Mercredi 10 December 2014
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OFII : Valls remplace Klarsfeld par un autre partisan « indéfectible » d’Israël

OFII : Valls remplace Klarsfeld par un autre partisan « indéfectible » d’Israël
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Le changement dans la continuité. Lundi, le ministère de l’Intérieur a désigné Rémy Schwartz pour présider l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Problème : cet éminent juriste est également un dirigeant communautaire engagé, comme son prédécesseur, aux côtés d’Israël.

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Souvenez-vous : en novembre dernier, Oumma avait appelé à la démission d’Arno Klarsfeld, alors président en exercice de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, en raison de son soutien, révélé par notre site, en faveur des derniers bombardements israéliens de la bande de Gaza. Ce faisant, il trahissait manifestement son devoir de réserve, sur le plan politique, en tant que responsable d’un organisme public sous tutelle du ministère de l’Intérieur.

Aujourd’hui, le Journal Officiel annonce le remplacement d’Arno Klarsfeld par Rémy Schwartz, nommé hier par décret du Président de la République. Réaction laconique de l’ex-soldat de l’armée israélienne : « La gauche est plus sectaire que la droite sur les nominations. Mais en gros, je m'en fous de me faire virer, ce qui compte c'est le discours de François Hollande sur le Vel'd'Hiv ».

Laïcité à géométrie variable

Si son successeur est inconnu du grand public, il est, en revanche, réputé pour les spécialistes des questions communautaires. Conseiller d’Etat, Rémy Schwartz avait été, en 2003, le rapporteur de la Commission Stasi, à l’origine de l’interdiction des signes religieux -et plus spécifiquement, du foulard islamique- à l’école.  Six ans plus tard, il était également intervenu en faveur de la prohibition du niqab dans l’espace public.

Si Le Monde, La Croix, Le Parisien et Europe 1 ne manquent pas de rappeler le brillant parcours de l’énarque, tous omettent de signaler au citoyen la particularité de Rémy Schwartz : son engagement politico-communautaire. 

Schwartz Israel

Président et cofondateur en 1995 de la Communauté juive libérale (CJL) d’Ile-de-France, l’homme a construit, en parallèle, une image de chantre de la laïcité lors de ses interventions devant les parlementaires à propos du foulard à l’école ou du niqab. Ce grand écart ne l’a pas empêché de rendre hommage, dans une lettre de décembre 2007, à Jacques Chirac et Bertrand Delanoë au sujet de leur assistance matérielle pour consolider son centre communautaire. Extraits :

« Monsieur le Maire, nous vous remercions de votre témoignage d’amitié. Nous vous exprimons bien évidemment notre gratitude pour le soutien sans faille que vous nous avez manifesté tout au long de ces années et qui nous a permis de réaliser ce centre communautaire. Sans vous, il n’aurait pu voir le jour. Nous tenons à exprimer également notre gratitude à vos prédécesseurs, le Président Jacques Chirac qui, maire de Paris, avait mis un local à notre disposition au tout début de notre communauté, à l’époque où nous nous réunissions dans un appartement. Jamais nous n’oublierons son aide immédiate et fondatrice. Notre gratitude va également à Jean Tibéri qui avait engagé la ville à conclure avec nous un bail emphytéotique ici même, rue Moufle. Vous avez amplifié le soutien de la municipalité, apportant aussi une aide décisive à notre association culturelle Nitsa (…)Notre gratitude s’exprime aussi à l’égard de la région Ile-de-France, qui a elle aussi apporté une aide importante à notre association culturelle Nitsa, aux élus du 11ème et à son maire qui nous ont accueilli chaleureusement et à votre adjointe, médiatrice de la ville, Frédérique Calandra, qui nous a toujours aidé à surmonter les difficultés administratives. Notre centre communautaire vous doit beaucoup ».

Le Nouvel Observateur du 13 avril 2006 faisait déjà savoir que « le bâtiment appartient à la Mairie de Paris qui a accordé un bail emphytéotique de 50 ans » tout en précisant que la municipalité avait également débloqué une« subvention de 250 000 euros »  à destination de ce centre cultuel présenté comme une « association culturelle ». Quant aux fonds provenant du Conseil régional, ils ont atteint la somme de 150 000 euros.

Sur la question d’Israël, Rémy Schwartz n’affiche pas exactement une attitude « libérale »ou progressiste  si l’on en juge par ses propos relatés dans la même lettre :

« Enfin, nous vous savons gré de vos voeux de sécurité pour Israël. Vous connaissez notre attachement indéfectible à cet Etat, si petit dans le monde mais objet du maximum de haine. Il n’est pas d’autre Etat dans le monde de moins de 7 millions d’habitants sur un confetti de territoire qui soit, sans discontinuité depuis sa création, menacé en permanence de destruction. S’il est une singularité de notre pays, c’est bien dans sa façon dont les médias ont pu traiter Israël pendant des années, présentant cette démocratie isolée dans son environnement, comme le responsable de l’essentiel des malheurs du Proche Orient ».

De même que l’islamophobie attisée par les lois anti-foulard et anti-burqa de 2004 et 2009 n’a jamais fait l’objet d’une quelconque condamnation pour celui qui fut impliqué dans la procédure législative, de même le sort des Palestiniens n’est pas évoqué dans sa plaidoirie en faveur du régime de Tel Aviv. Dans un entretien accordé en 2008 à la revue Droit et Société, l’intéressé rend par ailleurs hommage à Jean-Pierre Elkabbach, à l’origine de la retransmission audiovisuelle des auditions de la Commission Stasi, ainsi qu’à la romancière Chahdortt Djavann  -qu’il avait personnellement sollicité- pour son témoignage virulent  contre le voile, comparé systématiquement à « l’étoile jaunede la condition féminine ». D’origine iranienne, celle qui fut conviée par Rémy Schwartz à participer aux auditions avait ainsi favorisé sa propre carrière médiatique à la faveur d’une expression alors en vogue et maintes fois répétée : le « fascisme islamique ».

La signature de Valls

Arno Klarsfeld avait sans doute le tort d’être trop proche de Nicolas Sarkozy pour demeurer dans ses fonctions. Qu’il se rassure : Rémy Schwartz, dont il salue aujourd’hui la « compétence », partage les mêmes accointances idéologiques. Cependant, sur le fond, il n’est pas certain que la désignation d’un activiste communautaire, attaché de manière « indéfectible » à Israël et propulsé à la tête d’un organisme chargé de l’intégration française, soit un signe de concorde nationale. Imagine-t-on un seul instant Manuel Valls suggérer à François Hollande la nomination à la présidence de l’OFII d’un leader musulman -à la fois culturel et religieux- de Barbès qui aurait déclaré sa flamme pour la Palestine ?

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