratique, Républicain, d’une grande puissance : la France ! La guerre n’a éclaté qu’en 1955 (10 ans plus tard).
Je trouve lamentable, de vouloir balayer d’un revers de main, un massacre perpétré en "bonne et du forme", en imputant ces horreurs à la tragique "connerie" qu’est la guerre !
"Ne peut-on ajouter que la guerre ne met fin ni à l’esclavage, ni à la colonisation ? Seul le coeur de l’homme pacifié en est capable."
Non on ne peut pas ajouté cela : le coeur d’un homme aussi pacifié soit il ne peut mettre fin à l’esclavage ni à la colonisation ! Seul le courage, guidé par le désespoir est capable de ce miracle !!!
Votre phrase est bien poétique mais elle manque cruellement de réalisme.
Cher Sami,
Voulez-vous jeter un coup d’oeil sur deux paradoxes. Le premier sur l’histoire des hommes, révolue sans aucun doute. Le second sur la suite des guerres... L’esclavage et la colonisation sont des phénomènes historiques critiquables !
On observe toutefois que des esclaves,des maîtres, des colons et des colonisés ont acquis des parts de bonheur. Je ne dis pas à cause de l’esclavage ni de la colonisation mais malgré eux, franchissant des obstacles et des épreuves.
Les opprimés ont le droit de se défendre mais jamais en tuant ceux qui ne les ont pas agressés. La guerre est une entreprise mortelle sans discrimination. Je le répète, elle ne met fin ni à l’esclavage ni à la colonisation. Elle met fin injustement à la vie d’hommes, de femmes et d’enfants, tous mortels certes mais aimant la vie.
Il convient d’observer avec soin ces deux points et de distinguer la conquête du pouvoir sur d’autres et la véritable libération. Qu’est-ce qui a changé lorsqu’un colonisé devient colon ou un esclave, maître ?
Amitiés.
Liliane Bénard
A Mamyli : "On observe toutefois que des esclaves,des maîtres, des colons et des colonisés ont acquis des parts de bonheur." Vous devez surement faire référence au "rôle positif de la colonisation" NON ?
Oui les colonisés ont acquis tellement de parts de bonheur qu’on se demande encore pourquoi ils ont pris les armes ?
Rassurez moi Madame vous êtes dans le registre de l’humour !??
Chère Amazone,
Le registre de l’humour est bon. Je voudrais plutôt jouer à un autre niveau. L’histoire contemporaine étudie moins les faits qui sont certes à établir qu’aux causes et aux conséquences. Son but est clair, éviter la répétition d’horreurs.
Il ne suffit pas de parler de la colonisation pour tout expliquer. Le Dr. Knock s’en tirait avec humour disant que c’était "le poumon". Les causes d’un fait historique sont multiples et un mot comme le colonialisme ne saurait les résumer.
Des massacres de Sétif, j’ai un souvenir, différent d’une connaissance. Je sais qu’il a eu lieu le 8 mai 1945, commémoration de la fin d’une guerre en Europe, celle de 1939-1945. Le nationalisme algérien voyait bien que rien n’était fini pour lui. La victoire des Alliés correspondait pour les autres à une défaite.Il voulait à son tour remporter une victoire.
La revendication des nationalistes est juste. Reste à découvrir les moyens dont ils ont fait usage comme l’émeute...
Je ne suis pas historien et à mes yeux tout massacre est une horreur. Il n’en reste pas moins que l’hypothèse du colonialisme comme unique cause est facile à rejeter. N’a-t-il pas perduré aussi sans massacre ?
Interrogeons-nous simplement sur l’histoire science humaine qui doit tenir compte de la complexité des êtres humains aussi bien que de la relativité des nations.
Amitiés.
Liliane Bénard
A Mamyli : Si je vous suis bien, les massacres de Setif ne sont qu’un détail dans l’histoire de l’Algérie ?
"Il ne suffit pas de parler de la colonisation pour tout expliquer", non bien sûr...vous voulez surement nous expliquez que les indigènes et à leurs têtes les nationalistes vivaient tellement bien cette situation de colonisés (on vivait tous heureux ensemble exploiteurs et exploités), que la seule motivation à ces manifestations était de nuire à l’empire coloniale ?
