« Le calendrier islamique basé sur l’observation mensuelle de la nouvelle lune est incapable de remplir les fonctions usuelles d’un calendrier, alors que celui basé sur le calcul astronomique le fait parfaitement. D’après des juristes musulmans de renom, tels que Ahmad Shakir et Yusuf al-Qaradawi, la charia ne s’oppose pas à l’utilisation du calendrier basé sur le calcul. Seul, le poids des traditions séculaires empêche les sociétés musulmanes de substituer cette dernière méthode d’élaboration du calendrier à la première, malgré ses avantages manifestes. »
A Rachida Benchemsi
« Le soleil et la lune (évoluent) selon un calcul (minutieux) » (1)
« C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le nombre des années et le calcul (du temps). » (2)
« Les oulémas n’ont pas le monopole d’interprétation de la charia. Evidemment ils doivent être consultés au premier plan sur les questions de la charia. (Mais) ce ne sont pas eux qui font la loi religieuse, de même que ce ne sont pas les professeurs de droit qui font la loi, mais les parlements. » (Ahmed Khamlichi) (3)
« Le calendrier islamique basé sur l’observation mensuelle de la nouvelle lune est incapable de remplir les fonctions usuelles d’un calendrier, alors que celui basé sur le calcul astronomique le fait parfaitement. D’après des juristes musulmans de renom, tels que Ahmad Shakir et Yusuf al-Qaradawi, la charia ne s’oppose pas à l’utilisation du calendrier basé sur le calcul. Seul, le poids des traditions séculaires empêche les sociétés musulmanes de substituer cette dernière méthode d’élaboration du calendrier à la première, malgré ses avantages manifestes. »
Depuis que l’usage du calendrier grégorien s’est généralisé dans les pays musulmans, après leur occupation par des puissances étrangères aux 19è et 20è siècles, le calendrier islamique s’est progressivement trouvé relégué à des fonctions de protocole et de représentation, qu’il assume essentiellement à l’occasion du 1er muharram, du 1er ramadan, de l’aïd el-fitr, de l’aïd al-adha ou du 1er dhul hijja. Nul ne songerait, de nos jours, à dater un contrat, à faire des réservations de billets d’avion ou de chambres d’hôtel, ou à programmer une conférence internationale sur la base des données de ce calendrier.
En effet, ses dates sont associées à des jours différents dans différents Etats musulmans et il ne permet pas, à l’intérieur du même pays, de planifier d’activités au-delà du mois en cours, puisqu’il ne peut pas être établi à l’avance.
A titre d’illustration, le 1er chawal 1426, jour de célébration de l’aïd el fitr, correspondait au mercredi 2 novembre 2005 en Libye et au Nigéria ; au jeudi 3 novembre dans 30 pays dont l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et une partie des Etats-Unis ; au vendredi 4 novembre dans 13 pays dont le Maroc, l’Iran, le Bangladesh, l’Afrique du Sud, le Canada, une partie de l’Inde et une partie des Etats-Unis ; et au samedi 5 novembre dans une partie de l’Inde. (4) Cet état des choses n’est nullement exceptionnel, mais se renouvelle chaque mois.
Pourtant, le calendrier lunaire, basé sur le calcul, est en mesure de remplir parfaitement toutes les fonctions que les sociétés modernes en attendent. Mais, suite à l’interprétation que les oulémas ont donnée à un célèbre hadith du Prophète sur le début des mois lunaires, le mois lunaire islamique s’est retrouvé déconnecté de ses fondements conceptuels et méthodologiques astronomiques, ce qui a rendu caduques les fonctions du calendrier musulman.
De nombreux penseurs islamiques et juristes de renom se sont sentis interpelés par cette situation et ont publié à diverses reprises, depuis le début du 20è s., des études qui prônent l’utilisation par la communauté musulmane d’un calendrier islamique basé sur le calcul, dont ils confirment et démontrent la licéïté. La célèbre étude du cadi Ahmad Shakir (1939) (5), aux conclusions de laquelle le professeur Yusuf al-Qaradawi s’est rallié en 2004 (6) et les décisions du Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (2006) (7) et du Centre Européen pour la Fatwa et la Recherche (CEFR) (2007) s’inscrivent dans cette ligne de pensée.
