Mercredi 3 September 2014
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Une démocratie islamique est-elle envisageable ?

Une démocratie islamique est-elle envisageable ?
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L'islam passe souvent pour une menace éventuelle à la démocratisation. Pour justifier ce point de vue, on répète à l'envi que, pour l'islam, il n'y a pas de séparation entre politique et religion.

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L'islam passe souvent pour une menace éventuelle à la démocratisation. Pour justifier ce point de vue, on répète à l'envi que, pour l'islam, il n'y a pas de séparation entre politique et religion. En Occident, deux grands principes ont marqué le triomphe d'une perception libérale de l'individu au sein d'un espace publique laïcisé: la reconnaissance des droits de la personne (par opposition à l'intérêt collectif) en matière politique et la séparation de l'Eglise et de l'Etat en matière religieuse. Aucun mouvement semblable n'a existé dans le monde musulman.

On pourrait donc être tenté de voir dans l'absence d'une évolution de même nature comme la preuve que l'esprit musulman rejette la laïcité dans sa totalité. Dans le monde musulman d'aujourd'hui, il n'y a pas de pays qui ne revendique l'islam comme élément fondateur de l'unité nationale. Dans les pays musulmans, l'islam est soit une religion d'état, soit sous contrôle de l'état, même dans des nations aussi ouvertement laïques que la Turquie ou l'Irak de l'époque Saddam Hussein.

C'est pourquoi l'Etat est généralement responsable en première instance de donner de la tradition l'interprétation qui fait foi. C'est pourquoi aussi la pensée islamique a perdu une certaine vitalité, non seulement sur les questions de gouvernement, mais aussi sur les problèmes de culture et de société. Ce n'est donc pas que "l'esprit musulman" soit naturellement réfractaire à la pensée critique, mais bien plutôt que les démarches d'analyse et de jugement sont trop longtemps restées la prérogative exclusive du pouvoir politique.

Les relations entre l’islam et la démocratie laïque sont aussi affectées par un autre facteur, la vision des relations internationales qui s’est imposée, et qui décrit l’islam et l’Occident comme des forces opposées. Il en résulte, parmi les musulmans, une mentalité d’assiégé, et la transformation de l’islam en un outil de résistance politique. C’est ainsi que le discours religieux est devenu un élément clé de la rhétorique des temps de guerre, comme ce fut le cas des proclamations religieuses, pendant la Guerre du Golfe, en 1990, d’un Saddam Hussein, qui était pourtant, par ailleurs, manifestement laïc.

 Il y a peut-être un paradoxe apparent, mais les musulmans considèrent la démocratie comme le meilleur système politique. Des sondages effectués ces dernières années montrent que les musulmans aimeraient vivre dans une société démocratique: ils plébiscitent les élections libres, la liberté de parole et les droits de l’homme. Dans le même temps, ils reconnaissent le rôle important que joue la charia dans leurs vies.

C’est là qu’intervient souvent le même malentendu dans les discussions entre musulmans et non-musulmans au sujet de la démocratie: en fait, la charia n’est pas un instrument légal à proprement parler, mais un ensemble de normes et de principes moraux qui guident les musulmans dans leurs options personnelles et sociales.

C’est le même paradoxe apparent qui affecte les musulmans qui vivent en Occident sous des régimes démocratiques et laïcs. L’émigration vers Europe et ou les Etats-Unis libère les musulmans de la poigne de fer qu'ont les Etats musulmans sur la tradition islamique. Cette libération, qui se présente sous des formes diverses, produit deux résultats surprenants. Premier résultat: la plupart des musulmans qui vivent en Europe et aux Etats-Unis reconnaissent et apprécient le caractère démocratique et laïc des pays où ils résident.

A l’exception de groupes marginaux comme les muhajirun au Royaume-Uni, les musulmans de l’Occident ne cherchent pas vraiment à changer les régimes politiques des pays où ils habitent pour en faire des états islamiques. Deuxième résultat: de plus en plus les musulmans de l’Occident conceptualisent et intègrent la charia dans leur code moral personnel.

Ce n’est pas dire, pour autant, que toutes les tensions disparaissent. Le conflit continuel entre les interprétations de la charia et les normes sociales des démocraties laïques portent sur des domaines tels que la famille, le statut des femmes dans le mariage et le divorce et l’éducation des enfants. C’est désormais devant les tribunaux civils que les musulmans exigent la reconnaissance d’une spécificité "musulmane" qui n’est pas prise en compte dans le droit civil qui prévaut en Occident.

