Mardi 2 September 2014
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La philosophie et la théologie peuvent-elles aider la cosmologie dans sa crise ?

La philosophie et la théologie peuvent-elles aider la cosmologie dans sa crise ?
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L'une des principales raisons de cette crise est, comme l’a écrit l'an dernier Helge Kragh, un historien de la science et de la technologie, que les scientifiques ont oublié le fait que « la cosmologie est une science, mais pas seulement une science...

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Durant le siècle dernier, les scientifiques ont fait de très grandes avancées dans la compréhension de notre incroyable univers. Car, bien que l'ancienne cosmologie géocentrique ait été balayée depuis plusieurs siècles, l'ampleur ahurissante et le contenu de l'univers étaient loin d'être pleinement appréhendés par la science.

Au début du XXe siècle, nous estimions que les distances cosmiques étaient des milliards de fois plus grandes que sur Terre, et nous savions que le système solaire était « vieux », mais il a fallu attendre les années 1920 pour se rendre compte que l’univers devait être mesuré en milliards d'années-lumière (une année-lumière égalant 10000 milliards de km), que sa partie observable contenait à elle seule au moins 100 milliards de galaxies, et qu’une galaxie comme la nôtre, la Voie Lactée, se composait de centaines de milliards d'étoiles. Et si cette ampleur ne suffisait pas, nous avons découvert que notre univers était en expansion, en d’autres termes que sa taille n’avait cessé d’augmenter depuis sa naissance, dans un « Big Bang » à partir duquel toute la matière, l'énergie, l'espace et le temps émergèrent.

Il a fallu un certain temps pour que nos esprits et notre culture absorbent cette nouvelle vision de l’univers. Le « Big Bang » est devenu une expression culturelle, même si peu de gens comprennent vraiment ce qu’elle dénote: une description des processus physiques qui ont progressivement conduit à la formation d'atomes, de gaz, puis d’étoiles et de galaxies, du premier instant aux millions et milliards d’années d’évolution physique et cosmique.

Il a fallu s'adapter à ce nouveau cosmos, où la Terre s’est vue réduite à un simple grain de poussière dans l'immensité inimaginable de cet univers en constante évolution, où nous, les humains, ne sommes apparus que dans la dernière « heure » de ce film cosmique géant.

A peine avons-nous digéré cette cosmologie nouvelle, que les choses ont commencé à se compliquer. Tout d'abord, une « matière noire » est venue s’imposer dans les modèles cosmologiques, une substance complètement différente de toute la matière que nous connaissons sur Terre (de l'hydrogène à l'uranium) et totalement inconnue à ce jour, mais qui semble largement dominer le contenu de l'univers.

Ensuite, une étonnante découverte a marqué les esprits en 1998 : durant les 5 derniers milliards d'années, l’expansion de l'univers s’est mise à s’accélérer. Les scientifiques ont dû conclure à l’existence d’une « énergie noire », d'origine et de nature complètement inconnues, alimentant cette accélération.

D’un autre côté, et sur un plan plus ou moins troublant (selon la philosophie de chacun), les scientifiques ont découvert que l'univers est « finement réglé » à l'apparition et à l’existence de la vie, de la complexité, de l'intelligence et de la conscience. Si les lois de la physique et les paramètres de l'univers (la masse de l'électron, la vitesse de la lumière, la force de gravité, le nombre de dimensions de l'espace et du temps, et une foule d'autres grandeurs fondamentales) avaient été légèrement différents de leurs valeurs réelles, notre univers aurait été tout à fait stérile et dépourvu de toute chose intéressante : pas d'étoiles, pas de planètes, pas de cellules, pas de cerveau...

Comment peut-on expliquer cela? Pouvons-nous dire « Dieu l'a fait de manière parfaite »? Ou bien peut-on trouver une explication « plus scientifique » ? Pour nombre de cosmologistes, nous évoluons peut-être dans un univers parmi d'innombrables autres univers, qui constituent un "multivers" ; est-ce une explication scientifique satisfaisante, si on postule d’innombrables univers pour expliquer les propriétés de l’un d’entre eux?

