Lundi 22 September 2014
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Critiquer l'islam est salutaire !

Critiquer l'islam est salutaire !
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Nous devons en effet admettre que la libre critique des religions, comme de toutes les idéologies, est une caractéristique fondamentale de la société démocratique, et l'islam ne peut pas échapper à cette règle.

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Les référents cultuels de l'islam peuvent jouer un rôle crucial dans la transformation positive de l'image de l'islam. Encore faut-il que ces différents personnages – imams, prédicateurs et conférenciers, aumôniers, dirigeants des lieux de cultes, hommes et femmes – que je nomme personnellement les « diffuseurs de discours musulmans », soient en mesure de relever le défi.

Nous devons en effet admettre que la libre critique des religions, comme de toutes les idéologies, est une caractéristique fondamentale de la société démocratique, et l'islam ne peut pas échapper à cette règle. Aussi, les musulmans auront tout à gagner s'ils entrent dans l'arène du débat pour mieux rebondir, à partir des critiques de leur religion, sur une approche plus globale du vivre-ensemble dans un monde en recherche continuelle de sens. Pourtant, force est de constater qu'à part les condamnations de principe et les appels au respect de la religion, les diffuseurs de discours musulmans souffrent d'un cruel et flagrant déficit de communication, entre eux tout d'abord, et également avec l'environnement.

Cette carence touche l'ensemble des manières de « donner à voir » l'islam au monde, et elle n'est pas une simple conséquence de la pression exercée par de quelconques forces occultes sur les musulmans. Le problème est plus profond et renvoie aux différents éléments qui composent le paradigme structurant la façon dont la majorité de ces diffuseurs de discours, de par le monde musulman, voient Dieu, le monde et la place de l'Homme en son sein, et l'organisation de la vie sociale.

Deux défauts majeurs dans la manière de « donner à voir » l'islam

A ces trois plans, ces référents religieux donnent l'impression d'être prisonniers de deux défauts majeurs qui sont, tout d'abord, une « approche péjorative du divin », et ensuite une « sacralisation prohibitive » des sources et des personnages de l'islam. Par approche péjorative du divin, je vise le sens littéral de « jugement négatif » sur Dieu. Depuis les chaines satellitaires jusqu'aux mosquées de quartiers, une rhétorique bien spécifique s'est imposée : elle est centrée sur l'idée d'un Dieu exigeant à outrance, comptable intransigeant, vindicatif au moindre faux-pas, et accessoirement magnanime.

On ne peut pas nier cette omniprésence de l'approche péjorative du divin, laquelle s'est construite sur un détournement de la sémantique et du cheminement soufi pour amener le musulman sur le sentier de la peur continuelle du châtiment. Cela produit des croyants obnubilés par l'idée de pureté et de perfection de l'acte, non pas pour communier avec Dieu sur la base du « désir ardent » (al-shawq ou al-'ishq), mais uniquement par crainte du courroux divin et de son couperet vengeur.

De même, par « sacralisation prohibitive » des sources et des personnages de l'islam, je vise la façon dont il est devenu quasiment blasphématoire d'opérer un jugement critique sur les sources scripturaires, leur interprétation et leur diffusion. S'y ajoute le très faible niveau de connaissance religieuse des musulmans, dont usent et abusent une bonne partie des diffuseurs de discours. Cela rend très problématique le simple fait de citer des exégèses du Livre désormais méconnues, que ce soit en matière théologique, cultuelle ou concernant les relations sociales.

A titre illustratif, j'ai parfois l'occasion d'exposer aux musulmans un aspect basique et connu de la théologie musulmane : il n'existe pas en islam une conception unique de Dieu, de sa relation au monde, ni même de l'au-delà. En retour, j'ai toujours le regard interrogatif de musulmans qui me rétorquent « mais c'est impossible, notre imam – ou le cheikh untel, ou tel livre apologétique – nous a dit qu'en islam il n'y a jamais eu de divergence sur Dieu, et affirmer cela c'est remettre en cause le Coran ! » Ces musulmans n'ont jamais eu accès à une approche plurielle du divin car les bien-pensants – de l'islam cette fois – ont fait les bons choix et ont déterminé la Vérité à leur place.

