L’Autriche souffre du syndrome de l’islamo-incompatibilité

Le 25 avril prochain, les autrichiens éliront dans le secret des isoloirs leur nouveau président, qui recond

mardi 13 avril 2010

Le 25 avril prochain, les autrichiens éliront dans le secret des isoloirs leur nouveau président, qui reconduira, selon toute vraisemblance, dans son fauteuil le social-démocrate Heinz Fischer. Un poste essentiellement honorifique et moral, pour lequel chaque parti fourbit minutieusement ses armes, notamment l’extrême-droite, et entonne la ritournelle anxiogène de l’islamo-incompatibilité.

Les clichés de la peur ont la vie dure, et quand leurs chevilles ouvrières sont si promptes à crier à la victimisation, que ne leur tend-on le miroir de leur subterfuge qui projette, sous tous les hémisphères, les mêmes sombres reflets d’un islam épouvantail ?

Ce n’est pas tomber dans le piège béant du bouc émissaire tout désigné que de s’inquiéter de l’éclairage blafard de la nouvelle enquête d’opinion réalisée en Autriche, à l’heure où la campagne électorale pour la présidence de la République bat son plein.

Ce n’est pas ressasser la complainte du métèque errant que d’observer, avec consternation, que le rôle du méchant colle comme de la glu à la peau du musulman, où qu’il soit, à la lumière d’un islam perçu comme une menace latente par plus de la moitié des autrichiens interrogés, reprochant leur mauvaise intégration à des concitoyens, éternels intrus.

Ce n’est pas se retrancher derrière la posture, qui tend les bras, des damnés du siècle que de dénoncer le credo lancinant de l’islam réfractaire à la démocratie, à la liberté et à la tolérance, en l’occurrence à hauteur de 78% des autrichiens sondés.

Jamais le pouls de l’opinion publique européenne n’aura été autant mesuré sur la seule thématique en vogue du moment, dont l’étonnante faculté d’éclipser toutes les autres ne cesse de sidérer...

Après leurs voisins suisses, allemands, français, suédois, danois…, 1.088 citoyens autrichiens se sont donc prononcés en début d’année sur la question la plus rebattue du Vieux Continent, et pourtant celle qui, paradoxalement, pâtit toujours de la plus grande ignorance.

Publicité

commentaires