Vous ecrivez :"La revendication des nationalistes est juste. Reste à découvrir les moyens dont ils ont fait usage comme l’émeute..." J’adore ce genre de phrase...savez vous quels ont été les moyens utilisés par Jean Moulin et la résistance Française durant l’occupation allemande ? Savez vous quelles ont été les conséquences sur leurs compatriotes Français ? Savez vous qu’il y eut des représailles sur les civils Français ? Justifiez vous alors les représailles dont on été victimes les civils Français, par la faute de la résistance ?
"Il n’en reste pas moins que l’hypothèse du colonialisme comme unique cause est facile à rejeter. N’a-t-il pas perduré aussi sans massacre ?" Oui le colonialisme a perduré aprés le massacre, mais certains vous diront que c’est aprés ces massacres que la guerre à réellement éclaté et que les indigénes ont compris de quoi était capable ce gouvernement colonial !
S’il n’y avait pas eut colonialisme avec son code de l’indigénat pareilles manifestations n’auraient pas eut lieu !
N’essayez pas de justifier l’injustifiable derrière les petites phrases bâteau du genre :"Interrogeons-nous simplement sur l’histoire science humaine qui doit tenir compte de la complexité des êtres humains aussi bien que de la relativité des nations.", au delà d’insulter ces centaines de morts victimes de ces massacres, vous insultez notre intelligence !
Amazone,
Votre dénonciation du colonialisme est juste comme du massacre de Sétif. Pourquoi me prêter un discours que je n’ai pas tenu comme celui des négationistes si mal en cour.
Je n’ai jamais parlé de ce massacre comme d’un détail ni même évoqué les bienfaits de la colonisation.
J’ajouterai simplement que ces faits historiques sont révolus. La décolonisation est en marche même si le processus inverse a la vie dure. Quant au massacre de Sétif, il mériterait des réparations. Qui insulte les victimes ?
La question pour l’historien est d’étudier le mécanisme qui a conduit à l’horreur, trop de morts de part et d’autres. Seule la vengeance explique les représailles et elle n’est pas une fatalité même en temps de guerre. Elles expriment la faiblesse d’un état qui fait de ses administrés de la chair à canons. Je reconnais comme vous qu’il les a méprisés comme en témoigne le code des indigènes.
Cet état était responsable. Un autre a permis la décolonisation.
Comment porter un jugement ? Il est certainement plus simple de demander une réparation pour les survivants sans entrer dans le procès de la colonisation, une période révolue. Mon jugement sur les camps d’extermination des juifs, des tziganes et des homosexuels, à une toute autre échelle, il convient de le noter, est du même ordre. L’état allemand n’est plus un état nazi !
Reste à lutter contre le racisme et l’intolérance religieuse lorsqu’ils justifient le crime.
Je regrette que vous ayez pris cette thèse pour une injure.
Cordialement.
Liliane Bénard
A Mamyli :"J’ajouterai simplement que ces faits historiques sont révolus" Pas pour tout le monde apparemment, au vue de la polémique autour de ces faits justement, repris dans ce film !
"Cet état était responsable. Un autre a permis la décolonisation." Votre phrase est fort ambigue ...en effet, elle sous entend que la décolonisation de l’algérie fût offerte sur un plâteau aux algériens.
Vous savez que c’est faux.
Ce qui a permis la décolonisation ce sont les milliers de morts, les milliers de torturés et de disparus algériens et algériennes.
Les 7 années de guerres en témoignent.
Que cet Etat ait compris que pour arrêter cette boucherie, pour ne pas perdre son âme et que sous la pression internationale il ait accéléré la décolonisation, cela je vous l’accorde, mais qu’il ait permis la décolonisation non ! Cela voudrait dires que la mort de ces centaines de victimes des massacres de Sétif a été vaine !
