Egypte : 529 Frères Musulmans condamnés à mort

C’est un « massmurder » à l’égyptienne, légitimé par le glaive de la justice à l’issue d’une ma

lundi 24 mars 2014

Egypte : 529 Frères Musulmans condamnés à mort

C’est un « massmurder » à l’égyptienne, légitimé par le glaive de la justice à l’issue d’une mascarade de procès, la condamnation, lundi 24 mars, à la peine capitale de 529 membres des Frères musulmans, tous des fervents partisans de Mohamed Morsi, le président démocratiquement élu et illégalement déchu, vient d’entrer dans les annales judiciaires du pays, au risque d’instaurer une instabilité durable et préjudiciable.

Tombant comme un couperet dans l’enceinte d’un tribunal de Menya, quelques jours avant que le vice-premier ministre et chef de l'armée, le maréchal Abdel Fattah al-Sisi, annonce officiellement sa candidature à l’élection présidentielle, une mascarade de plus, ce verdict sans précédent dresse l’échafaud pour des centaines d’accusés dont le sort était scellé d’avance, suscitant la consternation générale. "C’est une catastrophe, une mascarade et un scandale qui aura des conséquences pour l'Egypte pendant des années", s’est insurgé Gamal Eid, expert juridique à la tête du Réseau arabe pour l'information sur les droits de l'homme, tandis que l’avocat de la défense, Ahmed al-Sharif, lui faisait écho en précisant que ce procès, le plus important depuis le début de la répression sanglante des pro-Morsi, a acquitté 17 individus sur les 153 qui comparaissaient, les autres étant condamnés à mort par contumace car étant en fuite.

Reconnus coupables de violences commises au cours d’un été meurtrier, ces égyptiens, pourchassés comme les nouveaux ennemis publics n°1 ou plutôt comme les terroristes à abattre, sont dans le collimateur de l’armée et du gouvernement intérimaire putschiste, déterminés à faire un exemple. En décembre dernier, le Premier ministre adjoint, Hossam Issa, déclarait officiellement « terroriste » les Frères musulmans, cette confrérie vieille de 85 ans, dont nombre de ses dirigeants étaient ce lundi sur le banc des accusés, parmi lesquels se trouvait une figure illustre, le Guide suprême, Mohammed Badie.

Alors que 700 autres personnes, sans illusion sur le sort qui les attend, sont citées à comparaître dès mardi, la décision sans appel du tribunal de Menya a été accueillie par une clameur de protestation qui est montée au sein des familles et des militants des Frères musulmans. Une gronde relayée sur le site officiel de la Fraternité, qui a appelé à la « chute du régime militaire ».

"C'est le procès le plus rapidement expédié et qui a condamné à mort le plus grand nombre de personnes dans toute l'histoire de la justice de ce pays", a vivement déploré l'avocat Nabil Abdel Salam, qui défend certains dirigeants des Frères, dont le plus célèbre d’entre eux aux yeux d’un Occident complice, Mohamed Morsi.

Si certains experts émettent toutefois des doutes quant à l’application de ces exécutions de masse, ce procès pipé de masse a, pour l’heure, exacerbé un profond ressentiment rendu particulièrement aigu par une comptabilité macabre. En effet, selon Amnesty International, 1 400 partisans de Mohamed Morsi ont été tués dans la répression, des milliers d'islamistes ont été arrêtés et  traînés en justice, tous étant logés à la même enseigne que l’ex-président éjecté du pouvoir par un coup d’Etat, ainsi que la quasi-totalité des dirigeants des Frères musulmans, qui encourent la peine de mort.

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