Cette tension entre la loyauté envers l’Etat démocratique et laïc et l’importance de la religion dans la sphère personnelle se révèle dans un sondage Gallup effectué récemment dans les milieux musulmans de Paris, de Londres et de Berlin. En majorité, les répondants font l’éloge de la nation et de l’Etat dans lequel ils vivent, tout en affirmant que la religion est d’une grande importance pour eux. Ce en quoi ils diffèrent de la majorité de leurs concitoyens non-musulmans, qui répondent que la religion est sans importance aucune.

Cette situation peut désorienter les observateurs occidentaux. Plus important encore, elle reflète une tendance que les responsables politiques et les chercheurs doivent prendre en compte: il est strictement impossible de mettre en œuvre un modèle occidental de démocratie qui serait fondé sur la marginalisation ou le rejet de la religion dans les sociétés musulmanes. Les musulmans veulent être démocratiques, à leurs propres conditions. Cela signifie, pour les musulmans qui vivent en Occident comme pour ceux vivant dans des sociétés majoritairement musulmanes, qu’ils souhaitent que leurs normes religieuses soient visibles dans leur vie personnelle et quotidienne. Cela signifie aussi que les membres de sociétés démocratiques majoritairement musulmanes souhaiteraient que leurs normes religieuses régissent la vie sociale publique.

Tout cela soulève des préoccupations légitimes sur la reconnaissance et la liberté d'autres minorités religieuses dans un système social dominé par des références islamiques. A certains égards, la démocratie américaine (plus que la démocratie européenne) comporte des éléments clé d'une démocratie islamique: souveraineté populaire, séparation de l'Eglise et de l'Etat, reconnaissance sociopolitique de l'importance des religions dans la vie privée des citoyens et dans la vie publique.

Il est décisif que les milieux politiques et intellectuels occidentaux intègrent des références islamiques dans les processus de modernisation et de démocratisation, tout en s'efforçant de protéger les minorités religieuses et culturelles et de garantir la liberté de parole. Sans ces sauvegardes, aucune démocratie, qu'elle soit islamique ou autre, n'est envisageable.

En partenariat avec le CGNews

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Commentaires

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Pancole
-4221 points

Conclusion de la dame,

Puisque les musulmans ne se sentent pas à l'aise dans les démocraties occidentales laïques et bien que les démocraties s'adaptent à eux en modifiant la perception des relations qui existent entre le religieux et le politique.

Il faut donc islamiser les sociétés occidentales.

Elle est pas belle la vie!
Pourquoi ne pas intégrer aussi les conceptions animistes des personnes originaires d'Afrique, ou bouddhistes pour celles qui viennent d'Asie?

Cette Dame demande simplement que l'on accepte de devenir des dhimmis pour que les musulmans se sentent à l'aise dans nos démocraties.

Un peu fort de café!

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Elias
2 points

Palazzo n'est pas simplement islamophobe, raciste, hypocrite et de mauvaise foi, il ne sait pas lire ou il feint de ne pas savoir lire;
LA DAME TE DIT :
"A certains égards, la démocratie américaine (plus que la démocratie européenne) comporte des éléments clé d'une démocratie islamique: souveraineté populaire, séparation de l'Eglise et de l'Etat, reconnaissance sociopolitique de l'importance des religions dans la vie privée des citoyens et dans la vie publique..."

Hey Palazzo ! T'en as pas marre d'être tout le temps Stupide ?!...

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baraa
419 points

En fait, ce que cet article prône c'est la "démocratie américaine" qui intègre les seules apparences communautaires ...pour les vider de leur contenu potentiellement radical et innovant, à la différence du modèle révolutionnaire français qui rêve d'une démocratie unitaire et mobilisatrice pour un projet d'avenir social. Les musulmans de leur côté veulent garder leur autonomie quant aux questions de rites et de croyances mais ils veulent une société où les valeurs sociales que l'islam prône puissent être proposées, débattues et éventuellement acceptées dans une saine émulation par l'ensemble de leurs concitoyens de différentes confessions et idéologies : refus de l'usure et de la spéculation, égalité sociale, respect de la nature, consultation populaire systématique, questionnement sur la finalité sociale de chaque projet économique, refus de la marchandisation du sexe et des corps. Choses qu'ils exigent dans les dictatures "musulmanes" aussi bien que dans les "démocraties" occidentales

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cedric
34 points

"Dans les pays musulmans, l'islam est soit une religion d'état, soit sous contrôle de l'état, même dans des nations aussi ouvertement laïques que la Turquie ou l'Irak de l'époque Saddam Hussein."