"Comment porter un jugement ? " Il n’est pas question de porter un jugement, où est l’intérêt ? Il est question de ne pas tuer une seconde fois ces victimes, en occultant les massacres. Il est question de dire les faits à leurs orphelins pour qu’ils puissent faire leurs deuils, comme pour tout massacre.
"L’état allemand n’est plus un état nazi !" Effectivement, et pour ne plus être renvoyé à cette image, l’état allemand a su créer cette rupture, en assumant ses responsabilités, en reconnaissant ses fautes et en reconnaissant ses victimes !
En est-il de même pour la France ?
"Reste à lutter contre le racisme et l’intolérance religieuse lorsqu’ils justifient le crime" entièrement d’accord mais pour cela il faut d’abord reconnaitre l’autre comme un être humain à part entière et ne pas nier sa souffrance d’un revers de main, sous prétexte de soulager sa conscience ??!
Ce film sera à voir. Il parle sans doute des prémisses de la guerre d’Algérie. La polémique risque d’être mal engagée si l’on s’en tient à parler du colonialisme après la décolonisation.
Ce conflit a laissé des traces à cause des souffrances endurées. Un empire colonial est mort. Les causes de sa chute sont multiples et je n’exclue pas les horreurs perpétuées par cet empire moribond. Il y a pourtant d’autres causes plus internationales, liées peut-être à la seconde guerre mondiale mais plus surement au progrès de la mentalité des peuples.
Qui n’a pas été révolté à l’idée que « des « bougnoules » aient été jetés dans la Seine » simplement parce qu’ils étaient Arabes ?
Qui oserait dire que c’était la guerre ?
Après l’indépendance de nombreux Arabes ont pourtant quitté l’Algérie pour se réfugier en France. Les généraux algériens n’étaient pas tendres pour le peuple. Ils croyaient avoir fait l’histoire. La censure régnait tout comme le ressentiment. La guerre avait pourtant pris fin. Des religions autres que l’islam devaient souffrir …
Vous voyez bien que le problème est moins la colonisation que des rapports de force à l’intérieur d’une même nation avec des composantes raciales et religieuses.
Je ne suis toujours pas historien. Des amis sont revenus écoeurés de la guerre d’Algérie et la majorité des français était pour l’indépendance. La décolonisation était un signe des temps. Le métissage est pourtant une réalité entre Arabes et Français mais qui me dira que la vraie question ne demeure pas celle du racisme et des guerres de religions ?
Liliane Bénard
Mamyli,
j’ai bien lu (et bien compris) ce que vous avez écrit. Le sujet est gigantesque. L’Algérie coloniale, puis post-coloniale, le mouvement général de décolonisation, l’émigration paradoxale des anciens colonisés vers leur anciens maîtres, le rôle des uns et des autres, le sens de l’Histoire, la guerre, la paix, la violence et la non-violence, la spiritualité mystique appliquée à la politique, qui est coupable, qui est innocent... etc etc...
Cela fait beaucoup, pour un simple débat sur un forum.
Juste une réponse à votre question :
mais qui me dira que la vraie question ne demeure pas celle du racisme et des guerres de religions ?
Certes, mais vous avez allègrement balayé un peu trop vite, à mon humble avis, la "lutte des classes". Le racisme et les religions ne sont que des éléments d’instrumentalisation, des variables d’ajustement, (parmi d’autres), pour permettre par exemple, à la colonisation de se réaliser en lui procurant une idéologie acceptable par les peuples colonisateurs (la civilisaion qui apporte son évangélisation, ses lumières et ses bienfaits aux peuples inférieurs).
Mais ceux qui ont décidé de coloniser, la classe de la bourgeoisie en l’occurrence, n’ont en cure, de la religion ou des races : ce qui les intéresse, c’est l’augmentation de leurs profits et de leurs pouvoirs sur la masse des opprimés. L’esclavagisme, s’il ne devait pas générer des profits immenses, n’aurait jamais existé. La shoah, si ce n’était le vieux rêve allemand de dominer l’Europe n’aurait jamais eu lieu. Israel n’aurait jamais existé si la bourgeoisie anglaise ne désirait pas une sorte de "porte avion" en terre pétrolifère. Les Indiens d’Amérique n’aurait jamais été génocidés, si la colonisation de l’Amérique n’avait pas représenté pour la classe bourgeoise européenne au pouvoir (en gros), la possibilité de se débarrasser d’un surplus démographique et d’élargir le champs d’action de leur impérialisme militaire et économique, l’un soutenant l’autre. etc etc...
