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«Les autodafés abjects du Coran visent à semer la discorde», dénonce le Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme

La vague considérable d’indignations que soulèvent les profanations abjectes du Saint Coran, commises au nord de l’Europe, n’est pas prête de retomber, ou alors seulement pour mieux engloutir, en se brisant, le récif de la haine…

Cette vague immense de colère devant des actes sacrilèges perpétrés à dessein, dont le caractère outrageant et l’impunité qui les entoure heurtent de nombreuses consciences, et pas uniquement musulmanes, a déferlé dans l’enceinte d’une prestigieuse conférence : celle commémorant le 75ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Cette vague de protestations contre des autodafés hautement inflammables a pris une nouvelle ampleur mercredi, à Madrid, par la voix outrée de Volker Türk, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme. 

Cet avocat autrichien, sans effets de manche, a condamné avec virulence des « incidents ignobles, méprisables, des provocations délibérées (…) destinées à semer la discorde entre les pays et les communautés », tout en exhortant l’Europe à éradiquer le racisme sur son sol et à défendre les Droits de l’Homme des migrants et des réfugiés.

« Je souhaiterais que la compréhension de l’histoire soit plus approfondie », a appelé de ses voeux Volker Türk, avant d’évoquer l’adoption de la Déclaration des Droits de l’Homme en 1948, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. « L’Europe comptait alors 60 millions de personnes déplacées en tant que réfugiés. La législation relative aux réfugiés est le fruit de cette expérience », a-t-il souligné.

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Et de rappeler de manière vibrante : « Les pays se sont alors réunis pour mettre fin aux cycles de l’horreur, de la destruction et de la pauvreté. La Déclaration a défini les étapes à suivre pour permettre la réconciliation et construire des sociétés plus libres, plus justes, plus égales et plus résilientes ».

Très préoccupé par la régression des Droits de l’Homme en raison des nouveaux développements technologiques, de la multiplication des conflits et de l’augmentation des niveaux de discrimination, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme a tiré la sonnette d’alarme : « Si nous regardons autour de nous, nous sommes confrontés à des défis gigantesques qui s’accumulent et qui peuvent avoir des conséquences désastreuses pour l’ensemble de l’humanité », a-t-il mis en garde.

Il a également pointé du doigt les effets pervers et pernicieux des plateformes numériques, devenues des « systèmes de diffusion de discours haineux », tout en alertant sur les avancées technologiques incontrôlées telles que l’intelligence artificielle, les armes autonomes et la surveillance qui « menacent profondément les droits de chaque individu ». 

Empreinte d’indignation et d’inquiétude, l’allocution marquante de Volker Türk s’est toutefois conclue sur une note d’espérance : « J’espère que l’année 2023 restera dans les mémoires comme le tournant qui a permis de renouer avec notre engagement à résoudre les problèmes dans le respect des Droits de l’Homme. C’est l’occasion de retrouver l’esprit qui a conduit à l’adoption (de la Déclaration Universelle) et de le projeter dans l’avenir, afin que nous puissions bénéficier de ce cadre cohérent ».

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