Le patron du Figaro a le cœur brisé. Responsables de ce cruel chagrin, les Guignols de l’info, dont les auteurs ont caricaturé, au travers d’un sketch, les relents anti-musulmans du vénérable quotidien national. Une « abomination » pour Etienne Mougeotte qui a saisi le CSA pour faire réprimander les persifleurs. Oumma se fait une joie d’apporter sa contribution à l’examen des Sages en révélant les perles méconnues de l’ex-directeur de TF1 dans son combat atypique contre le racisme.
Le patron du Figaro a le cœur brisé. Responsables de ce cruel chagrin, les Guignols de l’info, dont les auteurs ont caricaturé, au travers d’un sketch, les relents anti-musulmans du vénérable quotidien national. Une « abomination » pour Etienne Mougeotte qui a saisi le CSA pour faire réprimander les persifleurs. Oumma se fait une joie d’apporter sa contribution à l’examen des Sages en révélant les perles méconnues de l’ex-directeur de TF1 dans son combat atypique contre le racisme.
« On est dur avec les faibles et on est complaisant avec les puissants », proclame-t-il avec panache. Etienne Mougeotte est un homme en colère. Le directeur des rédactions du groupe Figaro déplore de la sorte, et avec lyrisme, la « mollesse » du CSA pour fustiger Canal+ et l’émission-phare des Guignols de l’info, coupables d’avoir diffusé un sketch assassin à son encontre. La Une authentique du Figaro, publiée le 9 décembre et titrant, avec la photo d’un minaret en arrière-plan, « Sarkozy rappelle aux musulmans de France leurs droits et leurs devoirs", était ainsi parodiée dans un sketch des Guignols sous le titre « Musulman, Noël approche, pensez à rentrer chez vous ! ». En représailles à la satire, le patron du Figaro a ordonné -enfin, demandé- aux journalistes de la rédaction de « boycotter » Canal+ et de ne plus évoquer dans leurs papiers les films financés par la chaîne. A défaut de saisir la justice, sur la base d’une jurisprudence qui avait déjà contraint dans le passé les Guignols à ne plus faire usage du nom d’une de leurs cibles favorites, -à l’époque Françoise Sagan-, Etienne Mougeotte a préféré obtenir un rendez-vous auprès du CSA le 14 janvier afin d’exposer les motifs de son indignation. « On ne retire rien de ce que l’on a dit », rétorque le producteur des Guignols, Yves le Rolland, qui juge « dérisoire » la réaction du plaignant.
D’ores et déjà, l’influence de Mougeotte n’est plus ce qu’elle était : en 2004, Bruno Gaccio, l’un des auteurs des Guignols, avait révélé lors d’un chat internet avec les lecteurs du Nouvel Obs que la direction de Canal+ avait alors censuré un sketch mettant en cause une animatrice de TF1, suite à la menace exercée par son vice-président de lancer des poursuites judiciaires. Désormais, la véhémence d’Etienne Mougeotte ne suscite plus qu’indifférence ou sarcasmes de la part des responsables de la chaîne cryptée. Ultime péripétie grotesque dans une fin de règne médiatique.
Le vieil homme et l’amer
Pousser des cris d’orfraie lui sied à merveille, au vu de sa stature exemplaire. L’air de rien, Etienne Mougeotte, vieux briscard de l’info, peut se targuer d’avoir un palmarès hors pair à l’approche de ses 70 ans : avoir dirigé pendant vingt ans l’antenne de la première chaîne télé (TF1) ainsi que le premier magazine de programmes (Télé 7 Jours, années 80) et la première antenne radio (Europe 1, années 70). Pour enfin clore ce parcours de sempiternel numéro un à la tête du premier quotidien national. Sans oublier sa création de la première chaîne tout-info (LCI) et le légendaire mordant, déployé en interview, lors de son passage hebdomadaire dans l‘émission le Grand Jury sur RTL. Une ascension fulgurante, depuis l’austérité intellectuelle du lycée Henri IV jusqu’à l’acquisition d’une villa à Saint-Tropez, fièrement exhibée en 1995 dans le Figaro Madame. Le big boss a commencé rapidement par se faire un nom : ancien vice-président de l’Unef durant ses études, il rejoint par la suite l’antenne de France Inter pour laquelle il sera correspondant à Beyrouth, allant jusqu’à couvrir en 1967 la Guerre-des-Six-Jours.