Le calendrier lunaire basé sur le calcul astronomique était déjà un outil hautement performant du temps des Babyloniens (XVIIIe s av. J.C.). Le mois lunaire débute au moment de la « conjonction » mensuelle, quand la Lune se trouve située sur une ligne droite entre la Terre et le Soleil. Le mois est défini comme la durée moyenne d’une rotation de la Lune autour de la Terre (29,53 j environ). La lunaison (période qui s’écoule entre deux conjonctions) varie au sein d’une plage dont les limites sont de 29, 27 j au solstice d’été et de 29,84 j au solstice d’hiver, donnant, pour l’année de 12 mois, une durée moyenne de 354,37 j. L’astronome babylonien Kidinnu (IVè s. av. J.C. ?), très connu pour ses travaux astronomiques, a calculé la durée du mois synodique comme égale à 29j, 12h 44 mn 3,3 s, alors que la valeur admise aujourd’hui est de 29j, 12h 44mn 2,8 s, soit environ une demi seconde d’écart.
Sur le plan astronomique, les mois lunaires n’ont pas une durée de 30j et de 29j en alternance. Il y a parfois de courtes séries de 29 j suivies de courtes séries de 30 j, comme illustré par la durée en jours des 24 mois lunaires suivants, correspondant à la période 2007-2008 : « 30, 29, 30, 29, 29, 30, 29, 29, 30, 30, 29, 30, 30, 30, 29, 30, 29, 29, 30, 29, 29, 30, 29, 30. »
Cependant, les astronomes ont posé, depuis des millénaires, la convention que des mois de 30 j et de 29 j se succédaient en alternance, ce qui permet de faire correspondre la durée de rotation de la Lune sur deux mois consécutifs à un nombre de jours entiers (59), laissant à peine un petit écart mensuel de 44 mn environ, qui se cumule pour atteindre 24 h (soit l’équivalent d’un jour) en 2,73 ans. Pour solder cet écart, il suffit d’ajouter un jour au dernier mois de l’année, tous les trois ans environ, de la même manière qu’on ajoute un jour tous les quatre ans au calendrier grégorien. Les années dites « abondantes » du calendrier islamique, d’une durée de 355 j chacune, sont au nombre de 11 dans un cycle de 30 ans (années n° 2, 5, 7, 10, 13, 16, 18, 21, 24, 26 et 29), alors que les années dites « communes », d’une durée de 354 j, sont au nombre de 19.
La nouvelle lune ne devient généralement visible que quelques 18 h après la conjonction, et sujet à l’existence de conditions favorables résultant de facteurs tels que le nombre d’heures écoulées depuis la conjonction ; les positions relatives du soleil, du croissant lunaire et de l’observateur ; l’altitude de la lune au coucher du soleil ; le lieu où l’on procède à l’observation ; l’angle formé avec le soleil au moment du coucher ; les conditions d’observation (pollution, humidité, température de l’air, altitude) ; la limite de détection de l’œil humain ; etc... (8).
Selon les mois et les saisons, les conditions favorables d’observation de la nouvelle lune seront réunies en des sites différents du globe terrestre. Des astronomes musulmans de renom, des temps médiévaux, tels que Ibn Tariq (VIIIè s.), Al-Khawarizmi (780 ?-863), Al-Battani (850-929), Al-Bayrouni (973-1048), Tabari (XIè s.), Ibn Yunus (XIè s.), Nassir al-Din Al-Tousi (1258-1274 ?), etc. ont contribué de manière importante, pendant plusieurs siècles, au développement des connaissances théoriques et appliquées dans le domaine de l’astronomie. Ils ont accordé un intérêt particulier à l’étude des critères de visibilité de la nouvelle lune, dans le but de développer des techniques de prédiction fiables du début d’un nouveau mois.
Mais, ce n’est que récemment que des astronomes et des informaticiens réputés ont réussi, en conjuguant leurs efforts, à établir des procédures permettant de prédire à l’avance, chaque mois, dans quelles régions du globe les conditions optimales seront réunies pour observer la nouvelle lune. Ainsi, en 1984, un physicien de Malaisie, Mohamed Ilyas, a pu tracer au niveau du globe terrestre une ligne de démarcation, ou ligne de date lunaire, à l’ouest de laquelle le croissant est visible le soir du nouveau mois, alors qu’il ne peut être vu à l’est de cette ligne que le soir suivant. (9)
Cependant, malgré leur intérêt considérable sur le plan théorique, ces travaux ne sont encore que d’une aide limitée sur le plan pratique, parce qu’ils continuent d’associer le début du nouveau mois à l’observation mensuelle de la nouvelle lune, une démarche qui ne permet pas d’établir des calendriers annuels à l’avance.
Dans l’Arabie pré-islamique, les bédouins étaient habitués à observer la position des étoiles, de nuit, pour se guider dans leurs déplacements à travers le désert, et à observer l’apparition de la nouvelle lune pour connaître le début des mois.
