Nous assimilons ici les termes « ribà », « intérêt » et « usure » quand bien même l’utilisation de ces termes dans le langage courant fait apparaître des nuances sémantiques entre eux. Selon les écrits capitalistes, si le taux d’intérêt devient trop élevé, il est qualifié d’usuraire et de ce fait devient prohibé, concédant par là que la pratique usuraire peut être nuisible à l’économie si le taux devient trop élevé.
2. La critique économique de l’intérêt
Afin de cadrer la discussion, rappelons quelques
définitions simples Linguistiquement, le terme « rib
style=';font-family:TranslitLS'>Œ » est
défini comme « le surplus d’un capital »
name="_ftnref1" title="">
class=MsoFootnoteReference>[1].
Le procès-verbal affirme qu’« il y a deux sortes d’intérêt, une sorte
licite et une sorte illicite. Quant au licite, c’est ton cadeau à une personne
dans l’espoir d’en récupérer une récompense supérieure (de la part du Tout
Puissant) conformément au verset disant que
style=';font-family:TranslitLS'> ce que vous avez gagné sur l’argent des gens n’a pas
de récompense auprès de Dieu. Quant
à l’illicite, c’est le fait de donner dix dirhams à quelqu’un à condition qu’il
en rembourse plus que dix dirhams. C’est l’intérêt que Dieu a interdit car il a
dit : Ô ceux qui croyez, craignez Dieu et délaissez le
surplus (usuraire) si vous êtes croyants
style=';font-family:TranslitLS'> »
class=MsoFootnoteReference>[2].
Les théologiens chrétiens ont défini l’usure comme « l’intention de
recevoir quelque chose de plus dans un prêt que le capital »
href="#_ftn3" name="_ftnref3" title="">
class=MsoFootnoteReference>[3].
Nous assimilons ici les termes « rib
style=';font-family:TranslitLS'>Œ », « intérêt » et « usure »
quand bien même l’utilisation de ces termes dans le langage courant fait
apparaître des nuances sémantiques entre eux. Selon les écrits capitalistes, si
le taux d’intérêt devient trop élevé, il est qualifié d’usuraire et de ce fait
devient prohibé, concédant par là que la pratique usuraire peut être nuisible à
l’économie si le taux devient trop élevé
title="">
>[4].
D’un point de vue islamique, l’intérêt est la fixation a priori d’un taux
d’intérêt sur une somme prêtée ou dans le cadre d’une transaction, quelque soit
le montant de ce taux. L’intérêt est donc qualifié d’usuraire, quelque soit le
taux. On en conclut que la prohibition de l’usure en islam vise la notion même
de l’intérêt alors que la prohibition de l’usure dans le capitalisme ne
concerne que l’intérêt pratiqué à des taux discrétionnairement qualifiés
d’ « usuraires ».
Le débat économique sur la pertinence de la pratique
usuraire vise à définir les avantages et les inconvénients de cette pratique,
afin de déterminer son opportunité d’un point de vue économique. Mais au-delà
de l’aspect technique de la question, il s’agit de savoir ce qui justifierait,
ou au contraire ne justifierait pas, le fait qu’une partie de la richesse
produite par une nation tombe dans les mains de capitalistes rentiers. Posé
comme cela, le problème de l’intérêt devient un problème de distribution, et
par conséquent d’équité
class=MsoFootnoteReference>
>[5].
Dès lors, cette discussion conduit nécessairement à se positionner moralement
dans le débat, car il n’est pas possible de trancher sans s’appuyer sur des
positions morales. D’un point de vue islamique, cela consiste à connaître la
position du Créateur vis-à-vis de la pratique de l’intérêt. Connaître cette
position requiert une démarche de jurisconsulte, au terme de laquelle se dégage
la position du Créateur, laquelle revêt un caractère obligatoire pour le
croyant.
Contrairement à une idée reçue, considérant le taux
d’intérêt
class=MsoFootnoteReference>
>[6]
comme un usage relevant de la nature des sociétés humaines, celui-ci est une pratique
économique conventionnelle, dans le sens où elle résulte d’une convention
humaine, en vertu de laquelle un groupe d’hommes s’accordent à réguler une
partie de leurs transactions sur un mode usuraire. C’est son caractère
conventionnel et pratique qui donne au taux d’intérêt sa souplesse
d’utilisation et son aspect protéiforme. Duboin écrit que « notre
système monétaire et financier s’est constitué d’expédients qu’imaginèrent les
hommes au fur et à mesure que la civilisation a progressé »
name="_ftnref7" title="">
class=MsoFootnoteReference>[7].
L’ordre naturel dont nous parlons ici est celui qui correspond le mieux à la
nature humaine. Puisque nous sommes des créatures de Dieu, nous devons
naturellement considérer que l’ordre naturel est celui décrit par Dieu. L’ordre
naturel équivaut à l’ordre divin sans toutefois prétendre que la pratique des
affaires est actuellement conforme à cet ordre naturel.
Cette distinction est importante pour comprendre notre
positionnement. On trouve un
écho à cette vision chez S.Gesell : « The economic order here
discussed is a natural order only in the sense that it is adapted to the nature
of man. It is not an order which arises spontaneously as a natural product.
Such an order does not, indeed, exist, for the order which we impose upon
ourselves is always an act, an act consciously willed »
name="_ftnref8" title="">
class=MsoFootnoteReference>[8].
Derrière ces définitions se cachent des débats
approfondis sur la définition de l’économie et la nature à donner aux
transactions entre les agents économiques. Il est utile de rappeler que la
théorie de l’intérêt dépend de la définition que l’on donne de l’origine de la
valeur. La valeur est-elle produite par le seul travail, le seul capital ou une
association des deux ? Voilà une question transversale qui reste posée en
fond du débat sur l’intérêt. Aujourd’hui, l’intérêt est devenu un acteur
naturel du monde financier. Son rôle reste très controversé.
On peut expliquer ce malaise par une question : « Qui
accuser désormais lorsque la crise advient ? Alors que les anciens
usuriers sont devenus omniprésents, toute critique à leur égard implique
nécessairement une réévaluation générale du système économique. Depuis que les
marginaux d’hier ont investi la cité, c’est le don, le bénévolat, la gratuité
qui deviennent hérétiques »
class=MsoFootnoteReference>
>[9].
Or rappelons que la pratique de l’intérêt est conventionnelle et résulte d’une
pratique concertée des agents. Existe t-il un tabou de l’intérêt dans les
débats économiques ? En fait, une raison encore plus lointaine est le
choix délibéré par les économistes d’écarter du débat économique tout argument
d’ordre moral, et de manière générale, tout argument ne relevant pas de la
science économique elle-même
class=MsoFootnoteReference>
>[10].
Ce malaise traduit en réalité le fait que l’intérêt est une caractéristique
centrale du système capitaliste
class=MsoFootnoteReference>
>[11].
En effet, le capitalisme est un système monopoliste, qui doit sa pérennité à
l’existence d’une classe financière monopolisatrice, capable de thésauriser
puis de mobiliser des capitaux importants. Eliminer cette classe équivaudrait à
une mort annoncée du capitalisme.
v
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Les inconvénients attribués à la
pratique usuraire
La littérature dénonçant les effets destructeurs de la
pratique usuraire est abondante. Elle reste toutefois relativement méconnue en
raison de sa marginalisation par le courant libéral dominant
name="_ftnref12" title="">
class=MsoFootnoteReference>[12].
Dès le 18ème siècle, les partisans de l’intérêt ne peuvent que
déplorer les conséquences socio-économiques de la pratique de l’intérêt (sans
parler des taux dits « usuraires » qui fait consensus). Ainsi,
Sonnenfels (1787) lui attribue des effets néfastes comme la cherté des biens,
la réduction des profits industriels et le fait qu’une partie des profits
industriels reviennent au prêteur.
Il décrit par ailleurs les capitalistes comme « ceux
qui ne travaillent pas, et qui vivent de la sueur des classes laborieuses »
href="#_ftn13" name="_ftnref13" title="">
class=MsoFootnoteReference>[13].
Culpepper prétend que l’intérêt nuit au pauvre, au commerce, au roi, au profit
de la terre, à la piété et à la vertu et à la gloire de l’Etat, tout en
laissant penser qu’un taux inférieur à 10 % n’est pas nuisible
name="_ftnref14" title="">
class=MsoFootnoteReference>[14].
Dans la mesure où la macroéconomie est souvent le reflet de l’agrégation d’un
constat microéconomique, nous avons reparti pour chaque catégorie des problèmes
répertoriés, ces problèmes aux niveaux microéconomique et macroéconomique.
o style='font:7.0pt "Verdana"'> Problèmes d’efficacité
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Effets
microéconomiques
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Inhibition de la décision
d’investissement
Le taux d’intérêt monétaire, en tant que référence
pour toutes autres transactions usuraires, inhibe l’investissement car le taux
de rendement interne des projets doit forcément être supérieur au taux
d’intérêt pour espérer être rentable
class=MsoFootnoteReference>
>[15].
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Allocation de capital vers les
débiteurs les moins risqués ou les mieux garantis
Le système bancaire et plus généralement les
investisseurs adoptent une approche d’investissement conservatrice en
privilégiant les clients les moins risqués, éliminant de ce fait les clients
moins connus et les projets moins importants
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Baisse de l’envie de produire
L’entrepreneur est réticent à se lancer dans une
aventure dans laquelle il supporte la totalité du risque encouru par
l’investissement
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Stratégie d’investissement à court
terme
Dans le climat de préférence financière pour le
présent et de refoulement du risque résultant de la pratique usuraire, les
investissements à court terme avec une forte rentabilité et peu de risque sont
préférés aux investissements avec une meilleure rationalité économique,
stratégique et environnementale
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Effets
macroéconomiques
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Réduction du niveau du ratio
d’investissement par rapport au PIB
Le taux d’intérêt crée un effet cliquet exerçant une
sélection inverse sur tout projet d’investissement dont le TRI est inférieur au
taux d’intérêt. De ce fait, une barrière à l’entrée sur le marché du crédit est
artificiellement maintenue, avec pour conséquence une réduction du niveau
national de l’investissement
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Rigidité du niveau des prix
Par la fixation ex ante d’un taux de rémunération du
prêt de monnaie, l’ensemble du mécanisme élémentaire d’ajustement des prix en
fonction de l’offre et de la demande est grippé. Le taux d’intérêt directeur
(banque centrale) est à l’origine d’un effet cliquet contre productif. Cette
rigidité ne peut que difficilement être compensé par la déréglementation du
marché du travail ou la libre circulation des capitaux.
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Trappe à spéculation
Dans ces conditions, la spéculation sur les marchés
monétaires, boursiers et immobiliers - réunissant les caractéristiques de
l’investissement rentable, peu risqué et de court terme, est stimulée, sortant
du cycle productif un volume important de l’épargne.
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Baisse du niveau du capital
d’investissement disponible
Dans ces conditions, le volume de capital disponible
pour l’investissement dans des projets industriels et créateurs de valeur
réelle diminue
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Allocations des capitaux et
répartition des profits inefficaces
Le système d’allocation des capitaux d’investissement
à travers l’intermédiation bancaire et le marché monétaire favorise une
structure particulière d’investissement et rémunère les agents (actionnaire,
salarié, entrepreneur, banquier) sans connexion pertinente avec les profits
réels
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Déconnexion de la sphère financière
avec la sphère productive
Le marché monétaire usuraire, aspirant un volume de
capitaux croissant et en autorisant les activités de spéculation, génère des
modes de fonctionnement (à court terme et international) et des critères de
rentabilité spécifiques (très exigeants). L’activité monétaire contamine la
sphère financière (bourse, intermédiation bancaire, autres) dans son ensemble
et surdétermine son fonctionnement.
Les règles édictées par la sphère financière sont
inadaptées à la sphère productive, qui ne peut pas suivre en terme de rapidité,
flexibilité et de rentabilité
class=MsoFootnoteReference>
>[16].
Ce gap étant incompressible (la gestion de l’outil de production est plus
compliquée que la gestion informatique de portefeuille), la sphère financière
ne sert plus à financer l’activité réelle mais se comporte comme un déterminant
irrationnel des critères de rentabilité de la sphère productive, sans pouvoir
prendre en compte ses spécificités opérationnelles (délais, rigidités
incompressibles)
o style='font:7.0pt "Verdana"'> Problème d’équité
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Effets
microéconomiques
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Iniquité du partage du risque entre
entrepreneurs et fournisseurs de capital
D’un point de vue islamique, la distribution du profit
selon le système financier usuraire est inéquitable car, tout en faisant
supporter la totalité du risque d’investissement sur l’entrepreneur, la
rémunération (qui en soi n’est pas justifiée) ne fait pas cas des intérêts
légitimes de l’entrepreneur
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Distribution inéquitable des profits
Le facteur capital est rémunéré de manière fixe,
prévisible à priori sans supporter le moindre risque sur le principal prêté
alors que le facteur travail (intégrant le risque pris par l’entrepreneur)
puisque rémunéré sur un profit réel a posteriori, encourt la totalité du
risque. Le système usuraire instaure une clef de répartition injuste du partage
du profit à l’avantage du capital.
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Problème de l’endettement
Le refus de partager le risque de la part du créditeur
introduit un mécanisme de trappe à endettement qui laisse peu de chance de
sortie au débiteur. Ce phénomène est également observable au niveau de
l’endettement international des pays les plus pauvres
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Effets
macroéconomiques
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Problème de l’endettement
L’endettement devient un frein à la croissance
économique au niveau national et international. Il bloque la vie normale des
affaires et créé des risques d’insolvabilité. Les pays touchés par un
endettement excessif ne peuvent s’en sortir qu’en déclarant la banqueroute ou
en attendant un effacement de la dette de la part des pays créditeurs
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Concentration monopoliste du capital
Phénomène de concentration du capital accentué par le
système financier usuraire qui tend à préférer les riches aux pauvres de par
son exécration du risque et un mode erroné de rémunération.
o style='font:7.0pt "Verdana"'> Problème d’instabilité systèmique
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Effets
microéconomiques
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Effets psychologiques sur le climat
des affaires
Le système usuraire impose un climat des affaires
caractérisé par le stress, la présomption de méfiance et l’égoïsme. Le stress
résulte de la fixation a priori d’un taux et de l’obligation faite à
l’emprunteur de rembourser à une date précise un montant précis supérieur au
principal. La pratique de l’intérêt conduit le prêteur à exiger des garanties
et nantissements exigeants, sur la base de la méfiance qu’il a envers son
débiteur, du fait de l’antagonisme de leurs intérêts. Il est clair que le
système usuraire crée un climat d’indifférence de la part du créancier
vis-à-vis du succès de l’entreprise du débiteur, dans la mesure où la totalité
du risque est supporté par le seul débiteur.
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Le problème des règles prudentielles
Le système bancaire usuraire, caractérisé par
l’autorisation donnée aux banques privées de créer de la monnaie à travers le
système des réserves fractionnelles, rend le contrôle prudentiel de leurs
activités bancaires problématique (cf. conférences de Basle I (1988) et Basle
II (1998)). Le climat des affaires en environnement capitaliste conduit parfois
les financiers à enfreindre la loi afin de répondre à des critères de rentabilité
impossibles à atteindre (exemple d’Enron et Andersen en 2003)
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Effets
macroéconomiques
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Accumulation du capital et
désactivation de l’équilibre de marché
De cette façon se produit une accumulation du capital,
créant une classe capitaliste rentière, à la base du développement capitaliste
moderne et industriel
class=MsoFootnoteReference>
>[17].
Ce phénomène oriente nos sociétés vers la ploutocratie, encline à la
monopolisation économique ; si bien que les principes de libre concurrence
et libre entreprise, chers au libéralisme sont en pratique grandement atténués
href="#_ftn18" name="_ftnref18" title="">
class=MsoFootnoteReference>[18].