L’ORTF lui donnera l’occasion d’affûter son talent précoce pour repérer et amplifier les sujets racoleurs, comme l’illustre cette émission, animée par l’audacieux journaliste en 1971 et consacrée à « l’invasion de la sexualité dans la vie quotidienne ». Un thème ô combien délicat auquel il contribuera brillamment lorsqu’il sera, bien plus tard, chargé des programmes de TF1. Entre-temps, en 1976, à la tête de l’info sur Europe 1, il démontra son indépendance en affrontant vaillamment les odieux communistes qui, au travers de l’Humanité, l’accusaient
déjà- de malhonnêteté et de parti pris politique. L’arrivée des socialistes l’obligera par la suite à se réfugier dans un placard doré : la direction d’un magazine télé, poste idéal pour cerner et formater à la fois la psychologie du téléspectateur moyen. Fort de ces acquis et de solides amitiés avec les puissants du moment, il quittera Lagardère pour rejoindre Bouygues en devenant, en 1987, le numéro 2 de TF1. Et grâce à son innovante programmation, les Français auront le plaisir de découvrir et d’apprécier ces émissions pédagogiques que sont, parmi tant d‘autres, Tout est possible de Morandini ou L’île de la tentation . Patrick Le Lay, PDG de la chaîne, et Etienne Mougeotte forment dans ces années 90 le tandem le plus créatif , et surtout sans scrupules, du PAF. Ainsi, durant l’essor des reality-shows qu‘ils ont impulsé, et pour justifier, à titre d’exemple, l’émission Témoin n°1, les joyeux compères indiquent, lors d’une conférence tenue à Cannes en 1993, qu’il s’agit là tout simplement de « répondre aux pulsions sécuritaires des Français ».
Aux bons soins du docteur Mougeotte, la patrie reconnaissante
Ce qui n’empêchera pas Mougeotte, quelques mois plus tard, de dénoncer paradoxalement le voyeurisme de certains produits concurrents, comme l’émission Big Brother, et de prétendre, en réaction, lancer TF1 sur une nébuleuse « quête du sens ». Cruelle ingratitude de la chaîne au lendemain de son départ en 2007 : l’homme qualifié aimablement de « maillon fort de la Une » par Renaud Revel, celui qui a tant contribué à l’identité bleu-blanc-rouge de la « première chaîne d’Europe », est désormais interdit d’accès au bâtiment par le nouveau patron, Nonce Paolini, en raison d’un différend judiciaire. Mougeotte est pour le moins procédurier : en plus des Guignols et du dirigeant de TF1, il s’est attaqué à son prédécesseur au Figaro, Nicolas Beytout, accusé de « débauchage excessif » lors de son départ pour rejoindre Les Echos. Espérons qu’il existe encore des hommes d’influence, tel Arnaud Lagardère qu’il a su interviewé avec tact, pour ne pas lui devenir incommodant.
Réactif et vindicatif, Mougeotte confesse lui-même être essentiellement un homme d’action qui n’a plus le temps pour la réflexion. Dès lors, nombreuses seront les casseroles accumulées au long d’une glorieuse carrière de près d‘un demi-siècle. Le point d’orgue aura sans doute été ce 6 juin 1994, lorsque la capture d’une retransmission vidéo par satellite aura permis de dévoiler la connivence du directeur de TF1 avec le ministre de la Défense, François Léotard. TF1 roule alors toujours à droite, déclinant toutes les gammes de la tendance du moment : le balladurisme. Le responsable de la divulgation de la séquence vidéo, le grinçant Pierre Carles, tenait là sa revanche : trois ans plus tôt, il avait été qualifié de « merdeux » par Mougeotte et viré aussitôt de TF1 pour s’être gaussé, en direct dans une émission de Christophe Dechavanne, de certaines pratiques de la chaîne. Et de même qu’en 2004 Mougeotte appellera la direction de Canal+ pour faire censurer un sketch désobligeant envers une de ses animatrices, le vice-président de TF1 contacta alors Alain de Greef, en charge des programmes de la chaîne cryptée, pour lui demander, avec efficacité, de ne pas diffuser la séquence initialement incluse dans le documentaire Pas vu, pas pris, produit par Canal+ et réalisé par Pierre Carles. Entre le patron de chaîne et le trublion, la saga des représailles continue puisque Mougeotte a récemment été piégé, une nouvelle fois, par son ennemi juré, déguisé en journaliste uruguayen venu l’interviewer sur l’indépendance politique des médias en France.
