La levée de boucliers contre la burqa et le niqab : pourquoi maintenant et ainsi ?

Est-ce parce que la brutalité de la crise économique mondiale qui rend la « France du pouvoir d’achat » exsangue, plongeant des millions de français qui « se lèvent tôt » dans les affres d’une pandémie de chômage, tétanise à ce point notre président et ses ministres, les laissant à court de slogans et de plans B ?

Régenter la "pratique" de l’islam et des 5 millions de français musulmans dans une ingérence inquisitoriale, c’est un peu la tentation de Venise de nos politiques…

Une aspiration aussi profonde qu’inavouable, un exutoire de toutes les rancoeurs et débâcles, un idéal inaccessible « politiquement incorrect », que l’on affuble d’artifices pour mieux s’en dédouaner.

Certains caresseront ce doux rêve toute leur vie durant sans jamais l’assumer, mus par une vénalité électoraliste, tandis que d’autres, nostalgiques d’une rhétorique d’extrême-droite ou encore galvanisés par un président briseur de tabous, passent à l’acte en faisant montre de la pire couardise qui soit : stigmatiser la deuxième religion de l’Hexagone, et à travers elle des millions de croyants, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, pour évacuer leurs propres échecs et errements.

Est-ce parce que la brutalité de la crise économique mondiale qui rend la « France du pouvoir d’achat » exsangue, plongeant des millions de français qui « se lèvent tôt » dans les affres d’une pandémie de chômage, tétanise à ce point notre président et ses ministres, les laissant à court de slogans et de plans B ?

Est-ce parce que Barack Obama, lors de son grand oral du Caire, a osé faire la leçon au pays des Lumières en plaidant pour une laïcité ouverte, lucide et éclairée, après avoir défié l’Occident en ouvrant grand les portes du pouvoir suprême, la Maison Blanche, à la première conseillère musulmane voilée ?

Est-ce que parce que l’ensemble de notre classe politique a subi un cuisant camouflet électoral lors des Européennes, se trouvant bien démunie face à la nouvelle forme d’expression citoyenne de la contestation et de la défiance : la désaffection massive des urnes ?

Est-ce parce que nos politiques sont en perdition, à la veille d’un nouveau remaniement ministériel, que l’union sacrée doit se faire sur l’autel de l’islam et des citoyens français de confession musulmane, ces mêmes musulmans qu’un récent sondage réalisé par l’institut américain Gallup a dépeints comme « loyaux envers la France à plus de 80% » ?

Est-ce pour ce faisceau de raisons que le phénomène très minoritaire du port de la burqa et du niqab sur le territoire national doit figurer dans les priorités de l’agenda de l’Assemblée Nationale, à l’approche d’une période estivale aux mornes couleurs de la sinistrose ?

Bien inconséquente et vaine s’annonce cette proposition d’enquête parlementaire, placée sous les funestes auspices de la division et de la discrimination de son prochain !

Indélébiles seront les stigmates laissés par cette investigation discriminante qui préfigure "l’obscurantisme" d’un Etat policier, au moment même où une nouvelle génération émerge désireuse d’apporter sa pierre à l’édifice France !

La tentation de Venise de nos parlementaires masquerait-elle la tentation honteuse d’une « police des mœurs » à la française ?

La rédaction Oumma.com

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Auteur : la rédaction

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