Dès lors, les mécanismes naturels de stabilisation et de retour à l’équilibre
des marchés deviennent inefficaces, ouvrant la porte à des déséquilibres
structurels qu’il est impossible d’éliminer sans une intervention de l’Etat
href="#_ftn19" name="_ftnref19" title="">
class=MsoFootnoteReference>[19].
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Caractère inflationniste structurel
Assez tôt, des auteurs ont reproché au système
capitaliste son instabilité structurelle due à son caractère inflationniste,
comme Thornton (1802) et Wicksell (1898). D’après le modèle de Wicksell, le
niveau général des prix dépend de la différence entre le taux de profit et le
taux d’intérêt bancaire : a) la condition d’équilibre monétaire (sans
inflation) est l’équivalence entre le taux de profit et le taux d’intérêt
bancaire b) la condition d’inflation est que le taux de profit soit supérieur
au taux d’intérêt bancaire c) la condition de déflation est que le taux de
profit soit inférieur au taux d’intérêt bancaire. De son côté, Milton Friedman
propose d’éliminer le système des réserves bancaires fractionnelles en monnaie
banque centrale en lui substituant un taux de réserve à 100%. Cette mesure
permettrait ainsi de retirer aux banques la possibilité de créer de la monnaie
à travers le système du crédit
class=MsoFootnoteReference>
>[20].
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Instabilité du système bancaire
international reposant sur la garantie gouvernementale
L’instabilité du système capitaliste a amené les
gouvernements à prévenir tout risque de crise au niveau international en
instaurant l’idée du « prêteur en dernier ressort ».
C’est le rôle du FMI d’intervenir sur le marché
international du crédit pour éviter l’insolvabilité de pays, qui menaceraient
l’équilibre du système financier international s’il venait à répudier leurs
dettes. Ce système a certes permis d’éviter le déclenchement d’une crise
financière déstabilisatrice mais en retour, a accru l’instabilité systémique du
capitalisme, en donnant aux acteurs un sentiment d’impunité (en particulier les
grandes banques internationales).
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Instabilité financière et crise
chronique
Keynes dans la Théorie Générale considère la baisse du taux d’intérêt comme le principal facteur de
crise du monde capitaliste. Keynes définit deux dangers principaux pour
l’économie en deux étapes consécutives : la probabilité de faillite du
producteur de laquelle découle la probabilité de faillite du créancier en cas
d’insolvabilité du débiteur. Minsky considère que le capitalisme est
intrinsèquement instable
class=MsoFootnoteReference>
>[21].
En période de croissance, l’enthousiasme encourage la
spéculation et le risque, à travers une stimulation du crédit et de l’emprunt
usuraire. La négligence des acteurs les expose financièrement et rend leur
situation financière fragile. Quand la confiance dans la solidité de la
situation financière s’effrite, la valorisation des actifs se déprécie
provoquant l’insolvabilité de nombreux débiteurs. La crise financière est
déclenchée et dure jusque l’épurement des bilans soient des mauvaises dettes.
Selon l’intensité et l’expansion de la crise, s’ensuit chômage, faillites et
misère sociale.
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Mobilité des actifs financiers
contre rigidité naturelle de l’outil de production (capital apatride)
Compte tenu de la déconnexion évoquée entre la sphère
productive et la sphère financière, la détermination des décisions économiques
par la sphère financière conduit à des décisions managériales inadaptées au
regard de l’outil de production. En particulier, la libre circulation des
capitaux et la possibilité de se retirer d’un marché national donné en cours
laps de temps peut déstabiliser d’autant l’outil de production, qui ne
bénéficie naturellement pas de la même flexibilité et mobilité.
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Augmentation du chômage
Pour Keynes, le taux d’intérêt ne peut qu’être positif
car il résulte de la préférence pour la liquidité. Or le taux d’intérêt
monétaire selon lui ralentit l’investissement productif sans pouvoir stimuler
la création monétaire, complètement inélastique par hypothèse
name="_ftnref22" title="">
class=MsoFootnoteReference>[22].
Il continue en affirmant que la spéculation monétaire résultant du taux
d’intérêt rendait le plein emploi impossible même si les salaires et les prix
étaient entièrement flexibles.
L’emploi dépend de l’investissement et
l’investissement dépend de la rentabilité du projet compte tenu du taux
d’intérêt. Le taux de chômage est donc inversement proportionnel avec le taux
d’intérêt. Dans un raisonnement a contrario, Proudhon
name="_ftnref23" title="">
class=MsoFootnoteReference>[23]
et Gesell
class=MsoFootnoteReference>
>[24]
affirment que l’émancipation du travailleur passe par le travail, car le
travail créant une certaine abondance de capital, il réduit ainsi son coût
(taux d’intérêt) qui tendra alors vers zéro.
v
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Les justifications à la pratique
usuraire
L’intérêt est un sujet polémique car jusqu’à nos
jours, personne n’a pu lui donner une justification économique indiscutable. Le
philosophe Locke écrit en 1691 que « la monnaie est stérile et ne
produit rien ; mais transfert le profit rémunérant le travail d’une
personne, dans la poche d’un autre »
title="">[25].
La revue des arguments en faveur et contre la légalisation de l’intérêt
démontre qu’au minimum, la légalisation n’est pas plus justifiée que
l’interdiction.
Il nous semble à ce stade que l’argumentation en
faveur de l’intérêt n’est pas convaincante en raison de la faiblesse de son
articulation juridique. Il en découle que les justifications données à la
pratique usuraire paraissent inefficaces pour un juriste. Reste que pour le
croyant, l’argumentation donnée par les tenants de la légalisation n’a en
définitive aucune prise, car la Loi de Dieu résulte de la Raison Parfaite, c’est-à-dire du Créateur Omniscient. Böhm-Bawerk a répertorié trois théories principales justifiant l’intérêt. Par la suite, nous distinguons les justifications empiriques, juridiques et psychologiques.
o style='font:7.0pt "Verdana"'> Théories de l’origine de la valeur
Selon Bawerk, il existe trois théories principales
expliquant la création de la valeur
class=MsoFootnoteReference>[26] :
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
La théorie naïve
de la productivité
La
théorie naïve de la productivité considère qu’il y a trois sources de
richesse : la nature, le travail et la capital, qui apporte chacun en
propre un profit en tant que facteur de production. L’intérêt correspond à la
part de profit produit par le capital. Le problème de l’intérêt est donc un
problème de production et in fine une question de distribution.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
La théorie
socialiste de l’exploitation
La
théorie socialiste de l’exploitation considère le travail comme le seul facteur
de richesse. La prise d’intérêt de la part des capitalistes et des
propriétaires terriens n’est pas justifiable et résulte de l’exercice de
violence au niveau de la distribution. Le socialisme est donc en théorie opposé
à l’idée de l’intérêt.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
La théorie
syncrétique
Une
théorie intermédiaire considère que la nature, le travail et le capital sont
chacun une source de profit mais que la valeur attribuée aux biens produits
dépend de l’évaluation de chaque personne en fonction de ses besoins. Le
problème de l’intérêt devient alors un problème de valorisation au lieu d’être
un problème de distribution.
o style='font:7.0pt "Verdana"'> Justification empirique
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Validation de la
pratique des affaires
Les théoriciens de l’intérêt sont mal à l’aise pour
justifier la pratique de l’usure
class=MsoFootnoteReference>[27].
Ils soulignent que la pratique des affaires s’est toujours portée en faux
contre l’interdiction légale de l’intérêt. Bohm Bawerk écrit à ce sujet que la
réponse à « la question théorique de savoir si le prêt à intérêt est
justifiable ou pas a été donnée par la pratique avant qu’il n’y ait une
doctrine économique théorique »
title="">[28].
Ils font de cette dichotomie l’argument principal de leur démonstration, en
disant que finalement la loi doit suivre et s’adapter à la pratique. Bacon
justifie ainsi sa position : « Puisque que les hommes doivent
se plier à la nécessité et obtenir de l’argent en l’empruntant, et étant si
durs de coeur qu’il ne prêteraient pas autrement (qu’en réclamant un intérêt),
il n’y a rien d’autre à faire que de l’autoriser »
name="_ftnref29" title="">
class=MsoFootnoteReference>[29].
lang=EN-GB >Adam Smith tend à considérer l’intérêt
comme naturel, en affirmant : « As something can everywhere be made by the use
of money, something ought everywhere to be paid for the use of it »
href="#_ftn30" name="_ftnref30" title="">[30]
lang=EN-GB >. Certains
ont même affirmé que puisque la pratique de l’intérêt fait partie du droit
naturel (jus naturale), il correspond par conséquent au jugement du droit
divin (jus divinum)
class=MsoFootnoteReference>[31] !
Ceci est un raisonnement par défaut et ne prouve rien. Par ailleurs, il y a une
prise de position juridique positiviste évidente dans cette argumentation, en
acceptant que la loi doive s’adapter à la pratique sociale
name="_ftnref32" title="">
class=MsoFootnoteReference>[32].
Or, ce point de vue n’est acceptable ni logiquement et ni théologiquement et
introduit une dimension superstitieuse dans le débat. Logiquement, on ne peut
préférer quelque chose sans justifier cette préférence, en somme préférer une
pratique (favorable à l’intérêt) à une argumentation logique (défavorable à
l’intérêt) sans argument valable. Théologiquement, il est clair que la loi ne
saurait être subordonnée à la pratique dans une construction théorique où la Révélation a la priorité sur toute autre considération, car elle émane de la Raison elle-même. La seule conclusion que l’on peut tirer de l’existence d’une dichotomie
entre pratique et législation, qui devrait être contextualisée dans la
chrétienté d’alors, est qu’un système de substitution est nécessaire, afin de
ne pas « étouffer » le cours normal des affaires. C’est l’objet de la
proposition du système financier de partage des profits.
o style='font:7.0pt "Verdana"'> Justifications à caractère juridique
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
L’intérêt comme
loyer de l’argent
L’intérêt perçu est le loyer contre lequel l’argent
est prêté
class=MsoFootnoteReference>[33].
Claude Saumaise (1588-1653) considère pour sa part que l’intérêt est un
paiement en contrepartie de la jouissance des montants prêtés
name="_ftnref34" title="">
class=MsoFootnoteReference>[34].
Des auteurs ont ajouté que le dit « loyer » doit être proportionnel
du profit qu’il tire de la chose prêtée liant ainsi le taux d’intérêt au taux
de profit espéré
class=MsoFootnoteReference>[35].
Locke justifie la prise d’intérêt par l’analogie parfaite qu’il voit entre le
prêt à intérêt et la location foncière
title="">[36].
Cette opinion a été appelée par Böhm-Bawerk (puise reprise par Gesell) « théorie
de la fructification ». Economiquement, l’intérêt sert à renforcer
l’épargne indispensable à l’économie de type capitaliste.
Le problème est que cette opinion est juridiquement
indéfendable car le prêt (qar`) ne peut
pas être comparé au contrat de location (ij
style=';font-family:TranslitLS'>Œra), leur
définition étant différente. Ainsi, le contrat de location est « la
prise en jouissance d’un bien moyennant (le versement) d’un loyer
déterminé »
name="_ftnref37" title="">
class=MsoFootnoteReference>[37]
à charge d’en conserver la substance (taml
style=';font-family:TranslitLS'>¥k al-manfa<a), sans donner la disposition de ce bien (vente,
donation, succession). Alors que dans le contrat de prêt, le débiteur peut
jouir de l’argent prêté et en disposer librement (taml
style=';font-family:TranslitLS'>¥k al-<ayn).
Ainsi, le prêteur ne peut demander une rémunération
pour un bien qui ne lui appartient plus
title="">[38].
Augustin, dans une argumentation plus théorique que juridique, avance un point
de vue proche quand il affirme que prêter à intérêt consiste à demander deux
compensations pour un seul article, à savoir la certitude que le même article
(même montant) lui soit rendu, plus un intérêt pour pouvoir en jouir.
Or comme la jouissance de l’argent est de pouvoir le
dépenser, il est inadmissible de demander une compensation sous forme d’intérêt
pour dépenser cet argent
class=MsoFootnoteReference>[39].
De son côté, le juriste Pothier (1699-1772) réfute la prise d’intérêt en
distinguant le prêt de biens fongibles de biens non fongibles
name="_ftnref40" title="">
class=MsoFootnoteReference>[40].
Economiquement, l’épargne n’est pas considérée productive en soi tant qu’elle
n’est pas investie et utilisée dans un projet d’investissement.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Opinion juridique
de la parité du pouvoir d’achat
L’intérêt a pour but de préserver la parité de pouvoir
d’achat du montant rendu par rapport au montant prêté. En fait, cette théorie
admet implicitement qu’un prêt ne justifie aucune rémunération. Simplement, il
s’agit de préserver la valeur réelle du montant prêté et non pas seulement la
valeur nominale. D’après le droit musulman, tout dépôt devant être rendu (comme
une somme d’argent), il existe deux principales opinions : la première
considère que la monnaie est un « bien similaire » (qaym
style=';font-family:TranslitLS'>¥) et de ce fait tout dépôt doit être rendu à
l’identique (par exemple trois billets de 100 euros) ; la seconde
considère que la monnaie est un « bien de valeur » (mithl
style=';font-family:TranslitLS'>¥) et de ce fait l’identité du dépôt implique que l’on
rende le même pouvoir d’achat.
Une opinion intermédiaire consiste à vérifier si la
variation nominale de la monnaie est telle que, du point de vue de la coutume,
on peut qualifier cette dévaluation de lésion, et donc permettre de prendre en
compte dans le contrat de prêt l’éventualité d’un remboursement supérieur au
montant nominal du prêt, à hauteur de la dévaluation constatée du pouvoir
d’achat. Par exemple pour M.ÝŒf¥, le contrat peut contenir
une clause stipulant que dans le cas où le taux d’inflation atteint un certain
niveau, qui peut constituer une injustice aux yeux de la coutume et de la
pratique, la différence de pouvoir d’achat résultant de ce taux d’inflation est
à la charge du débiteur
class=MsoFootnoteReference>[41].
Il s’agit de raisonner en terme réel en inflatant les sommes concernées. En
définitive, cette opinion ne justifie pas l’intérêt, mais prend note d’un fait
économique (inflation) et essaye de répondre au problème qu’il pose en terme
d’équité. Enfin, il convient de souligner que la théorie de la conservation de
la parité du pouvoir d’achat n’est qu’une réponse provisoire au problème plus
général du caractère systématiquement inflationniste du régime financier
usuraire.
o style='font:7.0pt "Verdana"'> Justification à caractère économique
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
La théorie de
rétribution du capital
Selon cette théorie, la demande de capital dépend du
taux d’intérêt et le taux d’intérêt dépend de la profitabilité de
l’investissement. Le taux d’intérêt équivaut à la moyenne du taux de profit
produit par l’investissement du capital dans des activités économiques. L’intérêt
trouve alors son origine dans le profit résultant du travail effectué avec le
capital prêté. Le taux
d’intérêt est en quelque sorte un indice de profitabilité : « in
proportion, therefore, to the advantages to be reaped from borrowed money, the
borrowers offer more or less for the use of it »
name="_ftnref42" title="">[42]
lang=EN-GB >. Cette
théorie est appelée « théorie de la productivité » par Böhm-Bawerk.
Mais la nature de la relation existant entre taux de profit et taux d’intérêt
ne fait pas consensus. Certains économistes assimilent les deux taux tels John
Fullarton (1780-1849).
Mais certains économistes (Smith, Ricardo, Mill,
Marx ) ont réfuté l’existence d’un lien entre les deux taux. Galiani
(1750) objecte ainsi que la prise d’intérêt en tant que partie du profit
« quel qu’il soit, (...) tiré de la monnaie stérile, est indéfendable car
comment qualifier ce profit fruit d’un effort, quand celui qui fait l’effort
est l’emprunteur et pas le prêteur »
title="">[43].
