Deux élus du Parti de Gauche jugent que l’Institut des Cultures d’Islam ne respecte pas la laïcité

Deux élus du Parti de Gauche jugent que l’Institut des Cultures d’Islam ne respecte pas la laïcité

Deux élus du Parti de Gauche chercheraient-ils la petite bête en plein cœur de la Goutte d’Or, là où il conviendrait de se réjouir qu’un grand projet dédié à « la diversité des cultures musulmanes » tranche enfin le nœud gordien des prières de rue dans la surmédiatisée rue Myrha ?

Après des années d’inertie politique dans la mosaïque de couleurs et d’origines qu’est le XVIIIème arrondissement de Paris, laissant le champ libre à des semeurs de trouble nationalistes et islamophobes, ainsi qu’à leurs « apéros saucisson et pinard » un peu trop franchouillards pour être foncièrement honnêtes, la perspective de voir émerger l’Institut des cultures d’Islam en 2014, dans deux bâtiments flambant neufs, devrait à tout le moins apaiser les tensions et faire consensus.

Pas pour deux élus du parti de Jean-Luc Mélenchon qui, dogmatisme laïc oblige, à moins que ce ne soit l’hypocrisie de la politique politicienne, sont en train de pinailler sur l’autre obsession française après le voile : le respect du principe de laïcité contenu dans la loi de 1905. Loi de 1905, dont la hauteur de vue à l’égard de toutes les croyances se réduit comme peau de chagrin dès lors que l’islam est en question…

C’est par le petit bout de la lorgnette, que ces deux empêcheurs d’ériger un noble projet culturel en rond se focalisent sur les salles de prières qui sont prévues dans chacun des deux bâtiments de l’Institut des Cultures d’Islam. Car pour eux, c’est là que le bât blesse ! Et de pointer du doigt la mairie de Paris : "la mairie de Paris n'a pas à construire des lieux de culte. C'est un coup de canif dans la loi de séparation de l'Église et de l'État", a lancé Alexis Corbière, conseiller du 12 ème arrondissement de la capitale, dans le magazine metro.

Arc-bouté sur son cheval de bataille, l’élu, autiste, reste sourd à l’argument selon lequel les salles de prières seront vendues, à la fin des travaux, à des associations culturelles, comme c’est déjà le cas, pour l’une des salles de la rue Stephenson, bientôt acquise par l’association des Habous et des Lieux Saints de l’Islam pour la coquette somme de 2 millions d’euros.

Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, et c’est en pure perte que la mairie de Paris précisera aux deux élus du Parti de Gauche que "Il y aura deux lieux distincts : un centre culturel, subventionné par la mairie et une salle de prière, administrée par des associations privées", et que les jours d’affluence, des espaces modulables seront loués pour accueillir dignement un plus grand nombre de fidèles.

Pour ces deux élus tatillons, doit-on en déduire que la laïcité et l'ordre public ne sont nullement menacés quand Riposte laïque, le Bloc Identitaire, le ban et l’arrière ban de l’extrême droite organisent des agapes au goût amer à seule fin de stigmatiser les fidèles musulmans au cœur de la Goutte d’Or et ailleurs, et quand Marine Le Pen a donné le « la » des analogies nauséeuses, en comparant les prières de rue à « L’Occupation nazie » ?

 

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