Dimanche 23 November 2014
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Google+
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook

Les trois enseignements de la "victoire des islamistes" en Égypte

Les trois enseignements de la "victoire des islamistes" en Égypte
fr
http://oumma.com/sites/default/files/index_163.jpg

Mais nous ne sommes pas naïfs, l'élection d'un président sans prérogatives claires, dont on ne connaît pas les pouvoirs, dans un pays sans constitution, avec une assemblée législative dissoute par les Généraux, ne présage rien de bon.

Partagez :

L'accession des Frères musulmans à la présidence du pays le plus peuplé du Monde arabe est une victoire symbolique énorme et il sera certainement décrit comme l'événement de ce début du XXIe siècle.

Car ce qu'il faut d'abord retenir c'est que le peuple égyptien à réussi à faire élire un homme du peuple honni à la fois par les généraux, par les autres dictatures arabes et par toutes les capitales occidentales inféodées aux intérêts sionistes. C'est un signe qui annonce d'autres bouleversements et cet événement historique redonne espoir à tous les mouvements de résistances populaires, bien au-delà de l'aire arabophone-musulmane.

Mais nous ne sommes pas naïfs, l'élection d'un président sans prérogatives claires, dont on ne connaît pas les pouvoirs, dans un pays sans constitution, avec une assemblée législative dissoute par les Généraux, ne présage rien de bon. L'Égypte a aujourd'hui un Président élu qui devra agir au sein d'un État et d'institutions politiques, judiciaires et économiques qui sont solidement aux mains de la dictature militaire.

Le peuple égyptien est encore bien loin d'avoir réussi à prendre en main les destinées de son pays et ce président élu n'est en rien une garantie. Seule la rue et les lourds sacrifices des forces vives de la société civile resteront les véritables garanties de l'évolution du long processus d'émancipation qui est en cours.

Malgré toutes ces limites, les événements actuels dans ce pays, qui a été et qui reste un pays phare pour toute l'aire musulmane, auront d'énormes conséquences qui dépasseront de très loin les contingences égyptiennes. 

Nous pouvons en retenir d'ores et déjà trois qui ont trait à l'évolution des révoltes arabes, au renouveau de la résistance palestinienne et à la mutation des mouvements dits "islamistes".

1/ Tout d'abord cette élection va redonner espoir aux mouvements des printemps arabes qui s'inquiétaient profondément après l'étouffement du soulèvement au Bahreïn, les débuts d'éclatement de la Libye post-Kadhafi et la guerre civile qui s'enclenche aujourd'hui en Syrie.

Malgré les larmes et le sang, malgré les manipulations des différents États arabes et occidentaux, cette confirmation du choix populaire en Égypte va renforcer ceux qui pensent que la résistance des peuples arabes contre les potentats, rois et généraux doit tout de même se poursuivre, jusqu'à l'émancipation réelle des peuples. La résistance populaire reste la seule voie crédible, l'exemple égyptien le prouve encore aujourd'hui.

2/ L'Égypte des Généraux avec le royaume Saoudien sont les principaux alliés de l'État sioniste dans la région. Cette élection ne change pas radicalement la donne, mais elle rendra plus difficile les manigances américano-sionistes qui essaieront d'imposer d'autres faux traités de paix. L'accession à la présidence de l'État égyptien d'un élu du peuple va donner un nouvel espoir à la résistance palestinienne, qui a tant souffert des régimes arabes complices soumis aux désiradatas des États-unis.

Les Frères musulmans ont évidemment donné des gages à l'Occident pour ne pas remettre en cause les accords de paix avec l'agresseur sioniste, nous le savons bien. Une élection n'est pas le seul fruit d'un choix populaire. Cette démocratie idyllique n'a jamais existé, en Égypte ou ailleurs. Washington et ses alliés sionistes ont accepté de "laisser faire" cette élection "démocratique" à cette seule condition. Mais le peuple égyptien et le mouvement des Frères musulmans sont foncièrement anti-sionistes, un président élu, quel qui soit, devra maintenant en tenir compte.

3/ Durant les années 20, lorsque Hassan Al-Banna mit en place le mouvement des Frères musulmans, il ne visait pas la prise du pouvoir politique mais la réforme de la société égyptienne et la prise en charge de son identité musulmane et arabe. À l'image d'Ibn Badis en Algérie ou de Said Nursi en Turquie, l'objectif n'a jamais été politique mais d'abord sociétal et civilisationnel. Par la suite, ce n'est que la répression politique qui obligea ces mouvements "islamistes" - comme beaucoup les désignent - à s'orienter vers la prise du pouvoir politique.

Pour Hassan Al-Banna et tous les autres leaders du mouvement réformiste musulman, le pouvoir politique changera de lui-même, lorsque les peuples émancipés et conscients de leur responsabilité feront les bons choix.