Hume semble le premier à établir un lien entre le niveau des taux et le montant
des stocks de capital dans un marché
class=MsoFootnoteReference>[44].
Par ailleurs, Smith pense que « le taux d’intérêt est déterminé par des
facteurs monétaires » ce qui est aussi l’avis de Keynes. Mais Keynes
croit que le taux d’intérêt détermine à son tour le taux de profit.
Chez les néoclassiques, il existe d’autres
déterminants au taux d’intérêt que le taux de profit tel la demande de prêts à
la consommation et la demande étatique de capitaux. Par ailleurs, des
recherches statistiques ont montré que les variations du taux d’intérêt étaient
sans conséquence sur l’investissement et que les investisseurs regardent plutôt
les perspectives de profit et le prix des matières premières dans leur prise de
décision
class=MsoFootnoteReference>
>[45].
Quant au coût de la hausse de l’intérêt, il est
reporté sur les consommateurs. Enfin, les observateurs du marché financier
considèrent que les taux d’intérêt ne sont pas assez souples pour s’ajuster aux
variations de la profitabilité de l’investissement et que par ailleurs, même si
c’était le cas, la prise en compte d’autres résultats financiers dilue
l’influence des résultats d’investissement. Gesell réfute également la théorie
de la productivité en montrant que selon cette théorie, une plus grande
productivité du capital devrait aboutir à une meilleure rémunération du
capitaliste, c’est-à-dire à une augmentation des taux d’intérêt.
Or, c’est l’inverse qui se produit, car le taux
d’intérêt résulte de la confrontation d’une offre et d’une demande de capital,
d’où la baisse des taux simultanément à une hausse de la productivité du
capital. Cette théorie échoue à expliquer la variation des taux d’intérêt car
elle traite l’intérêt comme un « fait statistique » et ignore le côté
« offre » de capital
class=MsoFootnoteReference>[46].
Dans tous les cas, il n’est pas possible d’accepter cette justification car
elle contredit manifestement le report du risque d’investissement sur
l’entrepreneur. En l’absence de lien direct entre le contrat de prêt et
l’activité économique, toute idée de rétribution du prêt par le biais du
profit demeure injustifiée.
o style='font:7.0pt "Verdana"'> Justification à caractère psychologique
A
l’heure actuelle, la théorie de l’intérêt repose essentiellement sur des
considérations d’ordres psychologiques, qui contrastent avec la forme très
stricte, voire sévère que lui confère la mathématique des démonstrations.
lang=EN-GB>A cet égard, Fisher concède en
conclusion de son ouvrage principal : « From
the foregoing enumeration, it is clear that the rate of interest is dependent
upon very unstable influences many of which have their origin deep down in the
social fabric and involve considerations not strictly economic. Any causes
tending to affect intelligence, foresight, self-control, habits, the longevity
of man, family affection, and fashion will have their influence upon the rate
of interest »
href="#_ftn47" name="_ftnref47" title="">
style=';color:black'>
style=';color:black'>[47]
lang=EN-GB style=';color:black'>.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
L’intérêt comme
coût d’opportunité de l’argent
Entre plusieurs possibilités de placement, le choix
d’un placement se monnaye au prix d’un coût d’opportunité de l’argent, une
sorte d’incitation au prêt et à l’épargne. Le coût d’opportunité correspond au
coût de la transformation de revenus présents en revenus futurs et l’intérêt
est l’égalisation d’une différence entre la valeur présente et la valeur future
de l’argent
class=MsoFootnoteReference>
>[48].
Théoriquement, cette opinion est critiquable. Si le
coût d’opportunité existe probablement, il n’y a aucun lien direct avec
l’intérêt. De plus, l’opportunité dont il est question est avant tout un état
psychologique qui ne constitue pas un bien monnayable. D’ailleurs, d’un point
de vue islamique, le prêt est une action philanthropique et volontaire de la
part du prêteur. Il est donc malvenu de monnayer cette action charitable. Enfin
juridiquement, puisque le contrat de prêt rompt tout lien juridique entre
l’argent prêté et le créancier durant la durée du prêt, la prise d’un intérêt
est illicite
class=MsoFootnoteReference>[49].
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Théorie de
l’abstinence
La consommation étant destinée à assouvir les besoins
matériels des êtres humains, s’abstenir de consommer afin d’épargner et de
constituer un capital constituerait un effort. L’intérêt perçu sur un capital
prêté récompense l’épargne mobilisée pour le prêt, au lieu d’être consommée ou
investie à d’autres fins. Le choix de l’épargne au détriment de la consommation
constitue alors une « abstinence » qui mérite une récompense.
Cette abstinence contient également un élément de
risque qui doit être rémunéré. L’ « abstinence » est considérée
par Nassau Senior comme un facteur de production supplémentaire expliquant
l’intérêt
class=MsoFootnoteReference>[50].
Toutefois, sans création de richesse dans le cadre d’un contrat licite, comment
justifier cette rémunération, d’autant plus que le rentier peut toujours
assouvir ses besoins primaires. Le prêt ne constitue donc pas une abstinence à
proprement parler. Mais comment justifier que dans tous les autres cas
d’utilisation (thésaurisation, consommation, investissement productif), le
capitaliste ne peut prétendre à une rémunération sur la base de
l’ « abstinence », qui ne trouverait à s’appliquer que dans le
contrat de prêt ?
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
La préférence
temporelle pour le présent :
Selon les économistes de l’Ecole
autrichienne (Boehm-Bawerk, Fisher), les gens préfèrent assurer leur
besoin au présent plutôt qu’au futur, le présent étant plus sûr que le
futur...Les gens auraient donc naturellement une forte propension à consommer.
Cette vision a été critiquée par Marshall et Fisher qui ont posé des conditions
à cette assertion. Marshall affirme que cela n’est vrai que si l’on accepte que
les gens accordent effectivement une plus grande importance au présent ce qui
n’est pas prouvé pour tout le monde. Fisher n’accepte cette opinion que dans le
cas où les gens ont une évaluation efficace de la structure de leur revenu au
cours de leur vie
class=MsoFootnoteReference>
>[51].
Or les comportements d’épargne dépendent selon Fisher
(et Keynes) du niveau de revenu et non du seul taux d’intérêt
name="_ftnref52" title="">
class=MsoFootnoteReference>[52].
Pour Fisher, la propension à consommer (préférence temporelle pour le présent)
et le coût d’opportunité (coût de transformation de revenus présents en revenus
futurs) décrivent deux courbes dont l’intersection donne le taux d’intérêt
href="#_ftn53" name="_ftnref53" title="">
class=MsoFootnoteReference>[53].
Fisher tente même d’étendre sa théorie de la préférence pour le présent au
calcul des salaires, en affirmant que si l’intérêt varie, les salaires
varieront également
class=MsoFootnoteReference>
>[54].
Par ailleurs, Mac Kenna a montré dans son livre Economie de l’incertitude
que plus le monde économique est incertain, moins les ménages épargnent. La
théorie de la préférence temporelle pour le présent doit être sévèrement
nuancée. Notons au passage que sur cette théorie s’appuie la méthode du calcul
économique en entreprise d’actualisation des coûts et des revenus.
Ce raisonnement est aussi présent dans le corpus
islamique. Le procès-verbal d’un infaillible affirme qu’« au temps
correspond une partie du prix »
title="">[55].
Ainsi, le juriste musulman distingue le prix d’un bien (hors transactions
monétaires) lors d’une « vente au comptant » (bay
style=';font-family:TranslitLS'><) d’avec le prix de ce même bien lors d’une
« vente à terme » (bay<
al-nissia). Shaykh An
style=';font-family:TranslitLS'>¢Œr
style=';font-family:TranslitLS'>¥ Dieu l’agréé, écrit : « A moins de dire que le
complément n’est pas la contrepartie du temps, mais la contrepartie du fait que
le vendeur s’est privé du droit à l’instantanéité de recevoir l’argent, comme
le voudrait la nature du contrat (de vente) »
name="_ftnref56" title="">
class=MsoFootnoteReference>[56].
Ceci dit, il n’est pas obligatoire que cette
rétribution se fasse par le biais de l’intérêt. Par ailleurs, la préférence est
un état psychologique. De plus, un état psychologique n’a pas d’existence
indépendante et ne saurait donc être monnayée car ce n’est pas un bien
href="#_ftn57" name="_ftnref57" title="">
class=MsoFootnoteReference>[57].
La préférence temporelle
est incluse dans le prix du
bien mais ne peut être monnayée indépendamment de ce bien.
style='color:red'> On retrouve ici encore une différence de conception de
la monnaie car en tant qu’unité de compte, la monnaie ne peut générer de
richesse, comme l’a souligné Aristote
class=MsoFootnoteReference>
>[58].
C’eût été justifiable dans le cas où le transfert du titre de propriété était
complet et qu’aucun lien juridique ne liait le débiteur au créancier, comme
dans une vente. Mais ce n’est pas le cas du prêt, car la créance court jusque
le remboursement du capital prêté.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Théorie de la
préférence pour la liquidité
Les acteurs économiques ont une préférence pour la
liquidité. L’intérêt est le coût de cette préférence, afin que les gens ne
thésaurisent pas leur argent sous forme liquide. Toutefois, d’un point de vue
moral, on peut se demander comment il est possible de monnayer un état
psychologique (la préférence), à supposer qu’il existe réellement. C’est-à-dire
que la « préférence » n’a pas d’existence indépendante pour que l’on
puisse la monnayer. On ne peut pas vendre ou acheter des états psychologiques.
Dans le cas où la relation du débiteur avec le créancier disparaît par le
transfert du titre de propriété de l’argent, alors ce genre de considération
peut influer sur les prix car un titre de propriété a bien une existence
indépendante et devient monnayable.
A
l’issue de cette revue des justifications avancées en faveur de l’intérêt, il
apparaît qu’aucun argument ne justifie péremptoirement la prise d’intérêt dans
le cadre d’un prêt ou d’une transaction.
3. La
philosophie de l’interdiction de l’intérêt
v style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Interdiction de l’usure, philosophie du droit et histoire (Aristote, interdiction gréco-romaine, Talmud et Evangiles)
o style='font:7.0pt "Verdana"'> L’intérêt dans les civilisations antiques href="#_ftn59" name="_ftnref59" title=""> >[59]
L’intérêt est une pratique ancienne qui était courante
chez les sumériens, les babyloniens, les égyptiens, jusqu’à un taux déterminé
au delà duquel l’intérêt devient prohibé. Les arabes du « temps de
l’ignorance »
class=MsoFootnoteReference>
>[60]
pratiquaient couramment l’intérêt, notamment les communautés juives arabes de
style=';font-family:TranslitLS'>äŒif.
Les usuriers n’hésitaient pas à prendre en otage des membres de la maison du
débiteur, lesquels devenaient la propriété du créancier en cas d’impossibilité
pour le débiteur à rembourser sa dette.
Dans la Grèce antique d’avant les réformes de Solon, l’intérêt était pratiqué sans aucune limitation si bien que tout débiteur
devenu incapable de rembourser son prêt devenait aussi la propriété du
créancier. Les réformes de Solon ont aboli cette pratique et ont fixé un taux
d’intérêt maximal de 12%. L’empire romain s’est inspiré de cette expérience
dans la rédaction des « Douze Tables » qui autorisaient un
« Undarum Foenus », mais la limitation était loin d’être toujours
respectée. L’intérêt fut complètement interdit entre citoyens romains par la
« Lex Genucia » (322 avant J.C). Les « Lex Sempronia » et
« Lex Gabinia » étendirent la prohibition aux « Socii » et
aux commerçants ayant affaire avec les provinciaux.
Aristote dans La Politique, critique sévèrement la pratique de l’intérêt en affirmant que l’argent liquide ne produit pas
d’argent liquide et qualifie le gain usuraire d’injustice. Il l’accuse de nuire
aux façons saines de gagner de l’argent. Pour Aristote, la raison s’oppose au
principe de l’intérêt : « comme nous l’avons dit, l’art d’acquérir
la richesse est de deux espèces : l’une est sa forme mercantile, et l’autre une
dépendance de l’économie domestique ; cette dernière forme est nécessaire et
louable, tandis que l’autre repose sur l’échange et donne prise à de justes
critiques (car elle n’a rien de naturel, elle est le résultat d’échanges
équivalents) : dans ces conditions, ce qu’on déteste avec le plus de raison,
c’est la pratique du prêt à intérêt, parce que le gain qu’on en retire provient
de la monnaie elle-même et ne répond plus à la fin qui a présidé à sa création.
Car la monnaie a été inventée en vue de l’échange, tandis que l’intérêt
multiplie la quantité de monnaie elle-même. C’est même là l’origine du terme
intérêt (tokos : enfant, petit (partus) ) : car les êtres engendrés ressemblent
à leurs parents, et l’intérêt est une monnaie née d’une monnaie. Par
conséquent, cette dernière façon de gagner de l’argent est de toutes la plus
contraire à la nature »
class=MsoFootnoteReference>
>[61].
Platon, Caton l’Ancien et Caton le Jeune, Cicéron, Sénèque et Plotin ont
également pris parti contre l’intérêt
class=MsoFootnoteReference>
>[62].
o style='font:7.0pt "Verdana"'> L’intérêt selon les religions
Toutes les religions célestes interdisent l’intérêt. La Torah affirme dans le verset 15 du chapitre 22 de l’Exode
title="">
>[63] :
« si tu as prêté de l’argent à l’un de mes serviteurs, ne te comporte
pas avec lui comme un usurier et ne fait pas de profit sur lui ». Le
Saint Coran a rappelé l’interdiction de l’intérêt chez les juifs
href="#_ftn64" name="_ftnref64" title="">
class=MsoFootnoteReference>[64].
Les juifs ne peuvent percevoir d’intérêt sur un juif mais cela leur est
autorisé sur un non juif (goy/gentil) selon le verset 20 du chapitre 23 du
Deutéronome qui dit : « ne prête pas d’argent à ton frère
juif, ni en argent, ni en nourriture ni d’autre chose ».
Chez
les chrétiens, la pratique de l’intérêt a été interdite. On trouve un texte
explicite de l’interdiction dans l’Ancien Testament : « Tu
n’exigeras de ton frère aucun intérêt »
name="_ftnref65" title="">
class=MsoFootnoteReference>[65].
Dans le Nouveau Testament, on lit : « tout prêt que vous
accordez avec l’intention d’en tirer un profit ne vous sera d’aucune utilité.
Faites de bonnes actions mais n’en attendez aucun profit. Alors vous aurez une
grande récompense... »
class=MsoFootnoteReference>[66].
Ainsi, du Moyen Age jusqu’au 13ème siècle, l’intérêt était interdit
car le principe de l’échange repose sur une réciprocité. L’échange usuraire est
considéré inique, car « l’emprunteur qui paie un intérêt n’est pas
absolument libre, il le donne contraint et forcé, puisque d’une part, il a
besoin d’emprunter de l’argent et que d’autre part, le prêteur qui dispose de
cette somme ne veut pas l’engager sans percevoir un intérêt »
href="#_ftn67" name="_ftnref67" title="">
class=MsoFootnoteReference>[67].
Dans
la perspective religieuse chrétienne, l’usure instaure un rapport de force
conflictuel favorable au prêteur, plaçant l’emprunteur « dans une
situation de dépendance vis-à-vis de son future créancier »
href="#_ftn68" name="_ftnref68" title="">
class=MsoFootnoteReference>[68].
Par ce biais, l’usure instille un climat de « violence financière »
dans la mesure où il avalise une injustice économique. Un usurier était
considéré comme méprisable et ne méritait pas d’être couvert d’un linceul lors
de sa mort. Le concile universel de Lyon en 1274 « prive de sépulture
chrétienne ceux qui n’auraient pas réparé avant leur mort les torts causés par
la perception d’un intérêt »
class=MsoFootnoteReference>
>[69].
