La famille Assad doit partir, d’une manière ou d’une autre

La déclaration de Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, constatant que le régime perd « de plus en plus le contrôle du pays », signifiait bien que la Russie veut que Bachar al-Assad s’en aille. Depuis, des voix se sont faîtes entendre au sommet de l’Etat syrien – et donc du parti Baas au pouvoir – pour critiquer le président et son entêtement.

La famille Assad doit partir, d’une manière ou d’une autre

La déclaration de Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, constatant que le régime perd « de plus en plus le contrôle du pays », signifiait bien que la Russie veut que Bachar al-Assad s’en aille. Depuis, des voix se sont faîtes entendre au sommet de l’Etat syrien – et donc du parti Baas au pouvoir – pour critiquer le président et son entêtement.

Ni la rébellion ni l’armée ne peuvent gagner

Le vice-président syrien Farouk al-Chareh qui connaît le poids des mots – il a été, pendant 22 ans, ministre des Affaires étrangères de son pays – a déclaré au quotidien libanais al-Akhbar (17/12/12) : « Ceux qui ont la chance de rencontrer Monsieur le président entendront de sa bouche qu’il s’agit d’un conflit long et d’une grande conspiration tramée par plusieurs parties… Il (Assad) ne cache pas sa volonté d’aboutir militairement jusqu’à la victoire finale (et il croit qu’) après, le dialogue politique sera réellement possible ».

Mais pour Farouk al-Chareh, ni la rébellion ni les forces de sécurité et l’armée ne peuvent emporter la bataille militairement. Il se déclare favorable à un « règlement historique incluant les principaux pays de la région et les Etats membres du Conseil de sécurité ». Seulement voilà : comment y parvenir ? « Assad détient tous les pouvoirs du pays (...). Mais il y a des opinions et des points de vues différents dans le commandement syrien. Cependant, ce n’est pas arrivé au point où on peut parler de courants ou de dissensions profondes…». Pourtant le temps presse, « chaque jour qui passe », dit-il, « éloigne un peu plus la solution, militairement et politiquement » du conflit. 

Une famille au pouvoir depuis 40 ans

Comme il n’y a de pire sourd que celui qui ne veut rien entendre - et comme l’Otan espère installer à Damas un régime pro-occidental - Vladimir Poutine est monté au créneau. Le 20 décembre, devant plus de 2 000 journalistes russes et étrangers, il a dit clairement ce que la Russie pense tout bas depuis longtemps: « Nous ne sommes pas préoccupés par le sort du régime d'al-Assad, nous comprenons ce qui se passe dans le pays, nous comprenons qu'une famille y est au pouvoir depuis 40 ans. Il va de soi qu'il y est besoin de changements indispensables ».

« Quelle est notre position ? », a-t-il poursuivi, « Ce n'est pas de laisser le régime d'Assad au pouvoir à tout prix». « Nous ne voulons pas que l'opposition actuelle, une fois arrivée au pouvoir, commence à combattre les gens qui sont les autorités actuelles devenues l'opposition. Et que cela continue éternellement ».

Farouk al-Chareh est-il l’homme de la dernière chance ? Sunnite originaire de Deraa où a débuté la révolte, baasiste de conviction, il peut se prévaloir du soutien de la Fédération de Russie et, dans une certaine mesure, de celui de la Turquie, voire de l’Iran. Parviendra-t-il à convaincre l’armée et le parti Baas que l’heure du changement est arrivée ? Rien n’est moins sûr, car en Syrie ce genre de question se règle souvent violement. Vladimir Poutine a beau vouloir éviter « la désintégration du pays… une guerre sans fin », c’est apparemment le cadet des soucis du clan Assad qui lutte d’abord pour sa survie.

France-Irak-Actualités

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Auteur : Gilles Munier

Auteur du livre Les espions de l’or noir (Ed. Koutoubia), Gilles Munier est journaliste indépendant, il a également dirigé la traduction de « Zabiba et le Roi » un conte prémonitoire écrit par Saddam Hussein et publié aux éditions du Rocher.

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