La Foi et la Science (partie 2/2)

D’un autre coté, la Parole Divine, transmise par le Coran, exhorte au contraire à l’exploration de la Cr

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lundi 4 mars 2002

D’un autre coté, la Parole Divine, transmise par le Coran, exhorte au contraire à l’exploration de la Création, considérée comme un autre « Coran ouvert », dont d’autres types de théologiens (scientifiques), sont invités à en lire les multiples pages et à en déchiffrer les innombrables messages. La pensée, la réflexion et l’apprentissage sont encouragés. Sur la base de toutes les sources de connaissance mises à sa disposition, l’être humain a pour mission d’exercer pleinement ses facultés mentales et d’apprendre toujours plus afin de se réformer continuellement et d’améliorer son environnement. De nombreux versets invitent clairement à la recherche scientifique et à l’extension des connaissances :

Il a créé l’Homme à partir d’une adhérence.

Lis et ton Seigneur Le Très-généreux…

…qui a enseigné avec la plume (le Calame).

A enseigné à l’Homme ce qu’il ne savait pas. » Coran(96, 1 à 5)

C’est le premier verset révélé du Coran. Il est notoire de constater que la première exhortation recommande de lire, car la lecture est le symbole de l’étude et de la recherche scientifique. On lit aussi bien dans le Coran que dans le grand livre de la Création par l’instrument des sciences.

 

Les êtres intelligents sont donc appelés à étudier et à percer les secrets du merveilleux système de l’univers :

L’effort en vue d’acquérir le savoir et la connaissance est un devoir pour tout musulman. Selon la parole du Prophète, paix et bénédiction sur lui : 

« Celui qui abandonne son foyer pour se mettre en quête du savoir suit la voie de Dieu…L’encre du savant est plus sacrée que le sang du martyr. ».

Le mouvement scientifique en Islam a commencé dès le VIIe siècle et a porté ses fruits au VIIIe et IXe siècles. M. Jacques Attali, conseiller de l’ancien Président de la France, M. François Mitterrand, a décrit, dans son ouvrage « Histoires du temps (Fayard) », un procédé d’automatisme, fruit de nombreuses disciplines scientifiques et techniques : « En 807, Charlemagne reçoit de Haroun Rachid en cadeau une clepsydre de laiton avec des figures mobiles. Un texte du XVIIe siècle la décrit ainsi : « Une machine qui, actionnée par la force motrice de l’eau, marque les heures par un nombre approprié de petites boules en bronze qui retombent sur un timbre d’airain. A midi, douze cavaliers sortent par douze fenêtres qui se referment sur eux. ». Le « livre de la connaissance des dispositifs mécaniques ingénieux », de Badi al Zamanibal Rezza al Tazan, établit que de telles clepsydres étaient connues dans tout le monde musulman dés le IXe siècle ».

Dans le droit fil de la conquête du champ de la connaissance, le calife Haroun Rachid (786-809) s’emparant d’Ankara, et le calife al-mamoun (814-833) remportant la victoire sur l’empereur byzantin Michel III ne demandent comme dommage de guerre que la livraison de manuscrits anciens. En 832, le calife Al Mamoun fonda la Maison de la Sagesse (Baït al Hikma). Les savants musulmans de l’âge d’or inscrivirent dans leur principe le premier des Aphorismes d’Hippocrate qui fut traduit avec prédilection en vue de garder la persévérance et la rigueur dans le traitement de la vérité durant toutes ses phases de transformation : « La vie est courte, l’art est long, l’occasion est prompte à s’échapper, l’empirisme est dangereux, le raisonnement est difficile  ».

Le savant Al-Kindi formula le principe fondamental du développement scientifique : 

« Nous ne devons pas avoir honte d’admirer la vérité et de l’accueillir, d’où qu’elle vienne, même si elle nous vient de générations antérieures et de peuples étrangers. La vérité n’est jamais indigne ; elle ne diminue jamais qui la dit, ni qui la reçoit. Au contraire, la vérité ennoblit  ».

Les textes scientifiques (astronomie, mathématique, médecine, philosophie, …) collectés au cours des conquêtes furent traduits et étudiés... Les savants musulmans enrichirent le patrimoine universel hérité des Iraniens, des Chinois, des Indiens et des Grecs. Le mouvement scientifique en Islam avait vite donné naissance à des scientifiques de talent tels que Ibn Sina, Al Kawarizmi, al-Hassan Ibn Haytham, le célèbre physicien Jâbir Ibn Hayyân que les Européens appellent « le Père de la Chimie » et d’autres savants semblables. Leurs écrits ont laissé une grande influence sur des scientifiques tels que Roger Bacon, Kepler et Leonard Di Vinci. Il convient de noter que les progrès scientifiques réalisés dans le monde musulman ont eu lieu à l’époque du Moyen-Age qui coïncide avec l’opposition violente de l’Eglise à la Renaissance et aux pionniers du mouvement scientifique occidental naissant . L’Islam avait stimulé les mouvements scientifiques dans le monde et pour cette même raison, il était devenu la principale fontaine du vaste développement de la science et de la connaissance. Ainsi, les facteurs qui ont conduit les intellectuels de l’Occident à s’éloigner de la religion, n’existaient pas dans le monde musulman. Au contraire, l’Islam a créé une atmosphère meilleure et plus favorable à l’avancement de l’enseignement et à la promotion de la science.