Le Concile de Vienne de 1311, initié par le pape Clément V, menace
d’excommunication les magistrats laïcs voulant voter une loi favorable à
l’intérêt ou refusant de d’abroger ce type de loi sous trois mois
href="#_ftn70" name="_ftnref70" title="">
class=MsoFootnoteReference>[70].
Les pères de l’Eglise affirmaient de leur côté qu’ « une personne déclarant
que l’intérêt n’est pas un pêché est un apostat ayant renié sa religion »
href="#_ftn71" name="_ftnref71" title="">
class=MsoFootnoteReference>[71].
L’Inquisition pouvait à ce titre poursuivre les usuriers transgressant
l’interdit.
v style=''> dir=LTR>La légalisation progressive de l’intérêt
En Europe, l’interdiction de l’intérêt a été strictement respectée dans
la législation positive et le droit canon jusqu’au 13ème siècle.
Toutefois, cette interdiction avait des exceptions : le Mont de Piété et
les juifs étaient libres de se livrer au prêt à intérêt. Comme on l’a vu, la
dichotomie entre interdiction légale et pratique effective de l’intérêt dans la Chrétienté du Moyen Age venait de l’incapacité des théoriciens chrétiens à proposer un
système financier de substitution crédible, purifié de la pratique usuraire.
Ce constat a amené certains penseurs à décréter que l’interdiction de
l’intérêt était nuisible à la pratique des affaires et contraire à la nature
humaine si encline à s’y livrer
class=MsoFootnoteReference>
>[72].
Sous l’influence de la Réforme
class=MsoFootnoteReference>
>[73]
et de la perte progressive d’influence de l’Eglise sur la société européenne,
l’interdit légal de l’intérêt s’estompe. Parallèlement se développe
l’intermédiation bancaire, qui tend à déshumaniser l’échange usurier, en
marginalisant la casuistique autour du concept de « fraternité ».
Les réformateurs Zwingli (1484-1531), et Luther (1517) vers
la fin de sa vie, ont autorisé à contre cœur la pratique de l’intérêt, en
estimant préférable d’encadrer sa légalisation plutôt que de ne pas appliquer
une interdiction, même s’ils adhéraient à cette dernière.
L’intérêt devint progressivement une pratique admise dans les régions
protestantes. En Angleterre, l’interdiction de l’intérêt fut abolie en 1545 par
Henry VIII et remplacé par un taux légal. L’interdiction fut restaurée par
Edouard VI puis définitivement ré abolie par Elizabeth en 1571. Le terme
« usure » fut alors remplacé par le terme « intérêt ». La Renaissance et les débuts de l’industrialisation de l’économie étaient des facteurs de banalisation de l’intérêt. Cet aspect de la légalisation n’a aucune justification théorique car elle était motivée par le seul souci d’efficacité économique
href="#_ftn74" name="_ftnref74" title="">
class=MsoFootnoteReference>[74].
Les 17ème et 18ème siècles marginalisent les partisans de
l’interdiction canonique de l’intérêt. Calvin (1509-1564) s’est
évertué à discréditer les arguments d’autorité (Ecritures Saintes) puis tente
de discréditer l’argumentation rationnelle.
En fait, la position de Calvin est de dire que l’intérêt payé provient
du profit résultant de l’utilisation de l’argent prêté dans une activité
économique (ex preventu)
class=MsoFootnoteReference>
>[75].
Cette opinion n’est autre que la position islamique du partage ex post du
profit réalisé par l’association d’un capital à un travail dans le cadre d’un
contrat licite. Calvin conclut que l’intérêt ne peut ni être complètement
interdit, ni complètement autorisé. Ainsi, le prêt à intérêt devrait être
interdit pour le « pauvre bougre » et dans tous les cas où « l’Etat
providence » l’exige. De même, un taux maximal devrait être établi et
légalement défini, concédant par là le caractère potentiellement nuisible de
l’intérêt. Simultanément avec Calvin, Dumoulin entreprend de réfuter
l’interdiction canonique de l’intérêt d’un point de vue juridique.
Son argumentation a de fortes similarités avec celle de Calvin mais se
distingue par sa précision et son souci de conformité logique
name="_ftnref76" title="">
class=MsoFootnoteReference>[76].
Il remet en cause l’interprétation des écritures saintes en limitant le champ
de l’interdiction aux cas violant les lois de « charité » et d’
« amour fraternel »
class=MsoFootnoteReference>
>[77].
Son argumentation logique a été réfutée précédemment. Sa thèse est donc que la
pratique encadrée de l’intérêt doit être autorisée et que l’opinion contraire
selon laquelle l’usure doit être strictement interdite est « folle »,
« pernicieuse » et « superstitieuse »
href="#_ftn78" name="_ftnref78" title="">
class=MsoFootnoteReference>[78].
Il condamne toutefois l’intérêt composé et ne retient que l’intérêt sous forme
d’annuités comme la « vraie sorte d’usure commerciale »
href="#_ftn79" name="_ftnref79" title="">
class=MsoFootnoteReference>[79].
Les auteurs favorables à l’intérêt semblent trop bienveillants à
l’égard de leurs prédécesseurs en prétendant que leur position iconoclaste
était la marque de leur indépendance d’esprit
title="">
>[80].
En effet, la nature du courant visant à la légalisation de l’intérêt prouve
qu’il bénéficiait de soutiens politiques et économiques puissants, et que la
coordination des attaques contre l’interdiction de l’intérêt visait un but
précis et défendait les intérêts d’une certaine oligarchie.
L’histoire de la légalisation de l’intérêt reste à faire et il existe
des points de vue contradictoires sur la datation et la nature de ce phénomène
href="#_ftn81" name="_ftnref81" title="">[81]. A noter la légalisation tardive
de l’intérêt en France, qui s’est produite en 1789 suite à la révolution et
poussée par la pensée libérale (J.Bentham). A la fin du 18ème siècle
se distinguaient encore deux auteurs importants en faveur de l’interdiction
malgré des positions contraires prises antérieurement par Dumoulin, Claude
Saumaise (1588-1653) et Montesquieu : il s’agit du juriste Pothier et du
physiocrate Mirabeau.
Mirabeau est partisan de l’interdiction de l’intérêt car il le juge
ruineux pour la société
class=MsoFootnoteReference>
>[82].
Turgot s’est notamment opposé aux thèses de Pothier en affirmant que les biens
librement échangés ont toujours une valeur équivalente et en discréditant la
thèse selon laquelle il n’est pas possible de différencier le bien de son
utilisation dans le cas d’un bien périssable, en la qualifiant d’ « abstraction »
href="#_ftn83" name="_ftnref83" title="">
class=MsoFootnoteReference>[83].
Finalement, bien que le débat théorique restait vif et loin d’avoir été tranché
en faveur d’une position, le Vatican finit par autoriser la prise d’intérêt le
18 août 1830.
v style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>L’interdiction légale de l’intérêt chez les différentes écoles juridiques islamiques
L’interdiction de l’intérêt en Islam est catégorique.
Cette interdiction est confirmée par les quatre sources légales
islamiques : le Coran, la Tradition, la raison et le consensus. Elle ne
fait l’objet d’aucun doute. Nombre des juristes chiites et sunnites ont
considéré l’interdiction de l’intérêt comme une « nécessité de la
religion », dont la réfutation équivaut à l’apostasie et à l’entrée dans
l’enfer.
o style='font:7.0pt "Verdana"'> La prohibition coranique de l’intérêt
Selon les commentaires sunnites et chiites,
l’« occasion de la descente » des versets (sha’n nuz
style=';font-family:TranslitLS'>’l)
interdisant l’intérêt est une demande de remboursement de créance usuraire de
Ban¥ Mughaira à Ban¥ Thaq
style=';font-family:TranslitLS'>¥f, deux tribus de la péninsule arabique. Les livres d’histoire
indiquent que les transactions usuraires étaient courantes pendant l’Ignorance
(jŒhiliyya)
href="#_ftn84" name="_ftnref84" title="">
class=MsoFootnoteReference>[84].
Huit versets coraniques portent sur l’intérêt.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Versets de
l’interdiction
Dans
l’ordre de la révélation :
Sourate
les Romains, verset 39
Sourate
les Femmes, verset 161
Sourate
la Famille de ‘ImrŒn, versets 130-132
Sourate
la Vache, verset 275, 276, 279 et 280
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Progressivité de
l’interdiction
Ces
versets montrent que l’interdiction a été progressive afin d’y préparer les
esprits. Cette interdiction s’est faite en quatre étapes :
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Etape 1
Le verset 39 de la sourate « les romains »
est le seul verset révélé à la Mecque (le reste des versets sont médinois) et
souligne un trait moral.
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Etape 2
Le verset 161 de la sourate « les femmes »
dénoncent fermement la pratique usuraire des juifs en rappelant que l’intérêt
leur est interdit entre eux.
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Etape 3
Le verset 130 de la sourate « La famille de ’Imr
style=';font-family:TranslitLS'>Œn » interdit l’intérêt composé ("compound
interest" ou "ribŒ j
style=';font-family:TranslitLS'>Œhil¥ " ou "rib
style=';font-family:TranslitLS'>Œ murakkab")
aux croyants.
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Etape 4
Les versets 275 à 280 de la sourate « La vache »
interdit la pratique de l’intérêt et la qualifie de "guerre contre
Dieu". Ces versets sont révélés vers la fin de la vie du saint prophète
style='font-size:9.0pt'>paix sur lui et sa famille. Le commentateur ’AllŒma
al-TabŒtabŒ’
style=';font-family:TranslitLS'>¥ dans Al-m¥z
style=';font-family:TranslitLS'>Œn f¥ tafs
style=';font-family:TranslitLS'>¥r al-qur’Œn considère que l’interdiction existait déjà en Islam
avant la descente de ces derniers versets.
o style='font:7.0pt "Verdana"'> L’intérêt selon la Tradition (sunna)
La tradition est la seconde source de législation
islamique après le Saint Coran. Les hadiths concernant l’interdiction de
l’intérêt sont très nombreux et concordants (mutaw
style=';font-family:TranslitLS'>Œttira) chez
les rapporteurs sunnites et chiites. Par exemple, le chapitre sur l’intérêt de Was
style=';font-family:TranslitLS'>Œil al-sh¥’a du Second Martyr (Shah¥d al-th
style=';font-family:TranslitLS'>Œn¥) comporte trois cents
hadiths.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Exemples de
procès-verbaux prophétiques
On
rapporte du Saint Prophète paix sur lui et sa famille : « Le
pire des commerces est la prise d’intérêt »
name="_ftnref85" title="">
class=MsoFootnoteReference>[85]
L’Im
style=';font-family:TranslitLS'>Œm al-ÝŒdiq paix sur lui rapporte du Saint Prophète paix
sur lui et sa famille : « Certes Dieu a maudit
l’usurier, l’emprunteur, le greffier et les deux témoins »
href="#_ftn86" name="_ftnref86" title="">
class=MsoFootnoteReference>[86].
Il
est rapporté de l’ImŒm Al-ÝŒdiq paix sur lui que le Saint Prophète paix
sur lui et sa famille aurait dit dans son testament à Im
style=';font-family:TranslitLS'>Œm Al¥ paix sur lui : « ô
Al¥, un dirham usuraire est pire auprès de Dieu que
soixante-dix adultères incestueux commis dans la maison sacrée de Dieu »
class=MsoFootnoteReference>
>[87].
Il
est rapporté du Saint Prophète paix sur lui et sa famille : « le
prêteur et l’emprunteur sont égaux dans l’usure »
name="_ftnref88" title="">
class=MsoFootnoteReference>[88].
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Exemples de
procès-verbaux d’imŒms
L’im
style=';font-family:TranslitLS'>Œm al-ÝŒdiq paix sur lui rapporte de l’Im
style=';font-family:TranslitLS'>Œm ’Al¥ paix sur lui : « Le
mangeur d’intérêt, l’emprunteur, le greffier et le témoin sont égaux dans le
pêché »
class=MsoFootnoteReference>
>[89].
Concernant
l’accumulation et la monopolisation du capital, il n’y a aucune interdiction
juridique contre la possession d’une grande fortune et nous avons des exemples
nombreux de figures de l’IslŒm possédant une fortune
aisée, au premier rang desquels la première épouse du Saint Prophète paix
sur lui et sa famille, la mère des croyants et mère de Fa
style=';font-family:TranslitLS'>¨ima paix sur elle, la grande KhŒdija
paix sur elle. Toutefois, il existe des procès-verbaux dont
l’interprétation reste à définir précisément, tel ce propos de l’Im
style=';font-family:TranslitLS'>Œm <Al
style=';font-family:TranslitLS'>¥ paix sur lui : « Tu ne vois pas de bienfait exubérant
sans qu’à côté ne se trouve un droit bafoué »
name="_ftnref90" title="">
class=MsoFootnoteReference>[90].
o style='font:7.0pt "Verdana"'> L’intérêt selon l’argument rationnel ( style=';font-family:TranslitLS'><aql)
Quelques juristes (fuqah
style=';font-family:TranslitLS'>Œ) n’ont accepté dans leur raisonnement que les versets
coraniques, la tradition et le consensus pour interdire l’intérêt, tout en
excluant l’argument rationnel. Toutefois, la plupart des juristes ont également
pris en considération l’argument rationnel pour interdire l’intérêt. De façon
résumée, l’argument rationnel consiste à dire que la prise d’intérêt est
génératrice d’injustice, car il y a une prise d’intérêt sans contrepartie et
sans risque car « l’argent ne produit pas d’argent »
href="#_ftn91" name="_ftnref91" title="">
class=MsoFootnoteReference>[91].
Or la raison et la nature humaines rejettent
l’injustice donc l’intérêt est contraire à la raison. Et ce qui est contraire à
la raison est interdit en Islam. Donc l’intérêt est rationnellement interdit.
Cet argument comprend que la monnaie ne produit pas de richesse en elle-même,
et seul le capital investi dans le cadre d’un contrat licite, associant
généralement du capital à du travail, permet de revendiquer une rémunération.
Cette argumentation est semblable à celle des canonistes chrétiens
href="#_ftn92" name="_ftnref92" title="">
class=MsoFootnoteReference>[92].
o style='font:7.0pt "Verdana"'> L’intérêt et le consensus (ijm style=';font-family:TranslitLS'>Œ’)
La plupart des juristes considèrent le consensus comme
l’un des arguments en faveur de l’interdiction. Parmi les grands juristes
chiites qui estiment qu’il y a consensus sur l’interdiction de l’intérêt voire
qu’il s’agit d’une nécessité de la religion (`ar
style=';font-family:TranslitLS'>’riyyat al-d¥n), se trouvent Shah¥d al-th
style=';font-family:TranslitLS'>Œn¥,
style=';font-family:TranslitLS'>ïasan al-Najaf¥, MuÆaqqiq Ardibil
style=';font-family:TranslitLS'>¥. Shaykh ä
style=';font-family:TranslitLS'>’s¥, dans KitŒb
al-khilŒf, écrit que
« l’ensemble des juristes et des savants sont de cet avis »
href="#_ftn93" name="_ftnref93" title="">
class=MsoFootnoteReference>[93].
L’auteur de JawŒhir al-kalŒm écrit que « concernant l’intérêt, il est
interdit par le Livre, par la Tradition et l’ensemble des croyants, et même des
musulmans, et on ne peut écarté la possibilité d’être une nécessité de la
religion et celui qui le légalise entre dans la voie des incroyants »
href="#_ftn94" name="_ftnref94" title="">
class=MsoFootnoteReference>[94].
Le juriste sunnite Mawward¥ écrit « qu’il y a
un consensus parmi les musulmans sur l’interdiction de l’intérêt... »
href="#_ftn95" name="_ftnref95" title="">
class=MsoFootnoteReference>[95].
o
style='font:7.0pt "Verdana"'> Le débat sur la définition de l’intérêt parmi les
juristes musulmans
Les juristes musulmans ne sont pas d’accord sur les
détails de la définition à donner à l’intérêt (ikhtil
style=';font-family:TranslitLS'>Œf). Nous
donnons ici la définition donnée par quelques juristes représentant les différentes
écoles juridiques. Pour une revue précise, il est vivement conseillé de se
reporter aux ouvrages spécialisés ainsi qu’aux savants qualifiés
href="#_ftn96" name="_ftnref96" title="">
class=MsoFootnoteReference>[96].
