Fin des régionales, entrée en scène de Dominique de Villepin et de son futur parti

La messe est dite, et l’entre-deux-tours n’aura infléchi aucune des grandes tendances qui se dessinaient

lundi 22 mars 2010

La messe est dite, et l’entre-deux-tours n’aura infléchi aucune des grandes tendances qui se dessinaient nettement au soir du 1er tour : triomphe absolu de l’abstention, bérézina cinglante de l’UMP, victoire rééditée de la gauche, et impardonnable renaissance de ses cendres du FN.

Gageons que les prochaines semaines vont nous abreuver de nouvelles résolutions, toutes plus solennelles et avisées, dans l’éternel sursaut de clairvoyance post-électorale qui étreint nos représentants du peuple, comme si la lucidité politique n’irradiait qu’en accusant un léger retard à l’allumage !

En fin limier des arcanes du pouvoir, Dominique de Villepin, l’outsider, n’a pas attendu pour donner le la de l’après-régionales, et imposer sa cadence à un tempo électoral qui vit dès maintenant à l’heure de 2012.

Sorti vainqueur toutes catégories à l’applaudimètre de son grand bain populaire au cœur de la plus célèbre ferme de France, le Salon de l’Agriculture, l’héritier gaulliste de Jacques Chirac, dont les mimiques « au cul des vaches » et les haltes dégustation n’avaient rien à envier à son père spirituel, a profité de ce grand soir de défaite pour l’ensemble de la classe politique pour annoncer la fondation de son «  mouvement au service des Français ».

Si la déroute cuisante de l’UMP signe le désaveu de la stratégie de la liste unique voulue par un leader de la droite républicaine, Nicolas Sarkozy, qui a aujourd’hui du plomb dans l’aile, elle sert en retour les intérêts des élus ralliés à l’UMP, mais dont la sensibilité, en l’occurrence gaulliste, ne demandait qu’à s’exprimer, affranchie de la tutelle du gagneur de l’Elysée.

Alors que Dominique de Villepin, la bête noire de Sarkozy, devrait lancer officiellement jeudi prochain sa formation politique, un sondage CSA pour Europe 1 réalisé dimanche ne manquera pas de le conforter dans ses ambitions suprêmes, en le plaçant en tête des candidats préférés des français pour représenter l’UMP en 2012, semant derrière lui l’actuel locataire de l’Elysée, déchu de son piédestal...

Voilà une mise en jambe plutôt jubilatoire pour l’ennemi irréductible de Nicolas Sarkozy, et un joli pied de nez à l’adresse de ses plus fidèles détracteurs UMP, qui n’ont cessé de vitupérer contre son inexpérience du terrain et de brocarder son impopularité !

Publicité

commentaires