Et tant que nous y sommes avec ces « grandes questions », qu'en est-il du moment même du "Big Bang"? Qu’entend-on par le fait que l'univers entier est issu d'un point « singulier »? Peut-on explorer la cosmologie de ce point et ce moment? Peut-on parler de ce qu'il y avait avant le "Big Bang"? Notre univers provient-il de quelque chose d'autre, ou bien cette question d’« origine » demeurera-t-elle toujours au-delà de notre champ d’investigation scientifique?

Ces questions, et bien d'autres, ont conduit à une crise de la cosmologie, qui s’est vue progressivement revenir à un temps riche en spéculations. Il y a un siècle, Ernest Rutherford (le découvreur du noyau atomique et lauréat du Prix Nobel en Physique) s’exclamait : « Que je n’attrape pas quelqu'un parler de l'Univers dans mon laboratoire ! ». En effet, la cosmologie était alors trop hypothétique, pas assez scientifique, manquant de données et de théories solides. Le XXe siècle a changé tout cela. Mais la cosmologie du XXIe siècle a, semble-t-il, commencé à se laisser aller à trop de conjectures…

L'une des principales raisons de cette crise est, comme l’a écrit l'an dernier Helge Kragh, un historien de la science et de la technologie, que les scientifiques ont oublié le fait que « la cosmologie est une science, mais pas seulement une science... Les questions d'ordre philosophique, et parfois même à caractère religieux, font partie intégrante de ce que la cosmologie traite... » . Et Kragh d’ajouter :  ces aspects (non scientifiques) de la cosmologie « devraient être dûment pris en considération [...] dans les contextes éducatifs ».

Il y a quelques années, Joël Primack (un cosmologiste) et Nancy Abrams (sa femme, écrivain et artiste) avaient sévèrement rappelé aux scientifiques que « si la science n'a rien à dire à propos des êtres humains, elle aura peu à dire à la plupart des êtres humains... ». Dans leur excellent livre « Destin Cosmique », ils attirèrent l’attention des hommes de science et de culture sur « l’attitude séparationniste », la « schizophrénie sociale » que la science d’aujourd’hui semble avoir établie entre le monde de la nature et le monde des valeurs et le sens que l'humanité essaie de développer lentement.

Mais il semble que les scientifiques et les penseurs aient enfin compris la nécessité d’instaurer un dialogue et une collaboration à part entière entre les cosmologistes, les philosophes, les théologiens et les hommes et les femmes de culture de toute la société. En effet, plusieurs colloques allant dans ce sens ont été organisés au cours de ces derniers mois.

En avril 2012, j'ai été invité à un séminaire sur « la Cosmologie, la Création et l'Islam » à l'Université de l'Iowa, et en octobre 2012, j’ai participé, à Philadelphie, à une conférence de deux jours intitulée « Nouvelles Frontières en Astronomie et en Cosmologie », traitant des « nouveaux développements », des nouvelles planètes (« les autres terres »), du multivers et des cosmologies « pré-Big-Bang ». Quelques jours plus tard, un atelier de travail a réuni pendant deux jours des scientifiques, des philosophes et des théologiens près de Genève, pour discuter du « Big Bang et des interfaces de la connaissance », à la recherche d'un « langage commun ». Cet atelier était co-organisé par le CERN et le Wilton Park (une institution britannique quasi-officielle).

Il s’est rapidement avéré que définir un « langage commun » est loin d'être évident. Car, sans parler des opinions variées qu’ont les scientifiques sur la religion (la plupart d'entre eux la tolèrent tant qu’elle « n’interfère » pas avec la science), le vocabulaire des théologiens, d'une part, et le modus operandi des scientifiques, d’autre part, pourraient complexifier la donne.