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Ecole hanafite
Le
juriste hanafite Ibn ’Abid¥n décrit l’intérêt comme « le
surplus sans contrepartie selon un critère légal en faveur de l’un des
contractants de la transaction »
href="#_ftn97" name="_ftnref97" title="">
>[97].
Cette définition n’inclut pas le prêt à intérêt (rib
style=';font-family:TranslitLS'>Œ qar`¥).
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Ecole hanbalite
Les
juristes hanbalites ont défini l’intérêt comme suit : « L’intérêt,
légalement, est le surplus d’une chose particulière (dénombrable ou mesurable) »
href="#_ftn98" name="_ftnref98" title="">
class=MsoFootnoteReference>[98].
Cette définition ne contient pas l’intérêt à terme (rib
style=';font-family:TranslitLS'>Œ nissiyya).
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Ecole chafiite
Les
juristes chafiites définissent l’intérêt comme « un contrat prévoyant
une transaction avec une contrepartie particulière indéterminée du point de vue
légal au moment du contrat ou avec un échange à terme des deux ou de l’un des
produits échangés »
class=MsoFootnoteReference>
>[99].
Donc, l’intérêt est ici une transaction liquide pour liquide ou la vente d’un
produit déterminé pour un produit déterminé dont l’une des deux parties est
plus grande. Dans le cas de transaction entre produits identiques, la prise de
possession est une condition du caractère usuraire de la transaction alors que
dans le cas de transaction entre produits différents, la prise de possession
n’est pas une condition.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Ecole malékite
Les
juristes malékites définissent l’intérêt comme « le surplus en l’un des
deux produits identiques dans les échanges sans contrepartie à ce
surplus ». Cette définition ressemble à la définition chafiite de
l’intérêt avec cette différence que la raison de l’interdiction dans le non
liquide, en plus d’être de la nourriture, concerne des produits stockables et
la raison de l’interdiction est la cherté des produits liquides.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Ecole ja
style=';font-family:TranslitLS'><farite
Les
juristes chiites divisent l’intérêt en deux parties : l’intérêt transactionnel (rib
style=';font-family:TranslitLS'>Œ mu’Œmal
style=';font-family:TranslitLS'>¥) et l’intérêt de prêt (rib
style=';font-family:TranslitLS'>Œ qar`¥). La
plupart des juristes chiites définissent l’intérêt comme « la réception
d’un surplus dans les échanges de deux produits de même nature, pesés ou
dénombrables (muz’n/mak¥l) ou la
perception d’un surplus dans le prêt avec la même condition présente ». Dans le commentaire Min Wah
style=';font-family:TranslitLS'>¥ al-qurŒn, nous trouvons : « c’est la transaction de
deux produits de même nature (de même quantité) avec un surplus dans l’un des
deux sur l’autre ou dans le cas d’un prêt, c’est le remboursement d’un montant supérieur
au capital initial »
class=MsoFootnoteReference>
>[100].
Concernant l’intérêt à terme (nissia), on lit : « c’est un surplus
prévu par une clause du contrat de dette sans contrepartie »
href="#_ftn101" name="_ftnref101" title="">
class=MsoFootnoteReference>[101]. Dans
le recueil jurisprudentiel de référence des juristes chiites, intitulé Jaw
style=';font-family:TranslitLS'>Œhir al-kalŒm, on lit que l’intérêt est « la vente d’un des
produits similaires, mesurable ou dénombrable, par le biais d’un contrat valide
ou par habitude, avec un surplus réel de l’un des deux ou bien le prêt de l’un
avec un surplus (sans contrepartie) »
name="_ftnref102" title="">
class=MsoFootnoteReference>[102].
La plupart des juristes chiites considèrent que le critère de l’intérêt
transactionnel (ribŒ mu’
style=';font-family:TranslitLS'>Œmal¥) ne
concerne que les produits de même nature, que l’on peut peser ou dénombrer.
Shaykh
al-ä
style=';font-family:TranslitLS'>’s¥ affirme que « il n’y d’intérêt que sur ce qui
est dénombrable ou mesurable »
title="">
>[103].
On constate que pour devenir usuraire, le prêt monétaire doit être assorti
d’une pré condition fixant un taux d’intérêt ou un surplus quelconque sous
forme d’un dépôt, d’un travail ou d’un loyer ou dans le cas du prêt d’un bien,
le bien rendu doit être de meilleure qualité que le bien prêté.
Toutefois,
sans condition préalable, le retour par le débiteur d’une somme supérieure à la
somme prêtée est un acte recommandé. Remarquons enfin que la distinction faite
entre l’usure monétaire et l’usure transactionnelle semble montrer que la
monnaie au sens islamique n’est pas un bien monnayable lors d’une transaction.
C’est pourquoi on ne peut pas justifier un profit lors d’une transaction
monétaire (« j’achète 100 euros tout de suite à 110 euros que je paierai
demain »).
o style='font:7.0pt "Verdana"'> Insistance sur l’interdiction de l’usure de prêt href="#_ftn104" name="_ftnref104" title=""> class=MsoFootnoteReference>[104]
Le prêt contenant une clause préalable déterminant un
intérêt au profit du prêteur est illicite. On rapporte de Ab
style=';font-family:TranslitLS'>¥ JaÕfar paix sur lui : « tout
prêt impliquant (a priori) un profit est usure »
dir=RTL>.
href="#_ftn105" name="_ftnref105" title="">
dir=LTR>[105]
dir=LTR> L’usure
n’existe que si elle est explicitement prévue par le contrat de prêt. La nature
de l’intérêt peut prendre la forme d’une tâche à accomplir, d’un loyer ou d’un
dépôt d’argent. Dans tous les cas, c’est considéré comme de l’usure
href="#_ftn106" name="_ftnref106" title="">
class=MsoFootnoteReference>[106].
Mais selon l’Im
style=';font-family:TranslitLS'>Œm M’s
style=';font-family:TranslitLS'>Œ ibn JaÕfar paix sur
lui, « ...pas de problème si il n’y a pas de condition préalable
(au paiement d’un intérêt) »
href="#_ftn107" name="_ftnref107" title="">
>[107].
En absence de clause, la prise d’un intérêt sur un prêt sur la proposition
volontaire de l’emprunteur est licite car l’ajout d’un supplément au capital
principal reste à la discrétion de l’emprunteur.
v
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>La justice comme philosophie de la
prohibition de l’intérêt
Rappelons
d’emblée que nous ne pouvons pas affirmer comprendre avec certitude toutes les
dimensions de l’interdiction de l’usure. Charles Dumoulin, dans un travail
publié en 1546, cite un auteur ayant recensé vingt-cinq arguments contre
l’intérêt
class=MsoFootnoteReference>
>[108].
De l’étude du Coran ressort que la raison principale pour interdire l’intérêt
est l’injustice qu’il cause.
Comme
le montre le verset 279 de la sourate la Vache, la philosophie derrière l’interdiction de l’intérêt est l’interdiction de l’injustice selon le syllogisme
suivant : l’injustice est interdite (majeure), or l’intérêt génère une injustice
(mineure), donc l’intérêt est interdit (résultat).
Les
dispositions légales constituent un ensemble cohérent appelé
« ruisseau » (shar¥Ôa). Ces dispositions légales suivent une philosophie du
droit organisée selon des « biens » (ma
style=';font-family:TranslitLS'>¢
style=';font-family:TranslitLS'>ŒliÆ) et des
« désordres » (mafŒsid). Cela est particulièrement manifeste dans le domaine
des transactions (muÔŒmalÔat). L’interdiction de l’intérêt suppose donc que la
pratique de l’usure cause des désordres que ces dispositions légales cherchent
à éviter. Quels sont-ils ?
o style='font:7.0pt "Verdana"'> Philosophie de l’interdiction dans le Saint Coran
Dans
son Tafs¥r kab¥r, le savant Fakhr RŒ`¥ Dieu l’agrée énumère cinq raisons à
l’interdiction :
-
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Interdiction de
faire du profit sans contrepartie (rib
style=';font-family:TranslitLS'>Æ bi lŒ
’awaÄ)
-
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Disparition du
commerce et de l’artisanat
-
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Disparition de la
charité (ma<r
style=';font-family:TranslitLS'>’f)
-
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Empêchement du prêt
sans intérêt (qar` al-
style=';font-family:TranslitLS'>Æasana)
-
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Accentuation des
disparités financières entre riches et pauvres
D’autres
commentateurs ont ajouté à ces raisons l’affaiblissement des sentiments
humains, la tendance à rechercher le profit coûte que coûte, l’instabilité
financière et sociale, la hausse de la criminalité...
o style='font:7.0pt "Verdana"'> Philosophie de l’interdiction dans la Tradition
Dans
la Tradition, on trouve de nombreux procès-verbaux concernant les raisons de
l’interdiction de l’usure dans le livre de Shaykh al-
style=';font-family:TranslitLS'>Ýad’q intitulé Õilal
al-sharŒ
style=';font-family:TranslitLS'>Õ (Les raisons des dispositions légales). Il est
rapporté de l’ImŒm al-RizŒ paix
sur lui : « La raison de l’interdiction de l’usure est certes que
Dieu l’a interdit pour ce qu’il comporte de corruption des biens car l’être
humain s’il achète un dirham contre deux dirhams, la valeur du premier dirham
est un dirham et la valeur du second est superflue et la vente de l’usure est
un préjudice pour l’acheteur et le vendeur...quant à la raison de l’interdiction
de l’intérêt à terme, c’est à cause de ce qu’il éloigne le bien, détruit les
biens, suscite chez les gens une course vers le profit, les pousse à abandonner
le prêt sans intérêt et les œuvres de bienfaisance, et pour tout ce qu’il
comporte de corruption, d’oppression et de destruction des biens »
href="#_ftn109" name="_ftnref109" title="">
class=MsoFootnoteReference>[109].
Il est rapporté de HishŒm ibn ïakam Dieu l’agrée de
l’ImŒm al-ÝŒdiq paix sur lui concernant la raison de
l’interdiction de l’usure : « Certes si l’usure était licite, les
gens abandonnerait le commerce
dir=RTL > et ...et
Dieu a interdit l’intérêt pour que les gens s’orientent de l’illicite vers le
licite... »
href="#_ftn110" name="_ftnref110" title="">
class=MsoFootnoteReference>[110].
o
style='font:7.0pt "Verdana"'> Les quatre raisons principales de l’interdiction de
l’intérêt
Ainsi,
les raisons de l’interdiction de la pratique de l’intérêt sont les
suivantes : la corruption financière, l’obstacle à la charité, l’injustice
sociale, la destruction des richesses.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Corruption
financière
La
corruption financière est le fait de jouir d’une ressource financière
illégitimement. Le Saint Coran l’a formellement interdite dans le verset
suivant : Ô vous qui avez crû, ne dévorez pas vos biens entre vous de
manière illicite
class=MsoFootnoteReference>
>[111]
. Or, le Coran dénonce l’usure comme un exemple de corruption financière dans
le verset suivant : ...et leur pratique de l’usure alors que cela leur a
été interdit et la jouissance des biens des gens de manière illicite et nous
avons préparé pour les mécréants d’entre eux un châtiment douloureux...
href="#_ftn112" name="_ftnref112" title="">
class=MsoFootnoteReference>[112].
On
s’est demandé si le seul facteur de production méritant une rémunération était
le travail ou si le capital pouvait également être rémunéré. Selon la théorie
marxiste, tout bien équivaut à un certain volume de travail. Le capital ne
faisant pas exception, le capital matérialise résulte d’un certain volume de
travail. L’origine de la richesse dépendrait alors uniquement du facteur
travail et tout peut être valorisé sur la base du temps travaillé
href="#_ftn113" name="_ftnref113" title="">
class=MsoFootnoteReference>[113].
En
fait, le capital peut être considéré comme une matérialisation du travail et
donner droit à rémunération. Cela semble confirmé par l’exemple du
« contrat de société » (sharika) ou du « contrat
de muÄ
style=';font-family:TranslitLS'>Œraba », où le capital investi donne effectivement droit
à une rémunération ex post selon un pourcentage fixe du profit réalisé par
l’activité financée.
Dans
la mesure où le capital investi est associé au facteur travail dans le cadre
d’un contrat licite, il donne droit à rémunération. Pour Murta
style=';font-family:TranslitLS'>`Œ Mu
style=';font-family:TranslitLS'>¨ahar¥ Dieu l’agrée, le prêt consiste à transformer
un « capital réel » (Ôayniyyat) en « crédit » (i
style=';font-family:TranslitLS'>ÔtibŒriyyat) sans faire courir de risque au principal prêté. Il
n’y aurait donc pas de perte possible
title="">
>[114].
Dès lors que le capital prêté n’est pas transformé en investissement, il est
exclu du cycle productif et n’encourt de ce fait aucun risque, puisque le
remboursement du montant du capital prêté est contractuellement garanti. Dans
ce cas, aucune rémunération du capital ne peut être justifiée.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Obstacle à la
charité
Cela
empêche les gens de faire des prêts sans intérêt et propage une mentalité de
rentier et une rationalité économique uniquement fondée sur des arbitrages
financiers et de rentabilité. Le sacrifice de soi et la charité sont relégués
au rang de valeurs morales secondaires voire négligées. L’esprit utilitariste
et égoïste des gens au sens péjoratif du terme s’en trouve renforcé.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Injustice et
corruption sociale
L’usure
est dénoncée parce qu’il facilite l’accumulation du capital,
augmente le risque de ploutocratie, établit un rapport injuste entre facteurs
de production, peut provoquer de la pauvreté...Martyr Mu
style=';font-family:TranslitLS'>¨ahar¥ Dieu l’agrée avance que la philosophie de
l’interdiction de l’intérêt dans le programme islamique est d’éviter la
domination socio politique du capital (en tant que fait social) ainsi qu’un
rapport de force trop défavorable entre facteurs de production
name="_ftnref115" title="">
class=MsoFootnoteReference>[115].
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Destruction de
richesses
Le
verset du Coran suivant affirme que ... Dieu stérilise l’usure et fertilise
les aumônes et Dieu n’aime pas tout mécréant pêcheur
name="_ftnref116" title="">
class=MsoFootnoteReference>[116]. On peut en
donner trois interprétations non exclusives l’une de
l’autre :
Ø style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>L’usure comme source de gaspillage
La monopolisation du capital chez les rentiers oriente
le système productif vers le gaspillage et la luxure car le rentier gagne de
l’argent sans faire d’effort et peut donc le dépenser aussi vite et bêtement
qu’il l’a gagné
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Aspiration de capitaux hors du cycle
productif
La pratique usuraire détourne une partie du flux
monétaire vers des activités de spéculation improductives
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Dérive inflationniste et perte de
pouvoir d’achat
La pratique usuraire secrète de l’inflation et détruit
le pouvoir d’achat de la monnaie, car la créance financière émise par une
transaction usuraire ne repose pas sur une production effective de richesse
dans l’économie réelle. La monnaie créée par cette créance est nuisible au
système monétaire et au pouvoir d’achat de la monnaie. C’est la version moderne
de la loi énoncée au 16ème siècle par J.Grisham : « la
mauvaise monnaie chasse la bonne ». Par ailleurs, comme nous le
verrons plus tard, l’instabilité systémique du système financier usuraire
provoque des crises boursières et bancaires qui détruisent beaucoup de richesse
en peu de temps.