Quand les fidèles interrogèrent le Prophète sur la procédure à suivre pour déterminer le début et la fin du mois de ramadan, il leur recommanda de commencer le jeûne avec l’observation de la naissance de la nouvelle lune (au soir du 29è jour du mois) et d’arrêter le jeûne avec la naissance de la nouvelle lune (du mois de shawal). « Si le croissant n’est pas visible (à cause des nuages) comptez jusqu’à 30 jours. » (10)
La recommandation confortait dans ses habitudes ancestrales une communauté qui ne savait ni écrire ni compter et qui n’avait pas d’accès, de toutes façons, à d’autres méthodes de suivi des mois. À l’époque de la Révélation (VIIè s. ap. J.C.), les données astronomiques n’étaient pas communément disponibles pour être utilisées par la population de manière pratique, en tous lieux, comme c’est le cas aujourd’hui.
Les Arabes utilisaient, avant la Révélation, un calendrier lunaire basé sur une année de 12 mois. Mais ils avaient pris l’habitude, depuis l’an 412, de leur adjoindre un 13è mois mobile, (dont le concept avait été emprunté au calendrier israélite), dans le but de faire correspondre le mois du hajj à la saison d’automne. Ces ajustements ayant fait l’objet de grands abus, le Coran les a réprimés en fixant à douze le nombre de mois d’une année et en interdisant l’intercalation du 13è mois. (11) Mais il ne fournit aucune autre indication d’ordre méthodologique concernant la confection du calendrier lunaire, et ne fait aucune référence au calcul astronomique. Le Coran n’interdit pas, par conséquent, l’usage du calcul astronomique.
Néanmoins, le consensus des oulémas s’est solidement forgé, pendant 14 siècles, autour du rejet du calcul, à part quelques juristes isolés, dans les premiers siècles de l’ère islamique, qui prônèrent l’utilisation du calcul pour déterminer le début des mois lunaires. (12) Sur le plan institutionnel, seule la dynastie (chi’ite) des Fatimides, en Égypte, a utilisé un calendrier basé sur le calcul, entre les Xè s. et XIIè s., avant qu’il ne tombe dans l’oubli à la suite d’un changement de régime.
L’argument majeur utilisé pour justifier cette situation se fonde sur le postulat des oulémas, selon lequel il ne faut pas aller à l’encontre d’une prescription du Prophète. (13) Ils estiment qu’il est illicite de recourir au calcul pour déterminer le début des mois lunaires, du moment que le Prophète a recommandé la procédure d’observation visuelle.
De nombreux oulémas soulignent, de plus, que le calendrier basé sur le calcul décompte les jours du nouveau mois à partir de la conjonction, laquelle précède d’un jour ou deux l’observation visuelle de la nouvelle lune. S’il était utilisé, le calendrier basé sur le calcul ferait commencer et s’achever le mois de ramadan, et célébrer toutes les fêtes et occasions religieuses, en avance d’un jour ou deux par rapport aux dates qui découlent de l’application du hadith du Prophète, ce qui ne serait pas acceptable du point de vue de la charia. (14)
Cependant, ce dernier argument ne résiste pas à l’analyse. De nombreuses études réalisées par des astronomes musulmans au cours des dernières années, démontrent que les mois décrétés dans les pays islamiques sur une période de plusieurs décennies débutaient en des jours différents dans différents pays . « Eid al mawlid annabawi » (anniversaire de la naissance du Prophète) ou « Laylat al Qadr » (nuit du destin) sont ainsi célébrés en des jours différents dans différents pays musulmans (parfois avec un écart de deux ou, même, trois jours). Ces dates sont le plus souvent erronées, pour les raisons les plus diverses. (15) En conséquence, l’argument de précision des mois basés sur l’observation de la nouvelle lune ne peut être retenu.
De fait, depuis le début du XXè s., quelques penseurs islamiques, ainsi qu’une poignée d’oulémas de renom, remettent en cause les arguments en faveur de la méthode d’observation de la nouvelle lune pour la détermination du début des mois lunaires.
A leur avis, le Prophète a simplement recommandé aux fidèles une procédure d’observation de la nouvelle lune, pour déterminer le début d’un mois nouveau. Les bédouins étant habitués à se baser sur la position des étoiles pour se guider dans leurs déplacements à travers le désert et pour connaître le début des mois, le Prophète n’avait fait que les conforter dans leurs pratiques ancestrales.
L’observation du croissant n’était qu’un simple moyen, et non pas une fin en soi, un acte d’adoration (‘ibada). Le hadith relatif à l’observation n’établissait donc pas une règle immuable, pas plus qu’il n’interdisait l’utilisation du calendrier astronomique. (16)
D’ailleurs, d’après un consensus des juristes, le hadith du Prophète sur cette question ne préconise pas une observation visuelle de la nouvelle lune par chacun des fidèles, avant de commencer le jeûne du ramadan par exemple, mais simplement l’acquisition de l’information que le mois a débuté, selon des sources fiables (telles que les chefs de la communauté, les autorités du pays, etc.). (17)
Cette dernière interprétation ouvre de toutes autres perspectives dans la discussion de cette question.