En effet, pour les théologiens, des mots comme « création », « vérité » et « but » sont des concepts tout à fait acceptables, voire centraux dans leur discours. Pour les scientifiques, ce sont en revanche des termes chargés. Pour les scientifiques, le « naturalisme » (l’approche scientifique se basant exclusivement sur les causes et les mécanismes physiques) est un principe intangible de leur méthodologie générale, et toute référence, même indirecte, à la volonté divine ou les objectifs divins que l’on pourrait déceler, voire même le sens que l’on pourrait extraire de la cosmologie ou de la science, tout cela doit être soigneusement dissocié de la science, à tout le moins.

Alors, les scientifiques, les philosophes, les théologiens, les éducateurs, les artistes et les commentateurs sociaux peuvent-ils travailler ensemble pour répondre aux grandes questions cosmologiques qui se posent, et de manière plus générale aborder des sujets dont les conséquences sont importantes pour la vie et la pensée humaines? Je le pense.

Tout d'abord, l'histoire de la science moderne a montré à quel point la pensée philosophique peut être précieuse pour la science même. Einstein a révolutionné la physique quand il a pensé profondément et sérieusement à ce que la «simultanéité» doit signifier et impliquer (la relativité), ce à quoi la gravité doit être due (la courbure de l'espace), etc. Et la mécanique quantique a été développée par des physiciens qui ont décidé d’appliquer des concepts «orientaux», tels que la «dualité» et la «complémentarité», aux particules et aux ondes, avec toutes sortes de conséquences extraordinaires.

Des siècles avant cela, Johannes Kepler avait effectué un grand saut conceptuel pour remplacer les orbites planétaires (et leurs épicycles) circulaires par des ellipses, effaçant ainsi d’un coup deux millénaires d'astronomie erronée. Kepler était un fervent croyant en Dieu et vivait l’univers comme une création divine, nécessairement élégante. Il est donc tout à fait légitime que le satellite de la NASA, qui est en train de découvrir  d’« autres terres », produisant ainsi une autre révolution pour les humains et leur place dans le cosmos, porte le nom de Kepler.

Le mois dernier, la conférence de Philadelphie a identifié quatre «grandes questions» aux frontières de l'astronomie et de la cosmologie:

1) Comment l'univers a-t-il commencé ? ;

2) Y a-t-il un multivers?

3) Quelle est l'origine de la complexité dans l'univers?

 4) Y a-t-il de la vie et de l'intelligence au-delà du système solaire?

Certaines de ces questions doivent être abordées presque entièrement par la science. Mais la philosophie et d'autres domaines de la culture peuvent contribuer à encadrer le discours et clarifier les concepts. Comme un participant l'a souligné, lors de la conférence de Genève : « la religion ne peut pas s’ajouter aux faits scientifiques, mais elle peut certainement façonner notre vision du monde ».

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Commentaires

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Liliane Bénard
-309 points

Les astéroïdes et les météorites nous interrogent que l'on soit scientifiques ou philosophes ou théologiens...la crise dont parle Nidhal Guessoum n'est pas grave si nous reconnaissons simplement notre ignorance. Chacun voudrait savoir et les savants développent méthodiquement leurs connaissances. Leur appareil mathématique ne s'applique qu'à partir d'axiomes indémontrables. Le meilleur est sans doute que leurs théories trouvent des applications mirifiques alors même que nous continuons à ignorer qui est le Créateur des mondes et comment l'histoire des hommes se poursuit malgré leur indignité.
La vraie question pourrait être comment faire en sorte que tous les hommes accèdent au bonheur ici-bas et dans l'au-delà. L'homme seul s'en révèle incapable...

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Saladin
-81 points

La theologie, je ne sais pas, le coran je crois que oui dans une certaine limite puisque il y'a plusieurs versets qui parlent de l'univers et de son origine, la philosophie je ne crois pas, pourquoi ? : la philosophie consiste à manier la science de la parole et à faire de la raison le juge dans la compréhension des croyances, comme les notions de divinité (Attributs d’Allah…), de prophétie, de l'invisible ainsi que d'autres questions encore.

