Ce que révèle le procès Fofana

Au nom du peuple français, la justice a été rendue. Et aussitôt bafouée. Le verdict rendu vendredi derni

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mardi 14 juillet 2009

Au nom du peuple français, la justice a été rendue. Et aussitôt bafouée. Le verdict rendu vendredi dernier à l’encontre des 27 membres du "gang des barbares" est remis en cause par la décision prise par le ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, et appliquée par le procureur général de Paris, Laurent Le Mesle, de faire appel à l’encontre de 14 co-accusés de Youssouf Fofana.

Cette procédure rarissime est saluée par le président du Crif, Richard Prasquier, qui évoque un "geste d’apaisement" tandis que les représentants de Sos Racisme se disent "satisfaits". A l’inverse, les syndicats de magistrats (USM et SM) sont consternés, jugeant l’initiative "inquiétante et dangereuse".

Lundi soir, quelques heures après une réunion prévue entre Michèle Alliot-Marie et une délégation du Crif, ce sont quelque 250 personnes qui étaient présentes devant le Ministère de la Justice pour "rendre hommage à Ilan Halimi" dans un rassemblement destiné à l’origine à faire pression contre les autorités politiques afin de refaire le procès.

Une manifestation jugée finalement inutile puisque le gouvernement a largement exaucé la requête de la partie civile et des représentants de la communauté juive. Ce succès devrait désormais s’accompagner dans les prochains mois de la réalisation de la seconde requête formulée par la famille Halimi et le Crif, à savoir la levée du huis clos et la publicité des débats, suite à une loi qui devrait être opportunément votée dans l’année.

La séquestration et le meurtre d’Ilan Halimi, actes criminels et suffisamment odieux pour marquer les esprits, sont désormais instrumentalisés, et avec quel brio cynique, à des fins partisanes et idéologiques. La "justice de classe", autrefois dénoncée par les détracteurs de l’institution judiciaire, est dorénavant concurrencée par un nouveau phénomène qui porte atteinte au principe d’égalité, une "justice de communauté" dont les conséquences à venir s’annoncent d’ores et déjà redoutables pour la cohésion sociale. Le bandeau recouvrant les yeux de Thémis n’est qu’un leurre.

Hicham Hamza

Bonus - reportage : au premier jour de l’audience du procès Fofana, la tension au Palais de justice est à son comble alors que s’exerce déjà une pression communautaire par des militants et sympathisants de la LDJ et du Bétar.

http://www.dailymotion.com/video/x97qqw_dans-les-coulisses-du-proces-fofana

Un reportage distingué par le Journal du Dimanche : http:[email protected]_209951.html

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