<p class="MsoBodyText" style="><span style=" '="">* Je remercie M. Saïd Branine et le site Oumma.com d’avoir publié, entre 2006 et 2008, mes trois précédents textes sur différents volets du calendrier islamique sous les titres : « 1er muharram : calendrier lunaire ou islamique ? », « La problématique du calendrier islamique » et « Le calendrier musulman en 10 questions » . Le présent article reprend en un seul développement les principaux points étudiés dans les précédentes analyses, complètement refondus, mis à jour et complétés par un nouveau volet sur le début des mois lunaires.
3. Ahmed Khamlichi : "Point de vue n° 4", Rabat, 2002, p. 12
4. Moonsighting.com 1426shw
5. Ahmad Shakir : « Le début des mois arabes … est-il licite de le déterminer par le calcul astronomique ? (1939) » reproduit par le quotidien saoudien « al-Madina » du 13 octobre 2006 (n° 15878)
6. Yusuf al-Qaradawi : « Calcul astronomique et détermination du début des mois » (en arabe)
7. Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord
8. Karim Meziane et Nidhal Guessoum : La visibilité du croissant lunaire et le ramadan, La Recherche n° 316, janvier 1999, pp. 66-71
9. Meziane et Guessoum : op.cit., p. 69
10. Mohammed al-Bukhârî : Recueil de hadiths (3/119)
11. Coran, At-Tawba 9 : 36 et 37 :
(Coran 9 : 36) : Le nombre de mois, auprès d’Allah, est de douze (mois), dans la prescription d’Allah, le jour où Il créa les cieux et la terre.
(Coran 9 : 37) : Le report d’un mois sacré à un autre est un surcroît de mécréance. Par là, les mécréants sont égarés : une année, ils le font profane, et une année, ils le font sacré, afin d’ajuster le nombre de mois qu’Allah a fait sacrés. Ainsi rendent-ils profane ce qu’Allah a fait sacré. Leurs méfaits leurs sont enjolivés. Et Allah ne guide pas les gens mécréants.
12. Abderrahman al-Haj : « Le faqih, le politicien et la détermination des mois lunaires » (en arabe)
15. Meziane et Guessoum : op.cit. p. 70 : A titre d’illustration, ces chercheurs ont comparé les dates religieuses décrétées par les autorités officielles en Algérie, entre 1963 et 1994, avec les calculs astronomiques pour trois événements : dates du début du mois du jeûne (1er ramadan), de la fête de la rupture du jeûne (1er shawal) et de la fête du Sacrifice (10 dhul-hijja). Les données historiques ont été rassemblées à partir des archives de la presse algérienne et confrontées aux éphémérides astronomiques relatives à la ville d’Alger. Pour chaque date (décrétée sur la base d’une "observation" du croissant, reconnue valide par les autorités religieuses), il a été possible de déterminer la date et l’heure de la conjonction correspondante, le délai entre les couchers du Soleil et de la Lune, ainsi que l’angle qui sépare les deux astres au moment de l’observation.
Sur 98 dates analysées par Meziane et Guessoum, il s’est avéré que, dans 14 cas, le mois avait été décrété par les autorités alors que la conjonction n’avait même pas encore eu lieu et/ou que la Lune s’était couchée avant le Soleil (l’observation du croissant était alors strictement impossible). Dans environ 50 % des cas, une des limites absolument établies a été violée. Dans 75 % des cas, les prédictions officielles étaient en contradiction avec les prédictions astronomiques.
Voir également, sur ces questions : Nidhal Guessoum, Mohamed el Atabi et Karim Meziane : Ithbat acchouhour alhilaliya wa mouchkilate attawqiti alislami, 152 p., Dar attali’a, Beyrouth, 2è éd., 1997
16. Abi alfayd Ahmad al-Ghomari, Tawjih alandhar litaw-hidi almouslimin, Dar Al_Nafaes, Amman, 1999, p. 43
17. Allal el Fassi : « Aljawab assahih... » op. cit. p. 22-23 ; Al-Ghazali, Ihya’e ouloum addine, cité dans Abi alfayd Ahmad al-Ghomari, « Tawjih alandhar... » op. cit. p.30
Commentaires
Dans le cadre de la science moderne : difficile de faire plus saisissant comme exemple que cet article, illustrant le décalage incroyable entre le monde islamique et le monde tel qu’il est conçu par...le reste de la planéte. Pas un hasard si l’Université de Ryiadh délivre tous les ans 25000 diplômes de Docteurs és., dont...la moitié en Théologie !! Un retard abyssal.Dans le cadre de la morale moderne : Vous appelez el-qaradawi "Professeur", ce type justifie les attentats-suicides et la lapidation des femmes : de même, professeur pour le monde islamique et criminel pour le reste de la planéte.Je vous plains : cela doit faire bizarre de rester immobile quand tout le monde avance, mais bon, chacun ses choix : acteur éveillé ou spectateur passif de l’évolution du Monde.
