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Articles
Apprenez à reconnaître un terroriste
jeudi 15 octobre 2009 - par Hicham Hamza
George Orwell était un petit joueur. L’administration Obama encourage désormais chaque citoyen à pratiquer la délation, pour tout et n’importe quoi, dans sa traque du Yéti moderne : le terroriste. Tous des indics. Chaque Américain capable de surveiller et de dénoncer son prochain sur la moindre suspicion. Un peuple sous auto-contrôle. Le prétexte à la mode, fredonné comme un mantra : la chasse au terroriste. Le Département américain à la Sécurité intérieure a présenté, lundi 5 octobre, une vidéo qui confirme, s’il en était besoin, que les Etats-Unis, engagés dans la nébuleuse « guerre contre la terreur » à l‘extérieur, continuent d’avancer, à l’intérieur, vers un Etat policier, cauchemar devenu réalité depuis la mise en place du Patriot Act. Intitulé « Reconnaître les 8 signes du terrorisme », le film dévoile aux citoyens américains les indices susceptibles de trahir, au quotidien, l’identité d’un terroriste et la démarche à suivre en conséquence pour alerter les autorités. Ainsi, s’il vous arrive de prendre des photos, d’écrire des notes sur un calepin ou de vous repérer dans la rue grâce à une carte, vous êtes suspect. Le moindre comportement anodin peut dorénavant vous faire rentrer dans la catégorie « terroriste-potentiel-à-capturer-de-toute-urgence ». Parmi les vagues signes de reconnaissance, il y a la « surveillance » d’un lieu, la « recherche » d’informations ou, bien encore, tout comportement jugé incongru en public. Big Brother Revival La vidéo, réalisée et mise en ligne par le CELL (Center for Empowered Living and Learning), fut présentée à Denver, dans le cadre d’une sinistre exposition consacrée à l’histoire du terrorisme. Devant un docile parterre composé de chefs de la police, Bill Ritter, gouverneur du Colorado, et Janet Napolitano, secrétaire à la Sécurité intérieure des Etats-Unis, ont vanté les mérites du film, d’une durée de 8mn et destiné à inciter le citoyen à une vigilance de chaque instant. Slogan-clé de l’exposition comme du film : « N’importe qui, n’importe quand, n’importe où ». Sous-entendu : quiconque peut en tout lieu et à tout moment être victime d’un acte terroriste. Avant de rejoindre l’administration Obama et de financer ce film ubuesque de propagande sécuritaire, Napolitano était gouverneur d’Arizona, Etat dans lequel elle avait déjà remis au goût du jour le principe de la délation, avec la réalisation antérieure d‘une vidéo comparable à celle présentée ce lundi. Ils sont partout La croyance délivrée, trompeuse ou paranoïaque, d’un risque terroriste permanent est bien servie par l’actualité : les journalistes du Colorado ne cessent depuis deux semaines d’amplifier la nouvelle qui les place enfin au cœur de l‘information nationale. Celle de l’arrestation d’un présumé terroriste à Denver, qui projetait, paraît-il, de commettre un attentat à New York, « le plus grave perpétré aux Etats-Unis depuis le 11 septembre » selon l‘accusation. Ce jeune homme de 24 ans, chauffeur de bus d’origine afghane, plaide non coupable mais qu’importe : son doux visage barbu et son nom exotique, Najibullah Zazi, sont, pour l’instant, des indices concordants et suffisants. Quant à son pays d’origine, si les Américains devaient oublier qu’ils étaient en guerre là-bas pour libérer les Afghans d’eux-mêmes, la nouvelle vidéo se chargera bien de leur rappeler, quitte à recourir aux méthodes subliminales. Au milieu du film (4‘08), une plan atypique apparaît, l’espace de deux secondes : à gauche de l’image, deux homme barbus et une femme voilée sous la mention « Holy Land » ; à droite de l’image, la bannière d’une organisation charitable destinée à venir en aide aux Afghans à la suite de l’attaque militaire américaine de novembre 2001. La narratrice recommande alors de ne pas donner de l’argent à certaines ONG et autres groupes caritatifs car leur activisme dissimulerait le plus souvent un financement occulte des cellules terroristes. Délit de solidarité Quel dommage : alors que les concepteurs du film ont su avec brio déjouer le piège de la caricature tout au long, en ne montrant pas le terroriste sous ses airs habituellement orientaux, ils n’ont pu s’empêcher d’incruster une allusion un tantinet sournoise au danger imputé aux ONG pro-palestiniennes et pro-afghanes. L’expression « Holy Land » est censée rappeler au bon souvenir du citoyen lambda le nom de l’ONG « Holy Land Foundation » , basée au Texas et dont les dirigeants ont été exposés aux médias puis condamnés par la justice pour avoir financé le Hamas. L’amalgame typique de l’Administration américaine est ainsi opéré : si vous donnez de l’argent à une organisation qui transmet ses fonds aux Palestiniens démocratiquement élus en charge de la bande de Gaza, vous êtes vous-même coupable de soutenir le terrorisme. CQFD. Il en va de même si vous aviez l’idée saugrenue de pourvoir aux besoins des associations locales qui apportent de l’aide et des soins aux Afghans victimes des bombardements de l’OTAN. Informer le citoyen des conséquences désastreuses de la politique étrangère américaine n’est pas, de toute manière, le but dans cette opération de communication gouvernementale. Celui-ci est tout autre et se résume en une phrase : « Ayez peur les uns des autres ». Une politique ultra-sécuritaire et anxiogène, indigne d‘un Etat de droit ? Dieu merci, nous sommes en France, patrie des droits de l‘homme, qui, comme chacun sait, est à l’abri de ces dérives. Mots clésHicham HamzaJournaliste indépendant Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article18 octobre 2009
Nanny a dit :
Toujours aussi fous et toujours aussi immatures ces américains avec ou sans Obama et d’abord qu’a-t-il fait celui-là ? Rien. Il passe son temps à donner des gages de soummission aux blancs qui le suspectent d’être du côté des noirs et aux Israeliens qui le suspectent de n’être pas assez de leur côté. Les exercices d’équilibrisme cela prend beaucoup de temps du coup on ne fait plus rien.
