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Les propos islamophobes du gouverneur de Tokyo

Si Tokyo décrochait, en septembre, sous les cieux argentins, l’organisation de l’événement le plus convoité au monde, les Jeux Olympiques de 2020, ce ne sera pas grâce au sens de la diplomatie de son gouverneur, Naoki Inose, dont l’inélégance dans le sprint final a fait une embardée indigne des valeurs de l’olympisme et de la haute idée que le monde s’en fait.

En lice pour la phase finale de sélection et talonné par ses deux rivaux les plus sérieux, Istanbul et Madrid, le camp nippon est gagné par une fébrilité nauséeuse, qu’aucune pression ne saurait justifier, et ce quels que soient les immenses enjeux des JO en terme de prestige et de retombées économiques.

"Les pays islamiques, la seule chose qu'ils ont en commun c’est Allah, et en plus ils ne savent que se battre les uns contre les autres", a récemment déclaré au New York Times l’édile de la capitale japonaise qui ciblait la Turquie, et qui s’en mord aujourd’hui les doigts devant la vague d'indignation internationale. 

Dans une volte-face à 180 degrés, qui traduit davantage son inquiétude d’avoir sabordé la candidature de sa ville que ses regrets sincères d'avoir proféré des propos islamophobes, Naoki Inose a présenté ses plus plates excuses, faisant profil bas devant le jury du Comité International Olympique.

"Il y avait des remarques qui peuvent conduire à des malentendus entre les peuples islamiques", a reconnu ce dernier dans un mea culpa publié sur  Japon Daily Press, lançant :  "Alors maintenant, je m'excuse clairement."

Et de poursuivre : "Je veux continuer à faire campagne en stricte conformité avec les règles du CIO, selon lesquelles il est interdit de critiquer les autres villes et pays candidats", avant de conclure : " Nous avons le plus grand respect pour toutes les villes candidates et nous avons été fiers de répondre à un appel d'offres dans un esprit fondé sur les valeurs olympiques d'excellence, de respect et d'amitié."

Si l’on osait paraphraser Lafontaine, on dirait au gouverneur de Tokyo que rien ne sert de courir en exacerbant un sentiment anti-musulmans pour empêcher qu’Istanbul ne devienne la première ville musulmane à accueillir les JO, il faut partir à point, et surtout animé par la petite flamme du fair-play et de la tolérance qui fait la grandeur de l'olympisme. 

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