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Menus sans porc à l’école : le maire frontiste de Beaucaire désavoué par la justice

Du porc, rien que du porc dans les cantines scolaires de sa bonne ville de Beaucaire, et au diable les menus de substitution ! Julien Sanchez, le maire frontiste de cette commune du Gard, s’était empressé d’enfourcher son cheval de bataille en ce début d’année 2018, afin de livrer une croisade, aux relents nauséabonds, dans les assiettes de ses chères têtes blondes.

Sus aux « repas de substitution, car anti-républicains » et aux 150 petits écoliers qui ne consomment pas de porc, tel était le cri de guerre tonitruant lancé par l’édile dans un ciel d’hiver, au risque de déchirer la fragile quiétude du mois de janvier, à l’échelle locale et nationale.

Ironie du sort, en s’acharnant à stigmatiser de la sorte les élèves musulmans et à attiser le ressentiment à leur encontre, l’élu RN en avait oublié les autres petites victimes collatérales : les enfants n’aimant tout simplement pas le porc, ou encore végétariens, voire de confession juive.  Quand la haine aveugle et conduit vers des abîmes aussi absurdes qu’insondables…

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Dix mois plus tard, après avoir balayé d’un revers de main l’accusation « d’islamophobie institutionnelle » et opposé un silence méprisant à la grogne légitime des parents d’élèves, teintée d’incompréhension, l’arbitrage rendu ce mardi par le tribunal administratif de Nîmes a dû faire perdre de sa splendeur à son écharpe tricolore, déjà passablement entachée d’indignité : le juge a purement et simplement annulé la décision de Julien Sanchez de supprimer les menus sans porc dans les cantines scolaires de Beaucaire !

Le tribunal de Nîmes a en effet estimé que « Le conseil municipal, à qui incombe la fixation de mesures générales d’organisation des services publics communaux (…), est seul compétent pour définir de telles mesures ». Or, en l’espèce, la suppression des menus de substitution était le fait du prince. Le tribunal administratif en a ainsi déduit que « le maire de Beaucaire n’était pas compétent pour prendre la décision attaquée ».

Piqué au vif, Julien Sanchez a la défaite judiciaire mauvaise. Si une volte-face salutaire de sa part, favorisant la paix des ménages, n’était pas imaginable, le communiqué au ton revanchard portant le sceau de la mairie de Beaucaire, publié sitôt la décision du tribunal connue, ne va guère redorer son blason : « les menus de substitution ne seront en aucun cas remis en place ».

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