16 octobre 2009
Didier a dit :
A Al Hakim, Votre réponse à Abou Tahar al-Tlemceni Je crois que vous parlez de deux choses qui sont différentes et qui peuvent parfaitement coexister en étant contradictoires. Toutes les infos provenant des USA marquent effectivement une nette régression de la "paranoïa" de la population, entretenue sous l’ère Bush. De plus, la crise financière, économique et sociale a créé d’autres préoccupations plus immédiates. Par contre, ce n’est pas le cas des structures gouvernementales de surveillance, de prévention, de renseignement et de défense des USA qui elles, ne fonctionnent pas aux sondages d’opinions, ni aux états d’âme de la population. Il en est de même dans la plupart des pays européens. 16 octobre 2009
al Hakim a dit :
Allons, Abu Tahar, vous chicanez ou vous êtes de mauvaise foi ?! L’expression "expérience-pilote", ca vous dit quelque chose ? Le fait que la vidéo ne soit diffusée qu’au Colorado ne devrait pas vous faire oublier, par ailleurs, le point-clé : elle est financée par la Sécurité intérieure fédérale, autrement dit par le gouvernement qui s’est en plus déplacé en la personne de napolitano. Et quel rapport voyez vous avec la demande de fermeture de guantanamo ? Les américains sont pour, tant mieux. Mais en quoi est-ce un signe de la baisse de la paranoia, comme vous dites, qu’entretient toujours le gouvernement ? C’est votre droit de positiver mais pas au point d’édulcorer la réalité, mon cher "américain" !
15 octobre 2009
Abou Tahar al-Tlemceni a dit :
Je suis americain. Pour votre information, cette video n’est montree qu’au Colorado, et seulement aux fonctionnaires de cet etat. Rien d’autre ne se passe aux Etats-Unis en terme de propagande anti-terroriste. 99% des Americains n’ont jamais vu cette video. Il faut arreter le delire tout de meme, et aussi de tirer des conclusions aussi erronees que trompeuses. Il y a une nette baisse de paranoia depuis qu’Obama est a la Maison Blanche. Plus de 50% des Americains sont en faveur de la fermeture du camp de Guantanamo, et des etats se sont deja portes candidats pour accueillir les prisonniers qui seront transferes aux Etats-Unis.
15 octobre 2009
I-FEEL-PAS-GOOD a dit :
Salam, Je viens de regarder la vidéo comique. J’en ai bien rit. J’ai recherché sur internet l’historique des attentats perpétrés sur le sol américains. Je n’ai trouvé qu’un article traitant de la façon dont les USA ont planifié des attentats contre les citoyens américains depuis 1962 pour justifier diverses interventions dans des pays étrangers. J’ai par contre trouvé d’innombrables références à des actes terroristes perpétrés par les américains dans le monde : Amérique latine, moyen-orient, Afrique ... Quant au pauvre afghan qui s’est fait arrêté aux USA, je compatis avec sa misère. Ils se font tuer en Afghanistan par des américains et quand ils arrivent sur le sol américain pour commencer une nouvelle vie, on les utilise comme des cobayes pour justifier la politique sécuritaire. Et ce n’est pas avec son salaire de chauffeur de taxi qu’il pourra se payer : 1- Les avions bombardiers de l’armée américaine pour percuter des immeubles. 2- Les services de l’aviation militaire américaine pour dévier les avions civiles ayant en théorie percuté les immeubles et les abattre. 3- Les services de sociétés de démolitions pour scier les fondations en acier et placer des charges explosives à divers étages d’un immeuble encore fréquenté par des employés. 4- Les services de la CIA pour rafler toutes les vidéos de surveillance et faire pression sur les témoins oculaires et sur la presse et les médias et imposer une version officielle à tout un peuple. 5- Et toute la logistique qui va avec ... Si vous n’avez toujours pas compris comment organiser un attentat, alors demandez à George W. Bush, il vous donnera des détails. Mais il faut aussi qu’il vous donne les moyens qui vont avec, sinon vous n’arriverez à rien. A bon entendeur Salam. |
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