On comprend les difficultés de nos amis musulmans à se repérer dans le temps.
Une petite étude rapide. (Etude réalisée en 2009)
Les calendriers - Comparatif :
Hébraïque an 5769
Chinois an 4707
Bouddhiste an 2136
Occidental an 2009
Islam an 1430
Le calendrier musulman ou calendrier hégirien (hijri) est un calendrier lunaire, l’un des rares du monde moderne encore largement répandu. Il est le seul calendrier de l’Arabie Saoudite.
Ce calendrier est caractérisé par des années de 12 mois lunaires de 29 à 30 jours chacun (pour être précis : 29,53059 jours solaires). Une année hégirienne est donc plus courte qu’une année grégorienne d’environ onze jours.
L’année actuellement en cours dans le calendrier musulman est 1430 de l’hégire, approximativement du soir du 28 décembre 2008 au soir du 17 décembre 2009.
Faire 2009 - 622 = 1387 pour trouver l’année de l’hégire actuelle est inexact, et ne tient pas compte du fait que le calendrier musulman « avance » plus rapidement que le calendrier grégorien. Les années hégirienne et grégorienne seront concordantes en 20874.
Ce qui nous laisse encore un peu de temps (environ 18 865 ans) pour que les autre questions existentialistes des musulmans soit réglées définitivement (pour les femmes, voile ou pas voile, avec ou sans les yeux cachées, avec ou sans gants, avec ou sans sourcils ; pour les hommes, longueur du pantalon, longueur de la barbe, cravate en soie ou en synthétique etc…)
Pour le calendrier la question n’est pas encore tranchée, et Khalid Chraibi nous le démontre dans sont article, les "savants" sont toujours à la recherche du "consensus". (date des fêtes religieuses etc.)
@inconnu
"... spectateur passif de l’évolution du Monde"
Non seulement les musulmans sont passifs, mais pire, ils subissent l’évolution du monde.
Voici un exemple du retard abyssal, immense, ahurissant du retard des sociétés majoritairement islamiques.
"...acteur éveillé ou spectateur passif de l’évolution du Monde"
en quoi l’européen ou occidental est il acteur du monde, lui qui subit le monde économique et politique qui l’entoure ?!?
en quoi l’européen ou occidental est il plus éveillé à l’heure de la désinformation de masse ?
je ne vois ici que des critiques qui ont pour seul objectif de dénigrer l’islam et les musulmans.
Certains musulmans ont la même posture statique que ces critiques, en disant : l’islam a donné des droits aux femmes avant les autres civilisations, donc c’est mieux.
on reste dans le binaire.
ce n’est pas des concepts qui donnent ou font évoluer, c’est la mise en application des dits concepts et théories afin d’influer sur le monde, et non pas discuter sur le monde.
La question qu’il faut se poser, c’est : comment une minorité doit elle faire aujourd’hui pour influencer une majorité ?
la réponse : en prenant des risques.
@ l’anonyme et au magécien ! Oui le monde moderne avance , et il avance tellement vite qu’il va droit dans le mur ! il suffit de voir la réalité d’aujourd’hui en face pour se rendre compte ! D’ailleurs ce n’est pas un hasard que les gens reviennent à l’Islam ! mais pour cela , ne voit clair que celui qui veut ! Et le discours répétitif du magécien est pathétique ! A ce demander pourquoi ces gens tellement intelligents viennent perdre leur précieux temps dans un site d’arièrés ???
c’est bizarre on dirait que le site oumma.com est un site pour les islamophobes et anti musulmans !!!
Merci aux modérateurs de Oumma.com de laisser passer ce commentaire où il n’y a ni insulte ni manque de respect mais une réaction légitime à chaud.
N’allons pas trop vite en besogne !
Comme le dit la sagesse populaire : un problème bien formulé est à moitié résolu.
Un minimum de discernement est salutaire dans l’expression des problèmes.
On parle de quoi ici ? Cet article soulève quel problème ?
A-t-on besoin d’une précision atomique faite par le Max Planck Institute ou la NASA pour déterminer le premier jour du Ramadhan ou l’heure de salat el-fajr ?
Ou bien pour faire des transactions financières et des accords diplomatiques, économiques ou sociaux ?