Les diffuseurs de discours, quant à eux, affirment de manière trop téméraire que les musulmans de la « base » ne seraient pas aptes à distinguer le bon grain de l'ivraie en matière de religion. Il faudrait donc leur mâcher le travail. Ce faisant, on ôte aux musulmans la possibilité d'interagir avec le divin à partir de leur ancrage culturel, de leur vie et de leurs aspirations personnelles, comme cela était le cas chez les premières générations de l'islam.

Ces domaines relèvent aujourd'hui d'une véritable chasse-gardée de référents religieux revendiquant le titre de Cheikhs. Une bonne partie d'entre-eux disqualifie d'ailleurs d'une façon un peu trop suspecte les empêcheurs de tourner en rond, en particulier ces « musulmans qui font le jeu de l'adversaire ». Ils instillent l'idée qu'en islam, à chaque question il n'y a qu'une réponse se situant dans la Vérité, la leur au passage... Cette attitude ne sort pas du néant et n'est pas le fruit d'une pression de la société ; elle possède un arrière-fond propre à l'histoire des musulmans.

De même, elle est propagée par des diffuseurs de discours qui trouvent là un moyen de conforter leur ascendant sur les publics fréquentant les sphères cultuelles. Concernant la France, il faut savoir que la majorité des personnes affichant le titre de « diplômé » d'une université islamique sont en fait titulaires d'une Licence, parfois d'un Master. Cela signifie qu'elles n'ont jamais conduit de recherche académique au cours de laquelle elles auraient pu mettre en œuvre un protocole d'approche critique ou de contextualisation des sources de l'islam. Il en résulte une espèce de mimétisme caricatural où, après un cursus d'études islamiques courtes, des référents religieux arborent l'habit du « savant », signe d'une légitimité non sujette à discussion.

Renouer avec la Tradition pour redonner du sens au monde

Ces deux défauts majeurs influencent fortement la façon dont les musulmans, particulièrement ceux qui entretiennent un lien avec les sphères cultuelles, se pensent et agissent dans un islam hyper-normatif. J'entends par là un islam où chaque fait et geste est systématiquement renvoyé à une source scripturaire censée déterminée « La » bonne façon de l'accomplir sous peine de s'exposer à un châtiment divin. Je vise également un islam où les dés sont pipés dès le départ puisque le musulman ne peut pas se projeter dans un champ pluriel de possibilités d'interagir avec la religion.

Si l'on n'y prend garde, le risque de voir se multiplier des « parcours de fragilisation » est là, devant nous. Cette fragilisation a pour caractéristiques majeures la peur exagérée du courroux divin, une approche maladive de la « pureté » et une exacerbation du caractère sacré des sources scripturaires. Cela entraine, a minima, un sentiment épidermique d'agression dès lors qu'une critique de l'islam, fusse-t-elle émise par un musulman, effleure ce « tout sacré ». A maxima, elle peut entraîner le musulman fragilisé dans la spirale infernale du repli sur soi et du rejet d'un monde considéré comme fondamentalement hostile.

En conséquence, c'est toute la façon dont les musulmans « donnent à voir » l'islam qui est plus ou moins impactée. Aussi, il n'est pas normal qu'un musulman soit persuadé que la vérité théologique s'incarne dans une approche du monde univoque ; depuis la vision de Dieu jusqu'à la façon de se mettre au lit, en passant par une manière unique de se vêtir et la séparation avec un environnement jugé corrompu.

Les diffuseurs de discours, quant à eux, tiennent leur part de responsabilité dans la diffusion tous azimuts – Internet et paraboles aidant – d'une vision négative et prohibitive du divin. Ils doivent avoir à l'esprit qu'ils sont une partie du problème et de la solution. Le temps est venu qu'ils reviennent à la Tradition, la vraie tradition critique et polémique, afin qu'ils offrent au monde une nouvelle perspective de sens parce qu'ils donneront à voir un islam porteur d'un sens nouveau.

