David Cameron, le Premier ministre anglais, bat le tocsin de l’islamisme

Au diapason de l’Allemagne d’Angela Merkel, qui a récemment sonné le glas du multiculturalisme, David Ca

lundi 7 février 2011

David Cameron, le Premier ministre anglais, bat le tocsin de l’islamisme

Au diapason de l’Allemagne d’Angela Merkel, qui a récemment sonné le glas du multiculturalisme, David Cameron, le Premier ministre anglais, ne s’est pas hasardé hors des sentiers battus alarmistes devant la Conférence de Munich sur la sécurité, se faisant à son tour le héraut de la menace islamiste dans son pays.

Un requiem pour une politique d’intégration qui, quel que soit le côté de la Manche où l’on se trouve, désigne inlassablement à la vindicte un péril vert et tous ceux qui l’incarnent, en passant sous silence un dénominateur essentiel, pourtant commun à tous les musulmans : l’exécration du terrorisme et de l’extrémisme sous toutes ses formes.

Virage à 180 degrés dans la politique à l’égard des minorités ethniques et religieuses, les déclarations incisives de David Cameron inaugurent l’ère d’un « libéralisme plus actif et musclé », ainsi qu’il l’a proclamé, reléguant au passé le parangon de tolérance sociale toute britannique, taxé d’éminemment communautariste en France.

Là où l’on croyait que l’herbe était plus verte, le nouveau Premier ministre anglais se met à battre le tocsin de l’islamisme, histoire de ne plus être à la traîne des deux poids lourds européens, la France et l’Allemagne, et exalte la fibre nationale en établissant un lien étroit entre terrorisme et islam, une analogie pernicieuse qui a fait ses preuves...

Ce raidissement politicien n’a pas manqué de faire des vagues dans l’opposition et les organisations musulmanes au Royaume-Uni, sur fond de manifestations à la fois contre le racisme, mais également d’extrême-droite. Inayat Bunglawala, du groupe Muslims4UK, qui combat l’extrémisme, s’est insurgé contre une analyse du terrain « profondément erronée », clamant sur les ondes de la BBC qu’il y avait « un lien ténu entre les problèmes d’intégration et les problèmes de terrorisme », tout en insistant sur le fait que les musulmans affluent dans le pays depuis les années 1960 et qu’il y a eu « peu d’actes terroristes à leur imputer dans les années 1960, 1970, 1980 et 1990 ».

Pour sa part, Faisal Hanjra, l’un des responsables du Conseil musulman britannique, à la tête de quelque 500 organisations, déplore vivement les jugements à l’emporte-pièce de David Cameron, qui n’échappe pas à l’instrumentalisation européenne de l’intégrisme musulman, tandis que l’ancien ministre travailliste, Jack Straw, a affirmé avec force que la majorité des musulmans britanniques « souscrivent aux mêmes valeurs » que le reste de la population, « y compris l’horreur du terrorisme ».

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