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Le témoignage poignant de l’épouse de Mohamed El Makouli, assassiné atrocement de 17 coups de couteau (vidéo)

C’était une semaine jour pour jour après les attentats de Paris, dans la nuit du mercredi au jeudi 15 janvier, à Beaucet, une bourgade paisible du Vaucluse, lorsque la folie meurtrière à caractère islamophobe, et maquillée hâtivement en crise de délirium aiguë, s’est emparée d’un individu de 28 ans, lequel a fait brutalement irruption au domicile de son voisin musulman, Mohamed El Makouli, un père de famille d’origine marocaine, comblé par la naissance de son bébé, pour le larder de 17 coups de couteau sauvages et mortels.

La scène, dont on peine à imaginer l’horreur, s’est passée en présence de Nadia, l’épouse de la victime, qui était assise sur le canapé aux côtés de son mari assoupi, au moment de l’entrée fracassante de l’agresseur qui s’avère être le fils du patron de son conjoint massacré sous ses yeux.

C’est au cri vengeur « C’est moi ton Dieu, c’est moi l’islam ! » que le meurtrier s’est déchaîné contre Mohamed El Makouli, tandis que sa femme tentait vainement de s’interposer, ses blessures aux mains étant autant de plaies béantes d’un drame personnel qui ne cicatrisera jamais. Anéantie, elle a tenté de surmonter son immense douleur pour faire le récit de cette nuit où la vie de sa famille a basculé dans la tragédie insoutenable, se souvenant de l’infini courage de son mari qui, alors qu’il était aux prises avec un monstre, lui répétait avec insistance de prendre leur enfant et de fuir. Nadia finit par s’exécuter la mort dans l’âme, et se précipita vers le commissariat le plus proche.

Le criminel a été prestement interné à l'hôpital psychiatrique de Montfavet (Vaucluse) où une schizophrénie a été diagnostiquée, selon le parquet. Il a été mis en examen pour "assassinat, tentative d'assassinat et détention de stupéfiants" et non pour crime raciste, à la consternation des proches de Mohamed El Makouli pour qui cet acte d’une barbarie sans nom relève de l’islamophobie la plus viscérale, attisée par une décennie de toutes les dérives incendiaires où l’instrumentalisation politico-médiatique de la haine, les campagnes et autres caricatures calomnieuses, et la fabrication des peurs irrationnelles ont contribué à armer le bras de cet assassin.

Voici le témoignage bouleversant de l’épouse effondrée de Mohamed El Makouli, accompagné de la traduction du passage le plus marquant de son intervention, ainsi que de celui d'une proche de la famille (voir ci-dessous).

L’épouse, en pleurs, de Mohamed El Makouli :

"J’ai essayé de le défendre, mais alors qu’il était poignardé, il a insisté pour que je sauve le bébé et que je m’enfuie. Je n’ai pas voulu le laisser seul. Oui, il (l’agresseur) m’a frappée moi aussi (et de montrer ses pansements aux mains).

Mon mari, avant de mourir, m’a dit de partir et de sauver notre enfant. Puis, je l’ai entendu réciter la Shahada et il a dit "Allahou Akbar" ( "Dieu est le plus grand").

L’agresseur a fracturé notre porte, et il s’est jeté en criant sur mon mari pour le poignarder. On le connaissait, c’était le fils du patron de mon époux, et l’appartement était la propriété du patron. Nous avions de très bonnes relations avec lui auparavant, dans le respect, il arrivait même à mon mari de manger avec lui. Mon mari me disait toujours de prendre soin de nos voisins.

Mon mari n’entendra jamais son bébé lui dire « papa » et il attendait ce moment-là avec tellement d’impatience. 

Il (l’agresseur) doit être jugé, ici et dans l’au-delà."

Une femme, membre de la famille, a ajouté, en relatant un sévice d’une incroyable cruauté  :

"Tous les musulmans doivent être solidaires, c’est leur frère qui a été tué de sang-froid. 

Quand son mari prononçait la Shahada, son agresseur lui a mordu le doigt avec ses dents jusqu’à le lui arracher de la main, et ensuite il lui a craché au visage.

C’est un acte contre l’islam, c’est un crime islamophobe."

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