4. Une
alternative au « libéralisme financier » : le système financier
du partage des profits
Comme on l’a vu, la littérature critique du taux d’intérêt est
abondante, même de la part d’auteurs capitalistes. Toutefois, rares sont les
auteurs qui proposent son abolition. Le système de « banque
d’échange » de Proudhon consistait à « monétiser » les
marchandises, en abandonnant l’intérêt au profit d’une sorte de « troc amélioré »,
mais ce fut un échec.
Les réformateurs monétaires de la première moitié du 20ème
siècle (Gesell, Keynes) considèrent en effet que le taux d’intérêt est
nécessaire pour attirer l’épargne et éviter une sorte de « trappe à
liquidité ». Pour éviter la thésaurisation, Gesell par exemple, propose
d’imposer des frais de conservation à la monnaie à travers le mécanisme de
« monnaie franche » ou « monnaie fondante ». Irving Fisher
qualifiera ce dispositif, une sorte de taxe régulière imposée à la monnaie, de
taux d’intérêt négatif
class=MsoFootnoteReference>
>[117].
Toutefois, si ces propositions relèvent d’expédients pratiques
intéressants, elles ne changent rien au problème théorique posé, car le taux
d’intérêt n’est justifiable ni juridiquement (en terme de contrepartie d’un
échange), ni économiquement. C’est pourquoi il convient de commencer la réflexion
sur la réforme monétaire sur la base de l’interdiction totale de l’intérêt. Au
niveau des transactions, le juriste musulman a adopté une attitude de
confirmation (tayy¥d
style=';font-family:TranslitLS;font-weight:normal'>¥)
contrairement au domaine des adorations où le juriste doit avoir une attitude
de détermination (ta’s¥ss
style=';font-family:TranslitLS;font-weight:normal'>¥).
Cela signifie que le système financier islamique n’est pas dessiné par
le juriste mais par la pratique des affaires. Au juriste musulman d’effectuer
un contrôle de ces activités en fonction des critères de licéité et d’illicéité
des transactions fournis par la loi islamique. Le système financier non
usuraire tente d’éviter les problèmes liés à l’existence de l’intérêt, sans
refuser les notions de marché et de concurrence. Dans ce système, les
mécanismes financiers déviants (thésaurisation et spéculation), alimentant une
hausse des frais financiers, sont éliminés. La structure précise de ce système
n’est pas l’objet de ce développement.
Tout système financier devra intégrer dans son schéma de développement
une conception suffisamment précise de ce que doivent être les systèmes
monétaire, bancaire et boursier. Toutefois, compte tenu des caractéristiques du
principe de partage ex post des profits, les avantages prévisibles du système
de partage en comparaison avec celles du système usuraire sont les
suivants :
v style='font:7.0pt "Verdana"'> dir=LTR>Sérénité du climat économique
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Répartition plus
juste du risque d’investissement
Le
risque lié à la mise en œuvre du projet est partagé entre les différentes
parties associées par le contrat de financement de l’investissement, par le
biais du partage ex post des profits réalisés sur le projet.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Une meilleure
prise en compte des facteurs de production dans la répartition du profit
En
entérinant une symbiose entre l’entrepreneur et l’investisseur (apportant son
capital), le facteur travail retrouve une meilleure valorisation dans le
partage de la valeur ajoutée.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Harmonisation des
intérêts des acteurs économiques
En
créant une communauté d’intérêts et de destin, les contrats de financement
basés sur le principe du partage ex post du profit abolissent l’antagonisme
traditionnel entre le « créancier » et le « débiteur »,
apaisant la relation entre acteurs et évitant les « violences »
financières.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Meilleure
coopération au sein du circuit financier (entrepreneur, investisseur, client,
déposant)
Dans
le cadre des contrats, il est prévisible que la communauté d’intérêt initiée
sur chaque projet favorise la coopération entre les acteurs du circuit
financier, créant un terrain plus propice à l’investissement et assurant une
meilleure gestion du projet.
v
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Effets attendus sur les agrégats
économiques
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Baisse du coût de
production
Dans
la mesure où le coût du financement du projet est consolidé dans le bilan du
projet, les coûts d’agence dus au nombre élevé d’intermédiaires et les frais
financiers liés à l’intérêt payé par le projet aux banques sont éliminés.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Hausse du niveau
d’investissement
Une
hausse du niveau de l’investissement est prévisible en raison d’un meilleur
environnement économique et de l’élimination de l’effet cliquet dû à la
barrière technico-économique du taux d’intérêt. En d’autres termes, la
contraction du crédit exercée par le système bancaire concurrentielle serait
désamorcée. C’est ce qu’exprime J.Duboin en ces termes : « en
supposant qu’un réservoir alimente notre circulation monétaire, ce sont les
banques qui en ont la clef : elles le remplissent ou le vident à leur
convenance, ou, plus exactement, selon le bénéfice qu’elles y trouvent. Il est
donc compréhensible qu’elles maintiennent l’argent « rare » afin de
pouvoir le prêter à un taux avantageux »
name="_ftnref118" title="">
class=MsoFootnoteReference>[118].
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Hausse du niveau
de production
Une
hausse du niveau de production est prévisible pour trois raisons :
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Le niveau de l’investissement est
structurellement plus élevé
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Le partage de la valeur ajoutée est plus
équitable, favorisant l’augmentation de la propension à consommer moyenne de la
population
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Le climat des affaires est favorisé
par une plus grande stabilité systémique du système financier
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Baisse du chômage
Une
baisse du chômage est prévisible pour deux raisons :
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Le facteur travail n’est plus la
seule variable d’ajustement des coûts de production en cas de déséquilibre du
marché
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Le niveau général de l’investissement
est plus élevé
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>La structure de l’entreprise en
environnement non usuraire implique une gestion du personnel souple et inspirée
des structures de projet
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Baisse de
l’indice général des prix
La
suppression de l’activité financière usuraire (spéculation, multiplication des
intermédiaires financiers, coûts d’agence, primes de risque, assurances) et de
la tendance inflationniste structurelle d’un système financier usuraire
favorise une baisse de l’indice des prix.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Hausse du niveau
de vie
Suite
à un partage plus équitable de la valeur ajoutée produite, la structure
d’épargne investissement et de consommation favorise une élévation générale du
niveau de vie, tendant à la formation d’une puissante classe moyenne.
v
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Amélioration systémique du système
financier
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Stabilité du
système financier et disparition des cycles
La
surchauffe du système financier due à l’instabilité cyclique de la structure
usuraire du crédit et de l’investissement est éliminée. Les facteurs
déclencheurs de crises boursière, bancaire ou immobilière sont au moins
significativement réduits.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Maîtrise accrue
de l’inflation
En
éliminant le facteur principal supposé de l’inflation dans le système
financier, la structure monétaire du système du partage du profit laisse
prévoir que l’inflation soit jugulée en majeure partie.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Acceptation
populaire du système financier
Compte
tenu de son caractère plus juste, le système financier non usuraire est plus
populaire que le système à intérêt. Cette adhésion populaire plus large
renforce la stabilité du système financier.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Efficacité accrue
de la libre concurrence
La
libre concurrence est améliorée à deux niveaux :
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Au niveau quantitatif :
l’atténuation des effets d’accumulation du capital et de la formation de
monopoles réduit le niveau des barrières à l’entrée sur les marchés
Ø
style='font:7.0pt "Verdana"'>
dir=LTR>Au niveau qualitatif : la
décision d’investir peut faire jouer des critères subjectifs plus aisément que
dans le cadre usuraire où la décision d’investissement est surdéterminée par
les critères financiers dictés par le système usuraire (TRI, NPV)
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Amélioration
qualitative des projets d’investissements
La
prise en compte de critères qualitatifs dans l’élaboration du projet et dans la
décision de financement peut favoriser une amélioration qualitative des projets
d’investissement.
§
style='font:7.0pt "Verdana"'>
Possibilité d’une
prise en compte accrue de l’environnement dans les calculs économiques
L’élimination
pratique du postulat psychologique de la préférence temporelle pour le temps
présent à travers les calculs d’actualisation permet une meilleure prise en
compte de l’environnement dans les calculs économiques, qui ne sont plus
forcément contradictoires avec l’idée d’un développement durable. La communauté
d’intérêt créée par le principe du partage ex post du profit favorise une
vision plus long terme que le principe usuraire.
Conclusion
Il est nécessaire de comprendre que le système financier international
actuel n’est plus viable et que nous vivons la phase terminale du cycle
économique issu des années 1930. Toutefois, avec la globalisation financière et
l’interdépendance accrue des acteurs, la crise financière se profilant risque d’être
énormément plus grave que celle de 1929. Il est un devoir de réfléchir à
pallier aux carences du système monétaire, pas seulement à l’aide de mesures de
maquillages comptables ou réglementaires.
Le système usuraire n’est pas l’apanage du libéralisme comme il n’est
pas lié au système démocratique. En revanche, il est une caractéristique
essentielle du capitalisme car c’est lui qui permet la formation de grandes
fortunes, grâce à l’accumulation rentière. L’usure introduit donc un biais sur
le marché du financement en contradiction manifeste du dogme libéral. Nous
pensons donc que l’interdiction de l’intérêt contribuerait grandement à
résoudre les contradictions du libéralisme économique. Mais quel système
financier promouvoir à la place ?
Le système de partage du profit peut constituer un modèle viable et
alternatif au système usuraire dans le sens d’une société
d’« abondance » et plus juste. Ce système constitue en quelque sorte
un patrimoine commun des religions monothéistes, avec l’objectif d’améliorer
les relations sociales et économiques de l’humanité sur la base d’un
« meilleur social universel ». Il est à la fois une opportunité et
une responsabilité pour tous.
Il est nécessaire de lancer un effort de recherche soutenue sur cette
piste hétérodoxe, avec un budget et des soutiens académiques. Cela nécessite un
approfondissement sur l’aspect pratique du système, avec un effort concentré
sur les aspects monétaires, bancaires et microéconomiques. Quelques sujets
intéressants concernent la mutualisation bancaire des profits, la circulation
monétaire, la gestion du risque client, le benchmarking concurrentiel de
projet, la finance d’entreprise.
Enfin, toute idée, aussi iconoclaste soit-elle, mérite réflexion. Une
fois discutée et débattue au niveau académique, elle peut être réfutée ou
validée.
name="_ftn1" title="">[1]
style='font-size:9.0pt'> LisŒn al-
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>Ô
style='font-size:9.0pt'>arab :
« و الاصل
فيه الزيادة
lang=AR-AE dir=RTL style='font-size:9.0pt'> (
والفضل)
style='font-size:9.0pt'> من ربا
المال اذا زاد
او ارتفع و
نما
dir=LTR> »
name="_ftn2" title="">[2]
style='font-size:9.0pt'> Majma
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'><
lang=ES-TRAD style='font-size:9.0pt'> al-ba
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>Æ
lang=ES-TRAD style='font-size:9.0pt'>rayn
style='font-size:9.0pt'>, t.1, p.174 :
lang=ES-TRAD dir=RTL style='font-size:9.0pt;color:red'>
lang=AR-AE dir=RTL style='font-size:9.0pt'>الربا
ربوان ربا
يؤكل و ربا لا
يوكل...
name="_ftn3" title="">[3]
style='font-size:9.0pt'> Guillaume d’Auxerre (13ème siècle), Summa
Aurea, t.48, c.1 cité par DESMEDT dans « Monnaie et Finance :
violences financières » (sur internet)
name="_ftn4" title="">[4]
style='font-size:9.0pt'> Voir articles L-313-5 du « Code monétaire et
financier » et L-313-3 du « Code de la consommation » reproduits
en annexe
name="_ftn5" title="">[5]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> BOHM-BAWERK.E, Capital and Interest : A
Critical History of Economical Theory (traduit de l’allemand)
style='color:#40478C'>, 1884, conclusion : “There can be no question
then that the interest problem is a problem of distribution”
name="_ftn6" title="">[6]
dir=RTL>
style='font-size:9.0pt'>Dictionnaire Hachette de 2000 : « Somme
due au prêteur par l’emprunteur pour l’usage d’un capital pendant une période
déterminée et versée sous forme de revenu. ¶ Intérêt simple, tel que le capital
reste le même au cours du prêt. L’intérêt simple est proportionnel au montant
du capital, au taux d’intérêt et à la durée du prêt. ¶ Intérêt composé,
résultant de l’addition au capital initial des intérêts acquis successivement »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[7]
style='font-size:9.0pt'> DUBOIN.Jacques, Pourquoi manquons-nous de
crédits ?, 1961
name="_ftn8" title="">[8]
style='font-size:9.0pt'> GESELL.Silvio, Die Natürlische Wirtschaftsordnung
(L’ordre économique naturel), préface de la troisième édition, traduction en
anglais
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[10]
style='font-size:9.0pt'> Concernant le débat économique autour de la monnaie,
du taux d’intérêt, de l’origine de la valeur, du fonctionnement du marché
financier et de l’interdisciplinarité en économie, on ne saurait trop
recommander la riche œuvre de André ORLEANS disponible en partie sur
internet : http://www.pse.ens.fr/orlean/index.html
name="_ftn11" title="">[11]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> BOHM-BAWERK.E, Capital and Interest : A
Critical History of Economical Theory, 1884,
introduction : « Thus it is that the phenomenon of interest, as a whole,
presents the remarkable picture of a lifeless thing producing an everlasting
and inexhaustible supply of goods. And this remarkable phenomenon appears in
economic life with such perfect regularity that the very conception of capital
has not infrequently been based on it »
name="_ftn12" title="">[12]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> Par exemple, S.Gesell affirme dans la
preface à la troisième edition de l’Ordre économique naturel : “The
release of economic forces and their free play, with the resulting increase in
the offer of loan-money would eliminate interest and thus cleanse the darkest
plague-spot in our present economic system”.
name="_ftn13" title="">[13]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'>SONNENFELS, Handlungswisenschaft, 5ème
édition, 1787
name="_ftn14" title="">[14]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'>CULPEPPER.Thomas, Small Treatise against
Usury, annexé à Discourses, 1690, p. 229 : « It
is agreed by all the Divines that ever were, without exception of any ; yea, and
by the Usurers themselves, that biting Usury is unlawful : Now since it hath
been proved that ten in the hundred doth bite the Landed men, doth bite the
Poor, doth bite Trade, doth bite the King in his Customs, doth bite the Fruits
of the Land, and most of all the Land itself : doth bite all works of Piety, of
Vertue, and Glory to the State ; no man can deny but ten in the hundred is
absolutely unlawful, howsoever happily a lesser rate may be otherwise. »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[15]
style='font-size:9.0pt'> GESELL, Ordre économique naturel, 1948
(traduction française), pp.172-175. Voir notamment l’effet inhibant des taux
d’intérêt sur l’activité économique, au niveau du prêteur, de l’entrepreneur et
du consommateur. Ce propos est tiré de l’article de BLANC.Jérôme, « Silvio
Gesell socialiste prudhonnien et réformateur monétaire », Centre Walras
CNRS, octobre 2002, p.12
name="_ftn16" title="">[16]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> MINSKY.H, “Finance and stability : the
limits of capitalism”, working paper, 1993, p.14 : “the prices of current
ouput carries profits and is the mechanism by which costs are recovered. In the
abstract these prices are keyed to the money wage rate. The price of capital
assets and financial instruments are present prices for future streams of
incomes. As these two sets of price reflect what happens in two different sets
of markets they will vary independently”.
name="_ftn17" title="">[17]
style='font-size:9.0pt'> BRAUDEL.Fernand, La dynamique du capitalisme,
1985
name="_ftn18" title="">[18]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> HILFERDING, Finance capital : A study of
the latest phase of capitalist development, London, 1981 : “The most
characteristic features of modern capitalism are those processes of
concentration, which on the one hand, eliminate free competition through the
formation of cartels and trusts, and on the other, bring bank and industrial
capital into an ever more intimate relationship.”