Le patron du Figaro sait également pratiquer l’art de la duperie : Jean-Claude Narcy, journaliste historique de la première chaîne, est encore empli d’amertume à l’idée d’avoir été trahi par son big boss. Celui-ci lui avait confié la préparation, peaufinée durant trois ans, de la célébration du passage à l’an 2000 avant de remettre, à la dernière minute, l’animation de cette émission spéciale à Patrick Poivre d’Arvor. Pas un mot d’explication ou d’excuses de la part de Mougeotte. Et dans le registre de l’effronterie, l’homme a du coffre, comme peut en témoigner François Bayrou. Durant la dernière campagne présidentielle, le candidat malheureux du Modem a rapporté cette confidence du vice-président du TF1 qui lui a expliqué, sur un ton cassant, être personnellement favorable au maintien de la bipolarisation de l’élection, et donc, implicitement, hostile à la couverture médiatique, par sa chaîne, de l’ensemble des candidats. L’aveu est de taille : le dirigeant d’un groupe audiovisuel privé reconnaît de la sorte altérer l’équité du débat national en raison de ses propres convictions.
Or, avant de s’illustrer sur la question du racisme, Mougeotte était davantage cité comme un cas d’école pour révéler les accointances du journalisme politique avec le pouvoir en place.
Sans la liberté de flatter, il n’est point de blâme
A ce titre, il fait des merveilles depuis son installation à la tête du Figaro, où sa réputation de flagornerie envers Nicolas Sarkozy fait l’objet d’une démonstration quasi-quotidienne, au travers d‘articles et d’entretiens dignes de la Pravda. Un ancien collaborateur du journal, Eric Dupin, qui a depuis claqué la porte, est allé jusqu’à lui reprocher d’avoir transformé le journal en « tract ». Qu’à cela ne tienne : avec la bienveillance de l’industriel et sénateur UMP Serge Dassault, propriétaire du Figaro, Etienne Mougeotte peut compter sur un soutien de poids. Après tout, en dépit de ses infortunes électorales, Dassault a su maintenir le cap du navire Figaro et reconnaître à son subalterne une certaine « souplesse », quitte à en abuser pour distiller dans la ligne éditoriale son propre « militantisme politique », selon l’aveu indulgent d’Yves Thréard, journaliste au Figaro. Les nombreux détracteurs du journal se voient confortés par l’existence d’une frange de la rédaction, excédée par l’omniprésence de Dassault. Même une partie du lectorat ne manque plus d’exprimer son indignation dans les commentaires ouverts sur le site internet. A en croire les critiques, le quotidien, longtemps reconnu pour la qualité, par exemple, de son service international, serait devenu une courroie de transmission de l‘Elysée, à base de publi-reportages sarko-compatibles et d‘interviews altérées en faveur du marchand d’armes Dassault. En même temps, où est le mal ? Après tout, le Figaro, en tant qu’entreprise de presse, n’a jamais tenu à signer la Charte de Munich de 1971 qui précise justement la déontologie en matière journalistique. Et Etienne Mougeotte assume pleinement sa proximité avec le gouvernement, y compris physique, comme l’illustre sa présence- a priori incongrue- dans la délégation française lors d’une visite ministérielle effectuée au mois de mars en Egypte.
Entre l’allégeance décomplexée au pouvoir sarkozyste et le racisme éhonté que les Guignols lui imputent, Mougeotte sait trancher et faire preuve de pragmatisme, dans son intérêt comme dans celui de l’UMP. Ainsi, le Figaro n’avait pas hésité à retoucher la photo de la rutilante bague de Rachida Dati, ce signe ostentatoire de richesse quelque peu déplacé en période d‘austérité budgétaire. D’où la démonstration, s‘il en fallait une, de l’intégrité morale de Mougeotte : avant d’être prétendument hostile à la figure de la femme musulmane, le bienveillant patron du Figaro a su réfréner cet éventuel penchant afin de prodiguer délicatement une discrétion appropriée à madame la ministre.