Il y a deux problèmes fondamentalement différents :
Remarquons que le même problème c’est posé aux scientifiques : ce n’est pas le calendrier grégorien qui est utilisé par la communauté scientifique. Ce sont deux calendriers différents. L’unité scientifique de temps est définie par :
"La seconde est la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les niveaux hyperfins F=3 et F=4 de l’état fondamental 6S½ de l’atome de césium 133[1]."
Telle est la seconde scientifique !
Puisque on nous dit que notre calendrier islamique est attardé, faut-il que le musulman dans sa pratique quotidienne utilise cette unité de temps ?
Est-ce à cette seconde que le musulman lambda, l’humble fellah du Sénégal ou du Caucase, doit se référer pour faire Salat el-fajr ou déterminer le premier jour du Ramadhan ?
Pourquoi vouloir faire un seul et unique calendrier dans les pays musulmans ?!
Pourquoi vouloir "islamiser" toutes les unités de temps, les années, les mois, les semaines, les jours, les heures, les minutes et les secondes ?!
Le calendrier grégorien n’est pas plus chrétien ou juif ou musulman. C’est devenu LE calendrier standard pour la politique, l’économie, le commerce, etc. Et il joue quotidiennement et pleinement son rôle dans les pays à majorité musulmane ! Ou est le problème ?!
Que les économies des pays à majorité musulmane aient besoin d’un calendrier réglé sur les tops d’une horloge atomique pour les transactions et autres spéculations financières ou politiques on peut l’admettre.
Et l’Islam n’interdit pas un tel calendrier qui, cela dit en passant, joue déjà son rôle : c’est celui que tous les pays du monde, les pays capitalistes et les pays à majorité musulmane utilisent aujourd’hui.
Alors où est le problème ?!
Mais que la pratique de l’Islam, enracinée dans la simplicité et l’humilité, soit soumise au dictat des ordinateurs et de la haute technologie cela est en contradiction flagrante avec El-Qur’aan et les hadiths. Ces textes sont clairs là -dessus. Qu’il y ait des 3ulama qui donnent leur avis sur le contraire de ce qu’expriment El-Qur’aan et Le Messager sala Allahou 3alaihi wa salam ou qui se taisent devant l’injustice ce n’est pas la première fois. Nous les voyons tous les jours à défaut de les entendre. En particulier les 3ulama qui roulent en Mercedes et habitent des palais payés par les pétro-dollars.
Errassoul sala Allahou 3alaihi wa salaam a dit de manière explicite que nous, les musulmans, nous sommes un peuple simple et humble dans notre pratique de Diin Allah. C’est-à -dire accessible à tout un chacun doté du minimum de ressources mentales et physiques. C’est-à -dire sans haute technologie.
La sophistication et l’élitisme dans la pratique de l’Islam sont des bida3, des déviances.
Cela est un faux débat. Il y a d’autres problèmes auxquels la Oumma fait face, les injustices de tout ordre dans le quotidien : en Palestine et dans tous les pays du monde.
Pourquoi ne pas déployer cette même haute technologie pour aider les Ghazaouis ?
Comme on dit chez nous : "ga3 ennass yaghalbounii wa anna naghlab Aisha oukhtii".
C’est quand même inadmissible de voir régulièrement ici des attaques contre l’Islam sous couvert de progrès, de science et de haute technologie.
Il n’est pas permis de point de vue religieux de compter seulement sur les calculs des observatoires astronomiques, en l’absence d’une vision oculaire. S’il y a une vision, fût elle effectuée par un observatoire astronomique, elle peut être adoptée , vu la portée générale de la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) : « Jeûnez quand vous le voyez et mettez fin à votre jeûne quand vous le revoyez ».
Quand au seul calcul, on ne peut ni l’adopter ni s’y fier. Quant à l’usage du télescope qui facilite la vision du croissant, il n’y a aucun mal à l’utiliser. Mais cela n’est pas obligatoire, car la Sunna-tradition du prophète- semble recommander de se contenter de la vision oculaire habituelle . Mais , si, à l’aide d’un télescope, quelqu’un de sûr- c-à -d animé d’une foi sûre- le voyait, sa vision pourrait être adoptée.
Quoi qu’il en soit, si la vision est obtenue par quelque moyen que ce soit, il faut l’accepter en vertu de la portée générale de la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) : « Jeûnez quand vous le voyez et mettez fin à votre jeûne quand vous le revoyez ».
@mouslim
"Oui le monde moderne avance , et il avance tellement vite qu’il va droit dans le mur !"
Le modèle occidental va tellement dans le mur que des millions de musulmans frappent aux portes de l’Europe et des USA, et que les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Russie) copient les méthodes occidentales.
