Lahouari Addi répond à un article diffamatoire publié en Algérie

Il ne fait pas bon émettre des doutes sur la véracité de la version officielle au sujet de la prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas, quand on est un intellectuel reconnu et apprécié en Algérie, dans les milieux universitaires et dans la sphère estudiantine, tel que l’est Lahouari Addi.

Lahouari Addi répond à un article diffamatoire publié en Algérie

Il ne fait pas bon émettre des doutes sur la véracité de la version officielle au sujet de la prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas quand on est un intellectuel reconnu tel que l’est Lahouari Addi, sans être aussitôt discrédité, calomnié et taxé « d’espionnage à la solde des ennemis de son pays », un grand classique de la diffamation facile, à bout d’arguments.

Les coups bas, très bas, ont été portés à son encontre par le journal Le Jour d’Algérie, dans un article au vitriol intitulé « Le sociologue converti en maître espion » et ciblant l'interview que nous avons publiée. La seule finalité de ce réquisitoire est de jeter l’anathème sur un grand spécialiste de ce pays, dont l’indépendance, l’intégrité, et la rigueur des travaux ne sont plus à prouver, ses analyses de la décennie noire, à la fois courageuses et étayées, parlant pour lui.

Sale temps pour ceux qui osent s’aventurer sur la voie périlleuse, mais ô combien salutaire de la vérité, et qui cherchent sans relâche à dissiper l’opacité oppressante qui entoure les différents centres de pouvoir en Algérie, preuve, s’il en est, qu’ils appuient là où le bât blesse !

Contrairement aux insinuations sournoises du Jour d’Algérie, notre site ne fait pas dans le sensationnalisme, booster d’audience, mais est soucieux de diffuser une information alternative de qualité, éclairée et éclairante, loin des pseudo-experts interchangeables des médias mainstream, considérés comme les nouveaux oracles des temps modernes. Nous sommes également soucieux de préserver la pluralité des opinions et de confronter des thèses contradictoires, car ce n’est qu’à ce prix que les Oummanautes pourront se forger leur propre avis.

C’est fidèles à notre ligne éditoriale, que nous avons publié le texte de Mohamed Tahar Ben Saada à la suite de l’interview de Lahouari Addi, que nous tenons à assurer de tout notre soutien.

La rédaction d'Oumma.com

Réponse de Lahouari Addi à l’article paru dans le Jour d’Algérie

Un journaliste, signant sous le nom de Badis Guettaf, d’un journal algérien Le Jour d’Algérie peu connu, m’accuse d’être un espion – rien que ça – à la suite d’un entretien paru sur Oumma.com qui mettait en doute la version officielle de la prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas.

La facilité avec laquelle quelques bandits armés ont pénétré dans un endroit protégé par différents services de sécurité, l’absence de communication de la part des autorités légales, l’interdiction faite aux journalistes nationaux et étrangers de faire leur travail d’information m’ont amené à penser que cette opération est un remake du massacre de Bentalha ou de l’assassinat des moines de Tibihérine.

Le flou dans lequel ont été maintenues ces affaires, et l’impossibilité pour la justice algérienne de mener des instructions judiciaires impartiales, permettent l’hypothèse d’infiltration des éléments des services de sécurité à l’intérieur des groupes terroristes pour les amener à monter des opérations qui les discréditent. L’infiltration, que pratiquent toutes les polices, a pour fin de récolter des informations et non à des fins de manipulation où il y a mort d’hommes.

Pour éviter ces dérives, les services de sécurité doivent agir sous le contrôle de la direction politique dans le respect des institutions et de la loi. Il y a désormais une opinion qui se fait jour en Algérie et qui demande que les services de renseignement et de sécurité reviennent sous l’autorité de l’Etat-Major qui exerce le commandement militaire, et que celui-ci ne dépasse pas ses prérogatives inscrites dans la constitution. Tout indique aujourd’hui que ces services se sont autonomisés du commandement militaire, ce qui constitue une dérive grave pleine de dangers pour le fonctionnement normal de l’Etat.

Lahouari Addi
Professeur de sociologie

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