Tout cela a conduit les philosophes à un détournement dangereux dans la compréhension des questions liées à la foi, au point de dire que le monde est ancien et non créé par Allah. De plus, ils nient le Jour du Jugement, la résurrection et la rétribution.

Un groupe de philosophes, dits musulmans, a été influencé par ces pensées, dont Ibn Sina, Al-Farabi et d’autres.

C'est pourquoi, nos pieux prédécesseurs avaient mis en garde contre le fait d’approfondir l'étude de la philosophie et de la science de la parole.

En réalité, il est déconseillé ..

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Saladin
-81 points

...En réalité, il est déconseillé d'étudier la philosophie, sauf si le but est de dévoiler l’égarement des philosophes et cela avec beaucoup de méfiance et de précaution, après avoir entièrement assimilé toutes les sciences islamiques et les croyances justes. Et même dans ce cas, il est préférable de s'en éloigner.

L’imam Ibn Al-Arabi le Malékite a eu ce commentaire très célèbre à propos de Al-Ghazali : « Notre Cheikh, Hamed Al-Ghazali a avalé tous les philosophes, mais lorsqu’il a voulu les vomir, il n'a pas pu. »

La philosophie, par son influence, laisse des traces négatives comme c’est le cas avec Al-Ghazali, qui avait une connaissance approfondie des différents types de sciences et était très intelligent. Qu'adviendrait-il alors des gens ordinaires ?

Ce qui est different de la pensée islamique qui est un ensemble de sciences et de connaissances fondées sur des principes et des bases islamiques ou le résultat d'une réflexion islamique basée sur les normes et limites islamiques.

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Jean-Pierre CHAMBARD
167 points

Je ne pense pas que le mot crise soit le bon pour désigner ce qui se passe actuellement parmi les astronomes et les astrophysiciens.
Les avancées technologiques sont considérables et les moyens d'investigation de l'Univers vont être souvent multipliés par un facteur 10 et plus dans certains domaines.
L'Astrophysique sort à peine de l'enfance (si je puis m'exprimer ainsi) et elle a un long chemin à parcourir, en fait ce chemin est comme l'Univers ... sans fin.
Je suis simple astronome amateur, mais parmi les professionnels qu'il m'arrive de cotoyer, il y a un enthousiame, un foisonnement d'idées, de théories, bref l'opposé d'une crise, au sens classique du terme.
Ou alors, parlons de crise ... positive et enthousiaste :-)

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Nass
10 points

C'est normal de penser que la philosophie est dangeureuse quand on suit le Crédo d'Ibn Taymiya qui a dit que Dieu avait un corps et qu'il parlait avec des sons!
L'islam sunnite qui a été en majorité Asharite à toujours approuvé cette vision de Ghazali:
"le prophète que la paix et le salut soient sur lui à dit: "Dieu créa Adam à son image" L'ignorant ne saisit de l'image que la couleur, la forme et l'apparence, attribuant tout cela à Dieu le Très Haut. Combien Dieu est plus glorieux que ce qu'il dit et plus hautement sublime!" (Livre du repentir, Bouraq, p116).

Le sens ne peut pas être le sens accessible parce que Dieu dit: "Telles sont les exemples que Nous citons aux gens; cependant, seuls les savants les comprennent"(29,43). Si c'était le sens direct,les gens simple comprendrait les exemples.

Je suis totalement a terre quand je vois les salafiste partout sur les sites internet mettre en garde les gens contre le soufisme et la philosophie alors qu'ils croient que Dieu à un CORPS!