Un militant des droits civiques
Voilà qui devrait convaincre les esprits chagrins de l’absence de tout atome raciste dans l’esprit d’Etienne Mougeotte. Alors, certes, il se trouvera toujours des individus belliqueux, issus précisément « de la diversité », comme le chroniqueur de Beur Fm et Rmc, Mourad Ghazli, ou encore Abdel Raouf Dafri, scénariste du film Le Prophète, pour cultiver impunément le soupçon à l’encontre de notre journaliste émérite. C’est méconnaître pourtant l’engagement humaniste de Mougeotte : « Je me suis battu toute ma vie contre le racisme et la xénophobie, j’ai oeuvré pour la diversité à TF1, et le Figaro est d’une clarté absolue. Je ne supporte pas qu’on plaisante là-dessus », martèle la victime d’une odieuse calomnie. N’est-ce pas Etienne Mougeotte qui, prenant conscience du tournant culturel suscité par la victoire black-blanc-beur lors de la Coupe du monde de football en 1998, décida ensuite, de son propre aveu, de frapper les esprits par ce coup d’éclat audacieux : nommer un animateur au teint hâlé, Sébastien Folin, comme présentateur de la météo ? A la pointe du combat pour représenter la diversité, surtout cosmétique, n’est-ce pas Mougeotte qui imposa Mouss Diouf et Smaïn dans le rôle de policiers exemplaires de séries télé ? A qui TF1 doit-elle son quota atteint, et affiché en fanfare au lendemain des émeutes de 2005, de « 10% de reporters issus des minorités visibles » ? Enfin, qui a remarqué Harry Roselmack lors d’un dîner organisé par le club Averroès ?
C’est d’aileurs ce même lobby en faveur du recrutement médiatique « de la diversité », dirigé par le sympathisant UMP Amirouche Laïdi, qui publiera récemment un communiqué de soutien pour attester de l’égalitarisme, jusque là insoupçonné, de Mougeotte.
Il faut prendre l’homme au mot. De même qu’en 2009, « on ne plaisante pas avec le racisme », il est bon de préciser également qu‘« on n’est jamais trop prudent dans ce domaine » : c’est par ces termes qu’il justifia en 1996 la déprogrammation, in extremis, d’un épisode, commandé et défendu par le pôle fiction de TF1, du Commissaire Moulin, comportant ce passage fleuri : « On a tous envie de les buter, ces putains de bougnoules... Si on n’était pas gouverné par ces couilles molles, on enverrait tout ça au bled » .Etienne Mougeotte a prouvé alors qu’il sait agir en dirigeant responsable, soucieux de ne pas attiser de vaines polémiques, nuisibles à la cohésion nationale. Mais il peut arriver à tout homme de trébucher un jour. Voire plusieurs.
« Le nibard attire, le beur repousse »
Ainsi, un an auparavant, en 1995, Libération a rapporté ce propos « off » de Mougeotte qui, par sa concision et son éloquence, mériterait sans doute d’être inscrit au fronton des chaînes de télévision et autres boîtes de production : « Le nibard attire, le beur repousse ». Une recette de cuisine audiovisuelle un brin cynique mais qui a l’avantage de chasser un malentendu : non, le patron du Figaro n’est pas nécessairement islamophobe ou arabophobe ; il le précise d’ailleurs lui-même dans une interview accordée la semaine dernière au Point , indiquant être spontanément soutenu, face à l’opprobre des Guignols, par certains « amis musulmans ». N’est-ce pas là un argument-massue ?
En outre, le titre complet de la Une parodiée, « Sarkozy rappelle aux musulmans de France leurs droits et leurs devoirs », n’est pas littéralement raciste, au sens où il serait foncièrement hostile ou haineux à l’encontre d’un groupe ethnico-culturel. Plus certainement, le propos est vaguement paternaliste, quelque peu condescendant, évoquant, tout au plus, des relents dignes du langage colonial, époque Code de l’indigénat. A peine.
Non, la déduction qui s’impose, dans le bénéfice du doute, est évidente : Etienne Mougeotte est simplement « beurophobe ». Sans doute a-t-il une légère aversion, une phobie latente envers la figure du jeune-banlieusard-prolétaire-d’origine-maghrébine, au point de déconseiller en 1995 sa représentation à TF1 et de lui préférer « le nibard ». Une mise en concurrence foncièrement déloyale, par ailleurs.
Plus compromettants -s’ils venaient à être corroborés publiquement à visage découvert- sont les propos rapportés en 1997 par Christophe Nick et Pierre Péan dans leur ouvrage, TF1, un pouvoir. Un ancien rédacteur en chef de la chaîne confia aux enquêteurs qu’il était devenu commun, durant la Guerre du Golfe de 1991, d’entendre Mougeotte évoquer, devant une rédaction honteusement passive, les « ratons » et les « bougnoules ». Une telle accusation, susceptible d’une action en justice contre les deux journalistes pour diffamation, n’avait pourtant pas suscité, à la parution du livre, un quelconque esclandre chez l’intéressé.