Le monde avance vite car jamais la rationnalisation du réel n’a été poussée aussi loin. Les musulmans sont tout simplement déstabilisés par les changements rapides, comme ils n’ont pas prise sur les évènements, ils préfèrent se rassurer en s’autopersuadant que le monde va à sa perte.
Salam à tous,
Il intéressant que cet article sorte à 3 jours de la tenue à Abu Dhabi d’une conférence sur ce sujet (et d’autres s’y rapportant), voir la page http://www.icoproject.org/conf2.html. Sur trois jours, 165 participants de 27 pays, sans compter les participants locaux, discuteront une cinquantaine de papiers. De plus, une quinzaine de fouqahas (d’Arabie Saoudite, de Belgique, de Hollande, d’Allemagne, des Etats-Unis, et j’en passe) viendront assister et discuter avec les astronomes.
Il y a trois ans et demi, une première conférence du genre avait été tenue (http://www.icoproject.org/confe.html) et un livre avait été produit à partir des papiers présentés : voir http://www.icoproject.org/book.html.
Tout ceci pour dire que les commentateurs qui n’arrêtent pas de répéter « il n’est pas permis », « c’est un faux débat », etc., devraient d’abord aller digérer la somme de travaux qui ont été faits sur ce sujet, du Fiqh aux modèles empiriques, sans oublier les techniques d’observations qui en sont maintenant au télescope avec CCD-infra-rouge…
L’Islam ne s’est sclérosé que lorsqu’il a été réduit à « ce qui est permis », sans appréciation des Maqasid (objectifs supérieurs) de la Shariaa et de la Révélation. Que ceux qui ne veulent pas voir l’Islam redevenir une grande civilisation nous laissent travailler… dans le calme. Merci.
@u matémagicien ! Toi aujourd’hui qui est au top et très occidentalisé , qu’est ce que tu as inventer pour le bien de l’humanité , puisque tu as quitté l’Islam et les musulmans qui étaient un frein à ton épanouissement ! et pourquoi tu viens nous les casser ! nous , on est bien entre nous dans notre sous développement ! alors pourquoi tu viens nous voir ! on veut pas de toi ici ! Tu n’as vraiment pas de fierté ! moi je ne vais jamais vers des gens que je n’aimes pas ! Et comment les harkis de ton acabit puissent avoir un grain de fierté ! Pauvre de toi !
Elwahraanii : "Le calendrier grégorien n’est pas plus chrétien ou juif ou musulman. C’est devenu LE calendrier standard pour la politique, l’économie, le commerce, etc. Et il joue quotidiennement et pleinement son rôle dans les pays à majorité musulmane ! Ou est le problème ?!"
Le calendrier grégorien n’est ni juif ni chrétien, ni musulman : il est payen.
Janvier / January tire son nom de Janus : dieu Romain à 2 tetes, dieu de l’ouverture (ouvre l’année du calendrier).
Si y avait un mois du calendrier utiliser dans le monde musulman qui s’appelait Al lat ou Al Uzza, je crois que ca poserait probleme quand meme. Janus, Mars... pas tres islamique tout ca. Bon c’est pas bien grave non plus,
faire référence au mois de janvier, ne veux pas dire admettre l’existence du dieu Janus, de toute facon ces deités soit disant payenne sont des symboliques, c’est de l’hermeneutique.
Meme en faisant abstraction de l’orgine payenne du calendrier Gregorien, je vois completement l’interet et la nécessité d’avoir un vrai calendrier lunaire digne de ce nom pour régir des affaires civiles.
Nidal Guessoum écrit :
...Sur trois jours, 165 participants de 27 pays, sans compter les participants locaux, discuteront une cinquantaine de papiers. De plus, une quinzaine de fouqahas (d’Arabie Saoudite, de Belgique, de Hollande, d’Allemagne, des Etats-Unis, et j’en passe) viendront assister et discuter avec les astronomes.
Ce n’est ni le nombre ni la puissance financière qui font que ces conférenciers ont raison et détiennent la vérité.
Encore une fois : errasSoul 3alaihi esSalat wa essalaam a résolu de manière simple le problème de la détermination du début et de la fin des mois lunaires et des heures de Salat pour que la pratique de l’Islam soit à la portée de tous.
... Que ceux qui ne veulent pas voir l’Islam redevenir une grande civilisation nous laissent travailler… dans le calme. Merci.
Oui. Vous travaillez pour le triomphe de cette civilisation des laboratoires et de l’industrie de la haute-technologie occidentale, des capitalistes et des spéculateurs financiers. Et qui fait la misère de milliards d’être humain dans le monde.
Pour quelle raison essaye-t-on d’introduire la science de pointe et la haute technologie et derrière elles le complexe industriel et financier dans notre pratique quotidienne de l’Islam ?