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Nass
10 points

Je suis certains que tu considère que la science est permise mais la philosophie interdite. C'est une contradiction en soi parce que la science moderne est basé sur la philosophie moderne qui est remplie d'agnosticisme alors que la philsophie musulmane est basé sur la Tawhid. Dire qu'on rejete la philosophie musulmane(ou pas)et qu'on accepte la science moderne, c'est directement reconnaître une philosophie avec beaucoup de Kufr et rejeté une philosophie basé sur la Tawhid...Et c'est pour cette raison que les Wahabite ne pourront jamais sortir les musulmans des erreurs de la modernité, ils n'y comrpennent rien!.Ils délaissent la pensé musulmane qui a dévellopé une philosophie capable de faire de grande découverte scientifique dans le respect de la foi au profit de la science moderne qui mène à la coupure de l'homme et de la nature. Maintenant vous comrpenez pourquoi les pays Wahabitte sont les plus "anti-philosophie" mais les plus "technologique" du monde arabe! Contradiciotion logique!

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Liliane Bénard
-309 points

@ Saladin
Si des philosophes réfléchissent sur les sciences ils ne le font pas "en tant que musulmans" mais en faisant usage de leur raison, "la chose du monde la mieux partagée".
Votre référence à Ghazali est intéressante mais n'oublions pas qu'Ibn Rushd, Averroès avait dejà contesté Ghazali à propos justement de son point de vue philosophique.
Il y a des philosophes religieux qui indiquent les limites de la raison humaine, ils reconnaissent alors leur ignorance, sachant bien que l'homme seul ne peut guère se suffire à lui-même. Il perçoit cependant qu'il ne peut "comprendre" Dieu dans ses catégories et qu'il ne peut concevoir le comment de la création, de la résurrection et du jugement dernier. En prendre conscience ne contredit pas leur foi dans l'existence de Dieu ni dans les Livres sacrés, cela met simplement les pendules à l'heure, mesurant les limites de nos connaissances sans bien sûr oublier la distinction fine entre le temps et l'éternité.

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Liliane Bénard
-309 points

Cher Jean-pierre,
Je critique comme vous le terme de crise dans le domaine scientifique. Toute science est relative à ses axiomes de départ. Il convient pourtant de distinguer l'astrologie et la cosmologie. L'astrologie est une discipline séculaire qui part de l'axiome selon lequel les astres influeraient sur chacun de nous en fonction de notre date de naissance. Cet axiome indémontrable a des avantages car il rappelle que l'être humain fait partie du système cosmique.
La cosmologie s'interroge sur la formation de l'univers et sur des années lumière hors de portée de nos perceptions à 300 000 km par seconde...
Les philosophes s'intéressent à ces différentes disciplines, il est en effet passionnant de concevoir la mathématisation de l'univers ou des mondes qui rend compte de leur cohérence par delà les apparences. Les cosmologues disposent d'appareils peut-être plus performants que les astrologues. Tous doivent reconnaître comme Abraham que les astres ne sont pas Dieu !

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Saladin
-81 points

@ Nass :..L'islam sunnite qui a été en majorité Asharite à toujours approuvé cette vision de Ghazali: "le prophète que la paix et le salut soient sur lui à dit:"Dieu créa Adam à son image"..

L'imam Muslim a rapporté que le Prophète, Salla Allaho Alaïhi wa Sallam, a dit:"Quand l'un de vous combat son frère qu'il évite le visage car Allah a créé Adam en Son image!"

Ce hadith ne signifie pas la comparaison ni l'assimilation, puisque c'est un fait acquis légalement(selon la Charia) ainsi que rationnellement et selon la Fitra qu'Allah le Très Haut ne ressemble à aucune de ses créatures.

Seulement la signification est qu'Allah est Audient, Clairvoyant et Parlant et qu'Il a créé Adam audient, clairvoyant et parlant, en remarquant la différence qu'il y a entre l'authenticité de ces attributs entre le Créateur et les créatures.

