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Le « mass murder » à l’égyptienne continue dans les prétoires

Alors que dans les prétoires égyptiens, bras armé de la dictature en place, se rejouent à l’infini des mascarades de procès contre des membres des Frères musulmans qui n’ont pour seul horizon que la potence, au-delà des geôles infâmes où croupissent plus de 15 000 d’entre eux depuis le putsch qui a renversé Mohamed Morsi, leur champion et président démocratiquement élu, une question taraude les belles âmes et les esprits critiques : mais que font donc nos ardents défenseurs des droits de l’Homme, épris de démocratie et de justice, si farouchement hostiles à tous les échafauds, ceux-là mêmes qui applaudirent des deux mains à l’arrivée au pouvoir par la force du Maréchal Al-Sissi, devant l’obscurantisme de sa tyrannie ?

Ils sont sans surprise muets et atones, à l’image de la fameuse communauté internationale qui ne dit mot et consent, les nobles idéaux de tout ce joli monde, prétendument chevillés au corps et l’âme, s’évanouissant dans le jeu de dupes, sans foi ni loi, de la géo-politique. Et peu importe si l’ère Sissi, ce putschiste providentiel, s’éclaire en réalité au flambeau du totalitarisme, faisant pleuvoir les condamnations à mort sur la confrérie à abattre dans des tribunaux aux ordres, tout en traquant l’athéisme  et les hérétiques qui lui vouent un culte, tout est bien dans le meilleur des mondes pour nos directeurs de conscience, faiseurs de guerre ou de coups d’Etat, bien de chez nous…

L’indignation sélective de nos droits-de-l’hommistes des salons feutrés du parisianisme n’est pas programmée pour s’émouvoir devant le énième verdict sans appel qui est tombé comme un couperet, lundi 2 février, sur 183 membres des Frères musulmans, accusés d’avoir tué des policiers en 2013, tous se voyant infliger la peine capitale dans ce « mass murder » à l’égyptienne ( 529 condamnés à mort en mars 2014, 188 en décembre 2014, la liste macabre n’en finit pas de s’allonger…), légitimé par le glaive de la justice.

Elle n’a pas non plus intégré le logiciel pour s’alarmer devant l’ouverture, le 15 février, d’un quatrième procès visant l'ex-président Morsi, dont on peut prédire sans risque de se tromper qu’il sera joué d’avance… Accusé de meurtre de manifestants, espionnage et évasion de prison, celui-ci encourt déjà la peine de mort dans trois autres procès en cours. Comme si les chefs d’inculpation pour anéantir Mohammed Morsi n’étaient pas suffisamment pléthoriques, son ennemi juré, qui s’est aujourd’hui accaparé tous les pouvoirs, a aggravé son cas en ajoutant la "trahison" et l’"espionnage" pour avoir transmis des "documents classifiés" au Qatar et à la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira, du temps où il était chef de l'Etat.

Qui arrêtera le bras meurtrier du tyran Al-Sissi salué en héros des Lumières par l’hypocrisie internationale, qui aura le cran de dénoncer ses procès pipés de masse qui ne savent que dresser l’échafaud, au mépris des droits de l’Homme (un concept qui lui est totalement étranger…), hormis l’ONU, Amnesty International et différentes autres ONG dont les clameurs de protestation semblent s’être malheureusement perdues devant l’effroyable cynisme qui mène le monde ?

Par la rédaction.

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