Quête du contresens
Qu’en est-il finalement du cas Mougeotte ? Racisme à la bonne franquette, populisme cynique ou simple bêtise à géométrie variable ? Suite du feuilleton tragicomique le 14 janvier : ce jour-là, Etienne Mougeotte sera reçu par les deux conseillers du CSA en charge de la déontologie, Rachid Arhab et Michèle Reiser, pour déployer son courroux envers Canal+. Il est d’ores et déjà peu probable qu’une sanction contraignante soit prononcée à l’encontre de l’équipe des Guignols. D’où les errements stratégiques de Mougeotte : interrogé par le Point sur ses attentes quant à l’entrevue avec le CSA, le patron du Figaro n’a pas pu s’empêcher de commettre une ultime boulette, indiquant espérer que « Rachid Arhab sera sensible au sujet du racisme ».
Etienne Mougeotte , ou l’art de se tirer une balle dans le pied : plutôt que de considérer le membre du CSA comme un citoyen français à part entière, au même titre que sa collègue, Michèle Reiser, Mougeotte le sollicite, stupidement et publiquement, en tant que citoyen « entièrement à part » à qui l’on pourrait imputer une « sensibilité » spécifique au racisme en raison de ses origines kabyles. Un double tour de force de la part de l’inoxydable Etienne : chantage à l’émotion exercé sur Rachid Arhab, relégué à son lieu de naissance, et dédain caractérisé envers Michèle Reiser, pourtant chargée d’examiner également la requête. Chapeau, l’artiste. Nul ne sait si le nom d’Etienne Mougeotte inspirera la vocation de futurs journalistes désireux de « porter la plume dans la plaie ». Mais une chose est d’ores et déjà acquise : en matière de divertissement, Etienne Mougeotte a décidément toute sa place dans les Guignols de l’info.
Commentaires
Mais on est en France non ? Elle est ou la liberté d’expression ?!
Rappelez vous des caricatures sur notre prophète, on a pas arrêté de nous saouler avec cette liberté d’expression ! Oh l’hypocrisie !
Il serait judicieux pour M.Mougeotte et donc à Tf1 de diffuser et ce serait une première le trop rare film de Mustapha AKKAD :
LE MESSAGER.
Au regard des sempiternelles rediff.des 10 commandements, le film M.Gibson :la Passion du Christ est également rangé dans les oubliettes de la télévision.
Bravo pour cet article !
Je suis content qu’oumma.com s’engage dans les causes de l’islamophobie qui règne en France. C’est étonnat quand je lis des articles du Figaro de voir comment on traite ces "mahometans". J’estime que des personnes comme ce Yvan Rioufol mériterait un renvoi en justice pour propos incitant a la haine. Mais pourquoi Oumma.com n’en parle pas plus souvent.
Mmmh.. sans vouloir vous décevoir Rachid Zani, je crois que ce n’est pas demain la veille que TF1...
Pour ma part, c’est la prise de conscience que la tv est un super outil de pensée unique et d’endormissement de la conscience ("le temps de cerveau libre" ) qui m’a fait la ranger aux oubliettes il y a 4 ans.
Lire, lire, lire...telle est la devise (n’en déplaise à notre ami rasta).
Belle année à tous, incha’Allah.
Souvenons-nous de cette phrase de Le Lay (Nº2 de TF1 a l’epoque) (source : http://www.acrimed.org/article1688.html)
" Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...).
Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (...).
Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise. "
Apres avoir vaillament servi a l’abrutissement massif des Francais durant toute une decennie, Monsieur Mougeotte se doit de recolter ce qu’il l’a seme. On ne transforme pas du bronze en un lingot d’or et vos propos ne valent pas plus que de votre salut envers la population francaise.
Je ne saurais que trop conseiller le chapitre sur cet islamophobe d’Ivan Roufial dans l’ouvrage des Editocrates de Sébastien Fontenelle, Mona Chollet et Olivier Cyran.
Hayatte c’est bid’a de dire bonne année !!!
@ bilal, oumma ne parle jamais du figaro et de rioufol car bien trop occupé a défendre la burqa, j’aimerais savoir si vous intervenez sur le blog de rioufol, si oui quel pseudo ? car moi même j y interviens souvent mais trop isolé.
La télévision reste à ce jour l’arme absolue pour asseoir une politique précise.
Les médias sont les puissants d’aujourd’hui et donc au service des politiques qui les dirigent.
C’est par eux que naissent les aspirations,les tendances et dont l’influence s’étend au delà des frontières.
C’est l’outil indispensable à promouvoir une élection.
Il est nécessaire et totalement indispensable que la majorité des français de confessions musulmanes puisse en user.
Les prétendants au poste suprême devraient songer à le permettre.