Un siècle plus tard, c'est sur cette terre égyptienne où prit naissance le mouvement de Hassan Al-Banna, que l'un de ses dirigeants accède à la présidence. Ce mouvement "islamique", qui était surtout un mouvement d'éducation populaire et de réforme sociale, devra maintenant muter et établir des alliances politiques au niveau national mais aussi international, afin de répondre aux impératifs sociaux-économiques de la gestion d'un État.

Cette victoire politique des Frères musulmans égyptiens, paradoxalement, annonce aussi la fin de "l'islamisme politique" tel que nous l'avons connu durant le siècle dernier. Leur arrivée au pouvoir en Égypte et ailleurs les transformeront, tandis que dans les sociétés civiles, fortes de leur identité retrouvée et reconnue, il faudra initier quelque chose de nouveau pour poursuivre le chemin des émancipations des individus et des peuples.

Publicité Oumma.com

Commentaires

X
jeanmoulin
32 points

Sur la photographie, Foued Alaoui président ! quelle belle revanche bravo !

X
rachid1974
-4 points

les occidento-sionistes prépare quelque chose.Et ils utilisent ils islamo borico pour arrivé a cette chose.les islamo boroco croivent qu'ils vend rusé mais a mon avis ils se trompent.Et sa va leur retourné en plein visage.pourquoi sa va leur retourner en plein visage .ils ont pas pris le pouvoir la tete haute mais plustot la tete bas.voila pourquoi.

X
jeanmoulin
32 points

s'est çure je suie trau dacore aveque toua. se son dé vrè islamo- bourricot !!

X
michel7520
-1952 points

Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, le premier parti "islamiste" à avoir accédé à un vrai pouvoir d'Etat par une élection, l'AKP en Turquie, est en train de remettre en cause les droits acquis auparavant par les femmes dans ce pays, en s'en prenant à la liberté de l'avortement. En projetant de réduire à 2 le nombre de semaines pendant lesquelles celui-ci sera autorisé, il le rend purement et simplement impossible légalement. Rappelons qu'il s'agit forcément de semaines d'aménorrhée, comme en France les 14 semaines d'autorisation, c'est à dire que le temps est compté à partir de la fin des règles (ou "menstrues") précédentes. Pour qu'une jeune fille pubère ou une femme se rende compte qu'elle est enceinte, il lui faut en général d'abord constater un retard de règles de plusieurs jours (et encore, à condition que celles-ci se produisent d'habitude à intervalles réguliers, ce qui n'est pas toujours le cas) donc, au minimum, après quatre semaines d'aménorrhée. (suite plus bas)

X
michel7520
-1952 points

(suite de mon commentaire précédent)
Ainsi, ne pas interdire l'avortement, mais ne l'autoriser que durant 2 semaines, est une hypocrisie. Le projet de loi est en cours d'examen par l'Assemblée législative truque. S'il passe, ce qui est probable, ce sera un terrible retour en arrière pour les femmes truques : les avortements clandestins (que rien ni personne n'a jamais pu éradiquer, ni même endiguer) entraine de grandes souffrances, ainsi qu'une plus forte mortalité chez les femmes qui n'ont pas les moyens d'aller se faire avorter dans un autre pays. C'est donc aussi une grande injustice sociale.
Se soyez donc pas étonnés qu'en Egypte, bien des gens clairvoyants et attachés aux libertés individuelles (un des deux mots d'ordre du printemps égyptien : "Liberté" et "Dignité") aient jugé que le deuxième tour de l'élection présidentielle n'était qu'un choix entre Charybde et Scylla. Ils se souviennent que les Frères musulmans ont été bien lents à entrer dans ce vaste mouvement populaire.

X
michel7520
-1952 points

(suite et fin de mes deux commentaires précédents)
Alors, réjouissons-nous ensemble que le candidat de l'ancien régime d'Hosni Moubarak et du Conseil suprême des Forces armées ait perdu. Mais, s'il vous plaît, pas de panégyrique pour les Frères musulmans égyptiens !
Il est inacceptable que le CSFA ait dissout l'Assemblée, modifié la Constitution, et se soit ainsi arrogé le pouvoir législatif. Mais cela rassure la "moitié" (un tout petit peu plus petite) de la population qui attend toujours que les dirigeants des Frères s'engagent à respecter et défendre l'égalité hommes-femmes dans la loi, ainsi que les droits spécifiques des femmes liés à leur rôle exclusif dans la gestation, qu'ils condamnent aussi tout acte de violence et même toute propagande haineuse à l'égard des minorités, que celles-ci soient de type politique, religieux ou sociétal, notamment les communautés ayant une religion autre que musulmane, ou appartenant à une autre tendance qu'eux au sein de l'islam.

X
Yasmina
-348 points

plus ça change, plus c'est la même chose! Le Département d'Etat doit sabrer du champagne derrière les portes closes car tout ce joli monde leur mange dans la main.

Perso, je fais plus confiance à la société civile qu'aux FM arrivés au pouvoir, à l'armée et aux oligarques