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Une Australienne musulmane en burkini à Villeneuve-Loubet, en signe de solidarité

La solidarité chevillée au corps, Zeynab Alsheb, 23 ans, une jeune australienne de confession musulmane, n’a pas hésité à s’envoler pour la France depuis la lointaine Australie, terre qui a vu naître le burkini, pour témoigner de son soutien aux baigneuses françaises musulmanes stigmatisées et pourchassées sur un littoral hexagonal agité par les remous d’un été houleux.

Un mois après la polémique bassement politicienne qui a déferlé sur le territoire national avec la puissance dévastatrice d’un tsunami, la jeune femme ne pouvait que faire escale à Villeneuve-Loubet, la première ville à avoir accusé de tous les maux la combinaison aquatique couvrant intégralement le corps, avant de l’interdire purement et simplement.

C’est donc sur les plages de sable fin où l’arbitraire a frappé en premier que Zeynab Alshelh a fait une apparition très remarquée, attirant tous les regards, les plus réprobateurs, sous l’objectif de sa caméra qui n’en a pas perdu une miette.

Elle a notamment immortalisé l’instant où un homme furieux s’est approché d’elle, lui lançant sur un ton autoritaire « Vous faites demi-tour et vous partez », tout en menaçant d’alerter la police.

Si elle ne s’attendait pas à être accueillie avec des bouquets de fleurs, Zeynab Alshelh n’en revient toutefois pas de l’animosité de son comité d’accueil, mesurant, avec effarement, le degré d'hostilité anti-burkini, et au-delà anti-voile, qui règne sur nos sables mouvants…

"Je suis sincèrement désolé pour cette jeune Australienne", a déclaré le maire LR de Villeneuve-Loubet, Lionnel Luca, en guise d’excuses sonnant faux, comme l’a laissé entendre la suite de sa réaction aux airs de contre-offensive : "Elle ne peut pas venir en toute innocence sur nos plages comme çà avec un habit religieux qui est le signe de l'intégrisme qui nous a meurtri. En rajouter, en pointant du doigt telle commune une fois rentrée au pays, je trouve ça aussi assez indécent", a-t-il martelé, en ne craignant pas, lui, d’en rajouter une couche.

Choquée par les propos du premier magistrat de la cité et premier censeur du burkini dans une France où ils sont légion, Zeynab Alshelh a justifié sa démarche sur la chaîne australienne Channel 7.  "C'est un symbole de ma foi, un symbole de ma religion, de l'islam et porter le voile, cela aide les gens à se concentrer sur l'intérieur plus que sur l'apparence physique", a-t-elle expliqué, avant de laisser éclater son indignation : "Au moins, en Australie, même s’il y a du racisme ici ou là, le gouvernement ne dit pas que c’est permis d’être raciste envers quiconque. C’est absurde, dangereux ça sabote la diversité !".

Une indignation partagée par la créatrice australienne du burkini, Aheda Zanetti, dont la consternation devant cette croisade si farouchement française est à l’aune de la violente bourrasque qu’elle a suscitée : elle n’est toujours pas retombée… 

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