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Commentaires

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Cherifa 001
6 points

Merci pour votre article, je partage entièrement votre avis :L

« Les diffuseurs de discours, quant à eux, affirment de manière trop téméraire que les musulmans de la « base » ne seraient pas aptes à distinguer le bon grain de l'ivraie en matière de religion. Il faudrait donc leur mâcher le travail. Ce faisant, on ôte aux musulmans la possibilité d'interagir avec le divin à partir de leur ancrage culturel, de leur vie et de leurs aspirations personnelles, comme cela était le cas chez les premières générations de l'islam. »

Voilà ce qui constitue le cœur du problème. Nos grand parents algériens, bien qu'étant illettrés, avaient le sens commun, et l’intelligence. Je pense souvent à eux, ils me manquent terriblement.

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nanny
27 points

Pardonnez-moi par avance, Monsieur Oméro Marongieu Perria, je suis une incorrigible pragmatique et la pensée trop ésotérique m'est toujours suspecte.

Contrairement à d'autres penseurs occidentaux qui voulaient des musulmans sans Islam, ce monsieur veut un Islam ( d'ailleurs édulcoré) sans les musulmans. Ces derniers, pour exister sont sommés de se départir de leurs croyances trop simplistes, de leurs savants charlatans et mauvais communicants,de leur Vérité révélée (qui est le Coran)et enfin de leur sentiment de responsabilité qui serait trop exacerbé ( alors que c'est la base de la religion musulmane). Ce monsieur me rappelle le philosophe Bider Abdennour qui incitait les musulmans à alléger leurs croyances: Manger du porc, ne pas jeuner, ne pas faire sa prière, n'était plus un drame. Que restait-il après ça? Rien ! C'est ce rien que nous ressert Monsieur Oméro-M-P.Sa phrase :"le musulman ne peut se projeter dans un champ pluriel de possibilités"est-elle un appel à l'apostasie?

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rainbow
22 points

Je ne crois nullement que Oméro Marongieu Perria pousse à l'apostasie. "Se projeter dans un champ pluriel de possibilités" c'est pour moi reconnaître la différence. Nous sommes tous différents et la raison voudrait que nous vivions l'Islam en accord avec notre nature (toujours dans les limites que Dieu a prescrit). Dire qu'il n'existe qu'une seule et unique façon d'adorer Dieu et une seule façon de vivre son islam parmi les hommes est quelque chose d'insensé.

Une plus grande place aux débats dans le respect, pas dans l'invective est en effet salutaire. N'ayons pas peur de discuter, de remettre en cause les idées,et même de remettre en cause nos propres jugements.

Wa salam.

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Alina Reyes
74 points

Excellent. Oui, il faut respecter les règles que l'on a acceptées et recherchées, mais avec souplesse, et en sachant pourquoi. Du discernement et du coeur, toujours et encore, et tout ira bien.

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Justine
-388 points

Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,

Je cautionne le contenu de l'article. En revanche, je modifierai son titre en le remplaçant par "Des études critiques de l'islam sont salutaires".

Si on n'introduit pas le terme "étude", cela signifie que l'on cautionne les critiques non basées sur des recherches au préalable, à savoir les préjugés, donc les critiques de l'ignorant.
Entendons-nous bien : on peut ne pas aimer les valeurs, les us et coutumes de telle ou telle croyance, encore faut-il ne pas les critiquer sans savoir de quoi on parle, sans quoi, on tombe dans des débats stériles voire des animosités et invectives.