"1 français sur 2 est anti-arabe, anti-musulman" : Rolland CAYROL, politologue, fondateur et conseiller au CSA, dans l’émission "C dans l’air" sur France 5, hier lundi 4 Janvier 2010.
Minhaj,
"Fendeur de l’aube, Il a fait de la nuit une phase de repos ; le soleil et la lune pour mesurer le temps. Voilà l’ordre conçu par le Puissant, l’Omniscient" Les bestiaux (Al-Anam)6:96
Le temps est universel et appartient à Allah, quel que soit le calendrier des Hommes...
Salam.
Précision : Rolland CAYROL a parlé du racisme anti-arabe vis à vis des "arabes de France, y compris ceux qui sont français".
salam,
A Mehdi,
N’accordes pas trop d’importance à Rioufol !
Il essaie d’exister,isolé dans un petit bureau au Figaro,avec comme outils de propagande, un petit Coran traduit d’où il tire ses références !j’ai pu le constater puisque j’ai été reçu dans son bureau !pitoyable comme bonhomme,sans doute aigri par l’age, car plus agé que sa photo dans le Figaro, qui se cache derriere un écran pour écrire ses asanités mais face à vous,il perd ses moyens, trés vite à court d’arguments !Tu peux le constater par toi-même,en demandant un RDV,il reçoit !
depuis,je ne lis plus ses rubriques et je me sens plutôt bien ! Oumma.com a totalement raison de ne pas s’intéresser à des écrits de quelqu’un qui tente d’exister un ptit chouiya !
Excellent article ! merci et BRAVO !
Je partage par ailleurs l’avis de Samia : où sont donc les "éditocrates", ces journalistes bavards si prompts aux débordements lyriques pour défendre le droit inaliénable à la caricature ?
Il faut croire que la libre expression et le courage de la critique s’arrêtent précisément là où commencent leurs intérêts.
Salam,
Lola, j’ai aussi regardé cette émmission sur le net et ce que Rolland Cayrol a dit mérite d’être un peu développé, je trouve.
Il disait que sur les 20 dernières années on observe une baisse générale du racisme et de l’antisémitisme en France. Les sondages montrent de façon croissante, que l’immigration n’est pas considérée comme un problème majeur par les français. Par contre cette tendance ne s’applique pas aux "arabes de France, y compris ceux qui sont français", 4 français sur 10 ayant "une méfiance ou réprobation" à leur égard.
Mais surtout ce qui semble encore plus important à mon sens dans l’analyse de R. Cayrol, c’est que "ce qui a monté, c’est l’hostilité à l’islam, qui fait peur à 1 français sur 2. C’est parce que c’est qq chose qu’on comprend mal, dont on voit les liens avec avec le terrorisme, il y a cette espèce de peur d’une guerre des civilisations.."
Et M. Cayrol de poursuivre que ce qui est dangereux dans le débat politique actuel sur l’identité nationale, c’est que "ce qu’on disait en rigolant de façon franchouillarde au café du commerce le matin(...)on le dit maintenant dans le cadre d’un débat républicain. "
Merci Hicham Hamza,
super travail d’analyse. J’espère que les musulmans vont ouvrir les yeux et s’engager dans la lutte pour la reconnaissance de leur droit et de leur mérite.
Rejoignez les forums, les blogs, les associations, les groupes facebook, twitter. Montrez qu’on est une force et ils cesseront de nous marcher dessus.
C’est le rapport avec l’alterite qui posent probleme en France, la mefiance envers " les arabes" de France decoulant de cet etat d’esprit
« "LES FRANCAIS NE S’AIMENT PAS. ILS N’AIMENT PAS LE BONHEUR, SURTOUT CELUI DES AUTRES."
Patrick POIVRE D’ARVOR, Chez F.O.G, France 5, 24 mai 2008.
Commentaires : le présentateur-vedette du journal de 20 Heures de TF1 met en fait l’accent sur le mal français par excellence : la jalousie.
Il met également en lumière un paradoxe : les Français savent que la jalousie, la critique de l’Autre est une grave névrose qui les a atteint mais ne cherchent pas à montrer l’exemple en se détournant eux-mêmes de ce comportement.
A cela, s’ajoute une violence verbale de plus en plus forte que Denise BOMBARDIER, journaliste-animatrice de la télévision canadienne francophone, présente également sur le plateau de Franz-Olivier GIESBERT en compagnie de PPDA, a reconnu systématiquement constater lors de ses derniers passages à Paris.