name="_ftn19" title="">[19]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> MINSKY.H, “Finance and stability : the
limits of capitalism”, working paper, 1993, p.2 : “Sixty years ago,
capitalism was a failed economic order...”, p.19 : “ the capitalism that
had good run after the second world war was a big government interventionist
economy with central banks that were less constrained than during the inter war
years.”
name="_ftn20" title="">[20]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> FRIEDMAN.Milton, Studies in the Quantity
Theory of Money, 1956, p.339
name="_ftn21" title="">[21]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> MINSKY.H, “Finance and stability : the
limits of capitalism”, working paper, 1993, p.18 : “Although the obvious flaw
of capitalism centers around its inability to maintain a close approximation to
full employment, its deeper flaw centres around the way the financial system
affects the prices and demands of outputs and assets, so that from time to time
debts and debt servicing rise relative to incomes so that conditions conducive
to financial crises are endogenously generated”.
name="_ftn22" title="">[22]
style='font-size:9.0pt'> KEYNES, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt
et de la monnaie, 1936
name="_ftn23" title="">[23]
style='font-size:9.0pt'> PROUDHON (1809-1840), Qu’est-ce que la
propriété ?, 1840
name="_ftn24" title="">[24]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> GESELL, L’ordre économique naturel,
introduction
name="_ftn25" title="">[25]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> LOCKE, John, Some Considerations of the
Consequences of lowering the Interest and raising the Value of Money p.36.
name="_ftn26" title="">[26]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> BOHM-BAWERK.E, Capital and Interest : A
Critical History of Economical Theory, conclusion
name="_ftn27" title="">[27]
style='font-size:9.0pt'> Par exemple, Justi demande à ses lecteurs de
considérer que l’intérêt est un loyer de l’argent, comme un fait acquis qui ne
requiert aucune explication (voir Staatwirthschaft, vol.1, §268)
name="_ftn28" title="">[28]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> BOHM-BAWERK.E, Capital and Interest : A
Critical History of Economical Theory, 1884,
I.II.51
name="_ftn29" title="">[29]
lang=ES-TRAD style='font-size:9.0pt'> BACON, Sermones Fideles, cap.
xxxix.,1597
name="_ftn30" title="">[30]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> SMITH, Wealth of Nations, t.2,
chapitre 4
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[32]
style='font-size:9.0pt'> BOHM-BAWERK.E, Capital and Interest : A Critical
History of Economical Theory, 1884,
I.II.8 : « To the observer of men and things
it must in time have become questionable whether the obstinate and always
increasing resistance of practical life really had its root, as the canonists
affirmed, only in human wickedness and hardness of heart. Those who took the
trouble to go more deeply into the technicalities of business life must have
seen that practice not only would not, but could not dispense with interest ;
that interest being the soul of credit, where credit exists to any considerable
extent interest cannot be prevented ; and that to suppress it would be to
suppress nine-tenths of credit transactions. They must have seen, in a word,
that, even in a half-developed system of economy, interest is an organic
necessity. It was inevitable that the recognition of such facts that had for
long been commonplaces among practical men, should in the end force its way
into literary circles. »
name="_ftn33" title="">[33]
lang=PT-BR style='font-size:9.0pt'> DUMOULIN.Charles, Tractatus Contractuum
et Usurarum redituumque pecunia Constitutorum, 1546, No.530.
style='font-size:9.0pt'>Comme il est justifié qu’un créancier vende la
propriété de son débiteur pour récupérer sa créance, c’est exactement la même
chose pour le prêt : « Usus pecuniae mihi pure a te debitae est
mihi pure a te debitus, ergo vel tibi vendere possum. »
name="_ftn34" title="">[34]
style='font-size:9.0pt'> SAUMAISE.Claude (1588-1653), De Usuris, chapitres 1-8.
Bohm Bawerk décrit sa théorie
en ces termes (I.II.37) : « Lending belongs to that class of legal
transactions in which the use of a thing is made over by its owner to another
person. In the case where the article in question is not perishable, if the use
that is transferred is not to be paid for, the legal transaction is a
Commodatum : if it is to be paid for, the transaction is a Locatio or Conductio.
In the case where the article in question is a perishable or a fungible thing,
if the use is not to be paid for, it is a loan bearing no interest (mutuum) : if
to be paid for, it is a loan at interest (foenus). The interest bearing loan
accordingly stands to the loan which bears no interest in exactly the same
relation as the Locatio to the Commodatum, and is just as legitimate as it
»
name="_ftn35" title="">[35]
style='font-size:9.0pt'> BESOLD, Vitae et Mortis Consideratio Politica,
1623, chapitre V
name="_ftn36" title="">[36]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> LOCKE, John, Some Considerations of the
Consequences of lowering the Interest and raising the Value of Money p.24.
name="_ftn37" title="">[37]
lang=PT-BR style='font-size:9.0pt'> MUHAQQIQ AL-ïILLĪ,
Mukhta¢
lang=PT-BR style='font-size:9.0pt'>ar al-nŒ
style='font-size:9.0pt'>fi<, «
lang=AR-AE dir=RTL style='font-size:9.0pt'>و هي
تمليك منفعة
معلومة بعوض
معلوم
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> »
name="_ftn38" title="">[38]
style='font-size:9.0pt'> VACUNA.Vaconius, Lib. i. Nov. Declar. Jus. Civ.
chap. xiv : « celui qui tire profit de cet argent, sous forme de
pièces de monnaie ou autre, le tire d’une chose qui ne lui appartient pas, si
bien qu’on peut considérer que c’est comme si il l’avait volé... »
name="_ftn39" title="">[39]
style='font-size:9.0pt'> AUGUSTIN, Somme Théologique, ii. chap.
ii. quaest. 78, art. 1.
name="_ftn40" title="">[40]
style='font-size:9.0pt'> Pothier est un fameux juriste français d’Orléans,
auteur des Pandectes, recueil exhaustif du droit romain et de traités des
obligations, sur le contrat de mariage, de la vente et des principaux
contrats. Cité par BAWERK,
I.II.82 de TURGOT, Mémoire sur les Prêts d’Argent, § 26 :
« It is a fair claim that the values given in the case of a contract
which is not gratuitous should be equal on either side, and that no party
should give more than he has received, or receive more than he has given.
Everything, therefore, that the lender may demand from the borrower over and above
the principal sum, he demands over and above what he has given ; for, if he get
repayment of the principal sum, he receives the exact equivalent of what he
gave. For things that can be used without being destroyed a hire may certainly
be demanded, because, this use being separable at any moment (in thought at
least) from the things themselves, it can be priced ; it has a price distinct
from the thing. So that, if I have given a thing of this sort to any one for
his use, I am able to demand the hire, which is the price of the use that I
have allowed him in it beyond the restitution of the thing itself, the thing
having never ceased to be my property »... « It is not the same,
however, with those objects that are known to lawyers as fungible goods-things
that are consumed in the using. For since, in the using, these are necessarily
destroyed, it is impossible in regard to them to imagine a use of the thing as
distinct from the thing itself, and as having a price distinct from the thing
itself. From this it follows that one cannot make over to another the using of
a thing without making over to him wholly and entirely the thing itself, and
transferring to him the property in it. If I lend you a sum of money for your
use under the condition of paying me back as much again, then you receive from
me simply that sum of money, and nothing more. The use that you will make of
this sum of money is included in the right of property that you acquire in this
sum. There is nothing that you have received outside of the sum of money. I
have given you this sum, and nothing but this sum. I can therefore ask you to
give me back nothing more than this amount lent, without being unjust ; for
justice would have it that only that should be claimed which was given ».
name="_ftn41" title="">[41]
style='font-size:9.0pt'> AyatollŒh
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>Ý FĪ
style='font-size:9.0pt'>GOLPAYG N
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>¡, « Réponse à des questions juridiques », Magazine Dadress
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>¥
style='font-size:9.0pt'>, troisième année, No.17, p.12 cité dans
style='font-size:9.0pt'>MAï
style='font-size:9.0pt'>Mç
style='font-size:9.0pt'>D¡
style='font-size:9.0pt'> GOLPAYG N
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>¡, Les fondements jurisprudentiels du système de partage dans la
banque sans intérêt, Presses universitaires de Téhéran :Téhéran, 2002,
pp.47
name="_ftn42" title="">[42]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> STEWART.James, Inquiry into the
Principles of Political Economy, 1767, vol ii. book iv. part i.
chap. viii. p. 137.
name="_ftn43" title="">[43]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> GALIANI, Della Moneta, book
v. chap. i., p.244
name="_ftn44" title="">[44]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> HUME.David, Of Interest Essays,
part. ii. chap. iv.
name="_ftn45" title="">[45]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> HICKS.John (1904-1989), Value and
capital : An inquiry into some fundamental principles of economic theory ,
1939
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[46]
style='font-size:9.0pt'> GESELL, L’ordre économique naturel, partie.5,
chap.6
name="_ftn47" title="">[47]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> FISHER, Theory of Interest, partie
4, chap.21
name="_ftn48" title="">[48]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> GALIANI, Della Moneta, book
v. chap. i., p.243
name="_ftn49" title="">[49]
style='font-size:9.0pt'> MAïM
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>çD¡
style='font-size:9.0pt'> GOLPAYG N
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>¡, Les fondements jurisprudentiels du système de partage dans la
banque sans intérêt, Presses universitaires de Téhéran :Téhéran, 2002,
pp.51-52
name="_ftn50" title="">[50]
style='font-size:9.0pt'> « t
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'>he conduct of a person who either abstains
from unproductive use of what he can command, or designedly prefers the
production of remote to that of immediate results
style='font-size:9.0pt'> »
name="_ftn51" title="">[51]
style='font-size:9.0pt'> Pour la petite histoire, Fisher a perdu une grande
partie de sa fortune lors du crash boursier de 1929.
style='font-size:9.0pt'>On ne peut semble t-il pas tout prévoir...
name="_ftn52" title="">[52]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> FISHER.Irving, The Theory of Interest,
New York : The Macmillan Company, 1930, partie 2, chap.4
style='color:black'> : « Borrowing and lending are in form a
transfer of capital, but they are in fact a transfer of income of which that
capital is merely the present value. In our theory of interest, therefore, we
have to consider not primarily the amount of capital of a community, but the
future expected income for which that capital stands ».
name="_ftn54" title="">[54]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> FISHER.Irving, The Theory of Interest,
partie 4, chapitre 15 : « In all these cases, the rate of wages is the
discounted value of some future product, and therefore tends to decrease as
interest increases ».
name="_ftn55" title="">[55]
dir=RTL>
dir=LTR>
dir=RTL>"للاجل
قسط من ال
dir=RTL style='font-size:9.0pt'>ثمن
dir=RTL style='font-size:9.0pt'> "
name="_ftn56" title="">[56]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> «
style='font-size:9.0pt'>الا ان
يقال ان
الزيادة ليست
في مقابل
الاجل بل هي
في مقابل
اسقاط البايع
حقه من
التعجيل الذي
يقتضيه العقد
لو خلى و طبع
dir=LTR> »
dir=RTL>
dir=LTR> SHAYKH ANÝ
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>
style='font-size:9.0pt'>RĪ, Al-makŒ
style='font-size:9.0pt'>sib,
p.305
name="_ftn57" title="">[57] style='font-size:9.0pt'> MUäAHAR style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>¡. M, Intérêt et Assurance
name="_ftn58" title="">[58]
style='font-size:9.0pt'> AUGUSTIN, De Usuris, i. chap. iv. Cette
argumentation est abordée par Augustin en insistant toutefois sur le fait que
le temps est un bien commun, également et gratuitement distribué à tous par le
Créateur, et qu’il n’appartient pas à une personne de monnayer ce bien gratuit
non monnayable.
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;font-family:"Verdana"'>[60]
Cette expression désigne la période précédant la Révélation au prophète Muhammad
style='font-size:7.5pt'>paix sur lui et sur sa famille
style='font-size:9.0pt'> dans la première moitié du 7ème siècle.
name="_ftn62" title="">[62]
style='font-size:9.0pt'> PLATON, Les lois, p. 742 : « Personne ne
devrait déposer d’argent chez quelqu’un autre qu’un ami en qui il a confiance,
ni ne devrait prêter d’argent à intérêt ».
ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, IV. § 1 : « Tels sont ceux
qui se livrent à des commerces illicites comme les tenants de maisons closes,
et toute personne de cette catégorie ; et les usuriers qui prêtent des petites
sommes à des taux exorbitants, car ces gens tirent leur revenu de sources
inappropriées et prennent plus qu’ils ne le devraient ».
CICERON, De Officiis, ii. Fin ,
lang=PT-BR style='font-size:9.0pt'>CATON, De Re Rustica :,
style='font-size:9.0pt'>PLOTIN, Mostellaria, Act iii. scene 1,
SENEQUE, De Beneficiis, vii. 10
name="_ftn63" title="">[63]
style='font-size:9.0pt'> La loi mosaïque interdit l’usure entre juifs dans Exodes
xxii. 25 ; Lévitique xxv. 35-37 ; Deutéronome xxiii. 19,
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[63]
style='font-size:9.0pt'> Deutéronome, chapitre 23, versets 19-20 et Ezéchiel
chap.18, v.8 et 1chap.8, v.13. L’Exode est le second livre de la
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bible" title=Bible>Bible. Il raconte les pérégrinations du peuple
hébreu fuyant l’
title=Égypte>Égypte
où il avait été asservi vers la Terre promise - la
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Palestine" title=Palestine>
style='color:windowtext;'>Palestine - mené par
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mo%C3%AFse" title=Moïse>
style='color:windowtext;'>Moïse. Ce livre est
(avec celui du
title=Deutéronome>Deutéronome)
celui où se trouvent inscrits les
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dix_Commandements" title="Dix Commandements">
style='color:windowtext;'>Dix Commandements. La
loi mosaïque interdit l’usure entre juifs dans Exode xxii. 25 ; Lévitique
xxv. 35-37 ; Deutéronome xxiii. 19,
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[64]
style='font-size:9.0pt'> V
style='font-size:9.0pt'>erset 161, sourate Les Femmes :
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>
style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt'>و اخذهم
الربا و قد
نهو عته و
اكلهم اموال الناس
بالباطل و
اعتدنا
للكافرين
اذابا اليما
dir=LTR>
dir=LTR>
name="_ftn65" title="">[65]
style='font-size:9.0pt'> Deutéronome, chapitre 23, versets 19-20 et Ezéchiel
chap.18, v.8 et 1chap.8, v.13
name="_ftn68" title="">[68]
style='font-size:9.0pt'> Voir DESMEDT, « Monnaie et Finance :
violences financières »
name="_ftn71" title="">[71]
style='font-size:9.0pt'> LACTANTIUS, Livre vi. Divin. Inst. chap.
xviii. Dires d’un homme juste, AMBROSIUS, De Bono Mortis, chap.
xii. : , AMBROSIUS, De Tobia, chap. iii. : , CHRYSOSTEME sur
Mathieur xvii. Homélie 56,
AUGUSTIN sur Psaume cxxviii., AUGUSTIN in Decret. Grat. chap. i.
Causa xiv. quaest. 3
name="_ftn72" title="">[72]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'>BOHM-BAWERK.E, Capital and Interest : A
Critical History of Economical Theory, 1884,
I.II.32 : « It happened too that the decaying theory of the fathers of
the Church and of the scholastics nowhere came into sharper conflict with the
needs of actual life than in the Netherlands, where a highly developed economy
had created for itself a complete system of credit and banking ; where,
consequently, transactions involving interest were common and regular ; and
where, moreover, temporal legislation, yielding to the pressure of practice,
had long allowed the taking of interest. In such circumstances a theory which pronounced
interest to be a godless defrauding of the debtor was unnatural, and its
continuance for any length of time was an impossibility ».
name="_ftn73" title="">[73]
style='font-size:9.0pt'> Au fur et à mesure que le conflit avec l’église
romaine s’aggrave,
style='color:windowtext;'>Luther radicalise ses
positions qu’il livre dans des textes fondamentaux qui paraissent en 1520,
année de son excommunication. Mis au ban de l’Empire (édit de Worms, 1521),
Luther est cependant suivi par toute l’Allemagne du nord. En 1530, le texte
rédigé par Melanchthon (1497-1560) sous la direction de Luther est lu devant l’
href="http://www.publius-historicus.com/ch_quint.htm">Empereur Charles Quint à la diète d’Augsbourg.