Wa salâm

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selma78
22 points

Bonjour Mme MAHI : à la lecture de votre résumé de texte, je me dis qu'il doit y autant de lectures à en faire que de lecteurs...Car dans la lecture que j'en ai eu, je n'ai pas vu que l'auteur invitait les musulmans à se départir de leurs traditions,mais juste qu'il les appelait à prendre conscience de la "sacralisation" progressive des certaines sources, lectures, et même individus dits " cheikhs", qui ne devrait pas être. Puisqu'en islam le seul texte sacré est le Coran, que les lectures n'en sont pas arrêtées, que cette religion a fait valser le clergé, et que sauf à remettre en cause ses fondamentaux, les "oulémas" ne sont pas des clercs et leur parole n’est pas vérité absolue. Dès lors,le débat doit rester ouvert,et même plus : au nom même de la spécificité de leur religion, les musulmans doivent protéger cette ouverture qui engage à la réflexion, au débat d'idées, à la connaissance, n'importe quel croyant qui veut bien y prendre part avec des arguments raisonnés et raisonnable.

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Saladin
-81 points

Critiquer l'islam c'est critiquer Dieu, le créateur de l'univers, c'est une forme d'apostasie alors que critiquer les musulmans pour des actes qu'ils ont commis n'est pas blamable

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Cherifa 001
6 points

Voilà ce que j’ai compris.
Certains musulmans, revendiquant au passage le titre de Cheikhs, nous présentent Allah comme un juge impitoyable, un flic qui nous surveille en permanence. Que l’Islam se résume à « craindre-avoir peur » de Dieu, et du jugement dernier. Hors, nous ne sommes pas des marionnettes. Chaque musulman, chaque femme, chaque homme, a la responsabilité de sa vie, de ses pensées et de ses actions. Es-tu d'accord avec ça ? Voilà ce que nous transmettaient fort bien nos grands parents, qui se méfiaient comme de la peste de « cet islam » là, où n’importe qui peut fourguer n'importe quelle camelote idéologique. Qu’en penses-tu ?
Mais tout ça est vite résumé. Y'a tellement plus de choses à dire :w

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Hayat
-138 points

Salam Mahi Zohra,

Même si je vous rejoins sur l'importance fondamentale du rite dans notre cheminement spirituel, quand je vous lis : "Que restait-il après ça? Rien ! ", je ne peux m’empêcher de penser à ce hadith qui dit que
"l'islam s'effacera comme s'effacent les motifs d'un vêtement, jusqu'à ce qu'on ne sache plus ce qu'est le jeûne, ni la prière, ni le sacrifice, ni l’aumône. Le Livre de Dieu sera enlevé en une nuit et il n'en restera plus un verset sur le terre. Il restera des groupes de vieillards et des vieilles femmes qui diront : " Nous avons connu nos parents qui disaient cette parole, il n'y a pas d'autre divinité que Dieu, et nous la disons aussi". ------>>

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Hayat
-138 points

-----> Sila Ibn Zafar dit alors à Hudhayfa, le transmetteur du hadith : " A quoi leur servira-t-il de dire "il n'y a pas d'autre divinité que Dieu, s'ils ne savent pas ce que sont la prière, le jeûne, le sacrifice et l'aumône?" Hudhayfa se détourna de lui puis, à la troisième fois se tourna vers lui et lui dit, le répétant trois fois : '' Ô Sila, cela les sauvera de l'enfer."
(rapporté par al-Hâkim)

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Saladin
-81 points

@Selma, La Sunna est aussi sacrée en islam , elle a pour rôle d’expliciter ce qui a été dit brièvement dans le Coran. Elle explique en détails ses lois et ses préceptes, ces explications sont enseignés au prophète par le biais de l'archange gabriel qui les recois à son tour de Dieu . Il arrive des fois que la sunna décrète de nouvelles lois. Celles-ci aussi sont d’origine divin au plan du contenu et non point de l’expression, autrement dit l’idée est d’Allah (exalté soit-Il), mais l’expression est de Mohammad. Ne font pas partie de la Sunna les mouvements innés du Prophète, comme sa façon de marcher par exemple ou ses avis proprement personnels comme les idées émises par lui sur la fécondation du palmier.

