CSA : la nouvelle responsable de la diversité avait tenu des propos racistes

Farce. Sylvie Pierre-Brossolette, nommée au CSA pour remplacer Rachid Arhab, s’était inquiétée en 2011 du sort de DSK à New-York, « pas mieux traité que les malfrats de couleur ». Flashback.

CSA : la nouvelle responsable de la diversité avait tenu des propos racistes

Par réflexe corporatiste, la presse commente abondamment le caractère politique de la nomination du nouveau président du CSA, Olivier Schrameck, tout en s’épargnant l’interrogation sur l’arrivée, à ses côtés, de la journaliste Sylvie Pierre-Brossolette. Directrice-adjointe du Point et responsable du service politique de l’hebdomadaire, peu soulignent -hormis Henri Maler, animateur du réseau Acrimed- son absence d’expérience en matière audiovisuelle.  Le plus grave est ailleurs : membre de l’association élitiste Le Siècle, la nouvelle Sage du CSA vient remplacer Rachid Arhab, arrivé au terme de son mandat de six ans, au poste dévolu à la promotion de la diversité dans les médias. Depuis 2007, son titulaire est chargé de veiller à la représentation et au recrutement des minorités, notamment dans les émissions d’information et les programmes de divertissement.

Problème : Sylvie Pierre-Brossolette n’est pas exactement réputée en matière de lutte contre les discriminations. Bien au contraire : l’hebdomadaire dont elle assure la co-direction est célèbre pour ses couvertures racoleuses et assumées à destination du lectorat islamophobe. Plus grave, la nouvelle arrivante au CSA avait tenu en 2011 des propos qui lui avaient valu une récompense, aux côtés de Christophe Barbier, aux Y’a Bon Awards -une cérémonie consacrée à mettre en exergue les déclarations publiques les plus racistes de l’année.

Ainsi, dans sa chronique relative à « la chute » de DSK, la journaliste écrivait-elle ceci en mai 2011 :

« Quelle image donnons-nous au monde quand les télévisions de la planète entière montrent un prestigieux Français pénétrer dans le tribunal de New York, piteux, mal rasé et toujours menotté, pas mieux traité que les malfrats de couleur déférés avant et après lui devant le juge ? »

Curieuse remarque : non seulement Sylvie Pierre-Brossolette précise-t-elle, sans l’ensemble des éléments factuels à sa disposition, que tous les hommes défilant avant et après DSK étaient des « malfrats » (atteinte à la présomption d’innocence) nécessairement basanés mais, comble de l’outrance, elle se plaint par ailleurs que le Français puisse subir un traitement similaire à ces hommes.

Si ces propos ont été alors commentés sur la Toile et les réseaux sociaux, ils n’ont évidemment pas suscité de réaction dans la mediasphère. Sylvie Pierre-Brossolette a pu tranquillement continuer ses chroniques et ses interventions télévisuelles sans la moindre excuse. En France, un propos assimilable à du « ségrégationnisme » soft (en clair : mais que fait donc notre blanc DSK dans un cortège de criminels métèques ?) ne provoque visiblement pas d’émoi.

Une réaction civique est néanmoins envisageable : s’adresser directement à celui qui a proposé sa nomination au CSA. Celle-ci devra encore être examinée, d’ici le 24 janvier, par les commissions parlementaires chargées de la culture et de la communication. Il s’agit du socialiste Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale. Les électeurs, et notamment ceux de son secteur de la Seine-Saint-Denis, peuvent lui faire connaître leur mécontentement à cette adresse :

 cbartolone@assemblee-nationale.fr

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Auteur : Hicham Hamza

Journaliste

hhamza@oumma.com

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