-> Allez, encore un rappel, l'Islam ne va pas du maghreb aux Emirats, il s'étend plus à l'Est encore.
Làbas on y trouve un pays pleins de musulmans mais non islamique et démocratique. L'Indonésie. L'Islam est la religion de 90% de la population, mais n'est pas dans la constitution. Oui il y a un ministère de la religion mais qui sert à concilier les pratiques avec le code civil. Un organisme en partie indépendant décide des dates du calendrier islamique sans que ce soit la seule voie dans le pays (ainsi cette année, le MUI -gouvernemental- commenca le 10 alors que la deuxième plus grande organisation islamique du pays commenca le 9 sans que ca pose de problèmes)

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Pancole
-4221 points

Qui des deux ne sait pas lire?

"Les musulmans veulent être démocratiques, à leurs propres conditions. Cela signifie, pour les musulmans qui vivent en Occident comme pour ceux vivant dans des sociétés majoritairement musulmanes, qu’ils souhaitent que leurs normes religieuses soient visibles dans leur vie personnelle et quotidienne. Cela signifie aussi que les membres de sociétés démocratiques majoritairement musulmanes souhaiteraient que leurs normes religieuses régissent la vie sociale publique."

Les musulmans veulent donc que les démocraties occidentales s'adaptent à leurs normes?
Si la société américaine est plus proche des aspirations des musulmans c'est parce qu'elle est communautariste et communautarisée.
Modèle qui ne correspond absolument pas aux aspirations de la très grande majorité des citoyens français.
Et si vous décelez dans mes propos des traces de racisme c'est que vous avez un vrai problème avec le débat démocratique, c'est selon le texte culturel chez les musulmans

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Yannick Laude
-1127 points

Ce que prône cette dame est l'avenir même de l'humanité, dont les Etats-Unis sont le précurseur honni par des Oummanautes aveugles sur la fin du modèle français, Baraa et Palazzo se rejoignant dans la même nostalgie, l'un rêvant d'une France socialo-musulmane unie portant un système universaliste, Palazzo demeurant plus classique dans son projet. L'émigration, internet, l'économie globalisée obligent à la cohabitation entre les cultures, d'où naitra d'ailleurs peut être un jour une culture mondiale. En attendant il faut faire preuve de tolérance: tolérance à l'égard des musulmans vivant en France et tolérance de ces derniers à l'égard de nos propres moeurs et coutumes. Et la première condition de la tolérance consiste à rejeter les concepts d'oumma ou de Français de souche qui enferment les individus dans des identités uniques alors que chacun est pluriel et n'a pas à s'en justifier au regard des autres. La liberté prime tout et sur tout.

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ZEMIP
0 points

Bonsoir,

le propos de cette personne est intéressant, cela dit, les deux termes "démocratie" et "Islamique" méritent d'emblée de se poser la question suivante : existe-t-il aujourd'hui dans le monde un pays réellement et authentiquement "démocratique" et "Islamique" ?

Je pense que nous pouvons répondre non.

Aussi, il peut paraître de prime abord "surprenant" que des musulmans vivant en Occident puissent souhaiter quelque chose sans référence valide. Seule la Turquie peut se targuer d'approcher ce concept, mais à quel prix, avec quelles tensions, et contradictions.

Je pense que les Musulmans pratiquants souhaitent juste que leur soit fait une petite place (majorité écrasante), il n'est selon moi pas du tout question d'une démocratie islamique qui ne pourrait voir le jour que dans un pays musulman.

Cette place est aujourd'hui compromise, par les faits divers (réels cela dit) que l'on exagèrent à outrance et les politiques qui en retirent des voix et popularité. Il manque une élite.

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anas4120
12 points

Palazzo, la majorité des musulmans en France cherchent principalement à pratiquer leur religion qui comprend une part dans la sphère publique, au même titre que la religion catholique.

La France n'est pas devenue en partant de zéro, il y avait déjà un existant de religion catholique dans la sphère publique qui s'est en partie maintenu. Maintenant que l'Islam est la seconde religion de France, il est temps que celle-ci prenne sa place dans la sphère publique au même titre que sa consœur catholique.

Prenons l'exemple des lieux de culte. Quand la laïcité s'est instaurée, il y avait déjà un existant d’églises et les citoyens catholique pouvaient toujours y pratiquer leur culte. Concernant l'Islam, il y a toujours un manque cruel de lieux de culte auquel on oppose toujours l'argument selon lequel la laïcité ne tolère pas de religion dans la sphère publique.

On ne peut pas appliquer la même règle à deux religion n'ayant pas eu les même conditions de départ.