Un exemple de la sunna est la manière de faire la prière décrite par le prophète, il n'est pas dit dans le coran combien d'unités de prière(rak'a) est composée la prière de Dhohr ou de l'aube ou du soir, le coran contient l'ordre de faire la prière mais la sunna explique la manière

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rimas72
63 points

J'aime pas le titre "critiquer l'islam est salutaire" car comme si on disait "critiquer les droits de l'homme ou critiquer la générosité, ...)
le terme Islam n'est pas critiquable car c'est ça qui définit les musulmans, mais je peux être d'accord sur le fait que certaines personnes (cheikh, savant, ...) se comportent comme de véritable gourous de secte et imposent une vision réductrice de ce que c'est l'Islam, et ca c'est sans parler de la division actuelle (sunna, chiaa, allaouite, soufi,...) dont, personnellement, je ne me reconnais dans aucun d'entre eux.
J'ai vu a la télé un débat sur une question bien intéressante "Est-ce-que l'Islam du temps du prophète Mohammed était sunnite, chiite, soufi, ...?"
Personnellement, la seule référence pour moi en tant que musulman est le le Coran. Les hadiths passent en second plan car leurs utilités sont de comprendre mieux certains versets du Coran et si j'en trouve quelques une de bizarre, je n'en prends pas compte car elle peuvent être fausse.

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michel7520
-1952 points

Un commentateur a écrit :
"Critiquer l'islam c'est critiquer Dieu, le créateur de l'univers, c'est une forme d'apostasie [..]."

Cette simple phrase vient démontrer que l'auteur a eu raison dans le choix du titre de son article : non pas "des études critiques de.." mais bien "critiquer l'islam".

Ici, un musulman sans beaucoup de connaissances sur l'histoire de l'islam se permet d'accuser un savant de prôner l'apostasie. Bien qu'il n'ait pas étudié longuement les thèses de l'auteur de l'article, ce musulman se pense autorisé à prononcer contre lui un jugement gravissime.
Cela illustre que chaque musulman peut avoir sa propre vision de l'islam et la proclamer "Vérité". Allant jusqu'au bout de cette logique, cela donne aussi à chaque musulman le droit d'interpréter les textes sacrés à partir de sa propre situation et de ses connaissances, si maigres soient-elles.

Refuser qu'un clergé, médiateur entre Dieu et les autres humains, ne monopolise l'interprétation, est à ce prix.

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Pancole
-4221 points

Il est cohérent de dire : "ma vérité à moi c'est celle qui m'est transmise par ma religion, et peu importe après tout si la science me donne tort. Remettre en cause mes certitudes ce serait remettre en cause ma religion".

C'est la logique imparable de Saladin ou de Justine qui disent : "Qui je suis moi pour m'autoriser à contester des vérités révélées tandis que je suis incapable par moi-même d'accèder à la science?" "Vérité pour vérités je choisis la plus simple pour moi."
C'est oublier que la religion, quelle qu'elle soit, peut et doit s'ouvrir aux vérités humaines incontestables, sous peine de devenir rapidement obsolète et disparaitre par fossilisation comme ce qui faillit advenir à la religion catholique sous les coups de boutoirs de la science qu'elle réfuta jusqu'au bout avec le dernier acharnement.
Aujourd'hui elle se contente de participer aux débats publics concernant les implications morales de la science, sur l'avortement, la bioéthique, le mariage..
A sa juste place.

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Fouad Bahri
-6 points

Très bon article de M. Marongiu. Dans l'intérêt de la démonstration, je regrette juste quelques exemples illustrant cette question de la pluralité des conceptions théologiques en islam qui permettraient précisément d'établir un état des lieux de cette richesse productive et de se positionner sur cet héritage. Autre remarque: il me semble que Islam aurait mieux convenu qu'islam en titre puisqu'il s'agit de la production humaine de discours fondée sur une interprétation des sources et non une critique des sources elles-mêmes, la distinction est importante. Merci à l'auteur.

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Tiny
41 points

Très bon article qui reflète bien l'état actuel de la oumma. l'islamophobie est en partie à cause de nous, on aurait pu casser l'image de l'arabe guerrier et sanguinaire datant du Moyen-Age, on ne l'a pas fait.