Cette Confession d’Augsbourg deviendra le texte de réfèrence du
luthérianisme. Dès 1555, la scission sera officialisée avec la Paix d’Augsbourg qui marquera l’acceptation de la division confessionnelle de l’empire
germanique. La rapide propagation des idées de Luther dans toute l’Europe grâce
à l’imprimerie (300 000 exemplaires de ses premiers textes vendus entre 1517 et
1520) explique l’irruption de nombreux foyers réformateurs. A Zurich, le
prédicateur Zwingli (1484-1531) mène un mouvement de Réformation dès 1521 et
impose ses idées deux ans plus tard. A Strasbourg, le théologien dominicain
Martin Bucer (1491-1551) prêche le luthérianisme à partir de 1523 et parvient à
inciter sa ville à rompre avec le catholicisme en 1534. A Genève, Jean Calvin (1509-1564) est appelé pour
l’organisation d’une nouvelle église protestante et fait rapidement de la ville
une véritable cité-refuge et capitale spirituelle du protestantisme (fondation
d’une académie de pasteurs 1559, production de livres protestants à destination
de toute l’Europe...). Dans la lignée doctrinale de
href="http://www.publius-historicus.com/calvin.htm">Calvin et de
href="http://www.publius-historicus.com/luther.htm">Luther, l’Angleterre (mouvement des anglicans)
en 1563 et l’Ecosse dominée par le presbyterianisme de John Knox se séparent à
leur tour de l’église catholique.
name="_ftn74" title="">[74]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> BOHM-BAWERK.E, Capital and Interest : A
Critical History of Economical Theory, 1884,
I.II.11
name="_ftn76" title="">[76]
lang=PT-BR style='font-size:9.0pt'> DUMOULIN.Charles, Tractatus Contractuum
et Usurarum redituumque pecunia Constitutorum, 1546.
name="_ftn77" title="">[77]
lang=PT-BR style='font-size:9.0pt'> DUMOULIN.Charles, Tractatus, 1546,
No.10
name="_ftn78" title="">[78]
lang=PT-BR style='font-size:9.0pt'> DUMOULIN.Charles, Tractatus, 1546,
No.534
name="_ftn79" title="">[79]
lang=PT-BR style='font-size:9.0pt'> DUMOULIN.Charles, Tractatus, 1546,
No.536
name="_ftn80" title="">[80]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> BOHM-BAWERK.E, Capital and Interest : A
Critical History of Economical Theory, 1884,
I.II.32 : « During the political and religious troubles among which the
young free state (Netherlands) was born, men had learned to emancipate
themselves from the shackles of a slavish following of authority »
name="_ftn81" title="">[81]
style='font-size:9.0pt'> PALMA.Norman, Philosophie du Droit, p.35 :
« comme nous le savons, ce rejet du prêt à intérêt va se manifester
comme un interdit social jusqu’à la moitié du dix-septième siècle. C’est en
effet en 1658 que l’Etat de Hollande va déclarer ne plus être concerné par
l’interdit du prêt avec intérêt. »
style='font-size:9.0pt'>On a vu précédemment que l’Angleterre le légalise dès
1545.
name="_ftn82" title="">[82]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'>MIRABEAU, Philosophie Rurale, Amsterdam, 1764, pp.284 : « money interest ruins society by giving
incomes into the hands of people who are neither owners of land nor producers,
nor industrial workers, and these people can only be looked upon as hornets,
who live by robbing the hoards of the bees of society ».
title="">
class=MsoFootnoteReference>[84]
style='font-size:9.0pt'> Tar¥kh de
Tabar¥
style='font-size:9.0pt'> , tome 1, p.1370 et Fut
lang=ES-TRAD style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>’
lang=ES-TRAD style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>Æ
style='font-size:9.0pt'> al-buldŒn
style='font-size:9.0pt'> de BilŒzar
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>¥, p.76 et ZawŒjir
style='font-size:9.0pt'> de Ibn ïijr, tome 1, p.206
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[85]
style='font-size:9.0pt'> « شر
المكاسب اخذ
الربا »
name="_ftn86" title="">[86]
style='font-size:9.0pt'> «
style='font-size:9.0pt'>ان الله
لعن اكل الربا
و مؤكله و
كاتبه و شاهديه
dir=LTR>
style='font-size:9.0pt'> » Was
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>Œ
style='font-size:9.0pt'>il al-sh¥Õa
style='font-size:9.0pt'>, t.12, p.426
name="_ftn87" title="">[87]
style='font-size:9.0pt'> «
style='font-size:9.0pt'>يا علي
lang=FA dir=RTL style='font-size:9.0pt'>درهم
ربا اعظم عند الله
lang=FA dir=RTL style='font-size:9.0pt'> من
سبعين زينة
كلها بذات
محرم في بيت الله
الحرم
style='font-size:9.0pt'> »
dir=RTL style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt'> dans Was
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>Œ
style='font-size:9.0pt'>il al-sh¥Õa
style='font-size:9.0pt'>, t.12, p.426
name="_ftn88" title="">[88]
style='font-size:9.0pt'> « وا
لمعطي سواء في
الربا
dir=LTR> الاخذ
dir=LTR> » : Al-Hind
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>¥, Kanz al-’ummŒl
style='font-size:9.0pt'> , t.4, p.110
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[89]
style='font-size:9.0pt'> «
dir=RTL> آكل الربا
و موكله و
كاتبه و شاهده
فيه سواء
dir=LTR> »
name="_ftn90" title="">[90]
style='font-size:9.0pt'> «
style='font-size:9.0pt'>ما رأيت
من نعمة
موفورة الا و
الى جانبها حق
مضيع »
lang=AR-AE dir=RTL style='font-size:9.0pt'>
قال الامام
علي بن ابي
طالب عليه
السلام :
name="_ftn92" title="">[92]
style='font-size:9.0pt'> TELLEZ.Gonzalez, Commentaria perpetua in singulos
textus quinque librorum Decretalium Gregorii IX. v. chap. iii. ; De
Usuris, v. chap. xix. No. 7 : « comme l’argent ne
produit pas d’argent, c’est contraire à la nature de prendre plus que la somme
prêtée, et l’on peut dire avec plus d’appoint que cet argent est pris de
l’industrie plutôt que de l’argent, car l’argent ne produit pas, comme l’a
remarqué Aristote ».
COVARRUVIAS, Variorum Resolutionum, iii. chap. i. No. 5 :
« La quatrième base est que l’argent ne porte de lui-même aucun fruit,
et ne génère rien. Sur cette base, il est inadmissible et injuste de prendre
quelque chose au-delà de la somme prêtée pour l’utiliser, car ce surplus ne
vient pas réellement de l’argent en soi stérile, mais de l’industrie d’un autre ».
name="_ftn93" title="">[93]
dir=RTL>
dir=LTR> Kit
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>Œ
style='font-size:9.0pt'>b al-khilŒf
style='font-size:9.0pt'> , t.2, p.11 : «
dir=RTL style='font-size:9.0pt'>و به قال
جميع الفقهاء
و العلماء
style='font-size:9.0pt'> »
name="_ftn94" title="">[94]
dir=RTL>
dir=LTR> NAJAF
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>¡, JawŒ
style='font-size:9.0pt'>hir al-kalŒm
style='font-size:9.0pt'>, t.23, p.332 :
dir=RTL style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt'>«
dir=RTL style='font-size:9.0pt'>ف
style='font-size:9.0pt'>ي الربا
المحرم كتابا
و سنة و اجاعا
من المؤمنين
بل المسلمين
بل لا يبعد
كونه من
ضروريات الدين
فيدخل مستحله
في سلك
الكافرين
style='font-size:9.0pt'> »
lang=FA dir=RTL style='font-size:9.0pt'>
dir=LTR>
class=MsoFootnoteReference> style='font-size:10.0pt;font-family:"Verdana"'>[95] lang=EN-GB> AL-MAWWARD¡ lang=EN-GB>, Al-haw¥ lang=EN-GB> al-kab¥ lang=EN-GB>r , t.7, p.74
class=MsoFootnoteReference>
style='font-size:10.0pt;font-family:"Verdana"'>[96]
Voir : M
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>çSSAĪ.Maytam, Explication de la notion et du sujet de
l’intérêt du point de vue de la jurisprudence en tenant compte des relations
économiques contemporaines (en persan), Institut de recherche monétaire et
bancaire, Téhéran, 1997, pp.3-36, pp.77-82 et pp.97-124
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[97]
style='font-size:9.0pt'> Hashiyya, tome 5, p.168 : «
lang=FA dir=RTL>الفضل
الخالي عن
العوض بمعيار
شرعي لاحد المتعاقدين
في المعاوضة
dir=LTR> »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[98]
style='font-size:9.0pt'> Hashiyya ’unqar
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>¥
style='font-size:9.0pt'> : «
style='font-size:9.0pt'>الربا
شرعا هو
الزيادة
بالشيء
المخصوص(كيل و
وزن)
dir=LTR> »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[99]
style='font-size:9.0pt'> « الربا
عقد علي عوض
مخصوص غير
معلوم
التماثل في
معيار الشرع
حاله العقد او
مع تأخير في
البدلين او
احدهما
dir=LTR> »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[100]
style='font-size:9.0pt'> « بيع
المتماثلين
جنسا كمية
بزيادة في
احدهما او
اقتراض مال
بزيادة تادية
عينية او
حكمية
»
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[101]
style='font-size:9.0pt'> « هو
الزيادة
المشروط
للدائن بغير
مقابل »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[102]
style='font-size:9.0pt'>«
lang=FA dir=RTL>بيع احد
المتماثلين
المقدورين
بالكيل او الوزن
في عهد صاحب
الشرع او في
العادة مع زيادة
في احدهما
حقيقة او
اقتراض
احدهما مع
الزيادة
dir=LTR> »
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[103]
style='font-size:9.0pt'> لا
يكون الربا
الا في ما
يكال او ما
يوزن
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[104]
style='font-size:9.0pt'> MAïM
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>çD¡
style='font-size:9.0pt'> GOLPAYG N
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>¡, Les fondements jurisprudentiels du système de partage dans la
banque sans intérêt, Presses universitaires de Téhéran :Téhéran, 2002,
pp.31-33
name="_ftn105" title="">
style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt;font-family:"Verdana"'>[105]
style='font-size:9.0pt'> «
style='font-size:9.0pt'>كل قرض جر
منفعة فهو ربا
dir=LTR> » Mustadrak
al-wasŒ
style='font-size:9.0pt'>il, t.2, p.492
name="_ftn106" title="">
style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt;font-family:"Verdana"'>[106]
style='font-size:9.0pt'> MAïM
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>çD¡
style='font-size:9.0pt'> GOLPAYG N
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>¡, Les fondements jurisprudentiels du système de partage dans la
banque sans intérêt, pp.34-35
name="_ftn107" title="">
style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt;font-family:"Verdana"'>[107]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> «
style='font-size:9.0pt'>لا بأس
إذا لم يكن
يشترط
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> »
dir=RTL>
dir=LTR> WasŒil
al-sh¥
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>Õ
style='font-size:9.0pt'>a,
t.13, p.106
name="_ftn108" title="">
style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt;font-family:"Verdana"'>[108]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> DUMOULIN.Charles (1500-1566), Tract.
Contract. No. 528
name="_ftn109" title=""> style='font-size:9.0pt'> style='font-size:9.0pt;font-family:"Verdana"'>[109] style='font-size:9.0pt'> A style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>Õ lang=ES-TRAD style='font-size:9.0pt'>y’ style='font-size:9.0pt'>n akhbŒ style='font-size:9.0pt'>r al-rizŒ (alay al-salŒ lang=ES-TRAD style='font-size:9.0pt'>m), t.2, p.94 :
و علة
تحريم الربا
انما نهي الله
عنه لما فيه من
فساد الاموال
لان الانسان
اذا شتري
الدهرم
بالدهرمين
كان ثمن
الدهرم دهرم و
ثمن الاخرباطلا
و بيع الربا
وكس علي كل
حال علي
المشتري و علي
البايع فحرم
الله تبارك و
تعالي الربا
لعلة فساد
الاموال كما
حظر علي السفيه
ان يدفع ماله
اليه لما
يتخوف عليه من
افساده حتي
يؤنس منه رشده
فلهذه العلة
حرم الله
الربا...و علة
تحريم الربا
بالنسية لعلة
ذهاب المعروف و
تلف الاموال و
رغبة الناس في
الربح وتركهم
القرض والفرض
و صنائع
المعروف و لما
فيه من الفساد
و الظلم و
فناء الاموا
name="_ftn110" title="">
style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt;font-family:"Verdana"'>[110]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt'>WasŒil al-sh¥
style='font-size:9.0pt;font-family:TranslitLS'>Õ
style='font-size:9.0pt'>a,
t.12, p.424 :
انه
لو كان الربا
lang=AR-AE style='font-size:9.0pt'>
lang=AR-AE dir=LTR style='font-size:9.0pt'>
lang=AR-AE style='font-size:9.0pt'>حلالا
ترك الناس
التجارات و ما
يحتجون اليه فحرم
الله الربا
لتنفر الناس
من الحرام الي
الحلال
style='font-size:9.0pt'> و
الي
lang=AR-AE style='font-size:9.0pt'>التجارات
من البيع و
الشري فيبقي
ذلك بينهم في
القرض
lang=EN-GB dir=LTR style='font-size:9.0pt'>
name="_ftn111" title="">
style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt;font-family:"Verdana"'>[111]
dir=RTL>
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'>Sourate Les femmes, verset 29 :
style='font-size:9.0pt;font-family:Symbol'>
style='font-size:9.0pt'>ياايها
الذين امنوا لا
تاكلوا
اموالكم
بينكم
بالباطل
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt;font-family:Symbol'>
name="_ftn112" title="">
style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt;font-family:"Verdana"'>[112]
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'> Sourate Les femmes, verset 161 :
و
اخذهم الربا
وقد نهو عنه
واكلهم اموال
الناس
بالباطل و
اعتدنا
للكافرين
منهم عذابا
اليما
lang=EN-GB style='font-size:9.0pt'>
name="_ftn113" title=""> style='font-size:9.0pt'> style='font-size:9.0pt;font-family:"Verdana"'>[113] style='font-size:9.0pt'> MARX, Le capital, t.1, p.80
name="_ftn114" title="">
style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt;font-family:"Verdana"'>[114]
style='font-size:9.0pt'> MUäAHARĪ, Questions de
l’intérêt et de l’assurance, pp.46-48 :
داصلا
وجود اعتباری
انتاج ندار
dir=LTR>
name="_ftn115" title="">
style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt;font-family:"Verdana"'>[115]
style='font-size:9.0pt'> MUäAHAR
dir=RTL style='font-size:9.0pt'>Ī
style='font-size:9.0pt'>. Intérêt et Assurance,
p.31
name="_ftn116" title="">
style='font-size:9.0pt'>
style='font-size:9.0pt;font-family:"Verdana"'>[116]
style='font-size:9.0pt'> Sourate La vache, verset 276 :
lang=AR-AE dir=RTL style='font-size:9.0pt'>يمحق
الله الربا و
يربي الصدقات
والله لا يحب كل
كفار اثيم
style='font-size:9.0pt'>
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[117]
style='font-size:9.0pt'> FISHER, Lettre à Simons du 14 décembre 1934, relaté
par l’article de BLANC.Jérôme,
class=MsoFootnoteReference>
class=MsoFootnoteReference>[118]
style='font-size:9.0pt'> DUBOIN, Pourquoi manquons-nous de crédits ?
, 1961