Telle est donc la véritable question qui demeure, à mon avis : celle de la domination des peuples par une minorité prédatrice et pour qui, la religion (et les guerres de religion) ou le racisme ne sont que des éléments d’instrumentalisation.
Le marxisme a échoué dans sa tentative de s’opposer au capitalisme. Cette dernière idéologie (le capitalisme), sous sa forme actuelle, finale et terriblement prédatrice, le "néolibéralisme", a pris définitivement le pouvoir sur l’ensemble de la planète. Il n’y a plus d’autre refuge, pour lutter contre la transformation du monde en un immense marché destructeur et aliénant, que les religions. En Afghanistan, le capitalisme prédateur se heurte à la basique et solide résistance d’un Islam ultra intégriste. Normal : cette forme de religion, simpliste, archaïque et dure, sans faille, sans état d’âme, reste la seule option efficace contre les visées inavouables de l’OTAN (bras armé de la bourgeoisie mondiale). PAreil en Iran. A moins que le néolibéralisme, dans un accès de fureur et de folie, n’atomise ces peuples qui résistent encore.
Espérons que plus tard, une fois (PEUT-ETRE !) que le capitalisme se sera effondré pour laisser la voie à un système plus humain, l’Islam retrouvera une forme plus lumineuse.
En attendant, il faudra se "farcir" l’intégrisme... Nous nous retrouvons dans le paradoxe incroyable de lutter contre l’intégrisme, et d’admettre qu’il est la seule force au monde, encore en lutte contre le néolibéralisme mondial. C’est un fait incontournable.
Le Catholisisme quant à lui, lutte desepérément pour ne pas sombrer contre les multiples coups de boutoir qui veulent le détruire, pour le remplacer par un intégrisme chrétien, l’évangélisme, à la botte du Marché. Dans le même ordre d’idée, l’intégrisme Musulman est divisé : une partie aux ordres (wahabisme et affiliés), une autre en résistance (chiisme libanais, iranien, etc...).
Bref, tout cela pour vous dire que l’essentiel reste encore et encore, l’instinct de domination. Là ou vous voyez guerres de religion, il s’agit plutôt de guerres instrumentalisées, la religion n’étant qu’un élément stratégique ou tactique (ainsi que le racisme). Et cet instinct de domination, se concrétise par ce qu’on peut appeler la "lutte des classes". L’expression fait peur, mais elle est réelle. Il s’agit bien, où que vous jetiez votre regard, avant tout, d’une lutte sans pitié, entre ceux qui veulent dominer le monde A TOUT PRIX, et depuis toujours, et ce qui sont opprimés.
Nul ne connait l’issue de cette "histoire".
Je ne comprends pas pourquoi les algeriens ne les ont pas poursuivi pour crime contre l’humanité apres l’independance… À quand un procès pour ces crimes, contre l’humanité… comme les Nazis ont eu à nuremberg…
A ALCOR :" Je ne comprends pas pourquoi les algeriens ne les ont pas poursuivi pour crime contre l’humanité apres l’independance" PArce que l’état français avait amnistié les criminels...donc impossible de les poursuivre !
A Mamyli : Votre discours me laisse pantoise...rapporter tout au racisme et aux guerres de religions me semble trés légers comme arguments ! Arguments trés étonnants pour une personne comme vous maitrisant le Monde Arabe !
L’analyse de Sami est à la fois juste et inquiétante.
Elle est juste car on ne saurait rendre compte des causes de l’horreur en deux mots comme le racisme et les guerres de religions. Les apparences sont trompeuses et il faudrait sans doute se boucher les oreilles pour ne pas entendre les mots prononcés par les adversaires.