LA RUPTURE DOIT ETRE AVANT TOUT PSYCHOLOGIQUE pour que ce payschange !
http://feutry.typepad.com/of/2008/05/les-francais-ne.html
A la question : "EN REGLE GENERALE, PENSEZ-VOUS QU’IL EST POSSIBLE DE FAIRE CONFIANCE AUX AUTRES OU QUE L’ON EST JAMAIS ASSEZ MEFIANT ?"
Figurez-vous que seulement 22 % des Français déclarent qu’il est possible de faire confiance aux autres, soit le taux le plus bas d’Europe occidentale.
La société de défiance : Comment le modèle social français s’autodétruit ? de Yann Algan et Pierre Cahuc.
En lisant ce livre passionnant et rapide à lire, on comprend mieux pourquoi les Français ont peur de tout et surtout du changement imanquablement perçu comme négatif.
Dans ce contexte, on comprend comment la haine du Basane Musulman devient un defouloir pour la nation francaise.
L’Imam El Ghazali écrivait au 11ème siècle que la qualité première des Chrétiens étaient la bonté . Qui n’a pas rencontré cette bonté chez les français, ne connait pas vraiment les français.
Peut-être devrait-ils redevenir Chrétiens ?.
Wa Salam.
Salam,
La méfiance vis à vis du "basané musulman", comme vous dites oumma.comUKfan, n’est-elle pas surtout due à la composante musulmane de cette équation ?
Ce que dit Lola est plein de sens : n’est-ce pas avant tout la despiritualisation de l’occident qui suscite le rejet de celui qui met en avant le spirituel comme fil conducteur de sa vie ??
Peur de l’Autre, oui c’est sûr, mais pourquoi certains font ils plus peur que d’autres ?
Simple "hasard" du calendrier de l’intégration ?
Vous avez dit "liberté d’expression" ? Sachez que cette liberté ne s’applique pas à tous, en France du moins.
En 2005, une affiche publicitaire (pour les vêtements Marithé et François Girbaud) avait été jugée blasphématoire par le Tribunal de Paris et interdite.
Cette affiche représentait des jeunes hommes et des jeunes femmes, passablement dénudés, assis (ou plutôt plus ou moins allongés les uns sur les autres) autour d’un personnage central, autour d’une table, représentant le dernier repas du Christ, la Cène. Cette parodie à but commercial avait été censurée, car portant atteinte à la représentation du Christ, sous la pression de l’Eglise.
Il ne s’agit pas de remettre en cause le principe de respect dû au Christ en tant que fondateur d’une religion, mais je constate que, dans le cas des caricatures du Prophète Mahomet, une mesure différente a été appliquée. Pourtant, il me semble tout aussi choquant de représenter le Prophète de l’Islam en terroriste portant une bombe autour de la tête.
Il faudrait tout condamner ou tout autoriser, au nom de la liberté d’expression, mais c’est la différence de traitement qui pose problème, le "deux poids, deux mesures".
Comme les droits de l’homme à géométrie variable défendus par nos ministres à l’étranger, oui à Guantanamo, au phosphore, à la torture, aux massacres, à la destruction, du moment que les victimes ne soient pas occidentales, blanches, et de religion chrétienne.
Que l’on se rassure, le double discours se décrédibilise de lui-même, et ces grands médias (TF1, Le Monde, CNN et tutti quanti), instruments d’une propagande ignoble, perdent leur impact et leur audience, de jour en jour, au profit d’Internet.
Excellent article. Tout y est.
« Peur de l’Autre, oui c’est sûr, mais pourquoi certains font ils plus peur que d’autres ? »
Le musulman, c’est avant tout cet Autre proche venu du bassin mediterranneen, ancien Chretien qui a rejete la civilisation romaine puis la colonisation francaise et donc l’heritage du "siecle des lumieres". Il est doublement barabare, de par la perte des valeurs Judeo-Chretiennes occasionee par l’abandon du christianisme et son allegeance a l’Islam.
Le Musulman ne doit beneficier d’aucune sympathie car non seulement il a refuse de beneficier des "bienfaits civilisateurs de la colonisation occidentale" mais il ose concurrencer spirituellement les certitudes intelectuelles de la societe francaise.
ada a dit :
Vous avez dit "liberté d’expression" ? Sachez que cette liberté ne s’applique pas à tous, en France du moins.
En 2005, une affiche publicitaire (pour les vêtements Marithé et François Girbaud) avait été jugée blasphématoire par le Tribunal de Paris et interdite.