Allons-nous suivre le chemin de ceux qui nous ont précédé : les juifs et les chrétiens ceux-là même qui ont rendu l’Islam impraticable par le plus humble d’entre les hommes ?
Mettre la pratique de l’Islam sous la dépendance de la haute technologie comme le craignait El-Habib 3alaihi salat wa salam qui a insisté sur la simplicité de la pratique de Diin Allah ?
Pendant que les occidentaux redécouvrent les vertus de la simplicité et du développement durable en s’éloignant de la dépendance technologique, nos scientifiques musulmans, malgré les avertissements de notre Prophète 3alaihi essalat wa essalaam, font exactement le contraire !!!
J’ai écrit là ce qui semble être un devoir pour moi de le communiquer. wa Allahou a3lam !
wa essalaam.
Elwahraanii a dit : "Pendant que les occidentaux redécouvrent les vertus de la simplicité et du développement durable"
Il me semble que vous mélanger un peu tout Monsieur.
Que des musulmans se passionnent pour les sciences et s’y investissent est une excellente nouvelle.
Pour vous, les musulmans devraient donc n’être que d’éternels "consommateurs" des découvertes, inventions, bref, des progrés apportés par les recherches scientifiques des Occidentaux ????
Wa salam
Nidhal Guessoum a dit :
L’Islam ne s’est sclérosé que lorsqu’il a été réduit à « ce qui est permis », sans appréciation des Maqasid (objectifs supérieurs) de la Shariaa et de la Révélation.
D’accord, mais là aucun durcissement de la religion, aucun problème à relever concernant le début et fin de mois, l’affaire est réglé depuis plus de 1400 années par la sunna du prophète, sur lui la paix et le salut(« Jeûnez quand vous le voyez(c-à -d le croissant lunéaire) et mettez fin à votre jeûne quand vous le revoyez ».
), et les musulmans s’y référaient, dès lors, sans aucun souci, quel problème cherchez-vous à résoudre pour les musulmans donc ?
Tout en respectant au pied de la lettre ce que El-Habib 3alaihi esSalat wa salaam a ordonné concernant la détermination du premier jour du mois, des projets sont nés qui consistent à élaborer et de perfectionner une méthode simple (au sens où tout musulman sain de corps et d’esprit puisse la pratiquer) et fiable pour la visibilité du nouveau croissant lunaire.
C’est un travail extrêmement passionnant à tout point de vue.
Ainsi l’objectif n’est pas de sophistiquer et de compliquer la pratique de l’Islam mais d’utiliser les avancées de la science moderne pour aider l’humble musulman à voir le nouveau croissant, éliminer les erreurs et invalider les fausses observations. Cela quelque soit l’endroit où il vit.
Ainsi et comme le préconisais le Prophète sala Allahou 3alaihi wa salam, les scientifiques musulmans aux US compilent toutes les observations avérées afin de constituer un guide de visibilité du croissant lunaire pour favoriser les observations futures à l’oeil nu.
Afin de donner la parole à d’autres opinions, voilà quelques documents intéressants à lire sur le sujet :
http://www.zaytuna.org/forms/cesarean%20abridged3.pdf
et :
http://www.islamicity.com/ramadan/Moonsighting_vs_Moonfighting.shtml
wa salaam.
tout est relatif.
Un grand merci à celui qui a ecrit cet article.
Quand on me parle du jour de doute, la seule chose que je doute c’est nos moyens et méthodes qui sont archaiques, imprécises, inadaptés et qui en plus font que l’on a toujours 2 jours d’ecart pour le jour du début de ramadan et idem pour la fin du ramadan, et ca dans le meme pays.
il y a encore des gens (même ayant fait des études) qui croient que c’est l’observation de la lune au dernier moment qui va faire trancher le jour j. Alors qu’on est capable depuis des siecles mathématicien kwarazzmi et autres savants du monde musulman de calculer ce jour.
L’observation est pour la tradition ou pour la coutume et doit etre vu comme une coutume sympathique et permet en plus de confirmer avec ses yeux que c’est bien ça.
a cause de ces histoires on commence jamais au meme moment entre turc et arabe et autres, et en plus on ne finit jamais le meme jour, toujours ce coté désordonné et mal organisé.
en plus on invoque une sorte d’observation aléatoire..
si on faisait confiance aux astronomes musulmans on aurrait la bonne date partout et prévu deja x mois a l’avance et on serait tous OK sur le jour J.
les chrétiens connaissent le jour de noel ou de l’an bien a l’avance, ils attendent pas la derniere heure pour observer le ciel et les étoiles. a l’heure des ordinateur des calculs d’internet, etc.. évidement la lune est plus romantique et poétique, mais il faut l’utiliser que pour confirmer et juste par Coutume et non pour en faire le calendrier de nos fêtes importante.