L’extermination des porcs scandalise la population égyptienne

A coups de barres de fer et de produits chimiques, l’élimination barbare et expéditive de l’ensemble du

mercredi 20 mai 2009

A coups de barres de fer et de produits chimiques, l’élimination barbare et expéditive de l’ensemble du cheptel porcin d’Egypte provoque l’effroi de l’opinion publique, dans toutes ses composantes.

Faisant la sourde oreille aux vives critiques des autorités médicales internationales, les autorités égyptiennes ont opté pour cette mesure pour le moins radicale dans la plus grande précipitation, afin d’anticiper les ravages du nouveau fléau mondial, la grippe A (H1N1).

Dénué de la plus élémentaire réflexion et préparation, ce massacre des porcs présenté en conformité avec les normes sanitaires et les valeurs du pays, a été dans les faits perpétré avec une infinie cruauté, que dénonce l’éditorialiste vedette Salama Ahmed Salama en parlant d’une méthode qui relève plus « de la stupidité humaine que de la maladie des porcs ».

En l’espace de trois semaines, ce sont ainsi 90 000 cochons qui ont été tués sur un cheptel national recensant près de 300 000 bêtes.

Heurtant la sensibilité de tous les citoyens, suscitant des réactions consternées des dignitaires religieux musulmans, relayées par plusieurs associations de protection des animaux qui ont annoncé leur intention de porter plainte contre le ministre de l’Agriculture, cette véritable boucherie déshonore le gouvernement égyptien qui a dévoyé les principes mêmes de l’islam : « Il est strictement interdit par l’islam de tuer ainsi un animal, y compris un porc », a condamné le cheikh Salim Mohammed Salim, chef du conseil des fatwas de l’université al-Azhar, principale institution religieuse du pays.

En dépit de la clameur de protestation qui monte, le président de l’Assemblée du peuple, Fathi Sorour, concède que l’abattage devait se faire « dans le respect des droits des animaux et d’une façon civilisée », sans à aucun moment remettre en cause la décision du gouvernement.

Une impassibilité inquiétante du pouvoir, qui se mure dans des certitudes que rien n’ébranle, pas même l’indignation générale.

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