Décès de l’illustre philosophe marocain Mohamed Abed Al-Jabri

La pensée arabo-musulmane est en deuil. Un de ses plus éminents philosophes et spécialistes contemporains,

vendredi 7 mai 2010

La pensée arabo-musulmane est en deuil. Un de ses plus éminents philosophes et spécialistes contemporains, Mohamed Abed Al-Jabri, s’en est allé au crépuscule de sa vie, le 3 mai, à Casablanca, à l’âge de 75 ans.

Universellement reconnu comme l’un de ses plus marquants porteurs de flambeau, Mohamed Abed Al-Jabri fut une figure emblématique de la refondation de la pensée arabe, classique et moderne. Né dans un milieu social très humble, il fit ses premiers pas professionnels en qualité de professeur de philosophie à l’Université de Rabat, où il enseigna l’épistémologie et la philosophie, consacrant son doctorat à l’analyse de la pensée d’Ibn Khaldoun, avant de se passionner pour un ambitieux programme d’étude critique du patrimoine culturel arabe.

Auteur prolifique et inspiré, dont chacun salue le rayonnement universel et humaniste de l’œuvre, Mohamed Abed Al-Jabri publia une vingtaine d’ouvrages, dont en 1980 son œuvre magistrale qui fit date : « critique de la pensée arabe ».

L’onde de choc du 11-septembre et les représailles guerrières menées par l’administration Bush influencèrent à jamais son parcours d’intellectuel, faisant naître en lui une aspiration profonde : transmettre le Coran aux lecteurs arabes et musulmans, mais également aux lecteurs étrangers non arabophones, à travers un ouvrage majeur, visant à éclairer le monde à la lumière de la contemporanéité du message coranique, par rapport à lui-même, et par rapport aux individus.

Mohamed Abed Al-Jabri, le penseur et chercheur, était de la trempe des intellectuels engagés, dont le cœur battait à gauche, ayant rejoint les rangs de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), au sein de laquelle il fut membre du bureau exécutif de 1975 à 1983.

Un grand personnage s’est éteint, laissant derrière lui une œuvre d’une infinie richesse, et une pensée d’une valeur inestimable.

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