Donc l'Image d'Allah le Très Haut n'est pas la même que celle de sa créature

@ Liliane

Si le philosophe connait bien ses limites je ne crois pas qu'il va s'égarer

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michel75200
-1710 points

Supposons que l'astrophysique est en "crise" - crise des concepts ou crise de croissance - et voyons ce que Gaston Bachelard d'une part, Louis Althusser d'autre part, peuvent nous apprendre à ce sujet, en tant que philosophes ayant étudié l'histoire des sciences et forgé quelques concepts opératoires pour rendre compte des phénomènes de "crise".

L'un et l'autre ont étudié de près le rôle que la philosophie joue dans ces périodes charnières. Le premier a insisté sur les "ruptures épistémologiques", ces changements de conception qui permettent de dépasser un obstacle intellectuel dû à une contradiction entre des théories admises jusque là et une expérience décisive qui les met en cause. Un tel changement nécessite l'invention d'une conception nouvelle, ce qui met en jeu l'imagination. Celle-ci peut être guidée par des réflexions sur la connaissance et des manières exotiques de l'organiser. En ce sens, philosophies et croyances diverses peuvent être utilement sollicitées.
(à suivre)

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michel75200
-1710 points

(suite 1)
A ce sujet, remarquons que l'auteur parle d'une crise de la "cosmologie" et non pas de l'astrophysique.
Or l'astrophysique est une branche des sciences physiques, dans lesquelles se conjuguent et s'affrontent deux théories incompatibles : la relativité générale et la mécanique quantique. Si crise il y a, elle réside dans la difficulté à les unifier en une seule théorie dite "du tout". Mais le problème n'est pas neuf et durera encore.
Tandis que la cosmologie est tantôt une vulgarisation des résultats de l'astrophysique, tantôt une interprétation de ceux-ci en interaction avec une conception non scientifique de l'univers, du temps et de la matière.
Pour ma part, je m'en tiendrai donc à l'astrophysique.

Louis Althusser a remarqué que, dans le foisonnement des idées philosophiques - ou autres - qui sont débattues lors d'une crise scientifique, la plupart sont banales, voire simplistes, et s'avèrent sans utilité pour l'élaboration d'une solution.

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michel75200
-1710 points

(suite 2 et fin)
Il a décrit deux causes à ce phénomène :
- la faible formation des scientifiques dans le domaine des idées, notamment philosophiques, non renouvelées depuis leur passage en Terminale ;
- l'existence d'une "philosophie spontanée des savants", adaptée à leur pratique quotidienne des objets de la science, de ses théories et de leur mode d'interaction, dans les périodes sans "crise".

Il a aussi remarqué qu'après l'élaboration d'une théorie qui résout la crise en s'appuyant sur une conception nouvelle, le débat d'idées s'éteint chez les scientifiques, pour laisser place aux prévisions puis aux résultats expérimentaux permis par cette théorie.
Le retour à la cohérence s'accompagne d'une mise de côté des propos philosophiques ou autres. Si une réflexion se poursuit, elle n'a plus d'effet dans le champ scientifique.

L'importance accordée au débat d'idées qui accompagne une "crise" scientifique est donc très exagérée. C'est largement - bien que pas totalement - une illusion.

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michel75200
-1710 points

A ceux que ces questions intéressent, je conseille vivement la lecture d'un article paru récemment dans la revue "Pour la science" (n° 430, août 2013, p.48-53) : "Par delà l'horizon quantique" par David Deutsch et Artur Ekert, ainsi présenté :

"A ses débuts, la théorie quantique a semblé imposer des limites à la science et aux techniques. L'exemple du calcul quantique montre qu'au contraire, de nouveaux horizons s'ouvrent."
(http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/f/fiche-article-par-dela-l-horizon...)

Les physiciens qui travaillent avec la théorie quantique sont, depuis quelques années, en train de sortir celle-ci de la crise qui l'a accompagnée tout au long du XXième siècle. Cette crise était liée à une interprétation philosophique - pernicieuse - imposée par Niels Bohr, en termes de "limitation de la connaissance". Le retour à un positivisme (la "philosophie spontanée des savants" évoquée plus haut) marque l'entrée dans une phase de stabilité et d'opérationalité.