Ensuite, en France, je constate la foi "fragile" surtout chez les jeunes, justement à cause de l'ignorance de la religion mais aussi de la méthode utilisée. Cheikh Google et Cheikh Youtube ne sont pas mieux que certains pseudo-cheikh/imam des chaines arabes. J'ai eu aussi cette foi "fragile" à un moment de ma vie et je peux confirmer que ce genre de foi est invivable au quotidien, pouvant même vous ramener à la grosse déprime. Aujourd'hui je vais mieux, hamdoullillah, depuis que j'ai changé mes méthodes d'apprentissage et rencontré les bonnes personnes :)

En revanche, comme Justine, je pense que le titre est erroné, il y a critique et critique. Oui à la critique historique et constructive, non à la critique gratuite remplie de préjugés comme nous la subissons actuellement.

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Justine
-388 points

Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,

Michel 7520,

(A)Je ressens le titre comme sciemment provocateur, en particulier le terme "salutaire".
Ce titre a le mérite de faire jaillir des questionnements. En quoi est-ce salutaire de critiquer l'islam ? Pour qui est-ce salutaire de critiquer l'islam ? Qu'entend-on par critique ?

Vous dîtes : "Cela illustre que chaque musulman peut avoir sa propre vision de l'islam et la proclamer "Vérité". Allant jusqu'au bout de cette logique, cela donne aussi à chaque musulman le droit d'interpréter les textes sacrés à partir de sa propre situation et de ses connaissances, si maigres soient-elles."

Cette conclusion me gêne et je vais vous parler franchement de mon ressenti en tant que musulmane non arabophone. En toute honnêteté, pour saisir le sens profond du Coran, il faut déjà maîtriser l'arabe et les différentes sciences islamiques.

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Justine
-388 points

(B) De nos jours, de nombreux ouvrages de savants réputés sont traduits permettant ainsi aux non arabophones d'approfondir leur connaissance de la religion. Cela leur donne-t-il le droit de proclamer leur vérité et d'interpréter les textes ? Ma réponse est non. Ils ont le droit de ressentir certaines vérités intuitivement, de questionner, de douter, mais ils ont le devoir de consulter plus savants qu'eux pour confirmer ou infirmer cette intuition : Dieu a dit de consulter les gens du savoir lorsque l'on ne sait pas. Lorsque l'on ne possède pas les clés de la compréhension, celle-ci peut être déviante.
Nous sommes tous ignorants et savants à des degrés divers et au-dessus de tout savant il y a plus savant. N'est-il donc pas logique dans ce cas de se référer au plus connaisseur ?
En cas de maladie, n'aimerions-nous pas être soigné par le meilleur médecin ?

Wa salâm

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Waglioni
-1249 points

@Saladin,

« Ne font pas partie de la Sunna les mouvements innés du Prophète, comme sa façon de marcher par exemple ou ses avis proprement personnels comme les idées émises par lui sur la fécondation du palmier. »

Pourriez-vous être plus explicite sur cette question du palmier, un sujet qui m’intéresse tant du point de vue de l’étymologie, puisque le nom savant du palmier est « phoenix », mais aussi du point de vue spirituel car vous n’ignorez pas l’irruption de l’oiseau rouge dans la méditation de la sourate L (al-Qaf).

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Sarah
-30 points

"Cela entraine, a minima, un sentiment épidermique d'agression dès lors qu'une critique de l'islam, fusse-t-elle émise par un musulman, effleure ce « tout sacré ». A maxima, elle peut entraîner le musulman fragilisé dans la spirale infernale du repli sur soi et du rejet d'un monde considéré comme fondamentalement hostile."

Mais cher Monsieur,il ne s'agit pas là d'une vue de l'esprit.
Le monde,en tout cas pour les musulmans qui vivent en occident,nous est fondamentalement hostile.
A vous lire on a l'impression que les musulmans joueraient aux pauvres victimes sans raison.
Avez-vous allumé votre télé,lu les journaux,visité des sites internet ces derniers temps,pour constater le niveau de haine anti-musulmans?
Ca en devient presque irrationnel,et fait vraiment peur.
Si la critique argumentée est toujours nécessaire,il ne faut pas tomber non plus dans les discours d'auto-flagellation qui frisent souvent la haine de soi.