Cette affiche représentait des jeunes hommes et des jeunes femmes, passablement dénudés, assis (ou plutôt plus ou moins allongés les uns sur les autres) autour d’un personnage central, autour d’une table, représentant le dernier repas du Christ, la Cène. Cette parodie à but commercial avait été censurée, car portant atteinte à la représentation du Christ, sous la pression de l’Eglise.
Vous avez tout à fait raison d’établir un parallèle, mais j’apporterai une petite nuance.
Beaucoup de Français n’ont vu dans cette interdiction qu’une régression dans leur liberté d’expression et ne voyaient aucune objection à ce que ce rapprochement publicité-religieux soit fait.
Même si l’on pouvait reprocher le côté tapageur de l’affiche.
Le débat d’ailleurs fit long feu et ne fut suivi d’aucune action violente du Vatican, ni de ses ouailles.
Quant à la liberté d’expression le site Oumma.com n’est pas le mieux choisi pour en parler.
Merci pour la concision et la justesse de vos propos oumma.comUKfan. Ils m’amènent à penser que pour aller vers un meilleur vivre ensemble, un travail doit être fait à la fois dans le domaine du dialogue interreligieux/intercroyances (incluant l’absence de religion) et dans le domaine de l’histoire, ou plutôt la reconnaissance de celle ci. Les questions de "qui sommes nous dans nôtre diversité" et le "que voulons nous construire ensemble"
prendraient alors tout leur sens.
Salam.
A Zora : "Quant à la liberté d’expression le site Oumma.com n’est pas le mieux choisi pour en parler."
Dire que vous faites dans la plus grande des mauvaises foi serait un euphèmisme ! La preuve votre intervention. Mais Zora, vous ne semblez pas être à une contradiction prés ???
Bonne question Hayat :"n’est-ce pas avant tout la despiritualisation de l’occident qui suscite le rejet de celui qui met en avant le spirituel comme fil conducteur de sa vie ??"
N’est -il pas dit dans le Coran :
"Ils ne vous accepteront que quand vous deviendrez comme eux" ?
Salam Amazone,
C’est en tout les cas ce que j’ai pu constater à titre tout à fait personnel dans mon quotidien professionnel. Jusqu’à un certain point.
Au travail, je suis entourée d’un grande majorité de non musulmans et n’affiche pas a priori mon appartenance religieuse de façon très distinctive, même si je ne m’en cache pas du tout.
Les personnes qui me côtoient et qui prenent connaissance de de celle ci manifestent souvent un certain étonnement mêlé de gène. Comme je ne correspond pas trop à l’image stéréotypée que beaucoup ont des musulmans, ça les destabilisent beaucoup.
Ceci dit, le dialogue, la communication de ce que nous sommes et nôtre propre attitude sereine et bien ancrée jouent beaucoup..je constate ainsi que la méfiance a priori s’estompe et que mon attitude soulève chez mon antourage de nombreux questionnements intéressants et des changement de points de vue..
Le rejet est beaucoup dû à la méconnaissance, aux préjugés.
Bien sûr, tout dépend des contextes et ma petite microexpérience n’est qu’anecdotique , mais...Tout n’est donc pas définitif et les choses peuvent évoluer, n’est-ce pas ??
Salam Hayet : "Tout n’est donc pas définitif et les choses peuvent évoluer, n’est-ce pas ??"
Sans aucun doute, il ne faut jamais désespérer de la race humaine !
Salam HAYAT. Le malaise que ressentent les personnes informees de votre Islamite n’est pas seulement lie au fait que vous n’obeissiez pas aux stereotypes (imaginaires) encres dans leur esprit mais parceque vous vivez pleinement ce que vous etes.
En etant en accord avec vous meme, vous devenez disponibles pour l’ecoute de l’Autre. Dialoguer est important a condition d’eviter la mauvaise foi, selon la definition de J.P. SARTRES : « La mauvaise foi est évidemment un mensonge, parce qu’elle
dissimule la totale liberté de l’engagement.[ ] l’attitude de
stricte cohérence est l’attitude de bonne foi. »
P14-15 , L’EXISTENTIALISME EST UN HUMANISME. http://81.80.224.182/pbl/IMG/pdf/existentialisme_humanisme.pdf
"l’attitude de stricte cohérence est l’attitude de bonne foi. »
Puisse Allah nous guider vers cette attitude de stricte cohérence..pour moi, ça reste un effort permanent, mais certainement jamais un acquis.
Merci pour ce que vous donnez à voir de vous même, qui est, ma foi, fort constructif, oumma.comUKfan..
Salam.