Le fondement est probablement économique et l’horreur vise la domination des uns sur les autres. La question des classes sociales est plus complexe parce qu’elles intègrent à un projet économique des données racistes et religieuses. Vous le reconnaissez d’ailleurs. Des « bourgeois » justifient leur domination. Ils se sentent supérieurs. Je me demande alors si ce sentiment n’est pas partagé par les intégristes.
Mon inquiétude n’est pas feinte. Lorsque vous dîtes qu’ils sont seuls à lutter contre le néolibéralisme. C’est aussi leur point de vue comme celui qui naît du sentiment d’appartenance à une classe sociale sans en avoir toujours les moyens économiques.
Les néolibéraux aussi bien que les intégristes se trompent chaque fois qu’ils veulent asseoir leur supériorité et leur domination. Le facteur économique est puissant comme le commerce des armes, fondement de toute domination économique. Peut-on ajouter qu’un changement ne serait possible que si les hommes comprenaient ce qu’est l’égalité de droit par delà tant d’inégalités de fait et s’ils condamnaient toute domination pour des raisons raciales si illusoires au temps du métissage, religieuses, il convient de percevoir l’égalité des religions et économiques, sachant bien que nous avons désormais les moyens de nourrir tous les hommes sans les réduire en esclavage ?
Je dirai seulement à Amazone que je ne dispose d’aucune maîtrise surtout sur le Monde Arabe ! Je redoute au contraire toute relation maître-esclave et tout massacre (sans oublier celui des harkis en 1962…
Cordialement.
Liliane Bénard
A Mamyli "Je redoute au contraire toute relation maître-esclave et tout massacre (sans oublier celui des harkis en 1962…" Oui ces harkis qui furent abandonnés par la France, entre certaines mains vengeresses de la populace !
Sami, il ne faut pas tout mettre sur le dos de la bourgeoisie. Les guerres de conquête à partir de 632 et la pratique de l’esclavage en terre arabe n’ont rien à voir avec la moderne lutte des classes. Tout le monde, du haut jusqu’en bas, cherchait son profit. Avec bien entendu le "secours moral" de la religon : comme ici d’ailleurs...
Reno,
Oui bon, on est sur un forum, et les raccourcis sont inévitables. Mais les classes (et la lutte des classes) ont toujours existé. En 632, c’était le féodalisme dominant en tant que classe sociale et économique, et le servage (quasi esclavagisme) ainsi que l’esclavage en tant que classes opprimées. Et PARTOUT, pas qu’en terre arabo musulmane. Je ne vais pas refaire ici l’Histoire de l’Humanité.
Mais au final, il y a toujours eu partout, des dominants, et des dominés, des exploiteurs et des exploités. Les Arabes y compris, puique cela semble vous faire jubiler de le rappeler.
Mamyli disait que la question fondamentale était celle du racisme et des guerres de religions, je répondais que la question fondamentale était à mon avis, l’exploitation de l’Homme par l’Homme. C’est plus clair ?
N’empêche : on parle bien ici, du tort tragique que l’Occident à fait subir à ses colonisés. Maintenant si vous désirez parler du tort que les Arabes ont fait subir aux peuples qu’ils ont conquis, eh bien voyez avec Oumma.com, pour qu’ils ouvrent un débat sur la question. On en causera alors. No problemo.
le professeur boucif mekhaled aeu un effet et son importance danole dans le film rachid bouchareb l’examen forte dans l’écriture de l’histoire.
gouaich cherif (étudaint dans histoire.
Pour reprendre un peu les arguments de chacun, on n’éxcuse pas le massacre d’un peuple par le massacre d’autres peuples.C’est une excuse "bidon".
Et bien sur que les algériens ont le droit de reclamer des comptes a la France, car mise a part ces massacres en particulier,il y a eu des actes inhumain commis par les autorités francaise.
Alors pourquoi ne pas le reconnaitre haut et fort comme l’Allemagne et en assumer les conséquences.
Trop facile la France detient encore beaucoup de dossiers secret sur les actes commis en algerie sur des prisonniers ou rebels algeriens.
La France n’est pas préte d’avouer a une minorités de français qu’elle a massacrer et torturer leurs grands parents c’est tout.