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Saladin
-81 points

@ michel vous dites : ...Cela illustre que chaque musulman peut avoir sa propre vision de l'islam et la proclamer "Vérité". Allant jusqu'au bout de cette logique, cela donne aussi à chaque musulman le droit d'interpréter les textes sacrés...

L’exégèse[tafsîr] coranique se divise en deux catégories :

1. at-tafsîr bil-ma’thûr c’est-à-dire l’exégèse par tradition. elle consiste à expliquer et interpréter le Coran à l’aide de traditions bénéficiant ou non d’une large base de transmission [tawâtur]. Cette catégorie d’exégèse tourne autour des récits recueillis auprès de Dieu — glorifié soit Il — dans le Coran, ceux recueillis auprès du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, ceux recueillis auprès des compagnons du Prophète — que Dieu les agrée —, et enfin ceux recueillis par les successeurs des compagnons — que Dieu leur fasse miséricorde — On cite parmi les livres contenant ce type d'exégèse : l'exégèse de Ibn jarir Attabari, l´éxégèse de ibn kathir, l'éxégèse de Albaghaoui...

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Saladin
-81 points

...2. at-tafsîr bir-ra’y c’est-à-dire l’exégèse par l’opinion qui est soit "juste, et selon un ijtihâd(effort intellectuel) correct fondé sur une connaissance suffisante des règles linguistiques, juridiques et fondamentales à savoir : les fondements de la religion, les fondements du fiqh-jurisprudence islamique-, la science des traditions et des hadîths, et ne contredisant pas un texte authentique, ni une raison saine, ni une science certaine fermement établie, et ne se passant en aucun cas des traditions quelle que soit son orientation ou sa coloration" soit "une exegèse récusée et rejetée consistant à interpréter le Coran sans avoir les qualifications prérequises, ou l'interprétation selon la passion et le goût personnel, ou l’interprétation visant à soutenir une opinion erronnée, ou l’exégèse de l’équivoque (mutashâbih) que seul Dieu connaît, cette catégorie de tafsîr comprend souvent des narrations fausses et sans fondement. On cite parmi les livres de l'exégèse par opinion : "...

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Saladin
-81 points

...:"Les clés de l'inconnaissable"-Mafatih alghayb- de l'imam Fakhr eddine Arrazi , "la mer ocean"-Albahr Almohit- de Abi hayyane Attawhidi. "l'explorateur"-Alkachchaf- de Azzamakhchari.

Il convient de signaler que les savants divergèrent au sujet de l’exégèse par autre chose que la tradition. Certains dirent que nul n’a le droit d’interpréter le moindre passage du Coran fut-il un savant homme de lettres connaissant extensivement les arguments, la jurisprudence, la grammaire, les récits et les traditions, que nul n’a le droit de dire autre chose que les narrations venant du Prophète —paix et bénédictions sur lui— ou de ses Compagnons qui s’instruisirent auprès de lui et des Successeurs qui s’instruisirent auprès d’eux. Tandis que d'autres autorisèrent l’interprétation du Coran selon l’opinion et l’effort de réflexion (al-ijtihâd) et chacun des deux partis avancent des arguments.

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yahyâ al-baljiki
0 points

c'est pas critiquer mais apprendre l'Islâm qui est salutaire!
moi je vois deux extrêmes, celui qui ne tient pas compte de la craint et donc veut négligé ce qui est ordonné (condition de la prière, etc), en bref la voie des soufis (je ne connais pas la religion de l'auteur, j'aime bien savoir d'où on parle aussi non je déduit et pour apprendre ma religion je vais pas chez quelqu'un d'en dehors de l'Islâm dont on peut retourné les argument contre lui)
et l'autre qui est celle des khawarijs qui déclare mécréant les muslimoûn aux grands péchés qu'ils font!
en vérité il y a l'amour et la crainte d'Allâh, ce sont les 2 ailes et des 2 côtés les extrémiste, du laxisme (les dit modéré) et de la dureté (les autres, dans lequel certain mettent la voie du prophète)
moi j'aime bien quant on me donne les noms (ainsi je peut vérifier), c'est qui ces shaykh (qui peuvent se trompez mais on suit la preuve) al-albany, ben baz, al-fawzan, l'imam mâlik, Ibn Hanbal ? quant a la télé éteignez la propagande!