Cependant, il est incontestable que des dissensions internes dans le monde musulman se sont développées intensivement depuis le XIIe siècle. Les conflits d’intérêt ont engendré la promotion des intérêts personnels au détriment de l’intérêt général. Ils ont conduit à négliger les vrais enseignements de l’Islam, à freiner le progrès et à devenir indifférent à l’esprit du temps. Ces états d’âme se sont reflétés au niveau de plusieurs générations postérieures et dans plusieurs pays musulmans. Pourtant, l’un des derniers phares de la pensée musulmane, Ibn Rochd, avait clairement posé les équations du développement scientifique consistant à maintenir en cohésion la religion et la science. Dans son « traité décisif sur l’accord de la religion et de la philosophie (elle englobait les disciplines scientifiques)), Ibn Rochd affirme qu’il y a obligation pour le croyant de s’adonner à la philosophie, parce qu’elle est la sœur de la religion : ce sont deux aspects différents de la même vérité ; aucune contradiction entre eux. C’est ce qu’Ibn Rochd affirme clairement, dés le début de son livre : « Si l’œuvre de la philosophie (falsafa) n’est rien de plus que la spéculation sur l’univers en tant qu’il fait connaître l’Artisan (je veux dire en tant qu’il est œuvre d’art, car l’univers ne fait connaître l’Artisan que par la connaissance de l’art qu’il[révèle], et plus la connaissance de l’art qu’il [révèle] est parfaite, plus est parfaite la connaissance de l’Artisan), et [si] la Loi religieuse invite et incite à s’instruire par la considération de l’univers, il est dés lors évident que l’[étude] désignée par ce nom [de philosophie] est, de par la Loi religieuse, ou bien obligatoire ou bien méritoire.

Que la loi divine invite à une étude rationnelle et approfondie de l’univers, c’est ce qui apparaît clairement dans plus d’un verset du Livre de Dieu (le Béni, le Très-Haut !). Lorsqu’on dit par exemple : « Tirez enseignement[de cela], o vous qui êtes doués d’intelligence ! » c’est là une énonciation formelle montrant qu’il est obligatoire de faire usage du raisonnement rationnel et religieux à la fois. ».

Le mouvement scientifique de la Renaissance Européenne ne fut pas suivi par les universités musulmanes de l’époque. Par la suite, faute de schémas appropriés de développement et au fil des siècles, le mouvement scientifique déclina et accusa un retard de phase, récurrent et croissant, par rapport à celui de l’Occident, de sorte qu’il semble actuellement distant. L’influence culturelle de l’esprit scientifique à toutes les composantes sociales ne s’est pas faite graduellement et naturellement, alors que le savant Al Kindi a préconisé la recherche de la vérité d’où qu’elle vienne. La culture scientifique ne se communique pas par miracle, mais par de longs efforts d’apprentissage, par l’éducation et de génération en génération. Un autre facteur a compliqué le problème, l’Islam n’ayant pas été présenté correctement aux générations suivantes, son rôle constructif a décliné progressivement dans les différents domaines.

Cependant, l’Islam a un avenir prometteur. En ravivant ses idéaux et en le présentant d’une manière adéquate, il reprendra rapidement son caractère originel et son appel universel.

En résumé, il n’y a pas de dualité entre la foi et les sciences. Elles doivent évoluer en harmonie afin d’éviter les dérives éventuelles. Chaque livre des sciences naturelles : la physique, la chimie, la biologie, l’anatomie, la médecine, la chirurgie, la zoologie, la botanique, etc. - peut être utilisé comme un livre de théologie naturelle, car tous ces livres traitent des secrets et des lois des merveilleux systèmes de la création dont l’interprétation correcte et logique n’est pas possible sans la reconnaissance de l’existence de Dieu. Comme l’a dit Kepler, le fondateur de l’astronomie moderne : « Plus nous savons de choses sur la création et la grandeur des corps célestes, plus notre foi (en Dieu) devient profonde. ». George Gemove dit qu’il existe une relation étroite entre le progrès de la science et la solidité de la Foi en Dieu. Plus la connaissance scientifique s’étend, plus la foi en Dieu s’affermira. Albert Winchester, un biologiste qui a été Président de l’Académie des Sciences de Floride dit que chaque nouvelle découverte dans le monde de la science renforce cent fois la fermeté de notre Foi, dissipe les doutes cachés qui habitent plus ou moins le fond de nos cœurs et les remplace par des idées plus nobles de la reconnaissance de Dieu et de Son Unicité. Une foi qui ne s’appuie donc pas sur des structures objectives risque de dévier et devenir semblable aux mythologies quel que soit les miracles qu’elle peut manifester. Une foi erronée est d’ailleurs l’assise de nombreuses sectes. De même, si les sciences ne respectent pas les limites divines ou si elles sont utilisées à des fins de destruction, par effet boomerang, elles se retourneront tôt ou tard contre l’humanité : « Science, sans conscience, n’est que ruine de l’âme  » (Rabelais).

Le scientifique contemporain, Abernethy dit que la science doit, pour sa propre perfection, regarder la foi en Dieu comme l’un de ses principes admis. Donc l’homme religieux, selon les enseignements religieux authentiques peut plus que tout autre, réaliser des recherches et découvrir les secrets de Dieu dans Sa Création !

 

 

Bibliographie :

Coran : (Traduction du Dr Salah ed-Dine Kechrid)

Philosophie de l’Islam : Behechti & Bâhonar :

La Rationalité de l’Islam : Par un groupe de savants, Edité et traduit et annoté par Abbas

Ahmad al-Bostani

Roger Garaudy : L’Islam habite notre avenir

M. KASSAB : GLOIRE A DIEU OU LES MILLE VERITES SCIENTIFIQUES DU CORAN

Mohammed Aziz Lahbabi : Personnalisme musulman

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Auteur d'ouvrages s'interessant particulierement à l'avenir de la civilisation musulmane dans la persective de son passé. Tajeddine Bennani est notamment l’auteur en 1993, du livre 'Trait d'union' qui traite de la renaissance musulmane au travers de contes.

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