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Un dessin animé, la nouvelle arme psychologique du Hamas

La créativité au service d’une arme psychologique inédite en temps de conflit, telle est la nouvelle stratégie qui porte la griffe du Hamas pour tenter de faire ployer l’intransigeance israélienne au sujet de la libération non négociable de centaines de prisonniers palestiniens.

A l’ère de la 3D, le Hamas a choisi de jouer sur la corde de l’émotionnel pour provoquer un électrochoc de l’autre côté du mur de la honte, en imaginant un dessin animé mettant en scène le soldat franco-israélien devenu la plus célèbre monnaie d’échange du Proche-Orient : Gilad Shalit.

Mis en ligne dimanche sur son site, cette fiction animée noircit sciemment un tableau aux lignes de perspectives déjà très obscurcies, se projetant pendant trois minutes dans un avenir funeste, aux couleurs de l’inflexibilité de l’Etat Juif, et de l’accablement d’une famille Shalit, vieillissant dans l’absence de leur fils aimé, le père errant dans les rues désertes d’une ville d’Israël.

Un scénario choc ponctué de la voix réelle du soldat Shalit, extraite d’enregistrements anciens, exhortant son gouvernement à accéder à la requête du Hamas, et qui enfonce le clou dans un dénouement dramatique où le cercueil de Gilad Shalit, recouvert du drapeau israélien, est remis aux autorités de son pays.

Un scénario du pire, dont personne ne sort indemne, qui n’était qu’un mauvais songe, comme l’assure le narrateur, s’exclamant « l’espoir demeure ! ».

Une arme psychologique, qui a choisi un vecteur de communication détonnant dans l’univers diplomatique, pour faire pression sur le gouvernement de Netanyahou, l’avertissant que s’il s’enferre dans une fin de non recevoir, le soldat Shalit subira le sort peu enviable du pilote israélien Ron Arad, enlevé au Liban sud en 1986 et présumé mort en captivité.

Nous prévenons la société sioniste que le soldat capturé par les Brigades al-Qassam [la branche armée du Hamas] et d’autres factions palestiniennes connaîtra le même sort que celui du pilote sioniste Ron Arad, disparu sans laisser de traces“, entend-on dans la vidéo en hébreu et en arabe. “Si la société sioniste veut récupérer Shalit en vie, son gouvernement doit payer le prix en relâchant les prisonniers palestiniens“, martèle la voix off d’un dessin animé en 3D, assurément d’une nouvelle génération…

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