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yahyâ al-baljiki
0 points

petite erreurs de ma part c'est pas amour mais espoir, l'espoir et la crainte!
quant a l'amour bien sûre on aime Allâh d'un amour que Seul Lui mérite qui est l'amour d'adoration; on n’adore que Lui, sans Lui donner d'associer!
as-Salâmou 'alaykoum

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Saladin
-81 points

@Waglioni, vous dites :...Pourriez-vous être plus explicite sur cette question du palmier, un sujet qui m’intéresse tant du point de vue de l’étymologie...mais aussi du point de vue spirituel...

Il arrivait au Prophète de parler sans entendre exprimer une législation, ce qui est contraire à la règle. Il faut alors qu'un argument indique qu'il n'entendait pas légiférer. Un exemple en est donné dans la célèbre histoire portant sur la greffe d'un dattier . En effet, quand le Messager d’Allah immigra à Médine, il s’aperçut que ses habitants greffaient les dattiers en fécondant la femelle grâce à des éléments tirés du mâle et il leur dit : « même si vous ne le faisiez pas, ce serait bon .» Ceci les amena donc à cesser l’opération. Et puis la récolte fut de mauvaise qualité. Quand il repassa chez eux, il dit : qu’est ce qui est arrivé à vos dattiers ? « Ils dirent : vous nous aviez dit ceci et cela . » « Il dit : « vous connaissez mieux vos affaires profanes. » (rapporté par Muslim n°4358).

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selma78
22 points

à Saladin,
Vous revenez sur un débat vieux comme le monde sur ce site et ailleurs : et non,comme d'autres - n'en déplaisent aux profs des cours que vous avez eu sur le sujet - je une considère pas la sunna comme du domaine du "sacré" mais comme étant du domaine de la "science". A vous de me prouver qu'elle n'en est pas une, que les grands rapporteurs ( que Dieu les agrée) n'ont pas entrepris un "travail" avec une méthode et un objectif proprement scientifique, et qu'ils ont prétendu détenir une vérité absolue, valable pour la nuit des temps. Mon avis : en faisant des recueils de hadiths des textes sacrés, vous prenez le risque de rajouter au seul Texte Sacré, le Coran, un texte justement...ça me rappelle un verset de notre Saint Coran...A chacun sa prise de risque, personnellement, je ne prend pas celui-là.

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selma78
22 points

à Saladin,
Vous revenez sur un débat vieux comme le monde sur ce site et ailleurs : et non,comme d'autres - n'en déplaisent aux profs des cours que vous avez eu sur le sujet - je une considère pas la sunna comme du domaine du "sacré" mais comme étant du domaine de la "science". A vous de me prouver qu'elle n'en est pas une, que les grands rapporteurs ( que Dieu les agrée) n'ont pas entrepris un "travail" avec une méthode et un objectif proprement scientifique, et qu'ils ont prétendu détenir une vérité absolue, valable pour la nuit des temps. Mon avis : en faisant des recueils de hadiths des textes sacrés, vous prenez le risque de rajouter au seul Texte Sacré, le Coran, un texte justement...ça me rappelle un verset de notre Saint Coran...A chacun sa prise de risque, personnellement, je ne prend pas celui-là.

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Doryphore
-642 points

@ au Belge

Lapsus linguae à propos de l'Amour, voilà qui en dit long...

D'où "partez-vous" pour décider des bornes de ce qui est musulman et de ce qui ne l'est pas ?

Auriez-vous reçu une science qui habituellement n'appartient qu'à Dieu ?

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Doryphore
-642 points

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